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En achetant une lithographie originale de Jean-Pierre Otte


« Le génie n’est pas d’être inspiré mais d’inspirer les autres » Otte – 30X40 cm

Le N°99 de Traversées est entièrement consacré à Jean-Pierre Otte

Ce numéro peut être commandé via traversees@hotmail.com au prix unitaire de 15€. 

Tirage de tête : 

12 exemplaires numérotés accompagnés d’une lithographie originale 
de Jean-Pierre Otte 

format 30X40cm

au prix exceptionnel de 150€ l’exemplaire

La vente des exemplaires de tête est au seul profit de la Revue Traversées pour qu’en ces temps mauvais la revue de poursuive dans des conditions confortables.

Les souscripteurs sont donc les bienvenus.

  • traversees@hotmail.com
  • +32 497. 44. 25.60

L’abonnement à trois numéros de la revue s’élève à 30€. Les frais de port sont offerts

Lectures de Guy Denis et Paul Mathieu

À l’ancienne mairie, 67A, rue du dr hustin à 6760 Ethe (Virton), Belgique

LE LABYRINTHE DU SEUL, de Paul Mathieu et CORPS ET ÂME, de Guy Denis.

Lectures par les auteurs.

Expo de peintures de Pierre-Alain Gillet.

Invitation à toutes et à tous.
Réservation souhaitée via traversees@hotmail.com ou au +32 497 44 25 60.

Service de presse N°63


Traversées a reçu : 

Les recueils suivants :

  • Arbracadabrants, poésie, Béatrice Libert, avant-dire d’Eric Brogniet, Le Taillis Pré, 2021, 81 pages…

« Béatrice se la joue détente et inventivité dans ces « ARBRACADABRANTS » suscitant des racines à partir du ciel quand, dans ses choix littéraires, elle allume le feu dans son Allumettier littéraire et autres possibles à motiver inversions et sous-entendus.

En émane un langage « précipité » comme on parlerait d’un fond chimique dans un tube de laboratoire en guise de résultat d’une expérience.

Tout ou presque fait farine à cette séduction littéraire appuyée de mots qui « existent vraiment », souvent à partir de la nature quand les objets se font arbres faussement fruitiers ou arbres à clous d’un autre genre que les petites pointes rouillées, l’auteur se servant de grandes références réelles et accessibles à tous comme on parlerait d’arbres centenaires : « Bottier : arbre à bottines ». C’est à Charles Perrault que l’on doit cet arbre, élevé dès le XVIIème siècle dans les réserves du marquis de Carabas. Sa production servit au Chat Botté comme au Petit-Poucet ».

D’un « arbre » à l’autre, on finit par y croire vraiment, la poésie n’étant pas, comme ici évoqué, un chèque en blanc : « L’espèce la plus prisée demeure le chèque en blanc. Il pullule en Arabie, poussant même en pleine rue. En sont friands les grands argentiers de ce monde qui, contrairement à ce que laisse supposer leur suffixe (pas leur suffisance), ne sont pas des arbres, mais des croque-chèques, comme on dit croque-morts ».

Le langage de Béatrice est riche de subtilités, procédant comme un caillou ricoche sur un étang avec des sens et parfois sons à rebondissements car il est bien sûr question d’un timbre d’écriture comme on parlerait d’un timbre de voix avec toutes les nuances qu’un écho peut laisser supposer et surtout sous-entendre. Les grands thèmes sont au rendez-vous de cette prose poétique qui peut aussi, avec parfois humour, se faire message ou philosophie de vie : « Le geôlier prend son rôle au sérieux. Membre de Greenplease, il sait que le monde compte sur lui pour arrêter le massacre. C’est pourquoi il n’hésite pas à mettre au tapis le bûcheron ennemi ».

On aura compris que les références populaires sont détournées avec l’idée générale d’une expression généreusement accessible.

Avec son « arbre à tapis volants », l’auteur voit les choses d’assez haut pour apprécier « de quoi planer sans se ruiner durant mille et une nuits ».

Ce petit bijou littéraire inventif, à la façon de Michaux ou des dadaïstes et surréalistes, me fait penser, à contresens aux photos ou mots de Paul Nougé qui, sans l’objet, exprimait quelque chose au point qu’on observe davantage la non- présentation de l’objet évoqué que le perçu. Béatrice fait le contraire mais avec la même idée en évoquant avec des mots qui existent quelque chose d’inexistant mais finit par prendre réalité.

Gros travail stylistique, le travail consistant également à maintenir, en équilibre, du début à la fin du livre, le lecteur en alerte d’inventivité de forme et de ton donnant l’impression, in fine, d’un essai graphique autant que littéraire. »

Patrick Devaux


  • Au revoir, Lisa, Éditions M.E.O., 2021. 15€. meo.édition@gmail.com… Françoise Houdart…
  • La bonne vie, Jean-Pierre Otte, Passages et aphorismes épinglés par Sergueï dans les premiers livres de Jean-Pierre Otte, Cactus Inébranlable éditions, 2021, 62 pages

« L’hiver 2008, Jean-Pierre Otte avait recueilli chez lui un jeune Russe de 26 ans, originaire de Yalta en Crimée, du nom de Sergueï. Celui-ci se prit d’amitié pour les premiers livres de l’écrivain. Il les lisait, les relisait apparemment sans se lasser, presque au risque de l’addiction, en épinglant ça et là des phrases et des passages qu’il transcrivait dans un cahier auquel il attribua le titre de La bonne vie. »


  • Bris épars, poésie, Stéphane Amiot, Unicité, 2020, 67 pages…
  • Cailloux, Éditions d’Hez, 2021. administration@michelstavaux.org … Michel Stavaux…
  • Cendres, Anne Duvivier, roman, M.E.O., 2021, 105 pages.

Robert, le père d’Hélène, a demandé avant de mourir que ses cendres soient dispersées dans les eaux d’Ischia, une île de la baie de Naples, et que l’accompagnent dans ce dernier voyage Violette et Lila, les nièces dont il s’est occupé après la mort de leur père dans l’incendie de l’Innovation. Personne ne comprend cette dernière volonté, aucun lien ne reliant le défunt à ce lieu où il n’a jamais mis les pieds. Les trois femmes, dissemblables, unies par leur proximité dans l’enfance autant que par des conflits non exprimés, s’embarquent donc ensemble. Mais rien ne se passera comme prévu et elles iront de surprise en surprise…
Anne Duvivier vit à Bruxelles. Psychothérapeute, elle aime lire, écrire, marcher, voyager. Cendres est son quatrième roman et le deuxième aux éditions M.E.O. 


  • Les couleurs de la peur, Isabelle Fable, nouvelles, M.E.O., 2021, 138 pages

« De meublé en château, de grenier en cachot, d’Afrique en Italie, on voyage, pris, comme les héros, entre passé et présent, rêve et réalité, bonheur et horreur, dans un tourbillon de peur de toutes les couleurs.

La vie, la mort, l’amour, le mystère, la folie, un zeste de cruauté… Dix nouvelles où l’on frémit, doute et espère. »


  • Dans le vent pourpre, Philippe Mathy, poésie, gouaches d’André Ruelle, L’herbe qui tremble, 2021, 117 pages

« Un couteau se lève dès que tu écris. » Le ton grave, pessimiste des premiers poèmes cède à l’évocation de courts bonheurs, ceux du matin, du chant des oiseaux, des collines, du soleil confident, des fleuves, de la mer… Philippe Mathy n’est pas seulement spectateur de la vie qui passe, il en arrache des poèmes qu’il « dépose sur une page en espérant qu’elle brûle ».

« Qu’ai-je été ?

Quelques pas essoufflés dans le fracas de vivre
cherchant le feu d’un amour
la vigne d’un rêve où goûter à l’ivresse des jours

Une monnaie qu’on échange
entre deux conversations banales
le remuement d’air d’un oiseau
qui ne sait pas où le vent le mène

Au bout de l’été une chaleur qui s’éteint

Qu’ai-je été ?

Si peu
une pierre qui s’effrite
comme les mots en vain tracés
sur ce papier promis pour la cendre »


  • Dénouement, Valery Molet, L’échappée belle, 2020, 56 pages…
  • Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse, Mathias Malzieu et Daria Nelson, poésie et prose, L’iconopop, 2020, np

« … Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse a commencé au moment exact où je t’ai vue apparaître telle une panthère des neiges… » « C’est l’histoire d’une fée qui enlève ses ailes avant d’aller se coucher et d’un apprenti poète qui fait la vaisselle. Cela ressemble à un rêve et pourtant tout est vrai. C’est l’histoire d’un coup de foudre, quand tout est surprise et métamorphose. Quand le corps redevient un parc d’attractions, quand le coeur se transforme en Rubik’s Cube. »


  • Des jasmins en bord de mer, Éditions KDP, 2020. nathalie.lauro@gmail.com … 12€. Nathalie Lauro…
  • Détachant la pénombre, Marine Gross, Tarmace, 2020, 56 pages

« Le mot le plus nu, intransigeant et commun. La phrase la plus naturelle, irréversible et vertébrale. Le rythme le plus intime, singulier et universel.

Le mot que tu endures, déshabille-le, puis dégraisse-le. c’est en le traitant dans son plus simple appareil que tu pourras construire la nécropole de cette monstruosité qui t’agrippe. C’est à ceux qui voudront exhumer tes momies d’en dénouer la pénombre. »

Jean-Claude Goiri


  • Don d’entendre, poésie, Milena Burjeva, traduit du bulgare par Anélia Véléva et Païssy Hristov, éditions du Cygne, 2021, 46 pages

« « Don d’entendre » est un recueil puissant qui nous vient de Bulgarie. Avec son oeil affûté et sa plume sans concession, Milena Burjeva va au-delà de l’écrit, ses mots deviennet sonores, elle nous donne à entendre. Et l’ouïe devient une exigence quand Il [lui] arrive d’aimer le mal, quand [elle] erre dans les cheveux cendrés de la Maritsa, quand même les mères laides donnent naissance.
Ce recueil est effectivement un don, celui de la lucidité doucereuse qu’on se surprend à adouber. »


  • Ecorce, poésie et photogrpahies, Kathleen Hyden-David, préface de Claude Luezior, France Libris, 2021, 87 pages
  • Editos et poèmes, Chris Bernard, Portique, 2021, 88 pages…
  • Les effacés, récit, Anne Staquet, M.E.O., 2020, 73 pages…
  • Effleurescences, Stephen Blanchard, poésie, préface de Jean-Charles Dorge, France Libris, 2021, 46 pages
  • El curandero, roman, Paul Vanderstappen, M.E.O., 2021, 153 pages…
  • Enclave de la confession, prose poétique, Pierre-Jean Foulon, éditions du Spantole, 2020…
  • Exils de soie, nouvelles, Rome Deguergue, Schena editore, 2003, 323 pages…
  • Les fissures de l’aube, nouvelle édition, poésie, Alain Fleitour, 2021, 100 pages…
  • Flamboiement, Alain Clastres, poésie, éditions Unicité, 2021, 47 pages

« Avec ce nouveau recueil, plus que jamais, Alain Clastres plonge au coeur du mystère de la vie. Les arbres, les oiseaux, la lumière, la mer forment sa poésie tout en découverte de l’instant. Alors naturellement, le lecteur s’ouvre à autre chose de plus essentiel que les plaisirs de la vie identifiée à soi, une autre dimension le gagne : découverte de l’attention toute simple et pourtant si profonde. Sans doute comme il le dit si bien lui-même, en parlant du philosophe grec Anaximandre auquel il fait référence. Sa saisie intuitive a d’emblée porté sur la globalité du réel, qu’il a bien ressentie infinie, indéfinie, unitaire et éternelle dans ses transformations incessantes. Cette réalité mystérieuse, il la nommait « Apeiron » en grec. On peut tout à fait la rapprocher du « Tao » de Lao-Tseu à la même époque, mais à l’autre bout du monde ! »


  • Formegisante, haïkus, Philippe Thireau, PhB éditions, 2020, 61 pages. 

« palais visité
consonnes, voyelles, hop !
les mots envolés

la langue ébréchée
gelure des doigts lisant
c’est l’hiver des mots »

Cap sur le haïku, ses atomes de neige en équilibre sur un détail, l’épure de son lyrisme discret tout en demi-teintes : avec « Formegisante », sobre esquif narratif, fixatif japonisant aérocentré – un marin, une jouvencelle, une saison – prétexte à investir calames et bambous, Philippe Thireau amorce non sans espièglerie un virage à 180 degrés et comptine au cordeau un roman-poème briseur d’images en 105 haïkus dont le suspens n’est pas absent et laisse le lecteur éconduit ; se prêtant à l’exercice subtil de l’art de la contrainte sur fond de rencontre impossible – la mer et la terre -, il salue discrètement en chemin quelques signatures impérissables : « Mais s’agit-il seulement de cela ? ».

Nulle acrobatie verbale ici, aucun délit de séduction possible, mise à nue « l’âme cache bien / une bouche mystérieuse – / disparus les mots » avec les affects et leurs remous, dans le retrait poétiquement concis d’une sorte d’ascèse de la langue ni gauloise ni latine adepte du détachement et imperméable à toute tentation d’iconolâtrie, la prouesse consistant à dégraisser et soustraire tout ce qui encombre à la fois la langue et la vue, mais le plaisir ?

Oblique. Latent. Implicite. Jouant au chat la souris. Obéissant à des règles et des innocences. Maraude de non-dit en mi-tu. Suggestivement entretenu, un foulard sur les yeux, entre deux lés de rêverie, pour finir omniprésent, aussi délicat que le travers d’un rayon de soleil moussant l’hiver derrière vitres et interdits. Ainsi codifié affleurant. L’attente à retardement et le désir inassouvi convoquent au tournant l’art de la césure en même temps que l’évènement.

« las des heures lentes
yeux clos de la couturière
le noir en plein jour »

De « la belle endormie /corsage tremblant de nuit » à sa forme gisante évanescente l’art lunaire du haïku en ses raccourcis parcellaires non ostentatoires semblables aux chutes de pétales dont le poids suspendu n’excède pas la plume moinillonne de l’oisillon, et ses expressions averbales réduites à la plus pure dilution, en appellent à des perles de sagesse et des abîmes spontanés de méditation dans la plénitude du vide.

Ou comment compresser en quelques ambiances minimalistes tout un paysage, des scènes de la vie courante, une palette d’émotions, une mémoire collective, un éventail de souvenirs réduits à décantation pérenne : un bruit blanc, une pupille de neige aphone, un écho orphelin, et tout ce qui s’affaire et reste devant et derrière le verbe aimer, l’effet diamant ravalé de la réverbération de l’attente et du désir, l’intranquillité de la chair s’appliquant au dérèglement des sens, les registres de l’évocation, la suggestion comme sillage, l’impossibilité de l’oubli.

Ce tantra presque mantra ne donne pas à lire mais à dé- lire, le rien quintessentiel, dont la formule sacrée est le vide comme celle du noir le blanc à l’exclusion de la couleur, le rouge frontal d’un sarrau s’estompant dans la rousseur d’une feuille morte, « aucun mot mieux dit / qu’une arbalète son trait ».

Le haïku, alliance en miroir du long et du court à la croisée de l’espace et du temps pour frémissements et couperet, embrasse et lâche dans un même mouvement retend ce qui n’en finit plus de se déliter afin d’en restituer une vision panoramique et nous incite à réfléchir sur la nature des évènements et leur portée symbolique.

Sorte de petit lingam d’instantanés yoni & yang à peine manifestés, charme de poche à garder sous le boisseau telle une pierre philosophale se contemple les yeux vagues entre chat et loup, l’expression la plus pure de la poésie jusqu’en ces ponctuations furtives animalement audibles plus proches du son que de la forme, tient ici dans un grain de riz.

« pivoine d’hiver
froissée entre les doigts et
hon ! le garçon fuit. »

Le vif du bref s’accordant à renvoyer dos à dos les contraires – le vice et la vertu, la réalité et le rêve, l’insouciance au rang des frivolités – amour et désir tour à tour drôles, légers, graves autant qu’aguicheurs, confondus ici en allusions dans une continuité sensible de leurres – « c’est cela l’amour ? » -, création et destruction, soit tout ce qui sépare l’idée que l’on s’en fait de son incarnation virile.

Un déjeuner de soleil à revisiter longuement en méditation au clair de lune. 

Carole Darricarrère, Sitaudis


  • La grâce ou l’oubli, Laurence Chaudouët, Presses littéraires, collection Florilège, Prix de poésie 2020 Yolaine et Stephen Blanchard, 2020, 43 pages
  • L’indicile – La vie s’invente au Féminin, poésie, Alain Fleitour, éditions des Poètes français, 2021, 58 pages…
  • Infirmité infime, Ivan Watelle, poésie, auto-édité, 2020, 76 pages

« Ce livre écrit entre France et Tunisie, m’a permis d’avoir un autre regard sur le monde. Si l’humanité est une, les cultures ont bien des différences, qui peuvent les enrichir mutuellement. Ce livre est aussi un livre pour Yosra une femme Tunisienne. »


  • Inquiétude de l’autre et des mots, Béatrice Marchal, poésie, Les Lieux-Dits, Cahiers du Loup bleu, 2020, np
  • Jalons – 1972-2018, Jean Casset, poésie, auto-édité, 298 pages
  • Lettre au recours chimique, Christophe Esnault, récit, AEthalidès, 2021, 106 pages

« Récit de combat d’un écrivain confronté depuis plus de vingt ans à la dysphorie, Lettre au recours chimique frappe autant par sa poésie que par son authenticité. Avec l’héritage assumé d’Antonin Artaud et de Sarah Kane, Christophe Esnault revendique le face à face avec le psychiatre et affirme que vivre est aujourd’hui une pathologie. Loin d’être une attaque frontale contre l’industrie pharmaceutique et le pouvoir psychiatrique, ce récit explosif, inventif, toujours en mouvement est une tentative de pensée salvatrice parce que tout en autodérision. Un récit qui se veut à la fois porte-parole des millions de consommateurs de neuroleptiques et un appel aux psychiatres pour que leur institution assure le premier geste d’urgence : l’écoute.

Vivre est devenu un espace de radicalité

Et je veux bien être un poil parano

Voire même un champion du monde et cador de la parano

Mais il me semble que la question

Quelle est la pathologie ?

Cette question mord dans la jambe du vivre »


  • Louisiana, suivi de Le passage de Saint-Roch et de Ta sève en cantiques, éditions Les Deux Crânes, 2018, 100 pages…
  • Mais la danse du paysage, Barbara Auzou, poésie, préface de Claude Luezior, éditions 5 sens, 2021, 174 pages. 

« Il est des livres où le regard ralentit son balayement de la page, tant la densité des mots porte vers un plus haut. Prendre et reprendre les lignes qui ondulent et fuient tels des frissons. Partir, certes, s’évader sans commune mesure. Car le pays réel est le pays rêvé. Sachant que l’ombre rassurante d’un arbre, ou du moins son souvenir, parviendra à canaliser les songes d’un ailleurs… Une clé de ce recueil se niche en effet dans des textes intercalaires, Au pied d’un seul arbre, suivis par un chiffre romain de I à XIII, comme autant de bornes rassurantes sur la via Appia de l’aventure. » Claude Luezior (Préface), Lauréat de l’Académie française https://claudeluezior.weebly.com/ 


  • La maladie, Libero Bigiaretti, roman, traduit de l’italien par Jean-Pierre Pisetta, Allia, 2021, 72 pages

« « De Gino Rovelli on pouvait dire, au contraire de ceux qui, une fois l’âge mûr atteint ou dépassé, continuent à se comporter – non sans peine, éventuellement – comme s’ils avaient trente ans, que lui, il avait tendance, dans son for intérieur et extérieurement, à vivre selon le rythme posé de l’âge qui perçoit son propre déclin. Il avait brûlé à la hâte, sans doute pour ne plus avoir à y penser, toute exigence romantique ; plus rien en particulier ne le passionnait, à part sa carrière, et il prêtait à tout une attention vive et avide pour comprendre le bénéfice qu’il pouvait en tirer.”

Parfaite description de l’inquiétude suscitée par l’apparition d’une maladie inconnue, ce texte de Libero Bigiaretti demeure d’une étonnante actualité.

Dans l’Italie des années 1950, l’homme d’affaires Gino Rovelli est prêt à toutes les concessions pour devenir directeur de la société Bìler. Travailleur robuste, froid et acharné, il voit pourtant ses rêves de gloire s’évanouir du jour au lendemain. Une mystérieuse maladie va brutalement rebattre les cartes de son existence. Le verdict du miroir de sa salle de bain est implacable : en l’espace d’une nuit, le fringant trentenaire a vieilli d’une vingtaine d’années. En montrant avec quelle rapidité la maladie balaye les ambitions du personnage, Libero Bigiaretti nous offre une critique du matérialisme contemporain. »


  • La mémoire des trembles, Robert Nédélec, nouvelles, Petra, Pierres écrites /  L’Oiseau des runes, 2019, 115 pages.

« Le poème est peut-être ici une manière d’échapper, par le truchement d’un langage qui tente de se souvenir de son surgissement et cherche à imprimer sa trace dans une réalité sans cesse fuyante, à cette voie de contournement que l’on emprunte d’ordinaire dès lors qu’il s’agit d’aller sans espoir d’avancée véritable, ou de parler pour n’exprimer en fin de compte que son désarroi. Il est peut-être aussi une manière de constater qu’il ne sert à rien de chercher à emprunter ces droits chemins qui ne sont jamais les plus courts lorsqu’on ambitionne de joindre tel point mouvant à tel autre qui l’est encore davantage, non plus qu’à tenter d’occuper en permanence le centre de l’arène ou la piste du cirque, et de nier que l’on ne saura jamais dire la flamme qu’en tournant autour de ces bûchers que l’on dresse, comme par hasard, pour mieux dire, croiton, la ferveur de ses combats et apprivoiser à son seul avantage la violente vacuité des foules… Le poème est peut-être ici cela qui se brûle de toujours vouloir occuper le lieu du conflit et cela qui en parle de tellement loin qu’à peine on perçoit le son de sa voix – cela donc qui aurait à voir avec l’évidence qui passe dans la clarté tonitruante de sa porte grande ouverte autant qu’avec cet ailleurs enfermé dans le noir de ses parcs et de ses jardins, et dont on ne se souvient que si le vent et l’herbe préludent ensemble au tremblement musical de tel invisible feuillage… »


  • Mémoire, doux et cruel miroir, poésie, Marie-Claire Bussat-Enevoldsen, L’Harmattan, 2021, 70 pages
  • Mon chemin,Éditions Hoàng Vinh, 2019… Dòng dòi…
  • Momentanément absent – Récits d’un temps volatile, Olivier Terwagne, Traverses, 2020, 108 pages

« Le livre s’ouvre sur un déménagement. Un de plus. Un de trop ? On retrouve des objets dans des caisses qui nous ramènent à des gens, des sentiments, des relations non clôturées.

Choisir : ville ou campagne ? Se retirer ou combattre ? L’espace privé ou public ? Mettre sa vie en(tre) parenthèses, scruter ses palimpsestes, les gestes inachevés.

Toujours ce rapport au présent qui s’étire, ces mémoires qui veulent avoir droit au chapitre de l’histoire. L’obsession du temps long à l’heure du temps court. La volonté de laisser une trace à l’heure des simulacres. Photographier les photos d’un vieux nokia 3310 sorti en l’an 2000. Sans se rendre compte qu’on est né dans les années 1980. Tenter de s’expliquer avec cela… »


  • Mon amour invisible, Véronique Dutreix, poésie, éditons Unicité, 2020, 51 pages

« Mais très vite nous nous rendons compte que l’âme de son recueil gravite autour de la perte de l’être très cher, de la vie qui perdure à travers son absence, et de certains changements inévitables que ce bouleversement implique.

cachant mon chagrin

les grues cet automne

passent très vite

Véronique sait partager avec beaucoup de pudeur, de retenue, ses sentiments, et ne cède jamais à l’auto-apitoiement. Elle sait user parfois même d’humour, et nous faire ressentir toute la palette de ses émotions, jusqu’aux plus poignantes. Ainsi, pour conclure son recueil des plus profonds :

notre maison
à vendre – le jardin crie
de toutes ses fleurs »


  • Mo(t)saïques, haïkus, poèmes et vers libres, Cikuru Batumike, Les impliqués, 2020, 107 pages 

« Ce recueil questionne sur ce qui tient aussi bien de la construction que de la dispersion, l’émiettement, l’évanescence, la décomposition de la condition humaine. Fureur contre l’injustice du monde ; exaspération de l’envers inhumain de l’exil ; procès de l’intolérance ; frustration que des micro-violences sourdes se répètent ; évocation de la laideur de la nature, affaiblie dans son système de défense, mais aussi poèmes et signes d’une satisfaction ordinaire faits d’émerveillement de cet infiniment précieux qu’est la beauté vivante des montagnes du monde, sans laquelle l’humain ne saurait tout simplement exister. »


  • Murmure de passerelles, recueil de textes d’auteurs bulgares en français, anglais et allemand, 223 pages
  • On ne peut vivre qu’à Paris, textes de Cioran, dessins de Patrice Reytier, Bibliothèque Rivages, préface de Sylvie Jaudeau, couleurs de Chantal Piot, 2021, 95 pages

« Un livre illustré à partir des aphorismes de Cioran qui devient ici un personnage de bande dessinée : il distille ses maximes en se promenant à Paris, l’unique ville où il pourrait vivre. »


  • Planète solaire, nouvelles, Jeanne Champel-Grenier, France Libris, 2021, 101 pages…
  • Poudre d’or, Éditions KDP, 2020. nathalie.lauro@gmail.com… 10€… Nathalie Lauro…
  • Premiers poèmes, Maxime Rigaux, J.Noël éditeur, 2019, 50 pages

« J’ai l’honneur d’éditer ce recueil de poésie de Maxime Rigaux. Intitulé Premiers Poèmes, il réunit trois séries de textes en vers libres : « Premier Poème », « Coralie dans l’eau » et « Barrière ».

Ce livre a été entièrement réalisé en Belgique, de manière artisanale. » Julien Noël…


  • Le ravissement de la marche, poésie, Anne-Lise Blanchard, avec cinq encres de Sabine Péglion, L’Atelier du Grand Tétras, 2021, 91 pages

« Si le poème est l’expression d’une présence au inonde particulière, le haïku en serait la quintessence par son expérience condensée, sa contraction de l’instant. Sa brièveté, proche du silence, capable dans son dépouillement de saisir une « entièreté », fait du haïku le compagnon idéal des marcheurs. Aussi fugace et fulgurant qu’un émerveillement, il se rumine en contemplant d autres ruminants, jusqu’à atteindre l’extrême justesse. »


  • Recueil de poèmes 2021, préfacé par Michel Santune, anthologie, France Libris, Collection L’aéro-page, 48 pages
  • Le ring du poète, Éditions La chouette imprévue, Amiens. 12€. lachouetteimprevue@gmail.com … Ramiro Oviedo…
  • Sentir, petits textes en prose, Eric Chassefière, Rafael de Surtis, Pour un Ciel désert, 2021, 84 pages
  • La solitude des anges gardiens, nouvelles, Lorenzo Cecchi, éditions Traverse, 2020, 171 pages…
  • Sous les chapes grues, Jos Garnier, prose poétique, Milagro, 2021, 42 pages

« (…) en tête de liste la mémoire s’offre un champ de lignes débattues puis annoncées par lamelles vertes inoffensives friches qui s’ouvrent et dégueulent des beautés sourdes on communique par tessons capitonnés c’est une drôle de façon d’annulation au souffle (…) »


  • Théâtre complet – tome 3 – Théâtre du souffle, Claude-Henri Rocquet, préface de Jean-Luc Jenner, éditions éoliennes, 2021, 855 pages

« Mon théâtre est celui d’un poète, ou d’un musicien, d’un peintre parfois, presque jamais d’un romancier. Je le vois aussi comme une autobiographie voilée, indirecte, allusive. Certains poètes ne peuvent guère parler qu’à la première personne. Pour d’autres, les personnages sont leurs voix intérieures, diverses, contraires, parfois insoupçonnées d’eux-mêmes, inavouables. La scène du théâtre est leur scène intime, le miroir de ce qui se joue en eux et qu’on ne saurait deviner autrement. L’écriture, cette catharsis première, est filtre du chaos. L’amour de l’écriture, quand elle tend vers une certaine lumière, me fut une arche. J’ai toujours espéré l’arc-en-ciel. Quelque chose en moi, toujours, a contredit la nuit. » Claude-Henri Rocquet in « Dramaturge ? », 2003 Ce troisième volume comporte : Noé, Babel, Babylone, parade, Chronique du déluge, Apocatastase, Jonas, Rahab, Jessica, Judith, Lucernaire, Hérode, Frères humains. »


  • Trajectoires tronquées, nouvelles, Gérard Le Goff, Stellamaris, 2020, 175 pages…
  • Une seconde éternité, Éditions France Libris.  www.jeannechampelgrenier.com ... 17€… Jeanne Champel-Grenier…
  • Une nuit sans repos, Léon Bralda, poésie, préface de Marie-Christine Guidon, prix d’édition poétique de la Ville de Dijon 2021, Les poètes de l’amitié, 2021, 44 pages
  • Et aussi :

les revues suivantes :

  • Art et poésie de Touraine ; 245, été 2021 ; Nicole Lartigue, St-Cyr-sur-Loire, France;

https://artetpoesiedetouraine.com

  • Le bibliothécaire ; 2-2021, Michel Dagneau, 1470 Genappe, rue de Bruxelles, 87, Belgique
  • Cabaret ; 38, été 2021, 31, rue Lamartine, 71800 La Clayette, France
  • Cairns ; 29, Le désir ; 28, printemps des poètes 2021 : Le désir ; 17, septembre 2015 : Saveurs, arômes et textures… ; Mouans-Sartoux, France ; www.patrick-joquel.com 
  • Le carnet et les instants ; 206, du 1er janvier au 31 mars 2021 ; 207, du 1er avril au 30 juin 2021 ; Nadine Vanwelkenhyzen, Service général des Lettres et du Livre, Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 44, Boulevard Léopold II, 1080 Bruxelles, Belgique
  • Florilège ; septembre 2021, Stephen Blanchard, Dijon, France ; aeropageblanchard@gmail.com 
  • Le Gletton ; 546, octobre 2021 ; secretariat.gletton@gmail.com ; Chantemelle, Belgique
  • Libelle ; 333, juillet-août 2021 ; Paris, France ; www.libelle-mp.fr 
  • Mot à maux ; 18, septembre 2021 ; Talmont-Saint-Hilaire, France
  • Nos lettres ; 39, septembre 2021 ; Bruxelles, Belgique ; www.ecrivainsbelges.be 
  • Portique ; 124, octobre à décembre 2021 ; Puyméras, France ; http://portique.canalblog.com 
  • Rose des temps ; 40, mai-août 2021 ; Patrick Picornot, 12, rue Théophraste Renaudot, 75015, Paris, France
  • Septentrion ; 4-2021 ; Ons Erfdeel,Rekkem, Belgique
  • Soleils & cendre ; 136, automne 2021 ; La nuit quand tout dort, Hervé Tramoy, 99, Bd des Mians, 84260 Sarrians, France

Les recueils de poésie ainsi que les revues compléteront la poémothèque d’Ethe (Virton)… Merci à toutes et à tous ! 

Lectures d’octobre

par Patrick Joquel

Poésie

Titre : Boulevard de l’océan
Auteur : François de Cornière 
Éditeur : Le castor Astral 
Année de parution : 2 021
9,92€

Un recueil de chroniques. Celles du temps qui passe. Celles d’un temps de vacances. Au bord de la mer. Des jours tranquilles. À regarder la mer. À marcher. À rouler en vélo. À pêcher. À observer le monde. 

On sait en ouvrant un livre de François de Cornière qu’on va y trouver la mélodie des petites choses, le murmure du caché, l’éclat bref d’un instant. 

C’est sous la forme de courtes proses qu’on entre dans l’été. Qu’on arpente ce boulevard de l’océan. 

On y croise des gens. Des lumières. Les jeux des marées. Ceux du vent. Et puis tout ce qui fait la vie : des gestes, des rencontres. L’ensemble dresse un univers, celui du quotidien. Celui qu’on oublie de saluer tant on le croit redondant alors que tout change à chaque instant. 

Je vis proche de la Méditerranée et je passe beaucoup de temps sur le bord de la mer, et dans la mer. Je retrouve en lisant ces chroniques océanes, malgré toutes les différences, une ambiance connue. Comme un partage à distance : j’aurais envie de dire quelque chose comme on a les mêmes ici.

Comme quoi, la particularité de ce boulevard de l’océan touche aussi quelque chose d’universel. Et cela ajoute encore au charme de la lecture.

Un livre à lire en vacances, au bord des vagues ou bien en hiver pour une bonne dose d’iode. Un livre à offrir à ceux qui sont pressés de courir tout le temps pour les inciter, on peut rêver, à ralentir un peu. Un livre enfin à offrir à ceux qui ont la curiosité de vouloir découvrir le monde, pour les inciter à réaliser ces petits voyages quotidiens et flâneurs.

https://www.castorastral.com/livre/boulevard-de-locean-2/


Titre : Le haïku en 17 clés
Auteur  : Dominique Chipot
illustrations : Anna Maria Riccobono
Éditeur : pippa
Année de parution : 2 021
20€

Dominique Chipot offre ici une solide encyclopédie du haïku : son histoire à travers les siècles, à travers les continents et leurs langues. Ses écoles, ses voies, ses philosophies. 

Le haïku est vaste malgré sa brièveté. C’est à la fois un jeu et une tentative de saisir quelques mots d’insaisissable. 

Dix-sept clés, dix-sept chapitres pour tenter d’approcher ce type de poème si bref, si profond, si drôle aussi parfois, si désespérant d’autres fois. En sachant qu’au bout de ces chapitres, les suivants sont à écrire personnellement. Connaître l’histoire, les histoires du haïku, n’exonérera personne d’écrire la sienne, les siennes. 

Chaque lecteur en route sur la voie du haïku trouvera dans cet ouvrage richement documenté mais simple à aborder de quoi nourrir sa réflexion et son regard. Pour ma part ces premières lectures m’ont arrêté sur quelques phrases en particulier que je vous partage ici. Des lectures ultérieures en ramèneront d’autres ; le présent est toujours continu mais comme un livre il s’effeuille.

Les voici :

page 58

« Le haïku ne naît pas d’une facture ostentatoire, mais d’une tournure estompée jusqu’à devenir caisse de résonance au service des phénomènes. Laissons respirer le silence entre les mots, ouvrons la fenêtre sur ce monde insoupçonné qu’est le quotidien. »

ou bien page 99

« écrire des haïkus dans cet état de sensorialité, c’est suspendre le temps, dessiner un instantané au croisement de l’éphémère et de l’éternel… Surtout, ne pas s’imaginer que tout fait banal est sujet à haïku, là, dans l’immédiateté. Apprendre à trier. Apprendre à être l’autre. Se mettre à sa place… Trouver l’équilibre. Aiguiser ses sens à l’affût de faits quotidiens… L’étincelle ne suffit pas à faire un feu de bois… Le haïku n’est pas un texte enfermé dans l’enceinte des mots. Il s’ouvre sur une pluralité de sens dans le silence du non-dit. »

Nelly Dellay précise dans le jeu de l’éternel et de l’éphémère aux éditions Picquier, 2004 : Il n’exista pas au Japon de continuité du temsp. Seulement une ssuccession d’instants et d’intervalles qui surgissent dans un espace transitoire. . Il y trois temps : le présent des choses passées, le présent des choses présentes et le présent des choses futures. »page 124.

https://www.pippa.fr/LE-HAIKU-EN-17-CLES


Titre : Les gestes de la cuisine
Auteur : Amandine Marembert
images : Valérie Linder
Éditeur : Esperluette éditions
Année de parution : 2 021
prix 9,90€

on l’oublie trop souvent quand on est sous tablier et les mains dans la farine : cuisiner, c’est se souvenir. C’est entrer dans la transmission. Le chef répète et modifie éventuellement les gestes appris, les secrets transmis de génération en génération puis les transmets à son tour. C’est une succession. C’est mettre les mains dans le même bol, sur le même rouleau, répéter les mêmes gestes. Souvent on cuisine en silence, peut-être parce ce qu’inconsciemment on se souvient et que l’émotion nous gagne. Peut-être consciemment… Peu importe. 

Les poèmes de ce recueil qu’accompagnent les images joyeuses et colorées de Valérie Linder témoignent de ces moments étranges où le temps devient global, où l’on est soi mais aussi ceux ou celles d’avant. C’est simple. Poignant sans être mièvre ni larmoyant, non c’est joyeux, je sais je l’ai déjà dit et alors ?

Des poèmes à offrir à toutes celles qui aiment préparer ces repas que l’on partage ensuite ensemble, celles mais aussi à ceux qui mettent aussi les mains dans la farine car « rien n’est plus beau… » comme chantait Nougaro.

pétrir du bout des doigts

eau farine grammes de sel

ne pas mettre en boule pour ne pas casser le feuilletage

j’étends au rouleau sans trop appuyer 

sans trop fariner

le linge de la pâte

en une barde longue étroite 

un quart de tout dans le sens des aiguilles d’une montre

un tour dans le sens inverse

repos et rebelote

ma mère me montre ces gestes

pour la galette de la petite

mon doigt immobile la trotteuse

mais mains sont celles des femmes d’avant moi

j’aligne les coussinets de mandarine

sur la toile cirée

pour les petits doigts

chaque coussin est une lampa qui allume nos intérieurs

https://www.esperluete.be/index.php/catalogue-2/mots-clefs/po%C3%A9sie/les-gestes-de-la-cuisine-detail


et de mon côté, une nouveauté (photos et haïcats ou tankats pour accompagner)   c’est ici : https://www.patrick-joquel.com/editions/

©Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Mot à Maux

Appel aux armes

Par Daniel Brochard

Mot à Maux est en danger. Et si l’on m’enlève ma revue, on m’arrache le cœur ! Aujourd’hui, elle est menacée d’extinction.  Il manque la participation des poètes eux-mêmes ! Comment la faire vivre désormais ? Ma boite à mail est désespérément vide et j’ai de la peine à nourrir un sommaire pour le numéro 19 de décembre ! À terme, la revue ne pourra pas se relever. L’argent n’est pas la question. Je suis généreux, je ne suis pas avare d’exemplaires gratuits. Je dépense une grosse somme de timbres dans ma générosité… Comment ferais-je si je n’avais pas un matelas épais qui m’évite de finir à la rue ? Suis-je une petite revue ? N’ai-je pas de légitimité parmi mes pairs ? Ne suis-je pas limité par la vitesse de la société de consommation ici, sur Internet ? Il est un fait que je ne peux pas continuer l’aventure seul ! Sans la confiance que, jusque-là, on a bien voulu m’accorder, je ne pourrai pas survivre bien longtemps. Je ne peux pas porter seul le fardeau. Une revue  est comme l’esprit lui-même, elle « restitue sous une forme inédite non pas le monde brut, mais plutôt l’énorme matière littéraire qui préexiste à [elle] » (Julien Gracq). Autrement dit, une revue n’a pas la volonté de se substituer au monde, ni d’être le monde, mais d’agir avec lui dans une existence commune. La parole est la chose la plus précieuse que nous ayons et nous ne pouvons nous en défaire. C’est ainsi que je conçois de faire vivre Mot à Maux : au plus près de la vie, au cœur de la société et dans notre esprit. Poètes ! Il me manque votre parole pour que la revue ne meure pas ! Je sais compter sur mes fidèles amis. J’ai pour règle de ne pas solliciter d’auteurs de façon brutale et de compter sur le hasard et les liens virtuels. Mais un revuiste ne peut pas se contenter de publier les mêmes auteurs. La nouveauté, l’esprit de renouvellement est essentiel. Mot à Maux ne peut vivre plus longtemps sans votre confiance. Sans textes, sans auteurs, c’est le numéro 19 de décembre lui-même qui est en jeu. Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis plein de projets, que je manie un peu l’utopie, convaincu que la poésie peut contribuer à changer la vie. Sans vous, sans votre présence, je ne pourrai avancer à rien. Le silence infini dans ma messagerie. Le sentiment de ne pas exister dans un combat qui est le mien… De ne pas avoir les clefs. De finir à la rue ! Je suis menacé de ma propre expulsion ! Se lever le matin (à midi) pour ne respirer que le silence de la journée, avec ces voix chantantes dans ma tête qui me disent de marcher ou de mourir ! Finalement, la solitude est le pire des enfers ! Redonnez à ma vie la poésie qui lui manque… Car vous êtes mon énergie, l’espoir de changer un peu cette pauvre vie. Il s’agit d’une revue, d’une simple revue ! C’est-à-dire une aventure collective, l’espoir que la parole soit à nouveau redonnée à ceux qui n’ont rien, ou rien d’autre que la poésie ! Moi, je ne veux pas finir comme ces suicidés, comme ces malades que la société condamne à l’exil ou à l’asile. Je ne retournerai pas là-bas ! J’ai des rêves – en plus de la Clozapine – qui me maintiennent en vie. Ma colère est immense contre cette société mercantile, aliénée, qui ne donne plus d’espoir. Il faudrait peut-être tout abandonner, cesser nos activités, se résoudre au silence ? Ce sont les mots qui me font vivre. C’est-à-dire cette impossibilité de renoncer. Je vais continuer à surveiller ma messagerie. Continuer mon travail poétique. Sans vous, je suis réduit au silence. Aujourd’hui, je me présente en mendiant, désespéré… mon avenir ne dépend que de vous. Ce n’est pas un billet que je recherche. C’est votre contribution, votre confiance. Aidez-moi à relever Mot à Maux !

Sincèrement en poésie,

©Daniel Brochard

  • Pour contacter Daniel Brochard: brochardda85@gmail.com

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