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Pierre MIRONER, « SORELLA », Roman poétique, Ed. du menu fretin, 2017, ISBN 978-2-9543997-13, 88 pages, 15 euros

Une chronique de Jeanne Champel Grenier

Pierre MIRONER, « SORELLA », Roman poétique, Ed. du menu fretin, 2017, ISBN 978-2-9543997-13, 88 pages, 15 euros


 « SORELLA », qui signifie « soeur » en italien, a été écrit par le poète et pianiste Pierre MIRONER, en écoutant des enregistrements de Su Ya Wang, ainsi que la musique de chambre de Gabriel Fauré. Cette œuvre est accompagnée d’élégantes peintures florales pleine page, de Dang-ngoc Tran.

 Il s’agit d’un roman de facture originale puisqu’il est rédigé en vers libres, le plus souvent groupés en quatrains non rimés, liberté assumée par le poète  ( on note cependant, ici et là, l’apparition naturelle d’alexandrins) tout en »cultivant la spontanéité, Esprit de jeunesse en fleur! selon les mots-mêmes de l’auteur, et l’on songe à Voltaire : »Cultivons notre jardin » c’est à dire notre vie en priorité, et par extension, le monde.

 Le sujet étant l’enfance du  »récitant » ( qui dit n’être pas l’auteur du conte) accompagné de Sorella, sa sœur, qui joue pleinement son rôle d’ainée. Une enfance en marge du monde légiféré qui brime l’humain dans le carcan social, une enfance protégée dans une grande maison du Lubéron, entourée de murailles, sorte de thébaïde, de grand jardin clos, où rien d’essentiel ne fait défaut :

                           Devenir grand, voilà à quoi je passais mes journées (P.11)

Les impressions relatées, détaillées, apparaissent si vraies qu’il est difficile de croire qu’elles n’aient été réellement vécues ou du moins ardemment désirées.( »j’aurais aimé une sœur plus âgée que moi / que j’aurais un jour désirée…)

Par bonheur, le  »héros » de SORELLA a la chance de vivre à côté d’une sœur post-adolescente, sûre d’elle, digne de confiance, en place d’adulte ou de tuteur rigide, une présence vive, très proche de l’enfance, un guide sans violence, comme pour aider les plantes à grandir, en douceur, à la verticale de la poésie :

                          elle m’aurait fait deviner quelque rime

                          ne répondant que sottise comme rhume

                          ou fume pour plume, ma sœur se serait fâchée

                         « La poésie est aussi utile que les oiseaux »

Et l’auteur d’ajouter :

                          mais je me moque toujours autant de ces jeux

                          de vieillards – aux figures de style je préfère

                          l’écho puissant qui bondit dans les montagnes (P.9)

Plus loin, l’auteur confirme, en relatant les paroles d’un ouvrier venu réparer la toiture

                           L’un d’eux écrit quatre vers à sa belle 

                          andalouse et me dit du haut de son perchoir 

                          que la poésie est libre et qu’elle doit le rester

 SORELLA, ce roman qui ressemble à un long poème libéré des lois  »mécaniques » artificielles de la versification, raconte au jour le jour, de façon naturelle, l’essentiel de l’homme dès la petite enfance : le besoin de sécurité, d’amour paisible, le besoin absolu de rythme naturel, de proximité avec les animaux ( le chien Icare). L’auteur décrit une enfance protégée au sein de la vraie vie, une enfance qui permet aux humains baignant dans un milieu naturel de découvrir leurs dons personnels :

                           j’apprends et je retiens sans souci tout très vite

                           nul besoin d’école ou de leçons…

Toutefois nous ne sommes pas en pays Amish, le monde extérieur n’est pas pour autant ignoré, on n’est pas non plus dans une atmosphère d’eau bénite ou de couvent ; la culture circule : on nous parle de Salomé, des filles de Loth, et de cet absurde poème 😮 bleu, u vert, i rouge...On nous cite Pascal, Jules Verne ( trop technique), on évoque la guerre, la shoa ( je cherchai le mot absurde et l’absurdité / dans le Petit Robert sans trouver de réponse)

On parvient lentement et sûrement à la conclusion suivante : l’éducation, l’instruction et la culture se forgent au rythme de la vraie vie entourée de la confiance qui doit émaner d’un adulte digne de s’occuper d’enfants:

                          je prépare un diplôme unique en son genre :

                          je serai admissible aux plus grandes écoles

                         de la vie, et serai en tout cas sûr de moi,

                         garderai confiance en pensant à Sorella…

                         elle veille à ma croissance en m’ouvrant

                         »un chemin où l’homme ne pourra me nuire ».(P.37)

Pierre MIRONER nous offre dans SORELLA un roman attachant, très original, sous forme de long poème si vivant, si précis, si délicat, qu’on le croirait en grande part vécu ; une histoire détaillée qui interpelle et marque le lecteur en le replongeant dans sa propre enfance. 

 Il nous décrit au jour le jour une sorte d’éducation idéale qui nous rappelle Rousseau, Voltaire, ou bien René Char dans  »Luberon »( C’était en pays heureux), une éducation où le respect des besoins de l’enfant, de ses goûts personnels, prime sur la connaissance générale déshumanisée issue des livres et des  »grandes écoles ». 

 Il prône une éducation proche de la nature qui procure une réelle sérénité (Nous n’avons à l’automne que le mot  »bulbe » à la bouche). Voilà pourquoi ce roman est dans l’air du temps. N’est-ce pas ce qu’un Pierre Rabhi, pâtre de  »la sobriété heureuse », nous a encouragés à faire : réconcilier l’humain et la terre ? Cela prend doublement valeur d’exemple lorsqu’on sait que le poète Pierre Mironer a consacré sa vie non pas seulement à l’écriture et à la musique, mais à l’enseignement.

                                                                                                    © Jeanne CHAMPEL GRENIER

Nicole Hardouin, Lilith, l’amour d’une maudite, éd.Librairie-galerie Racine Paris.

Une chronique de Jeanne CHAMPEL GRENIER

Nicole HARDOUIN,« Lilith, l’amour d’une maudite », Illustration de couverture : Colette Klein : « Magnétisme », Préface Alain DUAULT,  Ed. Librairie-Galerie Racine-Paris. ISBN 978-2-243-04536-9


                          Nicole Hardouin, cet auteur hors du commun, toujours ferraillant hors des chemins battus, nous offre les sensations libérées, toujours sur les crêtes, de la relation amoureuse débarrassée des interdits et filtres occultants de la bienséance imposée à la femme. Telle Lilith, elle dévoile au lieu de voiler ; elle assume à cru la chevauchée du désir amoureux et son assouvissement.

 L’auteur, par sa plume vive et sensuelle, fuyant toute censure, met en scène les désirs amoureux et, le moins qu’on puisse dire, on est très loin des descriptions passéistes, aspergées d’eau bénite qui émaillaient encore les romans féminins, il y a peu.

             Il s’agit non plus de balade ni de bluette mais d’une révélation d’ascension à nu des Grandes Jorasses sous la foudre. Aucun cataclysme naturel ne peut être comparé à sa façon de vivre et d’écrire l’exaltation des corps et l’accélération des cœurs en amour. Il s’agit toujours, pour elle, non pas de rengaine fleur bleue mais de « faire l’amour comme les éclairs dans l’orage » et de révéler que dans ces conditions « les langues brûlent dans le naufrage des sucs.»

            Il s’agit d’écrire avec franchise et vérité, il s’agit de décrire sans faux semblant la sublimation des sens. Lilith, parce qu’elle refuse la place subalterne de femme soumise, la place de réceptacle muet que lui réservait l’homme, serait-elle  »maudite » ? Alors qu’elle existe, tous les sens vivants, devrait-elle mimer l’effacement, devrait-elle cacher ses formes sous des voiles occultants, se masquer le visage ?

            Ce livre ouvre encore un peu plus cette porte étroite par laquelle la liberté féminine, dans de nombreux pays, essaie de se frayer un passage non sans y perdre quelques plumes.

                   Ici, dans ces pages très actuelles, nous sommes dans le flamboyant de l’amour charnel aux étreintes fulgurantes ; c’est un livre, qui, souvenons-nous, il n’y a pas si longtemps aurait valu censure et condamnation suivies de brûlots nourris de corps de femmes traitées de sorcières.

                                                                                                 ©Jeanne CHAMPEL GRENIER

Pierre GUÉRANDE, Baronnies de l’imaginaire, Poèmes- Editions Saint-Honoré-Paris

Une chronique de  Jeanne CHAMPEL GRENIER


Pierre GUÉRANDE, Baronnies de l’imaginaire, Poèmes- Editions Saint-Honoré-Paris ISBN:978-2-407-01519-1

C’est un réel voyage  que cette plongée dans les  »Baronnies de l’imaginaire » de Pierre Guérande ! Un voyage au présent qui respecte certains mots du passé tel que  »baronnie » ; un beau voyage dans ce territoire de langue française que servent si bien les poètes belges dont les illustres pères se nomment Émile Verhaeren, Maurice Carême, Charles Van Lerberghe, Théodore Hannon et tant d’autres…

Tel un chevalier, Pierre Guérande entame un voyage qui défie les lieux et le temps pour dédier, à la moindre émotion, quelques mots de neuve poésie à tel ou tel ami qui l’aura touché par sa qualité de peintre, musicien, poète ou autre créateur. Voilà les  »Baronnies de l’imaginaire »’, ces terres spirituelles qui ont un lien d’appartenance ancienne, et qui continuent à flamboyer du blason ; des domaines où se rencontrent des âmes qui ont une fleur à offrir au monde.

 Il s’agit d’une sensibilité qui sait choisir les termes anciens et les offrir au présent tels

‘le grandiose inachèvement/ des écoinçons et des bretèches dont nous parle un peintre ‘‘en sa palette fatiguée/ des symétries de convenance («Le chevalet d’écume»-Page 12)

Ce recueil en son entier est un trésor. Chacun peut y trouver un bijou taillé de multiples facettes à admirer, à conserver en souvenir d’une rencontre rare.

 Qui ne saurait se laisser envoûter par ces textes précis au riche vocabulaire, écrits en lumière de vérité, sans langage ostentatoire, mais que l’on garde en mémoire. 

 Personnellement, en tant que peintre, je choisirais le magistral portrait du héron !

Pierre Guérande semble dresser ici, une sorte de portait du poète, dans sa silencieuse noblesse, hors des fatuités bruyantes dispensées par certains concours ou académies.

   »Il tient de l’armure et du prince /un fuselage séculaire/ gris-perle savamment lissé/ apesanteur et gravité…Sentinelle des fraîches eaux /bleu samouraï des roselières/ il se défait de son ego/ pour n’incarner que son lignage…Il réinvente l’immobilité/ entre deux glissements muets/ vers un ailleurs d’enivrement/ et de solitude héraldique…Il vole un temps à hauteur d’homme. ».. (« Sphinx ou héron »-Pages 14-15)

Reconnaissons à Pierre Guérande, l’acuité du regard, la profondeur des idées, la richesse des images et la sobre beauté du vocabulaire ; ces qualités qui, ajoutées à l’élégante discrétion, font la noblesse et  »le lignage » d’un poète.

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

Barbara AUZOU, LA RECONCILIATION, Préface de Xavier Bordes, L’Harmattan, 2022.

                                                                                                 Une chronique de  Jeanne CHAMPEL GRENIER

Barbara AUZOU, LA RECONCILIATION, Préface de Xavier Bordes, L’Harmattan, 2022.


L’un des sujets de ce recueil est la création artistique et poétique comparées.

 «La vague» de Camille Claudel s’accompagne ici des mots de Barbara Auzou qui a su se situer dans le contexte: l’exaltation amoureuse suscitée par Rodin, et la passion de créer qui emporte tous les sens. Quelle gageure pour des femmes! Vouloir prouver que la passion créative originale, la plus personnelle, intime, exigeante, n’a pas de sexe!

Barbara Auzou, comme toutes les femmes poètes dignes de ce nom, n’a pas peur de démonter les barrières sexistes. Ainsi firent Christine de Pisan, Louise Labé, Marceline Desbordes Valmore, Anna de Noailles, Colette, Marguerite Yourcenar, André Chédid et tant d’autres non des moindres…sans compter les femmes sculpteurs comme Niki de Saint Phalle…

Il suffisait d’

«Avoir la douleur et la joie/ Pourvu que le cœur soit profond/ Comme un arbre où les ailes font/Trembler le feuillage qui choit..»

Que le cœur donne sa sève/Que l’âme chante et se lève/Comme une vague dans le vent…( «L’ardeur» Anna de Noailles)

 Barbara AUZOU a compris en admirant l’oeuvre passionnée de Camille CLAUDEL qu’il fallait une force créative hors du commun alimentée par un feu intérieur capable de jaillir tel un volcan dans l’océan. L’écriture devient alors un défi puisqu’elle vous porte tout entier, contre vents et marées, avec la force d’une mer démontée, au plus haut des rêves, essayer d’atteindre la lune, avant de retomber dans l’attente de la prochaine pulsion irrépressible. Les textes de Barbara sont autant d’accompagnements du geste créatif de Camille, au point d’épouser de façon originale, non descriptive, ce mouvement de vague déferlante:

«qui crée cette déchirure sincère…
pour ouvrir un remous en bord de ciel/ une rafale de fenêtres dans le corps
tout en découvrant dans cet instant de création

qu’il y a:

des tendresses comme des paupières/ et de l’or dans la voix de la vague

sans oublier l’humilité du poète et du sculpteur qui se satisfont du partage car:

tout se consume dans des rêves d’oiseaux
mais ce qui importe, c’est:
dériver avec toi à fleur de ciel et à fleur d’orage»

 Ce recueil RECONCILIATION se révèle une partition musicale d’accompagnement, une présence éclairée par tous les sens du poète, une parole forte et claire, qui sous-tend l’oeuvre de Camille Claudel, sans attenter à l’image inaltérable de Rodin mais qui, par la force et la passion qui s’en dégagent, l’inclut au contraire. C’est cet instant de communion créative que Barbara Auzou convoque de sa plume attentive:

«L’oeuvre du temps…oui mais laquelle si ce n’est l’instant blanc de ton âme comme une aile sur mes eaux

Un recueil à lire et relire afin de retrouver l’esprit passionnément créatif tant de Camille Claudel que de Barbara Auzou puisque, nous dit-elle:

«Je reviens à chaque instant vers une porteuse d’eau aux épaules de simplicité et de ciel….
parce qu’elle a des doigts de violon à creuser des fontaines dans la pierre et ce qui veut dans ma voix..

                                                                                                          © Jeanne CHAMPEL GRENIER

Barbara AUZOU, MAIS LA DANSE DU PAYSAGE, Poèmes, Préface de Claude LUEZIOR, 5 Sens édition-2021.

Une chronique de Jeanne Champel Grenier

Barbara AUZOU, MAIS LA DANSE DU PAYSAGE, Poèmes, Préface de Claude LUEZIOR, 5 Sens édition-2021.


« …Mais la danse du paysage… » Ce vivant mot de passe transmis par Blaise Cendras, l’éternel voyageur, nous prépare à un changement de rythme plus qu’à de belles descriptions des pays traversés. Il s’agit bien de voyages mais de voyages vécus et rapportés sur un autre ton :  »le paysage ne m’intéresse plus, mais la danse » nous dit Cendras qui voit défiler les pays. 

                     Claude Luezior, pertinent préfacier de ce livre, note aussitôt ce point original : il s’agit pour l’auteur de :

« Prendre et reprendre les lignes qui ondulent et fuient vers les frissons »

                    Barbara Auzou paraît si naturellement prédisposée au bonheur de la découverte qu’elle semble vérifier d’emblée la parole de Claude Estéban fustigeant les poètes qui se nourrissent de noirceur, en ces mots : « Quelqu’un qui crie que tout est noir, c’est dans sa tête qu’il se cogne » 

                    Dans ce recueil, tout est fluide, ouvert, musical et positif : il s’agit de la  »substantifique moelle » du voyage, celle qui vous soulève et nourrit votre vie…pour la vie.

Essayons d’emprunter un instant cet « Itinéraire de l’éphémère »qui n’exclut pas ces repères de stabilité que sont partout, les arbres ; l’auteur nous parle de  »l’arbre que l’on s’est choisi » qui est cité de façon rémanente, où que l’on soit comme un repère, un tuteur entre sol et cieux : 

« comme ces arbres debout sur une seule jambe tremblants séculaires et tout en visions »P.21

                   On note, à chaque halte, ce qui va demeurer vivant à l’esprit, le son, le timbre du lieu ou de l’instant, tel « le renard gris des Rocheuses…avec son langage à émettre des oiseaux au-dessus des cactus »P.22

 Au Kénya « où la beauté s’émonde tendue entre deux gazelles »P.24

Sur l’Ile de Pâques avec « ses vieux enfants de basalte et l’or sombre de la voix à l’aube accordée »P.27

À Wallis et Futuna où «  le bleu qui sert à aimer là-bas se pose comme une coccinelle sur un sein »P.32

Aux Açores où l’on dit « que ce même soleil fait tomber l’amour des corniches »P.36

Au Sri Lanka où « nous aurons désappris à aller vite et nous voilà voyageant à l’abri d’un autre temps »P.38

Dans la Pampa Argentine… « et dans les plaines du vent tressons nos voix pour apprendre à la vie / à épeler toutes les lettres clandestines du consentement »P.40

Et aussi en Sardaigne où, l’auteur nous dit reconnaître «  la Diane doucement poignante du destin ( citation en hommage à René-Guy Cadou)

                 Et combien d’autres destinations encore qui font de ce recueil un carnet de voyage écrit dans une langue sobre, pertinente, et sur un ton très personnel ; un voyage de connivence avec l’amour qui permet de côtoyer la beauté vivante dont un cœur ouvert et positif ne peut se déprendre quelles que soient les circonstances. Après avoir suivi en pensée l’itinéraire de ce voyage je dirais en conclusion comme l’avoue Barbara Auzou :

« J’ai marché pieds nus vers l’Ailleurs…

« Je ne savais pas qu’on pouvait à ce point aimer la vie »

                   Recommandons à tous, en cette époque de repli funeste, non pas la lecture mais la fréquentation de ce livre exceptionnellement positif et profond et terminons par ces mots de l’auteur, émouvants et légers à la fois :

« Et je m’éloigne des maçons du passé  

de tout ce qui brûle les passereaux…

j’accepte la tiare somptueuse du printemps

sur le roux de mes cheveux… »( Au pied d’un seul arbre)

                                                                                        © Jeanne CHAMPEL GRENIER

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