Une mouette, Xavier Bordes

Une mouette

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Au-dessus de la petite place de mon quartier

plane en se plaignant une mouette à l’élégance

immense D’ailes gris-blanc au double galbe

elle glisse son envergure entre les cheminées

et rase les toits avec une nonchalante virtuosité

Mon pain sous le bras je reste à contempler

ses évolutions jusqu’à ce qu’une décision

subite la pousse à s’éloigner vers la Seine

d’un vol rapide et régulier le long de l’avenue

Les passants pressés m’évitent Ils me jettent

ce regard apitoyé qu’on réserve aux idiots

Emmenant avec moi la fascination d’un rêve

d’intense liberté je me fais violence pour casser

l’hypnose et je tourne au coin de la rue qui va

me ramener jusqu’à la porte de chez moi.

©Xavier Bordes


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Fanatiques – 21 mars 2012, un poème de Xavier Bordes

https://xavierbordes.wordpress.com/2012/03/21/fanatiques/

Fanatiques

La nuit du dieu unique s’étend sur l’esprit des Égarés, les éblouit puis les laisse aveugles, leurs pensées murées comme des mouches dans ces chambres noires où seule une lueur de sang réveille des clichés.

Chaque geste les consume ainsi que branche sèche au feu d’une haine sans fin. La forge d’une oppression irrespirable au fond d’eux réveille le feulement glacé propre aux fauves aux prunelles fendues.

Ils se jettent dans le bond impitoyable, exterminent en eux-même toute enfance. Les petits corps, empoissés d’une flaque de pourpre sombre, gisent autour de leur mémoire, dans une clarté terrible d’injustice, que viennent reconnaître des parents en larmes. 

Mais les tueurs, eux, fascinés par leur illusion, poursuivent leur absurde guerre contre eux-mêmes en croyant combattre pour le bien, les yeux fixés sur leur souhait de fleuves parfumés et de vierges dociles, jusqu’à ce que le néant les stoppe d’un ultime 

Cylindre de plomb définitif.

©Xavier Bordes