Tous les articles classés dans : Chroniques

La bonne vie, Jean-Pierre Otte, Le cactus inébranlable, 10€.

Chronique d’Yves Arauxo La bonne vie, Jean-Pierre Otte, Le cactus inébranlable, 10€. « Et quand tu m’auras lu, jette ce livre – et sors. Je voudrais qu’il t’eût donné le désir de sortir – sortir de n’importe où, de ta ville, de ta famille, de ta chambre, de ta pensée. N’emporte pas mon livre avec toi. (…) Que mon livre t’enseigne à t’intéresser plus à toi qu’à lui-même, – puis à tout le reste plus qu’à toi. »  (Gide, « Les Nourritures terrestres ») Qu’est-ce qu’une vie bonne ? Chacun de nous s’est posé la question. Au hasard d’une rencontre, le jeune Sergueï bifurque. Il quitte le chemin tracé, le sentier battu et se retrouve dans la maison de campagne d’un écrivain. Il y reste un certain temps, squatte un peu. Pour dédommager ses hôtes de sa présence, il effectue quelques travaux dans la propriété le matin et, l’après-midi, il part faire de longues promenades dans ce pays qu’il ne connait pas. Il explore, parle à toutes les personnes qu’il croise, il apprend, se cultive, il erre et il rêve. …

Madeleine Bernard La Songeuse de l’invisible, Marie-Hélène Prouteau, éditions Hermann, 2021, 19 euros, 150 pages.

Chronique de Corinne Welger- Barboza Madeleine Bernard La Songeuse de l’invisible, Marie-Hélène Prouteau, éditions Hermann, 2021, 19 euros, 150 pages. Madeleine Bernard tient sa place dans l’histoire de l’art, une place congrue. On la reconnaît sur quelques œuvres, principalement Madeleine au Bois d’amour d’Émile Bernard, un portrait au revers de « La Rivière de Blanche » de Paul Gauguin, un autre Portrait de Madeleine Bernard de Louis Anquetin. Présence connue de la jeune femme qui a fait partie du petit monde et du moment artistiques de Pont-Aven. Présence connue, signalée dans « la vie et l’œuvre » d’autres reconnus. Tout cela est bien documenté et Marie-Hélène Prouteau a puisé à toutes les sources disponibles : les œuvres, les images photographiques, les correspondances. Mais il n’est pas question ici d’un livre ajoutant à l’histoire de l’art, ne serait-ce qu’au prisme du modèle ou de l’inspiratrice. Au regard des références abondantes rappelées en bibliographie, la recherche exhaustive de l’auteure reste discrète ; la connaissance ici a pour vocation d’irriguer le récit et ses détails, non pas de forcer le …

Jean Chalon, Dames de coeur et d’ailleurs, La coopérative (19€ – 240 pages) Mars 2021.

Chronique de Nadine Doyen Jean Chalon, Dames de coeur et d’ailleurs, La coopérative (19€ – 240 pages) Mars 2021. Si Claire Fourier déclare « ne compter que les heures heureuses », Jean Chalon a adopté un viatique quasi semblable : « je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses ». Jean Chalon ayant travaillé à la rubrique du « Figaro littéraire », comme Bernard Pivot, il a connu de nombreuses personnalités dans le milieu. Par ailleurs ses biographies ont remporté un franc succès. Dans cet ouvrage, dédié à celui qu’il appelait « son soleil », il ressuscite des écrivaines qu’il a connues, lues, fréquentées, admirées, d’où les anecdotes croustillantes qu’il a cueillies. Il décline une galerie d’une quarantaine de portraits féminins, enrichie de collages, de photos. Difficile de les citer toutes. Des femmes généreuses, mondaines, certaines aimant le divin nectar apprécié aussi d’Amélie Nothomb, d’autres dotées de l’art de recevoir. Il a même correspondu avec celle qui ouvre le bal, Natalie Barney, une éternelle conquérante devenue son égérie. Le biographe se remémore leurs rencontres en tête à tête. Lors des soirées qu’elle organisait, il  a …

JEAN DORNAC, Au carrefour des tristesses, (Ars Longa – Roumanie. 2020)

Chronique de Nicole Hardouin JEAN DORNAC, Au carrefour des tristesses, (Ars Longa – Roumanie.  2020) Au foisonnement des souvenirs l’auteur laisse apparaître la torturante remontée des ombres, mon cœur reste en deuil / Son absence est trop lourde, traces qui se tassent dans les reflux des jours, sans jamais disparaître. Le sable n’est jamais à nu, la mer, que Dornac aime dans sa Bretagne d’adoption, celle en furie qui se fracasse contre les falaises, emmène au loin toutes les traces, les peurs, les joies mais ne les abandonne pas.  La détresse et ses remous sont toujours là dans les soubresauts de la lumière, tenaces échanges muets avec celui qui est parti, ce frère tant aimé, son image s’impose jusque dans mes rêves. La solitude va l’amble avec les manques de l’absence il n’y a nulle lumière / Et il n’y a plus d’air / Dans ce puits noir / qu’on nomme solitude. Mais, pourtant, même si pour le poète La vie est une garce sans pitié,  car, il n’oubliera jamais celle qui est partie, celle …

Le dernier enfant, Philippe Besson  –  Julliard (19€ -206 pages) ; Janvier 2021

Chronique de Nadine Doyen Le dernier enfant, Philippe Besson  –  Julliard (19€ -206 pages) ; Janvier 2021 Philippe Besson avait dédié La maison atlantique « à la mémoire de son père, un homme admirable ». Il nous touche de nouveau en destinant cette fois son dernier roman à sa mère. En  exergue, une définition de la maison familiale par Marguerite Duras et quelques paroles de Léo Ferrer autour des voix que l’on oublie !  En ouverture, l’auteur zoome sur « l’oeuvre » de la mère, tel un tableau de nature morte  représentant une table de petit déjeuner. Pourquoi tant de cérémonial ? C’est le dimanche où le couple va installer son fils Théo à 40 km de là, c’est une rupture des habitudes, le dernier breakfast qui marque l’envol du fils cadet.  Juste avant on a suivi le ballet des gestes, tout en plongeant dans les pensées de la mère. Dès les premières pages on cerne les protagonistes. Patrick, un père ferme, autoritaire, qui ne veut pas confier un volant, ni au fils (qui vient d’avoir le permis), ni à sa femme !  …