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Service de presse n°62 – 07/16/21

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Traversées a reçu : 

Les recueils suivants :

  • Accoster le jour, Patricia Castex Menier et Sylvie Fabre G., poésie, La Feuille de thé, 2021, 31 pages
  • Amour quelque part le nom d’un fleuve, Alain Dantinne, L’herbe qui tremble, 2020, 272 pages

«  Au coeur de l’écriture

l’ombre de la main

Au coeur de l’ombre

une fêlure

Au coeur de la fêlure

l’absence

Au coeur de l’absence

la poésie »

  • Ars Poetica – Poèmes bibliques, Yòrgos Thèmelis, présentés et traduits du grec moderne par Bernard Grasset, Ressouvenances, 2021, 186 pages

Ars poetica et Poèmes bibliques sont les deux derniers recueils de Yòrgos Thèmelis (1900-1976), parus peu avant sa mort comme un testament poétique. Un art poétique se dessine en contrepoint de poèmes dialoguant avec des versets bibliques. Le poète, être de feu, est à la fois un veilleur, un messager et un prophète.

Le lecteur, plongé au coeur de notre condition, rencontre l’amour, la vie et la mort, leur lutte. Le poète dénonce l’extension sans frein du règne du profit qui rend notre monde antipoétique, inhumain. Tout s’achète, tout se vend. Pour que notre commune maison ne reste pas une maison de commerce, il invite à écouter la parole brûlante du poème qui oriente vers l’aurore.

Habitée par un questionnement existentiel, traversée de visions surréelles, apocalyptiques, la poésie de Y. Thèmelis mêle à des accents de tragédie grecque un moderne lyrisme. Une pensée poétique de l’homme, de l’univers, s’élève en un chant âpre et puissant. Oscillant entre incroyance et croyance, le poète s’approche du mystère en traversant la chair. Sa quête à la fois incarnée et mystique de la lumière cherche un Visage qui sauverait de la chute abyssale.

Loin du langage qui avilit le monde, transformé en empire de froides marchandises, le poète parle « une autre langue » ardente, délivre les choses en les nommant, les êtres en les aimant. Attentif à ces éclairs qui nous révèlent un peu de l’invisible, il accueille, au milieu des plus grands périls, comme une « fine lune », l’espérance en sa maison de lumière et en fait don dans son chant ultime, tissé d’ailleurs.

Bernard Grasset

  • Assise dans la chute immobile des heures, Florence Noël, poèmes, Bleu d’encre, 2021, 117 pages

« en ton jardin dormir

est un acte frémissant

partir une effraction

et mourir la réminiscence

de la création »

  • Au bonheur des cernes mauves, poésie, Michèle Caussat, Gros textes, 1998, dessins d’Eliane Gibert et Jean-Paul Rostain, 48 pages
  • Au rebord du monde, poésie, Mouren Provensal, La Trace, collection Regards, 2020, 81 pages
  • Au revoir Lisa, roman, Françoise Houdart, M.E.O., 2021, 126 pages

« C’est toujours maman qui découvrait les cartes postales que mon père m’envoyait des villes où le menaient ses pérégrinations de voyageur de commerce : elle qui les rangeait sur la cheminée pour donner à nos rares visiteurs l’illusion qu’il se préoccupait de nous. Jusqu’au jour où je me suis précipitée pour ramasser le courrier. c’était une carte de Florence. j’ai vu le tremblement de sa lèvre quand j’ai lu au verso de la carte : « Tu me manques, ma petite fille. Je promets de t’amener ici pour te montrer toutes ces beautés. Avec ta maman, si elle se souvient… Au revoir Lisa. Papa. »

Je m’appelle Lisa en souvenir de la Pensione Mona Lisa, près de la gare de Santa Maria Novella, à Florence où mes parents avaient passé leur lune de miel. Je l’ignorais, comme j’ai toujours ignoré la vérité celée de ma naissance, ce non-dit qui a érigé entre eux un mur de mensonge qu’il me revient à présent de déconstruire pierre à pierre. »

  • Cardio Poèmes, Aline Recoura, Petit Rameur, 2021, 20 pages
  • Ce qui vient de lumière, Jacqueline Persini & Matt Mahlen, Rougier, 2020, 33 pages

« Né d’une Lumière-poussière-d’étoile, la vie, la nature, le temps et le regard, ce poème en quatre actes est illustré par ce qui vient du pinceau de l’artiste. »

  • Cette nuit est l’intérieur d’une bogue, précédé de Entrée en écriture, Pouhon bleu la veillée, Premiers émois, Les camps retranchés, Enceinte des eaux, Jean-Pierre Otte, poèmes, Le temps qu’il fait, 2019, 114 pages

De sa dix-neuvième à sa vingt-quatrième année, en un temps d’apprentissage, Jean-Pierre Otte écrivit bon nombre de poèmes et de courts récits. Comme s’il convenait d’abord de s’exercer, de pratiquer des sortes d’exorcismes, et de subir des influences pour progressivement s’en affranchir. Ainsi qu’il le dit dans Entrée en écriture : « il s’agissait d’exprimer à chaque fois un univers devenu familier tout en laissant aux mots la liberté d’ourdir leurs propres images insolites et d’exprimer ainsi la saveur de ce qui, quoi qu’on fasse, nous reste insaisissable. »

Beaucoup de ces poèmes furent détruits, l’écrivain en herbe les considérant, peut-être à tort, comme des « copeaux d’atelier ». D’autres, dispersés, furent publiés en diverses revues et un bon nombre demeura inédit. Ce sont ces textes que l’auteur a réunis ici, les prémices étonnamment matures de l’oeuvre à venir.

  • Élégance de l’oubli (L’), GérardLe Goff, Encres vives, collection Encres vives, 2020, 16 pages
  • Entre chien et loup, Stella Vinitchi Radulescu, L’Harmattan, collection Poètes des cinq continents, 2021, 79 pages

« … La langue est ici mouvementée par une pensée agile à travers les ouvertures qu’elle crée sans cesse comme autant de dires depuis l’in-dit des choses. Sans se figer dans un « nommer » qui risque la clôture d’effectifs ressentis, elle suscite une expérience sensible des intervalles, comme le suggère le tire même du recueil : Entre chien et loup. Cette écriture offre au lectorat des incursions plus pénétrantes dans les profondeurs des sens et notre relation au monde. Stella Vinitichi Radulescu exprime par une grande sensualité de son verbe notre résonance réelle avec les milieux. »

Philippe Tancelin

  • Entre-deux, Jean Bensimon, nouvelles, Orizons, 25, rue des Ecoles à F-75005 Paris, collection Littératures, 2021, 198 pages

L’entre-deux n’a pas bonne réputation. Il est le sort des femmes, des hommes de l’écart, du dilemme, qui vivent le cul entre deux chaises. De ceux qui, n’ayant pas d’assise, béquillent entre le zist et le zest, le dedans et le dehors. En porte-à-faux.

L’auteur relève le défi en seize récits empreints de poésie, à la fois profondément semblables et dissemblables…

  • Ephéméride, Marie Vermunt, poèmes, A l’atelier, 47 pages

« Par le biais de l’imagination littéraire, tous les arts sont nôtres » affirmait Gaston Bachelard. En effet, la poésie les contient tous, dans le regard qu’elle pose sur le monde, dans la musicalité du verbe qui lui est propre.

« Nous sommes frères ; la fleur

Par deux arts peut être fait.

Le poète est ciseleur,

Le ciseleur est poète »

écrivait Victor Hugo à Froment-Meurice, son ami orfèvre.

Dans son recueil Ephéméride, Marie Vermunt offre une résonance singulière à ces propos en réunissant poèmes, images et musiques. Ephéméride, un écrin où chaque poème déposé sur une image  hoisie, se prolonge à l’écoute des musiques complices.

Dans cet ouvrage tissé point par point sur la toile des silences entendus, les poèmes s’effeuillent au fil des mots ciselés dans l’acuité du regard. Dans un style concis et lapidaire parfois, l’auteur sculpte cette présence au monde.

  • Les étés de Jeanne, Nicole Marlière, roman, M.E.O., 2021, 115 pages

« 1962. L’aube des golden sixties, une décennie charnière,  sans monstre ni smartphone, avec une jeunesse à l’étroit dans le carcan des conventions. Les filles de seize ans sortent du bois, elles sont baby-sitters, monitrices, elles dansent, flirtent, testent, découvrent.

Jeanne n’a pas peur du loup, aucune incitation à être féministe. Bruxelles, Koksijde, Ostende, Paris, elle dévore la liberté, côtoie les hommes avec impudence, dénonce le faux angélisme des adolescentes en revendiquant la possibilité de dire non. Et découvre l’amour dans un monde où la pilule est encore à venir.

Un roman qui nous parle d’un temps où la vie se réinventait. »

  • Formules, O. Champod, poèmes, Indigo Graphic, 2017, 63 pages
  • Génésiques, Nicole Barromé, poèmes, Rougier, revue ficelle, 2020, 46p.

« Nous entrons dans l’intime féminin, poésie végétale à fleur de peau, l’esprit du sensuel partagé.

En découvrant ces poèmes et en les illustrant « Ai-je été le papillon ou l’abeille qui gourmande, butine cette fleur ou ai-je rêvé d’être cette fleur, son pistil ? » 

  • Haïku en 17 clés (Le), Dominique Chipot, Illustrations d’Anna Maria Riccobono, Pippa, 6, rue Le Goff à F-75005 Paris,2021, 234 p. ; www.pippa.fr, sitepippa@gmail.com 

Tout savoir sur le haïku, son histoire, son évolution au fil des siècles, sa construction, ses différentes techniques d’écriture… En 17 clés. Un livre parfaitement documenté, pratique, passionnant, par un des spécialistes du haïku francophone.

L’écriture du haïku, comme tout art, nécessite un temps d’apprentissage pour maîtriser les techniques avant de s’en libérer. s’appuyant sur son expérience d’ateliers d’écriture de haïkus, l’auteur nous accompagne dans la découverte de ce poème dont la brièveté intensifie les sensations suggérées.

Il nous aide à avancer sans détours sur la voie du haïku francophone : ne pas prioriser la formule. Ne pas privilégier une capture hâtive dans le vif de l’action. Apprendre l’harmonie. Trouver l’équilibre. Aiguiser ses sens et ses crayons pour reproduire la fragilité d’un fait du quotidien. Chaque mot, chaque segment doit retenir ce petit rien passé à la vitesse de l’éclaire. Pas de place pour l’à-peu-près, pas de place suffisante. Le haïku n’est pas un texte enfermé dans l’enceinte des mots. Il s’ouvre sur une pluralité de sens dans le silence du non-dit.

Fidèle à son engagement de ne pas enfermer le haïku dans un genre unique, l’auteur nous en dévoile les différentes facettes sans nous imposer un style.

  • Jamais elle ne voit son visage, poésie, Yann Dupont, Christophe Chomant, 2020, 65 pages

« Après Fragilité(s), Jamais elle ne voit son visage explore un peu plus les failles qui habitent chacun de nous. Ce temps de la solitude où l’on se retrouve face à sa psyché à essayer de cerner les traces,  les bouts de soi oubliés dans les jours écoulés. Ce temps où des lieux autrefois habités, on n’entend plus que le parquet grincer. Dans ce recueil, « Elle » pourrait être bien « Il » car dans les reflets du miroir, c’est la sensibilité qui a les traits de son visage. »

  • Mais le merle n’a aucun message, poésie, Lambert Schlechter, dessins de Lysiane Schlechter, poésie, Phi, L-4439 Soleuvre, B-5370 Havelange, www.phi.lu ; 2020, 103 p. ;

administration@editionsphi.lu 

  • Miloud Keddar– Peintures 2015-2020, 30€.
  • Le miroir amnésique, poésie, Roland Nadaus, éditions Henry, collection La Poésie comme elle va, 2020, 123 p.

« Mais au dernier moment, au moment même où je finissais d’écrire ce livre (qui ne sera jamais achevé), je reçois un coup de téléphone de l’abbaye de St Guénolé : c’est Gilles Baudry ! Il me donne l’autorisation d’utiliser le vers de son poème Plénitude des heures creuses pour en faire le titre de mon livre : ce sera donc « Le miroir amnésique ».

A toi, lecteur, lectrice, en solitude ou en public, intime ou sur ta scène, de choisir l’ordre de tes lectures. Le désordre nous reconstruit.

  • Les miroirs du désordre, poèmes, encres d’Eric Hennebique, Le Taillis Pré, 2021, 89 page

« Chaque fois que s’en va l’immédiat

il n’emporte ni langage ni bagage

mais juste

un petit éclat de soi »

  • Noryam, Miloud Keddar, éditions Parole & Poésie, collection de l’Eglantier, 2020, np
  • Nous et les oiseaux, Carino Bucciarelli, roman, M.E.O., 2021, 152 pages

Par une nuit de neige et de grand froid, Stéphane (ou Pierre?) Delatour heurte une pierre sur l’autoroute. Laissant dans l’habitacle sa femme et ses deux enfants, il va téléphoner à une borne, suivi par l’étrange regard d’une corneille. Au retour, la voiture a disparu. Et dans le commissariat où il fait sa disposition, l’inspecteur semble bien solitaire. c’est l’amorce d’un chassé-croisé de personnages qui se substituent les uns aux autres, mêlés à des oiseaux et à un anorak rouge dans la neige.

A sa manière inimitable, Carino Bucciarelli revisite le réalisme fantastique cher à nos contrées septentrionales.

  • Oh, et puis zut !, Iocasta Huppen, Bleu d’encre, 2020, 70 pages
  • L’ovaire noir de la poésie, de Gerrit Achterberg, poèmes traduits du néerlandais par Daniel Cunin, préface de Stefan Hertmans, postface de Willem Jan Otten, éditions de Corlevour, 2021, 133 p.

« Tans qu’on n’a pas lu Achterberg, on ne peut se figurer qu’il est possible d’écrire de la poésie explicitement mystique de manière aussi concrète, dans un style le plus souvent « sec » et en recourant à des éléments aussi banals. »

Stefan Hertmans

« Utérus

A côté de mes mains, ces grands silences,

le vent d’été vous procrée du néant.

De cette volupté, je n’éprouve que la douleur :

une rapide grossesse qui me transperce

et vous mène à terme en un minimum de temps ;

utérus du mot qui s’ouvre, se fend,

pour vous laisser vous écouler en un chant. »

Gerrit Achterberg : Poète néerlandais, né en 1905 et mort en 1962. le seul recueil publié en français est aujourd’hui introuvable : Matière, poèmes, traduit du néerlandais par Henk Breuker, Frédéric Jacques Temple & F. Cariés (La Licorne, 1952).

  • Périphéries, Patrick Chavardès, poésie, La rumeur libre, Vareilles, F-42540 Sainte-Colombe-sur-Gand, 2021, 60 p.

« C’était juste avant

que le rideau s’ouvre

avant que n’avise

un monde narquois

Ce commun désastre

d’être né un jour

tu dois l’incarner

dit le choeur des anges

Foi de charbonnier

un pied devant l’autre

ce fut mon métier

Jeunesse roulez »

  • Pleins-vents, Marianne Walter, poésie, La Feuille de thé, 2021, 86 pages
  • Le printemps des fenêtres, Marie-Claire Mazeilles, MŎ, novembre 2020, np

« Ça fait des années que je prends des fenêtres en photo, en me disant : il faudra bien que tu en fasses quelque chose un jour !

Ce jour est venu – va savoir pourquoi on fait les choses…

Depuis deux jours, cet enfermement provisoire nous invite

à ajuster ce qu’on est profondément, comme une urgence

à exprimer, partager et vivre l’essentiel.

Comme un reflet dans les fenêtres italiennes ouvertes,

j’envole mes mots vers vous…

MC – le 14 mars 2020

La vie m’a offert un temps précieux : une résidence d’écriture, être vivante dans l’enfermement. Écrire dans la durée un projet littéraire : une photo et des mots, qui se regardent et se lisent pour la beauté et le sensible. La poésie est ainsi : spontanée, imprévisible et généreuse.

Du 14 mars au 21 juin, j’ai partagé chaque matin une photo et un poème sur mon site et ma page Facebook. Aujourd’hui, le livre est là, d’un beau papier, le premier d’une mini-collection. Je suis fière d’avoir mené ce projet de bout en bout : lorsqu’il y a empêchements, chercher toujours la lumière…

Marie-Claire Mazeillé écrit comme elle vit, avec simplicité et enthousiasme. Il en est de même lorsqu’elle lit ses textes chez l’habitant, dans les jardins, médiathèques, festivals ou évènements littéraires. De ses mots, elle frôle notre intimité, notre humanité, avec délicatesse et joie de vivre.

Ses photos sont des instants suspendus où le regard se pose sur la beauté des choses.

Vous pouvez suivre ses divers projets sur www.marieclairemazeille.net 

  • Pronom-bre(s), Grégoire Cabane, MF, collection Inventions, 2020, 217 pages

« Pro-nombre(s) est une description total du monde par le moyen du microème, tercet pronominal dont la fonction est ici de scruter le ciment de l’être, ce qui relie et tient ensemble les personnes et les choses. Pro-nombre(s) est une entreprise dont la portée est inséparablement poétique et métaphysique : en ajointant ce qui ne s’associe qu’avec réticence, il configure autant de modèles de monde qu’il existe de relations possibles entre les pronoms qu’il convoque. »

  • Retour à Znamenskoye, Vignettes et tampons pour un voyageur, poésie, Arnoldo Feuer, Les Lieux-Dits, collection Les parallèles croisés, 2021, 133 pages

« Les éléments de ce livre ne se réclament pas de l’illusion d’une fiction poétique, mais doivent l’essentiel de leur substance au lent passage du temps sur les griffures occasionnelles dont un témoin a pris note. Pas plus ne sont-ils des figures de vérité.

Après maturation, ils ont été composés du 27 octobre 2020 au 21 janvier 2021 et sont dédiés à ceux, salauds comme victimes, frères et soeurs en humanité qui ont reçu un nom, été évoqués ou vivent dans une allusion obscure des vignettes et tampons.

L’auteur ne saurait dire plus universellement ce qu’il leur doit. »

AF

  • Le soleil n’est plus un hortensia, Patrice Blanc, poésie, Le contentieux, 2021, 93 pages, Quatrième de couverture de Patrice Breno.
  • Tu ne sais pas où tu vas (101 poèmes dans la nuit), Marc Baron, frontispice de Francis Joiris, poésie, Le Taillis Pré, 35, rue de la Plaine à B-6200 Châtelineau, 2021, 111 p. ;

yves.namur@skynet.be 

« Tu ne sais pas où tu vas mais tu dis alentour que le

poème est une marche en avant

le poème dans ce qu’il a de plus fidèle et de plus fraternel

le poème combattant

le poème qui n’en veut à personne

mais qui cherche tout le monde

le poème qui ne peut pas mourir au coin d’une rue

ni dans le coeur de ceux qui ont été touchés de plein fouet

(nuit du 16 au 17 novembre 2017)

  • Un père, poésie, Claudine Bohi, Les Lieux-Dits, collection Cahiers du Loup bleu, 2021, non paginé
  • Yasmina, Ivan Watelle, auto-édité, 2020, 90 pages

« Ce livre en deux parties avec Yasmina, un livre imaginé sur une Algérie idéalisée à travers une algérienne ayant une existence réelle, puis le livre se poursuit dans les monts verts d’Aubrac où je transcris en romance mon vécu et les rêves de ma jeunesse lyonnaise. »

  • Et aussi :

les revues suivantes :

  • Les Amis de l’Ardenne ; 70, décembre 2020 ; André Doms, L’anachronique ; Vouziers, France, Dossier Thomas Owen, Prince du fantastique
  • Arpo ; 87, automne 2020 ; Carmaux, France
  • Art et poésie, 248, septembre-décembre 2020 ; 249, janvier-avril 2021 ; 250, mai-août 2021 ; Jean-Jacques Chiron, Longuyon, France
  • Art et poésie de Touraine ; 243 et 244, hiver 2020/2021 et printemps 2021 ; Nicole Lartigue, St-Cyr-sur-Loire, France;

https://artetpoesiedetouraine.com

  • Athena, le mag scientifique ; 5100 Jambes
  • Le bibliothécaire ; 4/2020, 4ème trimestre 2020 ; 1/2021, 1er trimestre 2021 ; Michel Dagneau, 1470 Genappe, rue de Bruxelles, 87, Belgique
  • Bleu d’Encre ; 44, hiver 2020 ; Hommage à Cee Jay et à Rio Di Marie, disparus en 2020 ; 45, été 2021 ; Claude Donnay, Blocqmont, 5B, 5530 Yvoir, Belgique
  • Cabaret ; 35, automne 2020, 36, hiver 2020 ; 37, mars 2021 ; La Clayette, France
  • Cahiers de l’Académie luxembougeoise ; 32/2020 ; Arlon, Belgique
  • Cairns ; 28, 2021 ; Mouans-Sartoux, France
  • Le carnet et les instants ; Bruxelles, Belgique
  • Chronique des musées gaumais ; Virton, Belgique 
  • Chez l’une, chez l’autre, 5, octobre 2015, Reims, France
  • Comme en poésie ; 84 à 86, décembre 2020 à juin 2021 ; Hossegor, France
  • Coup de soleil ; 111, février 2021 ; 112, juin 2021 ; Michel Dunand, 74000 Annecy, 12,avenue des Tresums, France
  • Critique ; revue générale des publications françaises et étrangères ; 887, avril 2021 ; N’était Deguy ; Paris, France
  • Debout les mots ; 79 et 80, 1er et 2ème trimestres 2021 ; périodique d’information bimestriel de la Maison du Livre, 28, rue de Rome, 1060 Bruxelles, Belgique
  • Décharge ; Auxerre, France
  • Eclats de rêves ; 68, deuxième semestre 2020 ; 69, 1er semestre 2021 ; Gaillac, France
  • Femelle du requin (La) ; 50, décembre 2018, 142 pages ; Christian Casaubon, 93130 – Noisy-le-sec, France
  • Florilège ; 180, septembre 2020, 181, décembre 2020 ; 182, mars 2021, 183, juin 2021 ; Stephen Blanchard, Dijon, France ; aeropageblanchard@gmail.com 
  • Le Gletton ; 534 à 542, octobre 2020 à juin 2021 ; Chantemelle, Belgique
  • Gong ; 70, janvier à mars 2021 ; 71, avril à juin 2021 ; 72, juillet à septembre 2021 ; Jean Antonini, 10, Place du Plouy Saint Lucien, 40000 Beauvais, France
  • Haies Vives ; 8, 2020 ;

 Donnery, France

  • L’hôte n°1 à 9…
  • Interventions à Haute Voix, 62, 1er trimestre 2021 ; Hommage à Guy Chaty & L’irrationnel ; Chaville, France
  • L’intranquille, 18, avril-septembre 2020, 19, octobre 2020-mars 2021 ; St-Quentin-de-Caplong, France
  • Le jardin d’essai ; 75013 Paris
  • Lectures – Cultures ; 1080 Bruxelles, Belgique, www.bibliotheques.be 
  • La lettre de Maredsous ; décembre 2020 et avril 2021 ; Yvoir, Belgique
  • La lettre des Académies ; 1000 Bruxelles
  • Libelle ; 325 à 332, novembre 2020 à juin 2021 ; Paris, France
  • Meteor, #02, décembre 2019, ; Amiens, Belgique
  • Les moments littéraires ;Paris, France
  • Nos lettres ; 37, mars 2021 ; Bruxelles, Belgique
  • Plumes et pinceaux ; Mons, Belgique
  • Poésie sur Seine ; 103, février 2021 ; Pascal Dupuy, Mairie de Saint-Cloud, 13, Place Charles de Gaulle, 92210 Saint-Cloud, France Saint-Cloud, France
  • Portique ; 121, janvier à mars 2021 ; 122, avril à juin 2021 ; 123, juillet à septembre 2021 ; Puyméras, France
  • Reflets Wallonie-Bruxelles ; 67, janvier à mars 2011 ; Joseph Bodson, rue de la Mutualité, 109, 1180, Bruxelles 
  • Regard ‘Ardenne ; La Roche-en-Ardenne, Belgique
  • Rose des temps ; 38, octobre-décembre 2020 ; 37, mai-août 2020 ;30, janvier-avril 2018 ; 29, septembre-décembre 2017 ; 28, mai-août 2017 ; 27, janvier-avril 2017 ; 26, septembre-décembre 2016 ; Patrick Picornot, 12, rue Théophraste Renaudot, 75015, Paris, France
  • Science connection ; Bruxelles, Belgique
  • Septentrion ; 3/2021 (Les arts de la scène / Le virus du théâtre) ; Rekkem, Belgique
  • Soleils & cendre ; 134, , novembre 2020 ; Hervé Tramoy, 99, Bd des Mians, 84260 Sarrians, France
  • Spered Gouez, L’esprit sauvage, Marie-José Christien, 7, allée Nathalie Lemel, 29000 Quimper, France 
  • Traction-Brabant ; 92, janvier 2021 ; 93, avril 2021 ; 97, juin 2021 ; Patrice Maltaverne, Appt 245, 1, rue des Couvent, 57950 Montigny Les Metz, France
  • Transparence ;Ottawa, Canada
  • Verso ; Commelle, France

Les recueils de poésie ainsi que les revues compléteront la poémothèque d’Ethe (Virton)… Merci à toutes et à tous ! 

Service de presse n°61

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Traversées a reçu : 

Les recueils suivants :

  • A demi maux, poèmes de Nicole Piquet-Legall et Stephen Blanchard…

« Stephen Blanchard et Nicole Piquet-Legall ont décidé d’entrer en un dialogue où chaque poème en vis-à-vis a en commun le premier et le dernier (groupes) mot(s). se construit sous nos yeux, en camaïeu gris-bleu, un livre de rappel où le langage devient territoire d’accueil pour nos mondes perdus…

Alors, lecteurs, peut-être ces deux poètes, donnant à voir leurs propres failles et questionnements, ouvriront ils en toi cette béance intime par où s’engouffrent désir et attente. Alors peut-être auras-tu, sans en avoir conscience créé les conditions pour que se bâtisse un espace en creux de la parole. » 

Jean-Louis Bernard.

  • Å itinéraire suédois, poèmes de Piet Lincken et d’Edith Södergran (Finlande, d’expression suédoise), traduits par Piet Lincken, Atelier de l’agneau, 2020, 104 pages…

Ce livre est une rencontre où le jour oscille (Lincken) non loin du centre tremblant de nos illusions (G.Hons). Dans Å, itinéraire suédois, Piet Lincken inclut à sa poésie des poèmes d’Edith Södergran qu’il traduit. L’écriture de Lincken tout comme celle d’Edith Södergran, poète majeure en Scandinavie (1892-1923, finlandaise d’expression suédoise), montrent un travail sur la notion de rive, de limite, et aussi sur la langue. S’en suit une vie jaillissante, panthéiste.

L’auteur-traducteur, par ses pérégrinations de l’esprit et du corps, balise ainsi un espace, dans un parcours intime de thèmes et d’images, et intègre au livre des relevés de tous ordres : climatiques, latitudes, lieux, lettres et mots prenant un caractère incantatoire, etc. Itinéraire dans la langue, itinéraire géographique, itinéraires dans le temps et dans la pensée, ce livre polyphonique est réédité ici dans une nouvelle version augmentée de nombreux textes et visuels.

J’existe rouge. Je suis mon sang.

Je n’ai pas renié Eros.

Mes lèvres rouges brûlent

sur tes froides dalles sacrificielles.

E.S.

Si les dieux font que je m’écarte

des sentiers balisés,

alors que je ne revienne plus

P.L

  • Ailleurs, toujours, est au soleil, poèmes de Michel Dunand, L’Harmattan…

Le mérite de ce petit livre léger et intense est que voyage et écriture finissent par se confondre en un seul geste. Celui de casser les habitudes, celle de la perception, celles de pensée, pour être là, dans la nudité de la première fois: « Je me retrouve – écrit Michel Dunand- aussi nu que le désert. Un goût de mirage au fond de la bouche ». En quoi il est poète, lui qui, dans l’espace de méditation du poème, sait être, selon la belle formule de Wallace Stevens, « la transparence du lieu où il se trouve ».

  • Le cabaret de la souris rugissante, poèmes d’Erich Von Neff, Atelier de l’Agneau, 2019, 85 pages…

Frieda et Gitta ont pris leur Bugatti pour aller au cabaret de la Souris rugissante. Le temps a passé, elles se sont retrouvées au Bar du Piano rouge. Avec la complicité de Louis la Fouine, elles sont entrées en possession des plans secrets des allemands et les ont donnés à la Résistance. Par la suite, dans un rêve haché, les chaussures d’un sans-abri pointent sous sa couverture. Cependant, dans la bibliothèque de l’esprit, un Jésuite est resté assis sur un bloc de glace qui fond lentement.

  • Carnet de petits bleus à l’âme, poèmes de Chantal Couliou…

Petit format carré pour un recueil poétique tout en douceur. La place est faite au blanc sur chaque page. Cela laisse une respiration, une ponctuation entre chaque poème. A nous de nous évader à partir des mots, de nous laisser emporter par leur musique et leur charme. Un petit bonbon pour les gourmands de poésie !  » L’averse ignorée, la terre poursuit ses rêves. » 

Chantal Couliou est née le 12 mai 1961 à Vannes. Mariée et mère de deux enfants, elle est institutrice. Auteure de plusieurs recueils de poésie et de livres pour enfants, membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs pour la Jeunesse, ses poèmes et nouvelles sont publiés dans de nombreuses revues littéraires et ouvrages collectifs. Chez le même éditeur Une poignée de mots et Croqués sur le vif.

Dany Lecuyer est née en 1946. Originaire du Finistère, elle vit à Brest depuis une quinzaine d’année. Ancienne élève de l’école des Beaux-Arts de Quimper, elle a récemment illustré Point d’attache recueil de Chantal Couliou paru aux éd. Gros Textes.

  • Ces douleurs mises à feu, poèmes de Claude Luezior, prix de poésie 2015 Yolaine & Stephen Blanchard, Les presses littéraires, 2015, 53 pages…

Lorsque CLAUDE LUEZIOR, l’un des premiers stylistes contemporains, comme le souligne le poète Jean-Louis Bernard, laboure les broussailles  de l’aube aux reflets de lignite, les mots/ tels des loups se lancent à sa poursuite. Somptueux hallali où résonnent en gonds vibratoires des images qui s’encastrent dans les armatures de l’ossature du destin.

Passant de l’ivresse à l’ascétisme, l’angoisse en bandoulière, complice des dieux,  il dérègle l’heure du malin ; et lorsqu’il met ses douleurs à feu, l’aube devient alors plus lumineuse. Claude Luezior n’est pas pour autant pyromane : en Vulcain moderne, il actionne sa forge matinale pour faire jaillir la lumière sur le rivage de cormorans, là où volètent des arpèges parfumés. Même si , parfois, le feu a des avant-goûts de cendre, ce sont des cendres de rosée. La germination pousse sous la braise. Se constitue alors un livre d’heures, une caverne où stalagmites et stalactites se tutoient, se tressent. À chacun d’y pénétrer pour entrer en résonnance avec le poète.

Claude Luezior est torturé de doutes, de promesses/qui délivrent, de croyances qui empoisonnent, il  prie entre l’angoisse du devenir et la trace du souvenir. Il est un navire qui voit souvent l’horizon se noyer dans des ombres au sourire  de bruine. Alors se rapproche le seuil dans les caprices d’un crépuscule qui rôde. Même si aller au-delà du seuil est toujours angoissant, dans la texture/ de mes insomnies/ errent sans cesse/ des loques impies : celles de la camarde, la peur ne taraude pas le poète à condition de mourir / pour quelque chose d’utile / pour quelqu’un. Dans ses textes qui bourgeonnent, se concentrent/ les saveurs du désir / où se réfugient / les velours/ d’une tendresse. Chez  Luezior, le désir brûle toujours jusqu’aux bornages de la souffrance.

Nicole Hardouin

  • Chansons de gestes, poèmes de Richard Roos-Weil, L’Harmattan, 2020, 76 pages…

Et ces lieux proches des brindilles
Et des attroupements de couleurs ?
Un parfum de feuille et de mousse persistait
Et l’image de la pierre n’était plus la même
S’écrivaient en langue des signes
Se dessinaient par les fenêtres traversantes
Des chansons de gestes

  • Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré, poèmes de Sonia Elvireanu, L’Harmattan, 2020, 123 pages…

Après l’immense chagrin confié au « Souffle du ciel », terrible et douce, la poète nous offre un recueil qui ouvre une sorte de  parcours  initiatique. « Dans le labyrinthe de la nuit », le fil des métamorphoses se déroule à la lueur de l’Etre Aimé.

La solitude s’allège doucement de ses fardeaux anciens.  Après  l’errance,  le désert, il vient l’instant de trouver la Voie, rencontrer le héron cendré, le cygne des confluences,  le rêve d’autres rivages.

En « quête d’infini », elle apprivoise les lointains, le chant de la mer, la soif, le berceau où la lumière se pose. Alliance d’eau et d’espace.

La présence de l’Etre aimé, devient indicible rayonnement intérieur, avec la grâce de l’horizon retrouvé,  « enfants de lumière, nous galopons le ciel dans les bras ».

L’errance devient légère. Un bleu nouveau, la Beauté chante, le brouillard fleurit dans l’Arbre.  « Le cœur du jour » accepte la coexistence douleur et joie sur la même branche.

L’Ombre et la lumière, réunis,  la neige et l’été brûlant, l’herbe et la mer, l’écorce et le nuage.

L’Amour est la grande force qui soulève l’écriture vers l’harmonie paisible des paysages, l’âme liée au secret d’une parcelle d’éternité.

Ecriture née de l’expérience d’un état extrême qui brise les limites, foudre dans le cœur où se niche la poésie. Passage du personnel à l’universel, le chant touche le lecteur, par son émouvante limpidité. Les  mots de Sonia Elviréanu  sont autant de galets ronds posés sur les traces de l’Etre aimé, jusqu’au rivage où « un mot s’élève de la mer » le mot de la Renaissance.

  • Chants de nuit pour un jour à venir, poèmes de Mario Pelletier, Ecrits des Forges, 2020, 60 pages…

en ces charrois de misères

sous l’acide pluie de l’absurde

qui sans merci décervelle

dans cette traversée de nuit assassine

quelle parole nous fera jamais lumière ?

Par-delà le tragique, Mario Pelletier présente, dans Chants de nuit pour un jour à venir, l’expression réconfortante d’une continuité possible, appelée de tous ses vœux par l’auteur, par le biais d’un monde intime créateur de liens et d’idéal :

Certains soirs

le passé rallume des plages si vives

qu’on s’y croit revenu à rebrousse temps

dans un autre soi-même plus intact

avant l’usure et la déformation

  • Le chemin du ciel et la chute des damnés, poèmes de Michel Butor, une lecture de Dirk Bouts, Invenit éditions, 2011, np…

Devant la dichotomie effroyable qui oppose deux panneaux peints par Dirk Bouts (vers 1470), Le Chemin du ciel et La Chute des damnés, réunis au Palais des Beaux-Arts de Lille mais, selon toute vraisemblance, orphelins du panneau central avec lequel ils formaient un tryptique, Michel Butor se livre à une observation poétique du chef-d’oeuvre flamand. L’écrivain se cherche dans  » ce miroir à double face « , prisonnier lui aussi, à l’image de ces hommes et ces femmes apeurés et trompés par leurs vertus perverties. Au terme de ce voyage sensoriel et méditatif surgit la révélation tant attendue car c’est dans l’écriture que le poète trouve l’éternité.Devant a dichotomie effroyable qui oppose deux panneaux peints par Dirk Bouts (vers 1470), Le Chemin du ciel et La Chute des damnés, réunis au Palais des Beaux-Arts de Lille mais, selon toute vraisemblance, orphelins du panneau central avec lequel ils formaient un tryptique, Michel Butor se livre à une observation poétique du chef-d’oeuvre flamand. L’écrivain se cherche dans  » ce miroir à double face « , prisonnier lui aussi, à l’image de ces hommes et ces femmes apeurés et trompés par leurs vertus perverties. Au terme de ce voyage sensoriel et méditatif surgit la révélation tant attendue car c’est dans l’écriture que le poète trouve l’éternité.

  • Chien, forêt suivi de Louve, poèmes de Catherine Baptiste et Peintures de Rose-Marie Marc’halant, éditinter, 2020, 81 pages…

Catherine Baptiste sort son septième recueil de poèmes. Son titre évoque déjà la nature inspiratrice : Chien, forêt suivi de Louve. Les textes sont accompagnés de quinze peintures de la plasticienne Rose-Marie Marc’halant, installée près de Tours. La plaquette se présente dans un format à l’italienne sur papier couché brillant, ce qui ne manque pas de mettre en valeur et les textes et les illustrations.

« Forêt ! Tu franchis la barrière du temps […] pour y retrouver mes six ans… », écrit-elle. Art-thérapeute à la ville, l’auteure connaît mieux que quiconque ce que l’on doit à l’enfance dans ses émerveillements ou ses dysfonctionnements. Elle en est fascinée. « Dans la forêt, l’enfant s’égare ou se réfugie. Les arbres et les hommes sont frères. La forêt a un côté universel », confie-t-elle avec foi. À quoi répond Rose-Marie Marc’halant, Malouine d’origine : « C’est comme la mer : on peut toucher du doigt l’éternité. »

Quant au chien, il est le fidèle compagnon dans le combat du quotidien avec « cette pertinence à vivre », évoquée par le rouge sang omniprésent. Louve ramènerait plutôt le lecteur à la nature originelle d’où s’échappe le vivant.

Les peintures de Rose-Marie Marc’halant laissent la part belle à l’arbre. Elle sait jouer de l’ombre et de la lumière, du jour, de la nuit, des saisons. La faune et la flore éclatent sous sa palette originale. Des phrases du recueil s’incrustent parfois directement sur la composition dans une sorte d’alliage entre le mot et le dessin, formant comme un calligramme.

  • La chaumière anglaise, poèmes (1980-2010) de Ruth Fainlight, traduits de l’anglais par Michèle Duclos, éditions Alidades – bilingues, 2019, 47 pages…

Les thèmes qu’aborde Ruth Fainlight durant toute une vie de création littéraire vont du plus intime à une relation inquiète avec le cosmos et la société. Dans nombre de ses poèmes l’errance de l’insomnie est liée à la lune amie et complice dont les phases manifestent l’instabilité liée à la mutabilité du monde des apparences et à la fluidité du temps perceptible dans la récurrence des saisons. Le poète a fonction, telle la Sibylle, figure mythique à qui elle a consacré de nombreux poèmes, d’être psychopompe.

Par delà cette relation cosmique fondamentale, Ruth Fainlight a dans toute son œuvre, manifesté une sensibilité aux injustices sociales, raciales et ethniques. Elle dit son souci du regard blanc haineux ou hostile que perçoit l’homme de couleur sur un quai de métro londonien. Derrière les mythes qui unissent Méditerranée et Atlantique, elle dit sa réaction douloureuse tant au sort des «boat people» qui tentent leur chance entre l’Afrique et l’Europe qu’à celui des populations irakiennes puis syriennes exposées à la mort en même temps qu’à la destruction de leurs prestigieux trésors architecturaux. Elle-même s’est toute sa vie, fût-ce en imagination, sentie exposée et solidaire des exilés de l’intérieur. Devant les ruines prévisibles de la guerre récurrente, son thème le plus intime recoupe celui d’un Jardin d’Eden condamné.

Elle aborde avec grâce et litote les plus évanescentes de nos réactions et sensations, le plus infime des incidents ou des réflexions de la vie quotidienne et de l’écoulement du temps. Elle se pose en observatrice détachée à mi-chemin de l’étonnement amusé et de la curiosité ironique. Mais sous cette attitude perce le sérieux et la profondeur d’une femme animée par la spiritualité et des interrogations métaphysiques constantes.

Les poèmes que nous publions sont extraits des recueils de Ruth Fainlight parus entre 1980 et 2010, et donnent à connaître différentes facettes d’une écriture qui, en français, n’avait jusqu’alors été accessible qu’en revues.

Ruth Fainlight est née en 1931 à New York. Après des études d’art, elle a d’abord vécu aux Baléares, où Robert Graves a encouragé sa vocation de poète, puis à Londres où elle demeure aujourd’hui. Elle a publié, outre une vingtaine de recueils de poèmes, deux livres de nouvelles, des traductions de l’espagnol, du portugais et du grec. Elle-même a été traduite en de nombreuses langues, dont l’hébreu et le croate.

extrait :

La chaumière anglaise (extrait)

Adolescent, mon père était patriote,
travailliste bon teint. Mais bien
qu’il se sentît tout à fait anglais, le fait
est que pour les natifs de toutes les classes
il était un levantin retors et gras
et le resterait. La solution fut pour lui
de quitter le pays, de partir assez loin
de “passer pour un blanc” là où il pourrait
jouer à l’Anglais cent pour cent authentique
(mais plus fier encore d’être Juif).

Peut-être parce qu’elle venait de la Bucovine,
ma mère n’avait pas d’illusions. Elle était habituée,
de naissance, à être rejetée. D’abord le choc
d’Ellis Island : un autre monde, une autre
langue (je savais le mal qu’elle s’était donné). Puis
encore le déracinement ; bien que les années trente
ne fussent pas vraiment propices : son mari agité,
– beau, rêveur, apolitique –
sujet au mal du pays, la traîna vers l’Angleterre.

Je me précipitai au cœur du feu,
au plein centre des ennuis, de l’éclat, du danger ;
dansai comme Esméralda, sur le Table Ronde,
aussi désespérée que s’il en allait de ma vie.
Telle fut ma tactique en ces temps anciens.
Aujourd’hui (même si je fais scrupuleusement l’autochtone)
toit de chaume et poutres apparentes ne peuvent camoufler
l’étrangère. Le carillon se moque de moi.

Parfois je me demande si cela aurait pu mieux aller :
sourire gentiment et manger le plat
de lentilles – mais ne vendre jamais
mon droit d’aînesse pour une chaumière anglaise.

  • Chemin d’heures, poèmes de Thérèse André-Abdelaziz, éditions Chloé des Lys, 2019, np…

Thérèse André-Abdelaziz, poète, nouvelliste, romancière et dramaturge, est l’auteure de huit ouvrages dont  Je, femme d’immigré. De pièces radiophoniques et théâtrales. La dernière, Aigre-douce-amère, a été créée les 2 et 3 novembre 2018 à Nantes. Son écriture est axée sur la mémoire – des lieux et des gens dont on ne parle pas – la discrimination et l’exclusion.

Heures rebelles. Heures nomades. Heures tendres. L’essence d’une vie.

Chemin d’heures

à l’envers

ne peut se faire

« Poésie consciente, qui donne conscience : conscience poétique (…)  D’un mot qui luit, qui vole, ou qui saigne. Sans parler du rythme, qui peut être haletant, comme le cœur de celle ou de celui qui marche, qui parcourt le chemin, qui marche son poème »

Eric Simon, poète

Extrait :

Chemin d’Heures

Chemin d’Elle et de Lui

Chemin d’Eux

le front

à tutoyer les nuages

à chuchoter le langage

des oiseaux et des feuilles

plumes et joailleries

Chemin Prieur

chante liturgie

psaumes de vie

et litanies

dans les eaux du soir

vivier de la mémoire

Chemin d’Heures

pèlerine à pas menus ou pressés

pose sur Elle pose sur Lui ses mains

toutes ses mains du jour

des hiers et des demains

Chemin d’Heures

à l’envers

ne peut se faire

  • Le Chemin du ciel et La Chute des damnés, une lecture de Dirk Bouts, éditions Invenit, 2011, np…

Devant la dichotomie effroyable qui oppose deux panneaux peints par Dirk Bouts (vers 1470), Le Chemin du ciel et La Chute des damnés, réunis au Palais des Beaux-Arts de Lille mais, selon toute vraisemblance, orphelins du panneau central avec lequel ils formaient un tryptique, Michel Butor se livre à une observation poétique du chef-d’oeuvre flamand. L’écrivain se cherche dans  » ce miroir à double face « , prisonnier lui aussi, à l’image de ces hommes et ces femmes apeurés et trompés par leurs vertus perverties. Au terme de ce voyage sensoriel et méditatif surgit la révélation tant attendue car c’est dans l’écriture que le poète trouve l’éternité. 

  • Cristal, recueil de poésie d’Alain Clastres, éditions Unicité, 2020, 67 pages…

(Il est rare qu’un poète s’exprime sur l’unité afin d’en faire ressurgir l’évidence. Puis se déploient ensuite les mouvements de la nature et des êtres que nous décrit Alain Clastres dans une observation neutre qui nous enseigne que ce qui émane de cette diversité apparente n’est autre que le regard qu’il porte en lui. Ainsi les choses les plus banales a priori s’élèvent comme un silence salvateur qui fait taire les bruits du mental et, par sa simplicité, lui permet de nous faire sentir l’ineffable de chaque instant déployé.)

  • Topiques pour le monde actuel, textes d’André Doms, peintures de Jean Morette, éditions L’herbe qui tremble, 145 pages… 

(« Topiques » contient 199 comprimés efficaces contre la cataracte et le glaucome à angle fermé. Ils facilitent la correction des illusions optiques et de divers troubles de la vision fondamentale. Des effets secondaires ayant été constatés en milieux clos, il est conseillé de suivre les indications de votre libraire. En lecture libre, « Topiques » n’est pas soumis à prescription.) 

  • Vent dominant, poèmes de Georges Drano, Rougerie, 2014, 60 pages…

Philippe Leuckx

Le poète, né en 1936, déjà honoré de quelques lignes dans le « Dictionnaire de la poésie française contemporaine  » de Jean Rousselot (Larousse, 1968, p.83 : « « lyrisme amoureux et paysan, dont l’imagerie st souvent très heureuse »), décline lyriquement le vent, sous toutes les espèces, en poèmes de formes diverses (versifiés, en prose, haïkus numérotés…), vrillant l’air, « toute vie dehors » (p.22), racontant ce que le vent méchant a pu commettre (« Le grand vent tenait la porte fermée… » (p.50), tentant de le définir, de le classifier, jouant de lui, jeu de mot, bout d’air (« Serrer le vent de plus près/ pour s’y hausser/ avec les mots. », p.55)

Le poète Drano distille mille et une approches de ce donneur « de coups de griffes » ; puisque « chacun a le sien », ce « Vent mal taillé », et comme dans les contes d’enfants, avec l’émerveillement de ceux-ci pour le mystère des choses : « Derrière le vent existe-t-il un pays » ?

Une entomologie du vent par un artiste léger de plume, d’une fluidité imparable, sans jamais verser dans le convenu, non d’une légère gravité comme le beau qui tombe, comme le juste qu’aggrave le mot.

Un beau livre, qui ne se contente pas de faire constat du réel, mais qui l’interroge souvent (« Pouvons-nous entrer/ dans la blancheur/ pour ne plus revenir/ sur nos propres traces ? »)

J’en aime beaucoup ses « Coups de vents », qui closent le volume, tout en l’aérant :

Il faut changer de vent
sinon il vous déborde.

Ni chasseur, ni pêcheur le vent
Cueilleur qui laisse pourrir
sa récolte

Au moindre souffle
Est-ce le vent qui cherche
notre ardoise ?

  • Vertige, poèmes de Jos Garnier…Vertige, poèmes de Jos Garnier…

Publié par les Éditions Tarmac, « Vertige » est le premier livre édité de Jos Garnier.

Pour moi, cette première édition est pleinement justifiée, même si j’en fais une lecture plutôt distanciée. 

Je m’explique.

Au lieu d’y voir un seul poème, comme l’analyse Jean-Christophe Belleveaux dans sa préface, j’y vois un ensemble de poèmes dont chacun forme un tout.

Et je recommanderais volontiers de lire ce livre en plusieurs fois plutôt que d’une seule traite. Pour le dire avec humour, quand je constate autant de souffrances dans chaque poème, je me dis : ça doit être atroce de se retrouver avec le corps découpé en morceaux (ou presque) à chaque page. Comment la protagoniste de ce livre peut-elle renaître 56 fois (nombre de textes) ?

Il faut reconnaître, d’ailleurs, que souvent, ce corps tombe en syncope, qu’il connait des défaillances, avant de repartir. D’où peut-être ce vertige ressenti.

Ceci dit, et derrière ce constat humoristique du parfait lecteur terre à terre, je suis saisi par l’indéniable force de chacun de ces textes et par le rythme assuré, aussi, qui s’en dégage.

Jos Garnier étant comédienne, ça se sent qu’elle doit mettre ses mots en bouche, et puis qu’elle les triture et les malaxe, qu’ils ne sont pas uniquement posés sur la page, mais qu’ils doivent se forer un passage à travers l’espace.

Non, décidément, ça ne plaisante pas chez Jos Garnier.

Tantôt vers libres, tantôt blocs de proses, j’observe enfin que les textes numérotés en haut de pages ne se suivent pas. Hasard ou pas ? Pour le lecteur, cela ne me semble pas avoir d’importance, en tout cas.

J’ajoute que l’image de couverture est d’Antho Valade.

Extrait de « Vertige », de Jos Garnier :

« retour dans le grand bazar dilaté pupilles extérieur intérieur paupière lourde jus de grenade dégoupille ouste pas le temps de passer à autre chose pour le cœur écume tu reviendras à la sainte trinité stylo équarrisseur objectif on pèle les mots sans retenue au motif monumental et effrayant langue écartée prête à vomir tout vert c’est ouvert prendre le droit pour le faux ajuster sa petite culotte pour démarrer en côte longue pente descente antennes surexposées aux arnaques stop destop je coule en tourbillons jaune caca dégueulis pas beau tout ça nettoyez moi rendez moi peau neuve et blanche comme colombe comme celle que l’on tire à la foire aux astres pratique pour faire place nette compteur à gogo retour case vide petite laine pour bourrasque imprévue et anéantissement d’un bloc c’est du vent »

Publié par Traction-brabant

  • Vous dire la Nuit, poèmes et photographies de Catherine Baptiste et Julien Chaume, éditions du Cygne, 2008, 95 pages…

Cette œuvre à quatre mains est une flânerie au long des nuits de différentes villes d’Europe.

Voyage dans la Nuit pour le photographe, cheminement imaginaire pour la poète, ce livre invite à des rencontres humaines déjà passées ou jamais concrétisées.

La poète dit qu’en chaque photographe se niche une cécité fondatrice : celle du silence. L’aveuglement de la lumière réelle est le stimulus aigu de son geste fulgurant. Le déclic. Le clic. Le cliché qui fixe, révèle, écrit la lumière.

Le photographe dit qu’en chaque poète se niche une lumière fondatrice : celle de la page blanche. Les éclats d’encre qui s’y lisent et s’y lient sont la vision précise de sa voix intérieure. L’attache. La tache. La tâche qui donne le rythme, la cadence, le récit de la lumière.

La nuit n’est pas noire, elle n’est pas négative et ne fait pas peur, elle se ferme aux angoisses et s’ouvre à l’autre. C’est une ballade sentimentale de mots et d’images. Labyrinthique. Erratique.

Les rêveries romantiques de la poète sont les contrepoints des contemplations du photographe prenant la forme d’un dialogue qui a la couleur de la lassitude après l’amour.

  • Les yeux de Sacha, récit de Karel Pecka, traduit du tchèque par Hana Barraud, éditions Alidades, 2019, 47 pages…

C’est l’hiver dans les marais de Bohème. Le froid et la neige s’abattent sur cette contrée de grande pauvreté. Mila et Macek y sont « relégués », comme le fut jadis Karel Pecka (et beaucoup d’autres) durant la période dite « de normalisation » qui suivit le printemps de Prague en 1968. Ils sont chargés de pomper l’eau des marais et logent dans une roulotte qu’ils déplacent de village en village. Leur vie est austère et monotone jusqu’au jour où apparaît, sorti de nulle part, un chien famélique dont les yeux ressemblent à ceux d’Alexandre Dubček, l’homme qui tenta de créer « un socialisme à visage humain » en Tchécoslovaquie avant d’être destitué et relégué, lui aussi, pendant vingt ans, dans les couloirs sombres d’une fantomatique administration forestière. C’est ce regard triste et malheureux qui incitent les deux hommes à appeler le chien Sacha (diminutif d’Alexandre).

« J’observai le chien un moment ; il le sentit et leva vers moi ses yeux, incertains et coupables, comme s’il avait fait quelque chose de mal, comme s’il s’excusait d’être au monde. »

Ils s’attachent à Sacha. À cause de son regard défait bien sûr. Mais aussi parce que son existence de paria et de chien errant s’apparente étrangement à celle d’un homme (Dubček) en qui ils ont cru. Mila et Macek finissent par adopter l’animal mal en point. Il va avec eux à l’auberge. Il dort à l’entrée de la roulotte et bientôt dans une niche qu’ils vont lui confectionner.

« Sacha flaira l’entrée de la niche avec méfiance, puis il se retourna. Il me regardait, inclinant la tête d’un côté puis de l’autre. Je compris que ce chien n’avait jamais eu de niche. »

En ces lieux, et à cette époque, le bien-être et le répit ne peuvent être qu’éphémères. Les pompeurs d’eau le savent depuis longtemps et vont à nouveau en faire la douloureuse expérience. Il y a dans les environs des êtres qui n’aiment pas les chiens. Et d’autres qui, affamés, sont amenés à les aimer autrement. Ce sont ces destins tragiques, scellés par l’absurde et redoutable pouvoir en place, que dévoile ici, en à peine quarante pages, le subtil et percutant Karel Pecka (1928-1992).

  • Et aussi :
  • Amour quelque part le nom d’un fleuve, poèmes d’Alain Dantinne, peintures de Jean Morette, L’herbe qui tremble, 2020, 272 pages…
  • Brise, poèmes de Bernard Grasset, Jacques André, 2020, 48 pages…
  • Chansons de gestes, poèmes de Richard Roos-Weil, L’Harmattan, 2020, 76 pages…
  • Chants multiples, poèmes de Minia Gabarz-Kaufmann, Chloé des Lys, 102 pages…
  • Le ciel à sa place, poèmes, anthologie…
  • Citations pour un jour de pluie, citations illustrées par des photographies de Laure Seguinaud, Bod, 2019, 34 pages…
  • Clames, poèmes à dire, Claude Luezior, Tituli, 2017, 82 pages…
  • Les confins, collectif Meteor, La Chouette imprévue, 2020, 69 pages…
  • La couleur de l’oubli, poèmes de Lisa Geppert, Chloé des Lys, 2019, 79 pages…
  • La croix de Mia, roman de Jean-Pierre Balfroid, M.E.O…
  • Dans la valllée où flamboie le diamant bleu-noir suivi de Errances spirituelles et de Le Chant du hêtre, poèmes de Daniel Hartmann, Indola, nd, 174 pages…
  • Dans le refuge de la lumière, recueil de poésie de Martine Rouhart, éditions Bleu d’encre, 2020, 53 pages…
  • « J’ai laissé filer / les mots / dans un courant d’air / trois fois rien / parti se perdre / dans une envolée / de plume » https://www.areaw.be/martine-rouhart-dans-le-refuge-de…/ 
  • Décalage horaire, Alain Dantinne…
  • Dénouements, Valery Molet, L’échappée belle, 2020, 56 pages…
  • La dernière pierre, Christine Van Acker…
  • Des miettes dans le lit, poèmes d’Alain Van Kerckoven, Chloé des Lys, 2019, 50 pages…
  • Des mots des images, poèmes de Colette Paillole et photos de Micky Szekely, Atelier d’édition Bordematin, Villefontaine, 2020, 110 pages…
  • Eblouissements d’exil, poèmes de Rio di Maria…
  • En vers et contre tout, Aline Da Silva Marcelino, Chloé des Lys, 2019, 63 pages…
  • Entre écritoire et table à cartes, poèmes de Patrick Joquel, éditions Corps Puce, collection Liberté sur parole, 2006, 119 pages…
  • Le fil de l’épée, Christine Van Acker…
  • Fluide, poèmes de Claude Luezior, La Bartavelle, 2002, 74 pages…
  • Formegisante, poèmes de Philippe Thireau, aux éditions PhB, 2020, 63 pages… 
  • Fragile, poèmes de Claude Luezior, La Bartavelle, Collection Le manteau du berger, 1999, 110 pages…
  • Furtive, poèmes de Claude Luezior, La Bartavelle, Collection Le manteau du berger, 1998, 62 pages…
  • Ghost notes, poèmes de Christian Degouttte…
  • Golgotha, poèmes de Claude Luezior, Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020, 94 pages…
  • La grâce ou l’oubli, prix de poésie Yolaine & Stephen Blanchard, poèmes de Laurence Chaudouët…
  • Halte à Zaporijia (notes sur peu de choses) suivi de Jusqu’à Irkoutsk, textes de Jacques Boise, texte liminaire de Werner Lambersy, accompagné de six photo-images de Léo Vierle, A l’index, 2020, 45 pages…
  • Haute couture, poèmes de Claude Luezior, L’Harmattan, 2006, 100 pages…
  • L’Hespérie, pays du soir, poèmes de Jean Mambrino…
  • L’homme au capuchon vert, poèmes de Christiane Efoutame…
  • Hors piste, poèmes de Michel Dunand, L’Harmattan…
  • Hygiène de l’intestin, Alain Dantinne…
  • L’immédiat de Vivre, poèmes d’Eric Chassefière, Sémaphore…
  • Jardin (s), suivi de La femme trouée, nouvelles de Francis Denis, éditions La Route de la Soie, 2020, 159 pages…
  • https://www.babelio.com/livres/Denis-Jardins/1219162 
  • Les mouettes d’Ostende, poèmes de Patrick Devaux…
  • Mourir d’aller, poèmes de Michel Dunand, Jacques André…
  • Oeil ouvert, œil fermé, poèmes de David Giannoni…
  • Office de la patience, poèmes d’Eugénio de Andrade
  • Ombre, silence et poésie, poèmes de Fidèle Mabanza…
  • Ombricide, poèmes de Guillaume Toumi…
  • L’orpailleur, poèmes et aphorismes de Claude Luezior, L’Harmattan, 2002, 109 pages…
  • La pampa secondaire, poèmes de Gaëlle Fernandez Bravo, éditions Sans escale, 77 pages…
  • Pas tout à fait la nef des fous – Cadavre exquis démasqué, sous la direction de Michel Cassir et Christian Cavaillé ; présentation de Michel Cassir, L’Harmattan, collection Levée d’ancre, 2020, 62 pages…
  • Le pérégrin de Brabanterre, poèmes de Patrick van Wessem, Ipagination, 2018, 164 pages…
  • Poésie complète 1980-2020, poèmes de Jacques Guigou, L’impliqué, 2020, 710 pages…
  • Poésie en goutelettes, épigrammes d’Antonia Iliescu, Chloé des Lys, 2020, 85 pages…
  • Pour un tesson de lune, poèmes de Claude Luezior, préface de Jean Desmeuzes, L’Harmattan, collection Poètes des cinq continents, 2001, 80 pages…
  • Rebonds , poèmes et illustrations de Jeanne Champel-Grenier et Louis Delorme, éditions Thierry Sajat, 2020, 125 pages…
  • Les Régaux, poèmes de Michel Stavaux, Muse, 2017, 42 pages.
  • Saisir l’instant, poèmes de Martine Rouhart…
  • Si peu de tant, poèmes de Daniel Roualland, Chloé des Lys, 2019, 88 pages…
  • Soleil levant, poèmes de Claude Luezior, L’Harmattan, 2009, 112 pages…
  • Songe de Somme, poèmes de Jean-Marie Ferré, La chouette imprévue, 2020, 49 pages…
  • Sur les chemins de Miloud Keddar, Lecture de quelques œuvres peintes ou écrites de Miloud Keddar, par Jeanne Champel-Grenier et Alain Wexler ; postface de Michel Lagrange, France Libris, 2020, 42 pages…
  • Témoin de l’histoire, poèmes de Fidèle Mabanza…
  • Tes mots dits ou tu/s, poèmes de Gérard Leyzieux, Stellamaris, 2020, 70  pages…
  • Tony’s Blues, poèmes de Barry Wallenstein, anglais-français, choisis et traduits de l’anglais ‘Etats-Unis) par Marilyne Bertoncini, gravures d’Hélène Bautista, Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, 2020, 92 pages...
  • Tout est dit, poèmes de Michel Dunand…
  • Tunis ou Tunis, poèmes de Michel Dunand…
  • Turbulence, poèmes de Madeleine de Boysson, Chloé des Lys, 2019, 79 pages…
  • Uzès ou nulle part, recueil de poésie de Corinne Hoex, éditions Le Cormier, 2020, 91 pages
  • Vanuit mijn donkere raam, poèmes espagnol-néerlandais de Santiago Montobbio, Uitgeverij Piaam, Deventer, Pays-Bas, 2016, 173 pages…

et aussi les revues suivantes :

  • Les Amis de l’Ardenne ; Vouziers, France, Dossier Thomas Owen, Prince du fantastique
  • Arpo ; Carmaux, France
  • Art et poésie de Touraine ; n°241 et 242, été et automne 2020 ; Nicole Lartigue, St-Cyr-sur-Loire, France;

https://artetpoesiedetouraine.com

  • Athena, le mag scientifique ; 5100 Jambes
  • Le bibliothécaire ; n°3/2020, 3ème trimestre 2020, Michel Dagneau, 1470 Genappe, rue de Bruxelles, 87, Belgique
  • Bleu d’Encre ; n°43, été 2020, Claude Donnay, Blocqmont, 5B, 5530 Yvoir, Belgique
  • Cabaret ; La Clayette, France
  • Le carnet et les instants ; Bruxelles, Belgique
  • Chronique des musées gaumais ; Virton, Belgique 
  • Comme en poésie ; Hossegor, France
  • Coup de soleil ; n°110, octobre 2020 ; Michel Dunand,  74000 Annecy, 12,avenue des Tresums, France
  • Debout les mots ; n° 78, octobre à décembre 2020, périodique d’information bimestriel de la Maison du Livre, 28, rue de Rome, 1060 Bruxelles, Belgique
  • Décharge ; Auxerre, France
  • Eclats de rêves ; Gaillac, France
  • Florilège ; n°179, juin 2020 ; Stephen Blanchard, Dijon, France ; aeropageblanchard@gmail.com 
  • Le Gletton ; Chantemelle, Belgique
  • Gong ; 69, octobre-décembre 2020 + hors série n°19, octobre 2020 ; Jean Antonini, 10, Place du Plouy Saint Lucien, 40000 Beauvais, France
  • Haies Vives ; Donnery, France
  • L’hôte n°1 à 9…
  • Interventions à Haute Voix ; Chaville, France
  • Le jardin d’essai 2020 ; 75013 Paris
  • Lectures – Cultures ; 1080 Bruxelles, Belgique, www.bibliotheques.be 
  • La lettre de Maredsous ; Yvoir, Belgique
  • La lettre des Académies ; 1000 Bruxelles
  • Libelle ;n°323-324, septembre-octobre 2020 ; Paris, France
  • Les moments littéraires ;Paris, France
  • Nos lettres ; Bruxelles, Belgique
  • Plumes et pinceaux ; Mons, Belgique
  • Poésie sur Seine ; n°102, septembre 2020, Pascal Dupuy, Mairie de Saint-Cloud, 13, Place Charles de Gaulle, 92210 Saint-Cloud, France Saint-Cloud, France
  • Portique ; Puyméras, France
  • Reflets Wallonie-Bruxelles ; n°64, avril à juin 2020, 65, juillet à septembre 2020, Joseph Bodson, rue de la Mutualité, 109, 1180, Bruxelles 
  • Regard ‘Ardenne ; La Roche-en-Ardenne, Belgique
  • Rose des temps ; n°36, janvier-avril 2020, Patrick Picornot, 12, rue Théophraste Renaudot, 75015, Paris, France
  • Science connection ; Bruxelles, Belgique
  • Septentrion ; 2020 ; Rekkem, Belgique
  • Soleils & cendre ; n°133, avril 2020, Hervé Tramoy, 99, Bd des Mians, 84260 Sarrians, France
  • Spered Gouez, L’esprit sauvage, n°26, 4ème trimestre 2020, Marie-José Christien, 7, allée Nathalie Lemel, 29000 Quimper, France 
  • Traction-Brabant ; n°88 à 91, mai à novembre 2020, Patrice Maltaverne, Appt 245, 1, rue des Couvent, 57950 Montigny Les Metz, France
  • Transparence ;Ottawa, Canada
  • Verso ; Commelle, France

Les recueils de poésie ainsi que les revues compléteront la poémothèque d’Ethe (Virton)… Merci à toutes et à tous ! 

Service de presse n°60

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Les beaux jours

roman

Annie Préaux

M.E.O., 2020, 145 pages

Les beaux jours d’Annette s’arrêteront à sa puberté : telle est la sentence proférée par une de ses grands-mères. Ce ne sera pas l’unique prédiction empreinte de stéréotypes, voire de superstitions, à laquelle la toute jeune fille est confrontée. Durant ses années de jeunesse, elle va craindre pour sa vie, mais aussi chercher à comprendre, à trouver le sens de l’existence dans le monde du vivant et des humains. Contrairement à sa cousine Jeannette, qui, elle, restera mal à l’aise avec elle-même et la société, « clouée à quelque pilori fabriqué par ses croyances les plus profondes » et persuadée d’être promise à l’Enfer.

  • Branche d’acacia brassée par le vent

poésie

Florence Noël

Huit mouvements sur des photographies de Pierre Gaudu

Le chat polaire, 2020, 58 pages

 » C’est là: dans le bougé des sèves, poussée organiste, ligneuse impatience – infléchie d’un soubresaut – dans le bougé des lèvres gonflées et si tendues dans le vouloir te dire. « 

Inspirés par le Cantique des cantiques, voici huit moments d’une rencontre amoureuse sous un acacia agité par le vent que Florence Noël vous invite à vivre comme huit mouvements mettant en musique les saisons d’une vie d’amour.

  • Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré

poésie

Sonia Elvireanu

L’Harmattan, 2020, 123 pages

La solitude s’allège doucement de ses fardeaux anciens.  Après  l’errance,  le désert, il vient l’instant de trouver la Voie, rencontrer le héron cendré, le cygne des confluences,  le rêve d’autres rivages.

En « quête d’infini », elle apprivoise les lointains, le chant de la mer, la soif, le berceau où la lumière se pose. Alliance d’eau et d’espace.

La présence de l’Etre aimé, devient indicible rayonnement intérieur, avec la grâce de l’horizon retrouvé,  « enfants de lumière, nous galopons le ciel dans les bras ».

L’errance devient légère. Un bleu nouveau, la Beauté chante, le brouillard fleurit dans l’Arbre.  « Le cœur du jour » accepte la coexistence douleur et joie sur la même branche.

L’Ombre et la lumière, réunis,  la neige et l’été brûlant, l’herbe et la mer, l’écorce et le nuage.

L’Amour est la grande force qui soulève l’écriture vers l’harmonie paisible des paysages, l’âme liée au secret d’une parcelle d’éternité.

Ecriture née de l’expérience d’un état extrême qui brise les limites, foudre dans le cœur où se niche la poésie. Passage du personnel à l’universel, le chant touche le lecteur, par son émouvante limpidité. Les  mots de Sonia Elviréanu  sont autant de gal ets ronds posés sur les traces de l’Etre aimé, jusqu’au rivage où « un mot s’élève de la mer » le mot de la Renaissance.

  • Eau donnée

Alain Clastres

poèmes

Unicité, 2020, 54 pages

Ce recueil, en même temps que de marquer un étonnement ou un émerveillement devant l’étrangeté ou la beauté des choses, essaie de faire ressortir que chaque chose, chaque être est l’expression, la cristallisation, la réponse silencieuse de la réalité mystérieuse qui ne peut cesser d’être.

Et même si l’on vit les changements, les transformations du monde, l’unité, l’éternité du réel, au fond nos natures profondes, restent toujours présentes. Pourrait-il, d’ailleurs, en être autrement ?

Cette perception peut amener un sentiment de plénitude, d’apaise ment, de respect ou de joie. Mais elle peut aussi amener à un sentiment moins conflictuel avec le monde et les autres.

L’attitude générale d’opposition des hommes entre eux, et tous les conflits meurtriers qui vont avec, tient, pour une large part, à une vision limitée d’eux-mêmes et du monde qui les entoure, une vison largement repliée, centrée sur eux-mêmes.

La poésie, par ses modes d’expressions, qui bouscule une rationalité étroite, qui peut relier des réalités éloignées, qui peut créer des images, faire surgir des sentiments nouveaux ou des intuitions nouvelles, peut participer à une saisie différente, plus large du monde et, peut-être un peu, à un apaisement du monde.

Les poèmes à la fin du recueil sont d’ailleurs une défense de la poésie.

  • Essent’ciels

Fabienne Moineaud

poèmes

Interventions à Haute Voix, 2019, 60 pages

  • Haïkus des bords de Marne

Jean-Hugues Chuix

Association francophone du haïku, collection Solstice, 2020, 63 pages

Jean-Hugues nous invite dans ce recueil (bilingue) à partager ses moments de découvertes et de petits bonheurs lors de ses déambulations au fil des saisons en bord de Marne, non loin des célèbres guinguettes pour notre plus grand plaisir. Et comme le dit Jean-Hugues mieux que moi: La Marne, toujours la même, jamais la même, simple, belle, changeante et éternelle, qui accroche et décroche le regard, accompagne la rêverie du promeneur, au fil de l’eau et des saisons…

Les jupettes, les kayaks et les hérons guinchent ensemble.

Suivons-les, approchons le pêcheur, vient une ablette… ou un kaïku!

Daniel Py

  • Jardin(s)

Francis Denis

La route de la soie, 2020, 159 pages

« Préfacer, postfacer, nous préférons passer, glisser, nous « effacer », comme les personnages si attachants et tristement oubliés de Francis Denis.

Rêveurs et acharnés, pitoyables démons venant gratter les portes de nos cerveaux-greniers.

Tant de tendresse inaboutie ! Combien de crimes n’avons-nous pas commis au nom d’impossibles amours ? Combien de rêves avons-nous faits brouillant les cartes du réel ? Vagabonds de l’esprit…

Mais que sommes-nous d’autre ? Connus ou inconnus, encensés ou méprisés, nous ne sommes que des naufragés sans boussole. Les uns bien à l’abri, dans le carré des officiers, exhibant un galon dans un galion à la dérive, les autres nus et solitaires, sur des radeaux de déraison.

Où nous allons, nul n’en sait rien.

Mais peut-être à la fin il n’y a que nos songes, accostant sans fanfare, sur les terres astrales, aurores boréales de Mondes inventés. « 

Alain Cadéo

  • Lapidaires

Gabriel Zimmermann

poésie

Tarabuste, 2020, 173 pages

Des textes poétiques en vers libres qui évoquent l’énurésie infantile, la mort des chemins, un ciel obscurci par l’orage, l’évanescence des mots, l’estompage des souvenirs, le léchage d’une flammèche, des éclats de lumière, le poids du silence et le hennissement d’un cheval bleu.

  • La mémoire des trembles

Robert Nédélec

Petra, 2019, 115 pages

Les poèmes en prose de Robert Nédélec sont d’étranges mises en scène de ce que le regard et la mémoire des autres poètes ignorent. Les vignettes sont pourtant “évidentes” dans leur propos mais généralement le regard se porte ailleurs.

Il faut donc se laisser diriger par l’auteur à l’image de celle qui dans le texte “Réouverture provisoire” engage à ressortir — en un effet de rattrapage de nos coffres ou oripeaux — ce qui permet de ressusciter des morts.

De fait, Nedelec est tout sauf un économe. Et il apprend par son écriture et ses propos à rouvrir les yeux là où le texte échappe au papier glacé et aux règles édictées par les maîtres des octrois poétiques. A savoir les seigneurs qui obligent le poète quidam à parler dans l’hygiaphone là où son écoute est pour le moins dubitative.

Qu’importe à Nédelec : il ose brasser sa poussière de phrases qui a priori n’ont rien à voir avec la vague géante où les ego-albatros plongent  en leurs costumes emplumés.

Ici, parmi les trembles et le vent, on se promène, là où tout n’est pas transparent et l’air pas forcément sain.

C’est avec l’amour des lignes courbes, des chemins de traverse et des impasses que Nedelec se promène en divers temps et divers véhicules —  à moteur ou non — qui tintinnabulent ou grincent.

Mais l’auteur transforme ces textes en espaces singuliers d’un bien étrange jardin. Il est plein de surprises mais n’est pas créé pour le tourisme de masse. Dans chaque carré ( il ne fait jamais plus d’une page — sauf le dernier) croissent bien des fleurs de l’apocalypse.
Elles enflent, se craquellent mais ne se fanent pas. Elles n’ont pourtant rien d’artificiel et n’expirent jamais même lorsque l’ombre dérobe la clarté en de tels “récits” d’actions, réflexions et visions.

Jean-Paul Gavard-Perret

  • Mes orients

Michel Dunand

poésie

Jacques André éditeur, collection Poésie XXI, 2020, 83 pages

Michel Dunand dessine ici le lieu de l’écriture et de la vie. Ce sont là les seuls biens qu’il ne faut pas épargner tant que cela est possible. Le poète y trace son périple, brouille la mélancolie à travers lectures et paysages. À savoir : Tous les fruits [qui] font rêver. / Ceux qui ne tomberont jamais. / Ceux qui tomberont. La propre vie du poète – en ses « écarts » de voyages, de lectures, sa sagesse et son écriture – rappelle qu’il faut demeurer fidèle à qui et ce qui nous retient à l’existence. Que demander de plus à la poésie lorsqu’une telle décision radicale l’impose ? Dunand y ose son intimité sans le moindre égotisme. Il recolle par lambeaux les morceaux qui le font : seul l’idiot ne verra pas qu’il s’agit des nôtres. Et si l’auteur affirme : Dors en paix, monde inconnu, il poursuit son rêve fou. Je renonce à tout sauf au rien, écrit-il. Et ce au nom d’un instinct vital. Dès lors les déserts d’ennui se dissipent là où les chats glissent vers le tronc de nos heures sous divers pelages.

Jean-Paul Gavard-Perret

  • La noyée d’onagawa

Marilyne Bertoncini

poésie

Jacques André, 2020, 51 pages

« Elle me manque infiniment »

La femme de Yasuo Takamatsu a disparu, emportée par le tsunami qui détruisit Fukushima. Yasuo prend des cours de plongée sous-marine pour la retrouver. Ne souriez pas : depuis qu’Orphée descendit aux Enfers à la recherche de son Eurydice, nous avons appris à reconnaître l’universalité de certains drames intimes. La Noyée d’Onagawa nous fait voir, avec toute la densité et la délicatesse du poème, l’enchaînement des événements terrifiants qui bouleversèrent le Japon en 2011. On y voit d’abord le printemps naissant, délicat et ténu comme un haïku, puis la stupeur devant l’immensité de la vague qui se précipite vers la femme, on erre parmi les débris avec Yasuo, et on a le cœur qui se serre en le voyant prendre la décision d’aller la chercher. Ce n’est ni sensationnel ni voyeuriste : quand vous lisez ce texte, vous accompagnez le mari, votre main est sur son épaule, et vous imaginez les flots ondulants et tourbillonnants qui emportent la « noyée d’Onagawa ».

  • Nuée

Michel Gremeaux

roman

L’Anacoluthe, 2019, 200 pages

On dirait un lieu en coupe observé sous la loupe d’un entomologiste.

Il y est question d’une adolescente recueillie par une femme dans une maison retirée en haut d’un lac, d’une éthologue, d’un chat noir, de documents classés secret d’Etat, d’agents spéciaux qui guettent, en un mot d’une nuée de choses et d’êtres pendant que la durée s’allonge à n’en plus finir.

Quelque chose qui désigne et cache à la fois, met au jour et en même temps laisse dans l’ombre.

C’est en somme l’avènement d’un lieu qui serait comme une personne.

  • Paysage avec mare

Poèmes en prose

Jacques Boise

accompagné de sept gravures de Marie Alloy

A l’index, collection Les Plaquettes, 2019, 51 pages

Jacques Boise se définit comme : « sinon secret du moins 

discret par nature » et il est vrai que ses mots savent nous

parler de cette nature, la regarder, la décrire. Vagabond, 

voyageur par destination ; amateur de livres. Il marche lieue

après lieue, y perdant des livres. Il ajoute, parfois « qu’il n’a 

pas d’âge » et qui le connait un peu serait prêt à le croire. 

Après la publication de certains de ses textes dans les revues 

« À L’Index » et « Paysages d’Écrits » il nous livre, ici, une 

première suite de poèmes en prose.

  • Quantique de l’ombilic

Christophe Schaeffer

Poèmes

L’improbable, 2020, 65 pages

Christophe Schaeffer nous offre un savoureux cocktail de vers agrémentés d’ironie sur fond de métaphores. Les images se déploient au fil des pages et ne manquent pas de nous surprendre comme une pluie glaçante. On plane et l’on ne redescend pas indemne. 

« L’homme grattait sa vie 

sur un ticket de loterie

jusqu’au jour où il empocha 

le gain de son infortune »

Comme Rimbaud, il a compris que le poète doit se faire voyant, donc il voit au-delà du réel conventionné. Il nous décrit un univers où tout se fait à contresens aussi constate-t-il que :  

« le lac s’engouffra dans la vallée

descendit jusqu’au village

qui trempait dans un alcool charmant »

De par sa finesse d’esprit, il malaxe les mots avec dextérité. Il les transformer et les détourne de leur sens commun, il dérive, dirait-on, dans le métalangage. Cela dit, dans chaque poème il y a un message à décoder :

« Le drame se renversa sur la table

aspergeant le monsieur bien habillé

Le garçon se précipita avec une éponge

mais il était trop tard

Le drame était indélébile

et pantalon immaculé »

Ici l’action est portée à son paroxysme : le drame est synonyme de l’irréparable. La fatalité affiche aussi une présence notable :

« Bien qu’insomniaque

Il mourut dans son sommeil »

Sous la plume de Christophe Schaeffer fleurissent tant de figures de style comme cet oxymore qui ne passe pas inaperçu :

« Il était de ces ombres silencieuses

qui se terrent dans les interstices de lumière »

Le poète nous entraîne aussi de la finitude à l’infinitude :

« Son collant noir attirait les étoiles

au moment où il fila »

Tout est passé en revue dans cette Quantique de L’Ombilic : les contraires se dévoilent, les oppositions se remarquent. Ainsi le poète philosophe semble nous inviter à porter un regard nouveau sur notre environnement matériel et immatériel afin de redéfinir notre place par rapport à lui.

Maggy De Coster, http://www.pandesmuses.fr/ 

NDLR : Christophe Schaeffer est docteur  en philosophie, poète et artiste. Il mène une double activité, à la fois en tant qu’auteur (une vingtaine d’ouvrages publiés) et créateur lumière pour le spectacle vivant depuis 1996.

  • Le silence des oiseaux

Michel Arnold

Poèmes

2020, 51 pages

Vice-président de l’AREAW, Michel est décédé voici deux ans. Il laissait un recueil de poèmes inédit, Le silence des oiseaux.

Il faut bien le reconnaître, les écrivains modestes sont rares. Michel Arnold en était. Sur notre site, ce qu’il disait de lui tenait en peu de mots: Artisan éditeur. Rédacteur en chef de la revue namuroise Confluent.

Et pourtant, quelle variété dans ses centres d’intérêt, quelle richesse d’invention: le poète, publié dans nombre de revues importantes, comme Marginales, le Journal des poètes. L’histoire Namur et de sa province: Petite histoire du cinéma à Namur, Les allumeurs de réverbères de Namur, sans oublier ses sculptures, l’organisation de nombreuses expositions, à Arbre notamment, son activité de relieur, le temps qu’il consacrait à Confluent, à Reflets Wallonie-Bruxelles, la revue de l’AREAW

C’est que le poète devenu « silence d’oiseau mort/ sur les falaises du sommeil » continue d’exister à travers ses phrases truffées d’oiseaux pour celle qu’il évoque au point de vouloir nous la faire reconnaître quand « elle parle d’un pays/ entre le rêve et la mémoire ».

Belle poésie ouverte comme une main distributive où, à l’instar d’un poète comme Jean Rousselot, l’être intérieur se veut humain avant de se prétendre poète.

Les « mots passeurs d’eau aux saisons de la nuit » nous font, en effet, penser aux grands poètes de la mémoire tels Marcel Hennart ou Albert Ayguesparse.

Patrick Devaux

  • La sourde oreille et autres menus trésors

Béatrice Libert, Poèmes; Pierre Laroche, Collages

Editions Henry, collection bleu marine, 2020, 45 pages

Depuis la nuit des temps, les expressions toutes faites sont un régal de la langue française qui a séduit bon nombre d’écrivains et d’humoristes. Parmi eux des poètes, et c’est le cas dans ce recueil où chaque page contient quelques-uns de ces trésors. Humour, tendresse, étonnement, fable, comprine, jeux de mots font de ce nouveau livre de Béatrice Libert une salve contre l’habitude.

Les collages de Pierre Laroche sont autant de jeux d’esprit que les enfants s’amuseront à décrypter. A consommer sans modération.

Le caernet pédagogique rédigé par l’auteur peut être téléchargé gratuitement sur deux sites: www.beatrice-libert.be et http://editionshenry.com 

Pour une rencontre en classe ou en médiathèque, écrire à beatricelibert@yahoo.fr 

  • Tout peut commencer à trembler

Lucien Noullez

poèmes

Revue Nunc/Editions de Corlevour, 2020, 92 pages

Du tremblement (de la langue, du cœur) naît la poésie, et chez Noullez, elle prend la forme nécessaire de petits conditionnements : blocs et gouttes de sens, manières de fables parfois cocasses, souvent graves, toujours légères, puisque la primauté, donnée aux images et aux étranges rapprochements, sans omettre la musique qui fournit à son auteur des « tremblettes ».

Les thèmes, et Dieu n’est jamais loin : Dieu au « confessionnal » qui tance doucement l’audacieux Lucien ; Dieu qui « est passé dans (son) sommeil », et même le « Dieu » « qui a commencé le monde » : manière d’apologue, puisqu’il faut « commencer à trembler » ou « à écrire » : ce qui relève du même.

Rien n’est donné, rien n’est stable, rien n’est définitif, et cependant, la langue s’invente « beaucoup de chemises dans le ciel », se « donne le temps de comprendre », et parfois elle croise le filial et le poétique :

« Une langue sous le terril.

Les morts ont une bouche noire ;

Que faisons-nous de mieux

dans le poème ? » (p.64).

Le poète salue la « petite patate », « la colère d’un petit garçon », désire « s’éteindre » mais « je ne trouve pas le bouton » : à l’ordinaire de la vie, avec ses chagrins, ses peurs, ses hésitations, le poète greffe la chance du poétique, celle qui donne des ailes au convenu, déroge à la banalité, « s’envole » :

et cette poésie ne nous garantit pas d’être sauvé, en dépit de sa légèreté aérienne et cocasse :

« Je vais mourir.

Comme tout le monde, me direz-vous.

D’accord, mais je ne suis pas tout le monde » (p.60).

L’auteur de L’ouïe fine (Phi) se donne dès le premier texte un « précepte » d’écriture : avant que d’écrire, encore faut-il « ranger » son cœur, sa table d’écriture. Il y a de quoi, dès la troisième page, les « morts » s’amoncellent et le « gros chagrin » déborde, qu’il faut corseter, d’humour, de finesse, d’invention ; à ce trop « de morts » les poèmes répondent par salves de vie : le parfum des « épices du Pakistan » qui s’invite chez le marchand ou l’« accordéon » qui redonne vie et vitalité aux poumons engorgés.

« Un jour je n’irai pas au Paradis » : Lucien s’est souvenu de Chavée « Un jour je n’irai pas à l’Académie » ; clin d’œil venant de quelqu’un qui n’aime pas trop les chaînes de la notoriété !

La musique et l’oiseau ; la foi et les doutes ; le poète « sans ailes » ; le poète qui ouvre la fenêtre sur le boulevard et consigne le réel qui lui tombe sous les yeux ; le « vous » souvent convoqué comme ami, témoin, anonyme ; un univers se décrit là, simple parce que profond de promesses au sein de la difficulté, parce que la voix qui s’énonce là, identifiable par ses petites grappes de saillies intelligentes et gravées au sceau de l’humour, relie le lecteur aux préoccupations universelles de quelqu’un qui a pris le pli et le temps d’écrire, non sur soi, mais autour de soi, dans l’enfilade des jours et des peines : la pulsation du vivre, l’ombre de la perte et des morts, l’éclat de l’oiseau quand manque la lumière et cette musique d’une poésie sautillante comme un cœur.

Un très grand livre.

L’édition, avec rabats, très soignée (le rouge du titre en léger décalage), de ce dix-huitième livre de poèmes, en trente-cinq ans d’écriture, est une vraie réussite.

Philippe Leuckx, http://www.lacauselitteraire.fr/ 

  • La Voie – Le Tao suivi de Dans le courant du temps (Méditations aux Himalaya)

Germain Droogenbroodt

poèmes

L’Harmattan, 2019, 126 pages

Traduit en chinois comme « Tao », « La Voie » est un recueil philosophique et un pont poétique entre les cultures occidentales et orientales, une médiation poétique avec des références à la mythologie grecque et plus encore aux philosophies orientales. Ces oeuvres sont suivies de « Contre-Lumière » et « Dans le courant du temps. Méditations aux Himalaya ».

Les revues suivantes :

  1. A l’index ; 40, mars 2020 ; Epouville, France
  2. Art et poésie de Touraine ; 242, automne 2020 ; St-Cyr-sur-Loire, France
  3. Le bibliothécaire ; deux/2020 ; avril à juin 2020 ; Genappe, Belgique
  4. Cabaret ; 34, été 2020 ; La Clayette, France
  5. Coup de soleil ; 108/109, juin 2020 ; spécial Béatrice Bonhomme ; Annecy, France
  6. Décharge ; 186, juin 2020 ; Auxerre, France
  7. Le Gletton ; 527 à 533, mars à septembre 2020 ; Chantemelle, Belgique
  8. La lettre de Maredsous ; 49ème année, 2, août 2020 ; Yvoir, Belgique
  9. Libelle ; 321, mai-juin 2020 ; Paris, France
  10. Nos lettres ; 34, juin 2020 ; 35, septembre 2020 ; Bruxelles, Belgique
  11. Traction-Brabant ; 89, juillet 2020 ; Montigny-les-Metz, France

Service de presse n°59

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • A fleur de peau, suivi de Interview

Catherine Andrieu

Ficelle n°141, Atelier Rougier, Les Forettes, F-61380 Soligny-la-Trappe ; 2020

www.rougier-atelier.com

https://www.catherineandrieu.fr/a-fleur-de-peau/

  • A l’heure où les fauves dorment, poésie

Patricia Suescum

Citadel Road éditions, 2019,np

https://www.babelio.com/livres/Suescum–lheure-ou-les-fauves-dorment/1198321

  • Baie Saint-Paul, roman

Jean-Manuel Saëz

M.E.O., 2020, 175 pages

Quand John Mac Dolan, il y a bien des lustres, est arrivé dans le Grand Nord, nul ne lui a demandé qui il était ni d’où il venait. Il faisait partie des nombreux aventuriers qui ont fait la réputation de cette région canadienne depuis la Ruée vers l’or, envers lesquels les autochtones ne montraient aucune curiosité. Mais lui, ce n’était pas la fortune qu’il venait y chercher. Quand à ce qu’il y a trouvé…

Pour Camille Dorchamp, hôtesse de l’air parisienne, c’est la lettre d’un improbable shérif qui va la relancer dans une quête abandonnée depuis longtemps…

  • Branche d’acacia brassée par le vent – Huit mouvements

Florence Noël

Le chat polaire, 2020, 58 pages

Inspirés par le Cantique des cantiques, voici huit moments d’une rencontre amoureuse sous un acacia agité par le vent que Florence Noël vous invite à vivre comme huit mouvements mettant en musique les saisons d’une vie d’amour.

  • Brèches, poèmes

Bernard Schürch

Editions Rafael de Surtis, collection Pour un Ciel désert, 2019, 75 pages

  • Citations pour un jour de pluie

Fémi Peters

BoD (Books on Demand), 2019, 47 pages

Faites-vous partie de ces gens qui, au cours de leurs lectures, sursautent et s’en vont chercher un cahier pour noter une phrase qui les a touchés ? Faites-vous partie de ces gens qui partagent et commentent une citation sur les réseaux sociaux ? Peut-être même en imprimez-vous certaines pour les afficher sur votre mur, ou bien sur le frigo, ou encore en face de votre bureau, afin de vous donner du courage, pour vous inspirer, pour vous faire rêver. Bienvenue au club.

Fémi Peters est écrivaine, romancière, nouvelliste et poétesse. Passionnée de citations, elle avait envie de partager avec vous quelques-unes des citations qu’elle affectionne. En fin d’ouvrage, elle vous propose quelques-uns de ses propres poèmes.

Chacune des citations est illustrée par des photographies de Laure Seguinaud, soigneusement choisies.

  • Dans les broussailles du silence, poèmes

Marie-Christine Guidon

Prix d’édition poétique de la Ville de Dijon 2020

Poètes de l’Amitié, 2020, 48 pages

  • De toutes mes farces

Eric Dejaeger

Cactus inébranlable éditions, 2020, 63 pages

  • Des fleurs et des mots

Textes de Vénus Khoury-Ghata

Photographies de Michelle Gros

L’autre regard éditions, 2019, 63 pages

Des fleurs et des mots : magie des arts et de la poésie ! Magie des rencontres improbables ! Magie du hasard qui a fait que deux belles personnes aux parcours si différents ont pu se croiser, se rencontrer et s’apprécier au point de devenir les meilleures amies du monde dans la complicité d’un commun émerveillement devant la beauté naturelle…

En résulte de livre, véritable cadeau de fleurs et de poèmes, bouquets magiques qui rendent soudain la vie plus belle et plus légère.

  • La dette, suivi de Le dessein et de La destinée, poésie

Miloud Keddar

Parole & Poésie, 2019, np

  • Dites trente-trois, poésie

Patrick Picornot

Parole & Poésie, 2019, np

  • L’européelle, roman

Gérard Leyzieux

Stellamaris, 2019, 191 pages

Jean rencontre Lydia à Kiev fin 1980 juste avant son départ pour la Grèce avec son mari. Elle le quitte très rapidement pour rejoindre Jean à Paris ; sa fuite commence par la Bulgarie d’où elle ne sortira jamais. Jean l’a attendue en vain et dix ans après il se lance à sa recherche. D’abord à Athènes puis, dans le Sud de la Bulgarie, à Melnik.

Au fil de son parcours, Jean va être confronté à une série d’événements surnaturels qui vont apporter confusion et doute à son esprit scientifique. A l’image de « baba Vanga », la voyante prise dans une tornade dans sa jeunesse, tout semble s’animer, tourner, tourbillonner dans la tête de Jean. La fusion avec l’irréalité transfigure la réalité. Jean part sans Lydia mais science et magie s’uniront pour résoudre l’énigme de cette traversée de l’Europe et… elle.

  • Exquises petites morts, nouvelles

Liliane Schraûwen

M.E.O., 2020, 143 pages

L’amour… On le cherche, on le poursuit, on le fait et le défait, on en jouit, on en souffre. On le change, l’écrit, le peint, le joue et le feint… On meurt pour lui, ou l’on tue. Mais que recouvre ce mot ? Nous aimons Dieu (parfois), notre patrie (rarement), nos parents, nos enfants. Nous aimons rire et chanter,  nous aimons le sport, le cinéma, et même le chocolat ou le bon vin. Nous aimons nos rêves, nous aimons aimer. Nous aimons, aussi et surtout, cette moitié d’orange dont on nous a dit et répété qu’elle existe, qu’elle est là, quelque part, à nous attendre, et qu’elle comblera tous nos désirs, tous nos besoins. Le même terme pour désigner tant de choses : possession, jouissance, domination, jalousie, volupté, tendresse, sacrifice… Depuis toujours, Eros et agape jouent à cache-cache pour mieux nous tromper. Parfois, ils se trompent eux-mêmes, et tout dérape. Le bus fait une embardée, la déception nous dévore, la belle endormie oublie de se réveiller, la foudre frappe pour de bon… 

  • Formes de la lumière, poésie

Arnoldo Feuer

Les Lieux-dits, 2019, 33 pages

  • Les hibiscus sont toujours en fleurs, roman

Monique Bernier

M.E.O., 2020, 190 pages

Charlotte, une fillette européenne, et Daniel, un garçon rwandais, ont grandi ensemble pendant cinq ans, jusqu’au génocide de 1994. 

Vingt ans plus tard, dans un moment de désarroi, Charlotte revient au Rwanda. Elle a l’intention de retrouver Daniel et de se replonger dans ce pays qui l’avait chassée. Elle retrouve des connaissances rwandaises, fait des rencontres et découvre peu à peu l’histoire de son ami en même temps que les complexités du pays.

Daniel, de son côté, souffre toujours. Le passé est désespérément présent. Il ne sait pas que Charlotte le recherche. 

  • Histoire édifiante des vies et gestes de Feu Robertson, poésie

Sharl Hot Ganache

Partycyl System ; partyculsystem@rocketmail.com

https://quartierlibre.co/partycul-system-feu-robertson-vitaphone

  • Hors-jeux, poésie

Aumane Placide

Parole & Poésie, 2019, np

  • Ici, à nous perdre, poèmes

Luminitza C. Tigirlas

Illustration de couverture de Doïna VIERU

Editions du Cygne, 2019, 70 pages

Ici à nous perdre s’écri(e)t et se donne à lire d’un seul souffle : Le mot n’y est plus en extase de fuite. Ici est bouche qui hurle / aphone / sans esquiver / le halètement de la moribonde, c’est une toupie du visible et sa pointe tourne comme s’il y avait urgence à refixer l’univers du poème — la vie même, car Ici est resté en dehors de l’Amie disparue. Dans l’après Ici, seul l’amour n’est pas à perdre, il pénètre l’invisible, il traverse la nuit du long adieu où la paume de celle qui doit respirer sa nouvelle solitude est trop chaude…

  • Il y a très longtemps… il faisait beau, album jeunesse

Textes et dessins de Jeanne Champel-Grenier

France Libris, 20 pages

  • Indicateur de la ligne du ciel, poèmes

Jean-Pierre Luminet

Cherche midi, 2020, 108 pages

« princesse des lumières et des vents

les étoiles défileront dans des yeux infinis

et la mer

ta vaste mer

je la verrai poudroyer de vapeurs blondes

tourbillons d’astres clairs dans mes gouffres vermeils

écume ardente faite avec les mondes

houle insondable

où bout la mousse de tes soleils »

Scientifique de  réputation mondiale mais féru de poésie depuis son plus jeune âge, Jean-Pierre Luminet publie ici son neuvième recueil. Une œuvre de maturité alternant noirceurs et lumières, dont l’expression poétique montre une connaissance subtile de l’âme humaine, et où l’érotisme joue un rôle central.

  • Intimes

Laurent Bayssière

Interventions à Haute Voix, 2020, 44 pages

« Intimes deux souffles primevères

audaces de l’hiver clochettes

d’ivoire tintinnabulent des syllabes

d’envies au champ des rires

de nos enfants »

  • Langues terriennes 
    • Langue maternelle, notes
    • Nuit inverse, Jean-François Agostini

Xavier Makowski

La Bergeronnette, nd, np

  • Lilith, l’amour d’une maudite

Nicole Hardouin

Préface d’Alain Duault

Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020, 75 pages

https://revue-traversees.com/tag/nicole-hardouin-lilith/

  • Menthes-Friches, poèmes

Barbara Auzou

5 Sens, 2020, 101 pages

Menthes-Friches est né d’une volonté de parler « plus loin que la saison hostile » comme le suggère la lettre 2 de la section « Dans l’Atelier ». Qu’elle soit variation autour de la menthe, de l’arbre à soie, du jardin plus généralement, il y a des secrets qu’on n’élève qu’au bleu du silence et c’est la main qui prépare la rencontre. La tranquillité familière cherche son bonheur dans son sachet de lavande, l’armoire son masque dans un feutre mou. Et la beauté poétique son ultime espace à faire feu… 

  • La nuit porte jarretelles, poèmes

Béatrice Libert

Cactus inébranlable, 2020, 56 pages

Béatrice Libert, qu’on a connue dans une tout autre vie littéraire, s’emploie ici à se révéler digne descendante d’un Tardieu ou à passer du scolaire parodié (qu’on lise ses problaimes (sic) revus à la hausse de l’hilarité générale) à quelques pages d’un dictionnaire complice pour saluer le grand poète liégeois disparu ! Vous apprécierez cette étonnante détourneuse d’autant plus que d’entrée de jeu, elle vous prie d’avancer vers le fond du poème. Il n’y a pas que la forme en effet, il y a le ciboulot qu’on met en question ! Même avec un entonnoir sur la tête, on peut réfléchir, pas vrai ?

Jean-Pierre Verheggen

  • Paroles données, paroles perdues ?

Asbl La Strada, rue de l’Association, B-1000 Bruxelles

268 pages, 14€

Le monde de la rue depuis l’expérience des premiers concernés accueillier lors de discussions entre sans-abri, travailleurs sociaux, quidams, dans des lieux d’accueil bruxellois.

  • Le pli des leurres

Luminitza C. Tigirlas

Z4éditions, Daniel Ziv, Le Monthury, F-39300 Les Nans

z4editions@gmail.com

www.z4editions.fr

Voici la présentation du livre qu’en fait l’auteure :

« Après avoir publié des poèmes, des essais littéraires et des nouvelles, le Pli des leurres est mon premier livre de fiction, que je dédie à Sarah Kane, auteure de la pièce 4.48 Psychose.

Inspiré par la rencontre de sujets tout aussi exigeants envers le langage que la dramaturge Sarah Kane l’avait été elle-même, mon nouvel ouvrage se fendille comme une bague de châtaigne sur un texte dramatique où le supplice psychique du personnage d’Oète se diffracte dans un théâtre intime à plusieurs voix… »

« Il y a des vides entre mon avis et mon intuition. Tout le monde vivra ce que je vis. Entre de telles pensées, pas de repos. Je ne peux pas révéler ce que je sais.

Toute vérité venant de ma part risque d’être mise sur le compte de la pathologie. » Extraits

« Demander l’impossible aux mots et se rebeller si fort contre l’aphasie ue les mots se mettent à dire. Les mots qui savent mieux que le locuteur. Les mots par où ça parle à travers l’éblouissante écriture de Luminitza C. Tigirlas n’arrêtent de spiraler dans cette fiction par les ténèbres de la souffrance vers l’issue, la délivrance. Ne pas arriver à dire – et dire quand même, envers & contre tout, obstinément, passionnément. Leçon de courage, d’audace, de vie avec le personnage d’Oète dans Le pli des leurres. » Lambert Schlechter

  • Positions pour la lecture – Promenades (lectures – écriture – ateliers), textes, articles

Daniel Simon

Couleur livres, 2019, 137 pages

De façon profonde, la lecture a vécu une véritable mutation ces dernières décennies. Internet, la disparition brutale du temps long, la dispersion des attentions dans les réseaux… et, par ailleurs, une métastase de livres dans la confusion des édités et autoédités.

Le contexte de la lecture, son sens, ses enjeux ont changé. L’auteur pose un regard méditatif, parfois corrosif, souvent enchanté sur cette pratique fragile qui est de passer du temps à lire… de la littérature.

Il rassemble ici des réflexions au fil de ses expériences d’écrivain, d’animateur d’atelier d’écriture, de lecteur, de critique, d’éditeur…

  • Près de la goutte d’eau sous une pluie drue, poèmes

Serge Núñez Tolin

Rougerie, 2020, 69 pages

https://poezibao.typepad.com/poezibao/2020/05/note-de-lecture-serge-près-de-la-goutte-deau-sous-une-pluie-drue-par-marc-wetzel.html

  • Rouilles, textes en prose

Françoise Louise Demorgny

Isabelle Sauvage éditions, 2015, 86 pages

  • La sourde oreille et autres menus trésors

Béatrice Libert, Poèmes ; Pierre Laroche, Collages

  • Le temps suivi de Notre-Dame, poèmes

William Cliff

La Table ronde, 2020, 122 pages

Le Temps pourrait finalement être le titre général de l’oeuvre, abondante et géneuse comme une fête breughélienne, de William Cliff.

Le temps dont il est question ici, c’est celui perdu et retrouvé de l’éternel explorateur de lui-même et du monde qu’est William Cliff, maître de la prosodie fantasque, subtil docteur de la rime et de l’assonance, enchanteur qui sait varier ses métamorphoses en créant le rythme entêtant qui vous invitera à le suivre là où il veut vous emmener, en l’occurrence sur les chemins de sa jeunesse extravagante : locataire improbable d’une mansarde bruxelloise où le précédent occupant a laissé ses seringues de toxicomane, professeur sans vocation dans un lycée plein de jolis garçons, inspecté plus qu’à son tour pour sa désinvolture pédagogique, oscillant entre la recherche d’un radiateur à gaz pour se réchauffer et l’épuisement d’une canicule sous les toits. Mais le poète s’en tire toujours, fragile et joyeux. L’inspecteur lui pardonne puisqu’il lit Rimbaud à ses élèves et célèbre avec eux l’aube d »été qu’on embrasse à pleine bouche

Comme Raymond Queneau dans Chêne et Chien ou Georges Perros dans La Vie ordinaire, William Cliff s’inscrit dans la tradition des autobiographes de la strophe qui réconcilient la poésie et la narration. Et le sarcasme et l’autodérision, ici, se livrent à une partie serrée et sans vainqueur avec la nostalgie et le lyrisme provocateur.

Le Temps est complété par un codicille de 1996, un long poème sur Notre-Dame, adresse parnassienne et prophétique à cette cathédrale que Cliff aime parce qu’elle est « ferme et tranquille au milieu des ravages », comme un amer dans une existence flottante et incertaine.

  • Trajectoires tronquées, nouvelles

Gérard Le Goff

Stellamaris, 2020, 177 pages

Dix nouvelles. Dix histoires. Dix parcours interrompus. Souvent de façon imprévisible. Parfois de manière brutale. Toujours chaotiques.

Après avoir lu ces récits, peut-être éprouvez-vous une appréhension incontrôlable quand vous garerez votre véhicule dans un parking souterrain ? Assisterez-vous encore à un spectacle de cirque avec votre regard habituel ? Allez-vous redouter votre prochain sommeil parce qu’il pourrait vous conduire au seuil d’un cauchemar ? Arpenterez-vous toujours avec insouciance les couloirs du métro ? Rêverez-vous sans a priori de l’auxiliaire ménager parfait ? Vous aventurerez-vous s l’ombre d’un pressentiment dans les ruines d’un monastère ? Ferez-vous confiance à un détective privé ? Vous méfierez-vous de la peinture ? Aborderez-vous n’importe qui dans un pays étranger ? Embarquerez-vous sans méfiance à bord d’un bateau sans vérifier au préalable sa destination véritable ?

Alors : lire ou ne pas lire, c’est toute la question…

Les revues suivantes :

  1. Les Amis de l’Ardenne 65, septembre 2019 ; Vouziers, France

Dossier Thomas Owen, Prince du fantastique

  1. Art et poésie de Touraine ; St-Cyr-sur-Loire, France
  2. Athena, le mag scientifique, 345, janvier-février ; 5100 Jambes
  3. Le bibliothécaire ; 4/2019, 1/2020 ; Genappe, Belgique
  4. Le carnet et les instants ; 203, juillet 2019, 204, septembre 2019, 205, janvier 2020 ; Bruxelles, Belgique
  5. Chronique des musées gaumais ; 242, 1er semestre 2019, 243, 2ème semestre 2019 ; Virton, Belgique 
  6. Comme en poésie ;81, mars 2020 ; 82, juin 2020 ; Une trentaine de poètes à chaque numéro, une rubrique « Lectures » de Jean Chatard, « La cité critique » de Jean-Pierre Lesieur ; 84 pages A5 ; Hossegor, France
  7. Concerto pour marées et silence ; 13-2020
  8. Coup de soleil ; 108/109, juin 2020 ; spécial Béatrice Bonhomme ; Annecy, France
  9. Debout les mots ; 76, janvier 2020, Bruxelles, Belgique
  10. Eclats de rêves ; 66, 2ème semestre 2019 ; 67, 1er semestre 2020 ; Gaillac, France
  11. Florilège ; 178, mars 2020, Dijon, France
  12. Le Gletton ; 525-526, janvier-février 2020, 527 à 530, mars à juin 2020 ; Dans le numéro de juin, un bel article sur Jean-Luc Geoffroy, « Le plus gaumais des ardennais »,qui a oeuvré en qualité de responsable du Service du Livre Luxembourgeois et a cru dès le départ en la revue Traversées ; merci infiniment à son soutien et à ses conseils précieux ; Chantemelle, Belgique
  13. Gong ;66, janvier à mars 2020 ; Rillieux-Le-Pape, France
  14. Interventions à Haute Voix 61, 1er trimestre 2020, Demain ; Chaville, France
  15. Lectures – Cultures 18, mai-juin 2020 ; 1080 Bruxelles, Belgique, www.bibliotheques.be 
  16. La lettre de Maredsous 49ème année, 1, avril 2020 ; Yvoir, Belgique
  17. Libelle 318 à 322, janvier à août 2020 ; Paris, France
  18. Nos lettres ; 33, mars 2020, Bruxelles, Belgique
  19. Reflets Wallonie-Bruxelles ; 63, janvier à mars 2020 ; 64, avril à juin 2020 ; Bruxelles, Belgique
  20. Septentrion ; 48ème année ; 3, 3ème trimestre 2019 ; 4, 4ème trimestre 2019, Rekkem, Belgique
  21. Soleils & cendre ; 133,avril 2020 ; Rouge – quelque chose palpite ; Bollène, France
  22. Traction-Brabant ; 87, février 2020 ; 88, mai 2020, Montigny-les-Metz, France

Service de presse n°58

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • A chaque pas, poèmes

Alain Clastres

Unicité, 2019, 78 pages

Avec ce nouveau recueil, Alain Clastres poursuit sa quête, celle de nous faire découvrir cette profondeur qui gît en chacun pour nous amener à voir les choses telles qu’elles sont à travers sa poétique apaisante.

Si certains paysages rendent compte de la brutalité des hommes, c’est avant tout pour mettre l’accent sur l’ignorance de ce qu’ils sont réellement car toujours perdus dans des émotions conflictuelles.

Comme il l’exprime si bien lui-même : « La poésie, parce qu’elle exprime une saisie intuitive, spontanée, par-delà la structe réflexion, de la réalité plénière, peut participer, un peu, à un apaisement du monde. »

  • L’affolement des courbes, poésie

Marc Tison

La Chienne Edith, 2020, 117 pages

  • Arsenal des eaux, poésie

Gérard Le Goff

Encres vives, 2020, 16 pages A4

  • Avec Lucian BlagaPoète de l’autre mémoire

Luminitza C. Tigirlas

Editions du Cygne, 2019, 108 pages

Le dire fait-il le sacré ? Ce questionnement révèle l’oeuvre poétique, théatrale et philosophique de Lucian Blaga (1895-1961) par le sacrifice de l’amour au nom du mystère de la création. Son poème dramatique « Manole, Maître Bâtisseur » réinsuffle la complainte de l’Auteur Anonyme. Dans la ballade roumaine, le Maître Manole emmure son amoureuse pour faire durer le monastère qu’il construit et qui autrement s’effondre. Par-delà Lucian Blaga, à travers d’autres lectures de la littérature universelle, le sacrifice touche à une perception et à une rencontre intime de l’auteur avec le sujet de l’emmurement mythique et totalitaire dans le silence du sacré.

  • L’Avenue, la Kasbah, roman

Daniel Soil

M.E.O., 2019, 159 pages

L’Avenue, c’est la grande artère qui traverse Tunis, de la mer à la médina. C’est là que, de tout temps, se sont retrouvés les gens en colère.

La Kasbah, c’est la vaste esplanade au centre des Ministères, qui a remplacé un quartier populaire jugé trop vétuste par les autorités : il ne donnait pas une image assez valorisante d’un pays si neuf, si fier de son indépendance. C’est entre ces deux lieux emblématiques que s’est joué le bouleversement de janvier 2011, dont Daniel Soil a été le témoin. Il y a été, avant, pendant et après, ébahi par l’audace des révoltés de ce premier « Printemps arabe », fou de sympathie envers ces Tunisiens mêlés, jeunes et vieux, urbains et campagnards. Le romancier n’a pas eu de peine à y faire naître un amour, révolutionnaire lui aussi à force de se nourrir du mouvement social, de sa beauté, de son inventivité.

« Comme cela se produit quelquefois, c’est le regard d’un étranger de passage, tombé amoureux du pays et de ses habitants, qui va dire le premier que la révolution, suprême transgression de l’ordre social, réintroduit l’amour, le possible et l’improbable, avec la poésie qui remplit le cœur de ceux qui se battent pour changer la vie. »

Gilbert Naccache, extrait de la préface

  • Ce jour qui saigne et autres textes, poèmes

Stella Vinitchi Radulescu

Editions du Cygne, 2019, 92 pages

La langue est mouvant avec grande agilité parmi les intervalles qu’elle crée sans cesse comme autant de dires de l’in-dit, de nommer de l’innommé. Cette écriture permet une incursion plus grande dans les profondeurs des sens telle une aisthésis de la relation corps-nature depuis laquelle l’auteur exprime une sensualité dans son rapport au verbe.

Philippe Tancelin 

  • Ces trous dans ma vie, récit

Isabelle Fable

Préface de Gabriel Ringlet

M.E.O., 2019, 203 pages

Perdre des êtres essentiels, et continuer à vivre, sans eux.

Jeter des ponts de mots par-dessus la douleur, pour les retrouver. La mort nous les arrache mais, paradoxalement, nous les fait intégrer au plus profond de nous, où ils vivent une suite de vie, à travers nous, absents pour toujours, présents pour toujours.

Ce livre est une main tendu vers eux, une porte entrouverte vers l’ailleurs où ils sont désormais, sans matière, légers, à nous attendre…

« Isabelle Fable nous écrit du fond de la nuit en demandant à son écriture de jeter un pont vers celles et ceux qui acceptent de s’enfoncer avec elle dans ce récit bouleversant. Un pont de mots sur lequel on progresse en tremblant. Mais je vous invite à l’emprunter. Même si vous avez le vertige. Et vous l’ouvrez à certains moments… Avances quand même, car l’auteure vous tient la main avec délicatesse, en vous offrant le soutien d’une parole poétique qui aide à traverser »

Gabriel Ringlet, extrait de la préface

  • La chaumière anglaise, poèmes (1980-2010)

Ruth Fainlight

traduits de l’anglais par Michèle Duclos

Alibades, 2019, 47 pages

  • Chemins de soi, poèmes

Miloud Keddar

Flammes Vives, 2019, 73 pages

Une idée traverse « Chemins de soi » : deux mondes, celui du jour et celui de la nuit. Chaque poème de Miloud Keddar semble un chemin de méditation. Comme si on voyait la méditation avancer mot après mot, la pensée se faire : il mûrit sa pensée pas à pas. L’auteur dit « Ecrire, c’est mélanger des cartes, jeter des dés. Les cartes seront retournées ». Il dit aussi : « Etre poète, c’est avoir une corde cassée et être sensible ». Yves Bonnefoy dira, à propos de « La note si » : « Je fais mienne bien volontiers votre musique ». Miloud Keddar, en homme du désert, connaît ces mirages qui remettent en cause la suite du chemin, aussi quand il écrit que « le ciel s’éloigne pour l’oiseau », c’est comme pour l’homme le terrain de la connaissance. Plus il s’avance, plus s’éloigne le point d’arrivée. Toutes les certitudes se diluent dans un mirage…

Un recueil admirable, un hymne… Une forme de lumière…

  • Corrosion, poèmes

Mireille Disdero

Editions La Boucherie littéraire, 2019, np

Usure de l’amour qui rouille à la saison des pluies, quand l’humidité moisit l’éclat de celui qu’on aimait. Quand le regard régurgite des images avariées.

Sous l’effet de la corroson, le couple se délite.

  • Exil sous un tonnerre / Exil sub un tunet, poèmes en français et en roumain

Martine Biard

Illustrations de Nicolas Galtier

Traduction d’Angela Nache-Mamier

Edilivre, 2016, 216 pages

  • Ici à nous perdre, poèmes

Luminitza C. Tigirlas

éditions du Cygne, 2019, 69 pages

Ici à nous perdre s’écri(e)t et se donne à lire d’un seul souffle : Le mot n’y est plus en extase de fuite. Ici est bouche qui hurle / aphone / sans esquiver / le halètement de la moribonde, c’est une toupie du visible et sa pointe tourne comme s’il y avait urgence à refixer l’univers du poème – la vie même, car Ici est resté en dehors de l’Amie disparue. Dans l’après Ici, seul l’amour n’est pas à perdre, il pénètre l’invisible, il traverse la nuit du long adieu où la paume de celle qui doit respirer sa nouvelle solitude est trop chaude…

  • Je ne suis pas ce corps, poèmes

Verónica González Arredondo

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Elise Person

Prix national de Poésie Ramón López Velardeen 2014

éditions RAZ, 2018, 91 pages, 12€

  • Là où le soleil ne brûle pas, roman

Jacinthe Mazzocchetti

Académia-L’Harmattan, 2019, 138 pages

« Le vent qui craquèle la peau, qui avale les larmes. L’infini des paysages de sable qui rend fou. Son sac sur le dos, ses baskets neuves, ils e revoit monter dans le bus qui le mènerait de Bamako à Niamey. Premiers paysages de frontières. »

C’est l’histoire d’Abdou, Marie, Tarik et Ramatou, en fuites, en espoirs, en rêves. Des vies ordinaires ou presque. Des vies chamboulées au gré des vagues, au gré du vent. Aux prises avec les mêmes peurs, les mêmes espérances.

  • La lumière d’hiver, poèmes

Lucien Blaga

Eirès, collection Po&Psy, 2019, 83 pages, 12€

Anthologie composée et traduite par Andreea-Maria Lemnaru-Carrez

Pastels de Sophie Curtil

Lucien Blaga (1895-1961) est un poète et philosophe roumain majeur, qui accorde une place fondamentale à l’enracinement et à la transcendance mythologique.

Ecrivant dans une langue archaïque, proche des incantations et des conjurations populaires de la tradition orale, ce poète attaché à sa Transylvanie natale connaît intimement l’esprit chtonien des campagnes. Dans ses vers, le chemin silencieux des pierres côtoie l’absence cruelle d’un dieu voilé. Pour Blaga, le taureau, « lumière né de la lumière », qui accueille chaque matin le soleil entre ses cornes, est le « Dieu véritable ». Mort et renaissance se succèdent : les cercueils « laissent s’envoler vers le ciel d’innombrables alouettes », « les bourgeons et l’herbe » poussent aussi vite « que les ongles et les cheveux des morts ». L’être marche aux côtés du non-être.

Entre expressionnisme et néoromantisme, l’oeuvre poétique de Lucian Blaga exprime une mystique de la terre qui se dit en mots de l’esprit.

  • Matière ardente, poèmes

Jacqueline Saint-Jean

avec 6 compositions originales de Henri Tramoy

Les Solicendristes, 2019, 58 pages

  • Miss Patchouli, roman

Tania Neuman-Ova

M.E.O.,2019, 154 pages

La famille de Lilou et Richard est en pleine tourmente. Alana, une de leurs filles, vit une crise d’adolescence cataclysmique. Lilou se sent perdue. Cherchant à comprendre, elle fouille son propre passé d’éternelle rebelle assoiffée de liberté, surnommée dans son enfance Miss Patchouli, qui a bien souvent frôlé les limites, mais est parvenue à ne jamais les franchir. Alors, pour queles raisons Alana perd-elle tout contrôle ?

Le récit se développe sur deux plans, les souvenirs faisant écho à la situation actuelle, de plus en plus pénible à gérer au fur et à mesure qu’en émergent les causes.

  • La note verte, « carnet de baguenaude »

Gérard Le Goff

Encres vives, 2019, 16 pages A5

  • La noyée d’Onagawa, poésie

Marilyne Bertoncini

Jacques André éditeur, 2020, 51 page

elle me manque énormément

La femme de Yasuo Takamatsy a disparu, emportée par le tsunami qui détruisit Fukushima. Yasuo prend des cours de plongée sous-marine pour la retrouver.

Ne souriez pas : depuis qu’Orphée descendit aux Enfers à la recherche de son Eurydice, nous avons appris à reconnaître l’universalité de certaines drames intimes.

La noyée d’Onagowa nous fait voir, avec toute la densité et la délicatesse du poème, l’enchaînement des événements terrifiants qui bouleversèrent le Japon en 2011. On y voit d’abord le printemps naissant, délicat et ténu comme un haïku, ensuite la stupeur devant l’immensité de cette vague qui se précipite vers la femmes : puis on erre parmi les décombres avec Yasuo, et on a le cœur qui se serre en le voyant prendre la décision d’aller la chercher. Ce n’est ni sensationnel ni voyeuriste : quand vous lisez ce texte, vous accompagnez le mari, votre main est sur son épaule, et vous imaginez les flots ondulants et tourbillonnants qui emportent la « noyée d’Onagowa ».

Xavier Bordes

  • Le partage par la musique – Plage musicale en Bangor

Eric Chassefière

Encres vives, 2019, 16 pages A5

  • Les pensées bleues d’André Suarez, essai

Bruno Geneste

Paul Sanda

Sémaph(#)re, 2019, 160 pages

C’est souvent par Le Voyage de Condottière que l’on découvre André Suarez de nos jours, parce que ce livre extraordinaire, un des plus fameux chefs-d’oeuvre immortels de la littérature occidentale, porte en lui toute la vérité de l’écrivain-poète, sa sensibilité tant extrême, son intransigeance à propos de ce qui est médiocre, son abnégation dans sa recherche de la perfection, et son obstination dans l’affirmation de sa liberté propre quoi qu’il advienne dans le monde profane.

  • Plein-air, poèmes nature

Claude Vancour

Bf éditeur, 2016, 148 pages

Dans « Plein-Air, poèmes nature », Claude Vancour a regroupé une large sélection de ses œuvres « nature », écrites au gré de ses séjours –  Alsace, Normandie, de ses voyages – Tchéquie, Slovaquie, Illyrie, côte Atlantique et Adriatique, Vaulry aussi – et de sa mémoire.

  • Poésie de la rue

Brigitte Janssen

Stellamaris, 2019, np

  • Poésie du monde – Anthologie 2020 – Quinze ans de poésie d’ailleurs

Editions du Cygne, 2019, 55 pages

Depuis près de quinze ans, nos collections « Poésie francophone » et « Poésie du monde » veulent rendre hommage aux poètes d’ « ailleurs » écrivant en langue française ou étant traduit en langue française. Ce recueil invite cinquante poètes, et par ricochet dix traducteurs, un poème pour chacun d’eux, représentant la diversité et la qualité des collections.

  • Présence du masque,poèmes

Eric Chassefière

Sémaphore, Collection Arcane, 2018, 88 pages

Ce recueil est une introspection sensible au plus profond du paysage du dedans résolument ouvert à ce dehors, on y recueille les énergies primales les plus enfouies ; lieu des plus sublimes convergences du poète avec le monde, car comme l’écrit Eric Chassefière dans ce recueil : « le voyage lointain nous assemble dans la rumeur d’une chambre que  bat la vague de l’oranger au retour de l’aveu silencieux ».

  • Sidérales, poèmes

Tristan Alleman

Editions Traverse, 2019, 79 pages

Tristan Alleman publie des textes courts, des nouvelles, des « fusées » que l’on peut appeler parfois poèmes, des histoires. Sidérales rassemble des textes écrits dans un espace de vingt-cinq ans, des formes d’amour courtois contemporain, des suppliques, des hommages, des chants, des mélancolies.

Ses textes enchantent pour mieux embrasser ce qui nous permet d’être au monde et de le trouver beau.

Elle a libéré les oiseaux.

La cage est ouverte.

Le ciel est immense.

Il a absorbé les ailes, les gestes, les mouvements.

Le ciel est bleu d’oiseaux.

  • Simples, haïkus, suivis de Par quatre chemins, quatrains

Gérard Le Goff

Encres vives, 2019, 16 pages A5

  • Le souffle du ciel, poèmes

Sonia Elvireanu

L’Harmattan, collection Accent tonique – Poésie, 155 pages

De sa terrible solitue, la poète va tenter de faire « une voie » où retrouver des « traces » de l’Aimé, notamment dans la neige, avec son silence, sa blancheur qui l’associe au vide mais aussi à un réel immatériel. Elle-même y sera « dans l’embrassement du Ciel et de la Terre,/ […] la ligne de l’horizon ». d’où une poésie aux résonances métaphysiques où se mêlent références mythologiques et bibliques.

Béatrice Marchal

Ce recueil réunit les poèmes ayant gagné en 2019 le prix Naji Naaman de créativité au Liban et le prix Monde francophone en France, décerné par l’Académie littéraire et poétique de Provence.

  • Les yeux de Sacha, récit

Karel Pecka

traduit du tchèque par Hana Barraud

Alidabes, 39 avenue de Concise, Les Hermaïs 2, 74200 Thonon-les-Bains, France, 2019, 47 pages

Ce récit fortement autobiographique, où deux amis, réduits pour vivre au pompage de l’eau des marais de Bohême, s’attachent à un chien errant, a tout de la parabole : dans un décor de misère et d’hiver glacial, le chien Sacha, corniaud famélique, est comme l’expression de la douleur et de l’absurdité des destins humains.

Les revues suivantes :

  1. Arpo 86, automne 2019 ; Carmaux, France
  2. Art et poésie de Touraine 239, hiver 2019 ; St-Cyr-sur-Loire, France
  3. Athena, le mag scientifique, 344, novembre-décembre 2019 ; 5100 Jambes
  4. Le bibliothécaire 4/2019, octobre à décembre ; Genappe, Belgique
  5. Bleu d’Encre 42, hiver 2019 ; Dinant, Belgique
  6. Cabaret 31, automne 2019 ; 32, hiver 2019; La Clayette, France
  7. Comme en poésie 80, décembre 2019 ; Hossegor, France
  8. Coup de soleil 106/107, octobre 2.19 ; Annecy, France
  9. Florilège 177, décembre 2019 ; Dijon, France
  10. Le Gletton 522, octobre 2019 ; 523, novembre 2019 ; 524, décembre 2019 ;  Chantemelle, Belgique
  11. Gong 65, octobre-décembre 2019 ; Rillieux-Le-Pape, France
  12. La lettre de Maredsous 48ème année, 3, décembre 2019 ; Yvoir, Belgique
  13. Libelle 316, novembre 2019 ; 317, décembre 2019 ; 318, janvier 2020 ; Paris, France
  14. Nos lettres 32, décembre 2019 ; Bruxelles, Belgique
  15. Poésie sur Seine 101, novembre 2019  ; Saint-Cloud, France
  16. Portique 117, janvier à mars 2020 ; Puyméras, France
  17. Reflets Wallonie-Bruxelles 62, octobre à décembre 2019 ; Bruxelles, Belgique
  18. Rose des temps ; Paris, France
  19. Science connection 61, octobre-novembre2019 ; Bruxelles, Belgique
  20. Traction-Brabant 86, décembre 2019 ; Montigny-les-Metz, France
  21. Verso 178, septembre 2019 ; Commelle, France
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