Tous les articles classés dans : Chroniques de Patrice BRENO

Francis Denis, Jardin(s), suivi de La femme trouée, La Route de la Soie, 2020, 159 pages.

Une chronique de Patrice Breno Francis Denis, Jardin(s), suivi de La femme trouée, La Route de la Soie, 2020, 159 pages. http://www.laroutedelasoie-editions.com Les jardins de Francis Denis ouvrent sur des jardins intérieurs, où le noir côtoie la monotonie et solitude de la vie, que chacun voudrait rompre, ne fut-ce qu’en passant à l’acte, comme ici notre héros, René. Ce dernier aménage son jardin et a une idée lumineuse : il veut construire une piscine verticale, et il réalise son souhait. Les voisins et les enfants des voisins sont invités à profiter de ce havre de confort et ils en usent et abusent volontiers. Mais toute réalisation a un coût et voilà que l’entrepreneur, véreux en soi, vient réclamer ses honoraires. Celui-ci disparaît et René n’y est pas étranger, ce qui – si au départ – ne lui procure aucun remords, finit par le bousculer dans ses principes, depuis qu’il est tombé amoureux de Clotilde, une enseignante. Cet amour est réciproque ! Ce roman est mené tambour battant et se lit comme un thriller. Il est décliné comme …

Daniel Charneux, À propos de Pre, roman, Éditons M.E.O.

Une chronique de Patrice Breno Daniel Charneux nous met en nage du début à la fin avec ce superbe roman, où la volonté d’aller plus loin, plus vite et l’amitié sans détours sont les thèmes-phares de cet opus. Pete Miller veut rendre hommage à son ami Steve Prefontaine, dit « Pre ». Plus de 40 ans après, il veut se souvenir de ce qu’était Pre, champion mondial de la course à pied ; il a côtoyé les grands, comme Puttemans ou Viren. Il faut avoir couru, comme je l’ai fait moi-même à un niveau amateur, entendons-nous, pour comprendre l’adrénaline qui nous pousse à vouloir davantage, dépasser celui qui était trop souvent devant soi, battre son propre chrono, savoir souffrir… Pete, sous forme de journal, raconte l’aventure sportive de son ami Pre, avec qui il courait dans les années 1970. Des années 50 à nos jours, sur fond d’histoire américaine, nous suivons une véritable épopée sportive. En parallèle, avec quelques amis, le narrateur nous relate une course-relais « Hood to coast relay », qui compte 1050 équipes de 12 coureurs, soit …

Dominique Zachary, Les frémissements du silence, roman thérapeutique, éditions Kiwi France, 2020, 283 pages.

Une chronique de Patrice Breno Dominique Zachary, Les frémissements du silence, roman thérapeutique, éditions Kiwi, 5, rue de Charonne, 75011 Paris, France, 2020, 283 pages. Préface de David Le Breton. Dominique Zachary, journaliste et chroniqueur régional et judiciaire à l’Avenir du Luxembourg, essayiste, conteur, historien et romancier, a une panoplie de cordes à son arc d’écrivain. Chacune de ses publications est une découverte, tant il se révèle un passionné : l’histoire (La patrouille des enfants juifs, Racine, 2005 et 2012 ; Marie-Antoinette, La fuite en Belgique, Racine, 2001 ; Madeleine Ozeray, Racine, 2008), le conte (Le trou des fées, Memor, 1988, Weyrich, 2009) ; le roman (La traîtresse, Michalon, 2013)… ainsi que d’innombrables articles très pointus. Revenons à son deuxième roman, publié en début d’année, juste avant le confinement : « Les frémissements du silence », publié aux éditions Kiwi. Les éditions Kiwi (www.editionskiwi.fr), dont le siège est à Paris, proposent des livres de développement personnel, ainsi que des ouvrages sociologiques et ludiques. Françoise, infirmière aux soins palliatifs « croisait la mort et l’inéluctable plusieurs fois par semaine », où « le patient prend irrémédiablement …

Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages

une chronique de Patrice Breno Anna Ayanoglou, Le fil des traversées, poèmes, Gallimard, 2019, 97 pages « Pourquoi construire, même / quand on peut vivre et se guider / aux battements que l’ailleurs a précipités ? » « Le fil des traversées est divisé en trois grands chapitres, initiés par un « Prologue » et terminés par un « Fugitif épilogue ». Les chapitres sont reliés entre eux par un « Intermède », comme une respiration, une escale, une passerelle, un passage d’un lieu à un autre, d’un thème à un autre… Anna Ayanoglou, dans cette suite de poèmes qui est en soi un long poème à lui seul, relate ses années passées dans les pays baltes. Plutôt que de tourisme, nous parlerions d’errances dans ces pays froids qui ont encore des relents du communisme stalinien. Dans les villes que l’auteure parcourt, de Vilnius à Valga/Valka, en passant par Riga, certains bâtiments « suinte[nt] l’autorité ». Rien de tel que le poème pour mettre des mots sur des sentiments, sur des sensations. Pas besoin de longues phrases pour ressentir en même temps la nostalgie et le rejet …

Stella Vinitchi Radulescu, Ce jour qui saigne et autres textes, Editions du Cygne.

Une chronique de Patrice Breno Stella Vinitchi Radulescu, Ce jour qui saigne et autres textes, Editions du Cygne. L’auteure, d’origine roumaine, vit aux U.S.A. Son écriture, fluide, est axée principalement sur l’ouverture à la vie, au jour par opposition à la nuit. Les vers très courts sont jetés sur la page comme des traces d’espérance, sortes de bouées de sauvetage de l’âme. Stella Vinitchi Radulescu nous offre par ce recueil tant d’espoir, tant de lumière que ses mots peuvent nous aider à combattre contre la nuit (l’absence de l’autre) et le vide (la solitude même si nous sommes entourés) qui nous assaillent si souvent, sortes de tremplins vers un ailleurs salutaire et salvateur. « Ta soif / de feu et de lumière / quand dans le monde il fait encore / nuit ».  C’est une révolte, un combat permanent et incessant qu’elle nous offre en ces pages auréolées : « bouge / et tout est dit ». Stella dit l’amour, la vie, le désir, la mort aussi « pour qu’un nouveau jour commence ». Elle aime aussi le silence, le refue, les …