Tous les articles classés dans : Rentrée littéraire septembre 2013

Les évaporés – Thomas B.Reverdy – Flammarion (303 pages – 19€)

Les évaporés – Thomas B.Reverdy – Flammarion (303 pages – 19€) Yukiko est une jeune japonaise qui vit à San Francisco depuis 10 ans. Prévenue par sa mère que son père a disparu, elle demande à Richard, son ex-petit, ami détective privé, de l’accompagner au Japon pour le retrouver. On découvre ce récit à travers quatre personnages : Kaze, le père qui a choisi de « s’évaporer », c’est à dire de disparaître sans laisser de trace, après avoir été mis sur la touche par son employeur. Yukiko, sa fille, qui va retrouver peu à peu ses racines. Richard, qui espère par ce voyage reconquérir Yukiko qu’il aime toujours. Et Akainu, jeune garçon, seul au monde, qui zone dans les rues de Tokyo pour subsister après avoir quitté sa ville à la suite du tsunami. Ces personnages évoluent dans un Japon éloigné des clichés touristiques. On est confronté avec les bas-fonds de la misère, les camps de réfugiés, les chantiers de déblaiement autour de Fukushima. Thomas B.Reverdy signe un roman étrange et passionnant, à la fois thriller, roman …

Dominique Noguez Une année qui commence bien – récit – Flammarion

RENTREE LITTERAIRE   Dominique Noguez Une année qui commence bien – récit – Flammarion (384 pages – 20€) Dans ce récit confession, Dominique Noguez ne compte pas seulement les heures heureuses. Si l’auteur se décrit comme timide, enfant, ici il se livre sans ambages. Toutefois il a beaucoup tergiversé avant de combler son « retard de sincérité ». Il craignait de raviver de vieilles plaies, n’ayant pas le goût pour l’exhibitionnisme. Colette, son amie libraire l’encouragea à « s’alléger du poids du secret ». Son « précieux journal », qu’il considère comme « un rival » ou « un guide », lui a permis de ressusciter des moments plus flous dans sa mémoire, 15 ans après. Il peut en exhumer des faits, comme « les crans d’une crémaillère qui empêchent la retombée dans l’oubli ». Qu’en est-il de Cette année (1994) qui commence bien?   L’auteur évoque ses nombreuses conquêtes( « Je couchottai ») jusqu’à son coup de foudre pour Cyril qui deviendra « la grande affaire de sa vie ».Il revient sur cette rencontre déterminante, lors d’un colloque, en 1993. Il succombe devant ce visage angélique, « sa beauté, son sourire, …

Arnaud Cathrine – Je ne retrouve personne – éditions verticales (227 pages – 17,90€).

RENTREE LITTERAIRE SEPTEMBRE 2013 Arnaud Cathrine – Je ne retrouve personne – éditions verticales (227 pages – 17,90€). Arnaud Cathrine nous ouvre les portes de cette maison familiale sise à Villerville, sur la côte normande, comme celle de Bénerville pour Sweet home. Les lieux ne sont-ils pas notre mémoire, comme la photographie de la couverture ? Dans ce récit construit comme un journal, Aurélien fait défiler son passé, ses amitiés, sa liaison amoureuse. Son autoportrait s’esquisse en filigrane. Seul dans cette villa, qui a subi les outrages du temps, le narrateur s’égare dans les limbes de sa mémoire. Il convoque des souvenirs éparpillés, qui affluent comme un boomerang. Mais ceux qui dominent ne sont pas les meilleurs. Il revisite son parcours professionnel et le compare à celui de son frère Cyrille ou d’Hervé (son pire ennemi au collège), l’agent immobilier, marié, qui a réussi. On apprend qu’Aurélien a été missionné par sa famille pour assurer les visites avec l’agent immobilier, la décision étant prise de vendre ce bien, de plus en plus délaissé. En particulier par …

Jean-Philippe Blondel, Double jeu, Actes Sud Junior (135 pages, 11€).

RENTREE LITTERAIRE SEPTEMBRE 2013 Jean-Philippe Blondel, Double jeu, Actes Sud Junior (135 pages, 11€). Jean-Philippe Blondel a puisé dans son terreau professionnel pour mettre en scène cet adolescent largué dont il va décortiquer le parcours. Il explore le mal être de Quentin et soulève la question suivante : Peut-on rebondir quand on se retrouve parachuté dans un nouvel établissement, en terre inconnue ? Quentin, lui même, nous relate son immersion parmi des lycéens au milieu social aisé. Avec recul et lucidité, il détaille ses dérapages, ses amitiés avec Dylan et ses fréquentations peu recommandables. Jusqu’alors, la vraie vie se résumait pour lui à sortir avec Dylan, fumer et boire de la bière. Décidé à se racheter une conduite, il s’est imposé « un contrat moral ». Il revendique son statut « d’électron libre » et doit donc veiller à ne pas faire de vagues. Son intégration au sein de sa classe s’avère difficile. Se voyant ostracisé, Quentin manifestera l’envie de tout plaquer, de partir. L’auteur crée du suspense. Partira-t- il ou non ? Le destin du narrateur va basculer quand il croise …

Amélie Nothomb, La nostalgie heureuse, roman, Albin Michel (152 pages – 16,50€).

  RENTREE LITTERAIRE SEPTEMBRE 2013     Amélie Nothomb, La nostalgie heureuse, roman, Albin Michel (152 pages – 16,50€). Si Dany Laferrière se dit « écrivain japonais », c’est bien une écrivaine belge qui nous embarque au pays du soleil levant, le seul à la subjuguer. Ce voyage pèlerinage, Amélie Nothomb l’effectua en 2012, soit 16 ans après son dernier séjour au Japon, avec une équipe chargée de réaliser un documentaire. C’est au comptoir de ses souvenirs que la romancière nous convie dans La nostalgie heureuse. Cet oxymore serait-il le même viatique que celui de Claire Fourier qui dans son journal ne compte que les heures heureuses ? Amélie Nothomb commence par confier la genèse du voyage, les déboires auxquelles elle fut confrontée, rendre compte des contacts pris. Occasion pour brocarder les renseignements internationaux et de livrer des scènes hilarantes ainsi qu’une attendrissante conversation téléphonique avec sa nounou qui tourne au quiproquo. Amélie Nothomb, nippone dans l’âme et le cœur, n’avait pas rompu son idylle avec le Japon bien qu’avec Stupeur et tremblements elle aurait pu être considérée …