Éric Chassefière, Alors seulement s’ouvre la nuit, préface de Paul Sanda, La rumeur libre Éditions, 154 pages, 20€.
Une chronique de Lieven Callant
Éric Chassefière, Alors seulement s’ouvre la nuit, préface de Paul Sanda, La rumeur libre Éditions, 154 pages, 20€.
À lire ces poèmes d’Éric Chassefière, je sens l’absolue nécessité pour l’auteur de les écrire mais aussi de les donner à lire. Si la nuit s’ouvre, c’est seulement parce qu’on a pu les écrire, ces poèmes. Leur trame est faite de fils de lumières, de toutes les lumières. Celle qui fait naître de multiples fois l’univers depuis une obscurité absolue, celle qui conquière tous les espaces et nous exhorte à mesurer le temps en suivant les chemins qu’elle parcourt, celle toute petite de l’espoir au fond d’un coeur sensible, celle qui découpe avec minutie les ombres du feuillage, magnifie le jardin, un paysage, un visage. Celle qui accompagne le poète dans ses quêtes nocturnes des mots tout en éclairant la page, la main et l’encre qui s’incruste dans le papier.
L’exploration du poète se tourne aussi vers les lisières comme le peintre se confronte au cadre du tableau: une fenêtre sur le monde, une fenêtre vers l’extérieur, vers le jardin.
« Il n’est en ce coeur du monde
d’autre chemin que la lisière » P43
Si on choisit ce que l’on regarde, observe et montre volontiers, on choisit aussi ce qui reste dans l’ombre, qu’on ne montre pas. Écrire c’est poser ce choix, dessiner des contours, ne point ignorer l’obscurité, sa masse lourde de souvenirs, de peurs, de silences qu’aucun mot n’accompagnera vers la lumière. Éric Chassefière choisit d’aborder la vie non par sa masse brute et brutale mais par ses contours. Il observe cette zone indéfinissable qui marque à la fois la fin et le début des choses. Écrire est un long cheminement même s’il ressemble parfois à celui de Sisyphe et n’être qu’un éternel recommencement.
« Paysage tel jardin d’un temple
où l’on entre par une porte dérobée
en sorte que la beauté nait de l’éblouissement
l’illusion de profondeur de la minceur du seuil » P49
Grâce au poème, le monde devient poreux.
Pour écrire, Éric Chassefière a besoin de lumière, de voir, de regarder, d’observer avec minutie son jardin intérieur mais aussi le jardin comme miroir de la vie, de la nature, de l’autre. Il a besoin de sentir, de laisser la lumière lui traverser les paupières et l’emplir de chaleur. Contempler pour mieux comprendre, comprendre pour faire corps. Le poème acquière ainsi une matérialité, l’assemblage de mots, de signes fait sens.
« Se parler à travers la nuit
à travers tout ce qu’on n’entend pas des mots
Aimer que la lampe n’éclaire qu’à peine
que l’encre ne se fixe qu’à peine sur le papier. » P19
Page 20, j’apprends déjà que le poème est « Jardin dans un silence blanc (…) le jardin trace la pénombre de la pensée » Le but du poème et là s’explique aussi un peu le titre de l’ouvrage est d’ « Ouvrir sur rien que la lumière/ la porte de son désir d’instant. (…) / Ici c’est une autre lumière mille chemins miroitant au vent/ il faut se faire ombre pour sentir le vent/ que ce soit la lumière qui nous pense. » P21 Le poème éclaire le millefeuille de la vie.
Si le désir d’embrasser la vie par le poème comme on désire embrasser l’être qu’on aime, sans déception on se rend compte que ce désir absolu de faire corps avec l’autre rencontre une limite bien claire. Cette quête induite par le désir ne peut obtenir satisfaction complète au risque de détruire ce que le poème tente d’établir finement.
« On se tient là dans le soir au bord du monde
les touffes d’oyat sur la dune sont ultime volupté. » P28
« Il faut écrire avec le corps » P29
Pour Éric Chassefière, il n’est jamais question de perdre pieds mais bien au contraire de s’ancrer dans la vie, la réalité et sa vérité grâce au travail lent et construit de l’écriture.
« L’humain n’est que dans la phrase
ce qui va du silence à la voix.
S’ouvrir à soi est condition du jour
ce sont mots choisissant les mots. » P29
« Écrire chercher à habiter
vivre de devenir
devenir soi-même et autre,
Écrire pour rejoindre » P35
« Tu n’écris que pour aimer » P36
« L’encre est tendresse de la page.
Écrivant on délie le corps
on le fait jardin
libre dessin d’un temps à accueillir. P39
« La lampe, la page
le plaisir physique d’écrire » (..)
que le poème soit premier jardin. » P115
Éric Chassefière est un explorateur de la lumière, de l’ombre, des lisières. Sa poésie s’inscrit au coeur de l’existence, écrire est impératif. Le poème s’installe aux frontières intangibles de la lumière et de l’ombre. Quand la nuit tombe, l’écrivain s’installe à sa table de travail qu’éclaire la lueur d’une lampe. Jour et nuit se frôlent, obscurité et lumière se parlent du bout des lèvres.
©Lieven Callant
l’Ami Terrien, Harmonies sauvages, Amay, Abrapalabra, 2026.
Une chronique de Pierre Schroven
l’Ami Terrien, Harmonies sauvages, Amay, Abrapalabra, 2026
Amoureux de la musicalité des mots, François Laurent, dit l’Ami Terrien, est un artiste polymorphe qui « joue de la langue depuis 2007 sur les scènes slam francophones » ; en outre, il est également formateur, animateur et coordinateur, à la maison de la poésie d’Amay, des activités du Centre d’Expression et de Créativité Plume et Pinceau. C’est dire si le poète a le sens du partage, de l’échange et de la transmission chevillé au corps. Fasciné par toutes les potentialités qu’offrent la poésie orale, l’auteur partage ici des poèmes, des jeux techniques, des chansons, des analyses poétiques et des réflexions personnelles, susceptibles de nous montrer, les couleurs que prend la langue quand elle se fait musique. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce livre n’est en rien un manifeste destiné à nous faire « la leçon » sur notre manière d’écrire et de dire. En effet, le poète nous met simplement ici en présence d’une « petite musique de mots », qui laisse certes peu de prises aux commentateurs, mais n’en dégage pas moins, une forme de beauté qui nous élève parce qu’elle ne s’explique pas.
Ainsi, pour l’Ami Terrien, la poésie est moins un art littéraire qu’un enthousiasme, une parole aimante, un cri du cœur, une folie douce, un rythme voire un moyen de s’opposer à tout ce qui salit la vie. Ici, les mots semblent traversés par une forme de transe et par un souffle (changer de souffle, c’est changer de pensée/proverbe indien) susceptibles de nous faire vivre le monde à une autre échelle, de devenir autre et de retrouver l’enfance, ce moment où le regard n’était pas encore perturbé par le besoin de juger, comparer, identifier.
À travers ce livre, le poète partage avec nous son pur plaisir de dire, d’écrire, de « rendre grâce » à tout être et à toute chose ; mieux, à travers ce livre, le poète vient nous dire, « en chantant », que si les mots peuvent blesser, ils peuvent aussi guérir, transcender notre exil intérieur et faire rebattre le cœur.
Une mare et par-dessus les libellules moirées se chassent. Têtards et crapauds se glissent, l’orvet hâlé paresse. L’eau reflète l’incendie, sans fin, de l’émeraude. Les oiseaux traquent l’anguille, puissante pescale aux aguets. Un ballet d’argent dérive et s’en va, des alevins. Les joncs s’allongent dans le vent. Le pré attend la fin du jour. Le pêcheur passe calmement. À son hameçon brille un horizon de rose.
©Pierre Schroven
Anne-Marielle Wilwerth, La haute couture de l’infime, illustrations de Marc Bergère, Waulsort : Bleu d’Encre Editions, 2025.
Une chronique de Pierre Schroven
Anne-Marielle Wilwerth, La haute couture de l’infime, illustrations de Marc Bergère, Waulsort : Bleu d’Encre Editions, 2025.
À l’écoute de ce qui l’entoure, réceptive à la beauté du monde, à ses grâces et à ses dons, Anne-Marielle Wilwerth tente ici de capter les étincelles du vivant, d’interroger ce que d’habitude notre attention néglige, d’approcher ce qui n’a pas de visage.
Alignons nos altitudes
pour sublimer
l’ici
en ce qui se vit
C’est que le réel est autre, changeant, multiple, irréductible aux savoirs constitués et aux dogmatismes en tous genres ; c’est que le monde dans sa forme donnée n’est pas le seul monde possible ; c’est que la vie est transitoire, n’a pas de réalité permanente et que rien n’existe tel que nous le pensons. Partant de là, l’auteure tente ici d’interroger l’indicible, d’approcher l’invisible réalité sensible, de déjouer les faux-semblants et en définitive, de renouer des liens avec le réel fulgurant.
Ce qui scintille
entre les êtres
ne brise le silence
que pour occuper le bleu
On est ici en présence d’une poésie qui évoque le mystère et l’essence secrète des choses ; on est ici en présence d’une poésie qui porte en elle l’impossibilité du langage à approcher le monde dans sa réalité ; on est ici, enfin, en présence d’une poésie qui fait l’éloge de la lenteur, de l’infime et d’une forme de silence, qui n’est pas vécu comme l’absence de bruit, mais comme écoute attentive, sensibilité, ouverture à tous les mouvements du cœur et du corps.
Jamais la pluie
ne parle ni du passé
ni de l’avenir
Seul notre esprit baptise
ses invisibles
Bref, à travers ce beau livre rehaussé des magnifiques illustrations de Marc Bergère, Anne-Marielle Wilwerth n’a de cesse de traduire la subtilité et l’intensité du présent, de mettre au jour la part d’inconnu qu’il y a dans le monde et plus encore en nous voire de remettre la beauté et la lumière au centre de notre être.
Lorsque l’on souffle les bougies
du doute
on fait remonter la lumière
des abîmes
©Pierre Schroven
Jacques ANCET, Une phrase interrompue, et Vincent BIOULÈS, Peintures, Méridianes, 24 pages, 2026, 18€.
Une chronique de Marc Wetzel
Jacques ANCET, Une phrase interrompue, et Vincent BIOULÈS, Peintures, Méridianes, 24 pages, 2026, 18€
« Une phrase interrompue » est une ode funèbre au poète Bernard Noël (mort, à 90 ans, en 2021), écrite par Jacques Ancet (lui-même poète, et proche du premier par la vie et par l’esprit), et illustrée par Vincent Bioulès. « La vie est une phrase interrompue » dit, sobrement, l’épigraphe de Victor Hugo qui ouvre le livre. Et en effet : puisque « interrompre », c’est rompre une continuation, empêcher la poursuite d’un processus en cours, sa mort coupe la parole d’une vie (en même temps qu’elle suspend à jamais son travail et son sentiment d’elle-même). Mourir, c’est s’arrêter d’être, et l' »interrupteur » ici ne bloque pas seulement le passage d’un courant, il signe bien la fin du circuit même.
Jacques Ancet, poète discret et résolu, y raconte ici (en neuf solennelles strophes de neuf longs vers), de l’intérieur, le monde poétique de Bernard Noël, comme reprenant directement ses thèmes, son ton, le sérieux de ses obsessions, sa phobie de la simple fantaisie lettrée (= de la surréalité gratuite). Ancet ne fait pas « revivre » Bernard Noël – ce serait aussi absurde que l’y faire remourir -, mais il propose, avec une étonnante fidélité, une version posthume (donc plaintive et synthétique à la fois) des exclamations usuelles et notations caractéristiques de Noël. On ne sait plus qui commente qui ici, tant – malgré un lyrisme plus suivi et humble chez Ancet, des accès de présence plus cinglants et martelés chez l’autre – leur confidentiel rendez-vous est écho parfait.
Qu’on compare (qu’on confronte de l’œil et du coeur) par exemple quelques extraits de Bernard Noël (tirés de La Chute des temps) à la première strophe de Jacques Ancet, citée in extenso.
Noël, donc, en trois de ses notations caractéristiques (sur le désir, la voix, la mort, la fumée du sens, le ciel, la page, l’organisme etc.) :
« les mots sont la fumée invisible
du désir
elle monte d’autant plus haut
qu’il y a
des tombes dans ta bouche » (p.198)
« tu parles dans ma bouche
tu mets ma langue
mon ombre erre
dans ma vie
la page
l’épaule des rêveuses » (p.210)
« l’œil vient sur la langue
il voit dans la salive
la baignade des morts » (p. 212)
Et voici donc ce qu’en « comprend » (recueille et discerne) Jacques Ancet :
« il s’est éteint dit-elle le ciel tombe la lumière brûle à peine
comment trouver la phrase qui emporte les doigts posés
le drap la bouche ouverte pleine d’une fumée de mots
évaporés au bord du mystère qu’il est à présent devenu
au bord de ce qui n’a plus de nom et lequel lui donner
et quelles images invoquer une silhouette peut-être dans la brume
visage arrêté dans l’instant qui le garde sourire un peu triste
voix lente bruit d’une page tournée sur la phrase arrêtée
une lueur tremble entre les syllabes dit-elle un éclat d’os » (p.5)
À ceci près que chez Bernard Noël presque tout pourrait être aphorismes, tirs d’haleine, glaires articulées (comme : « tout parle/ sauf l’être », « à quoi sert la pensée/ le fouet d’orties », « le souvenir/ cet os de la mémoire », « sueur/ le sens perdu/ comme une main/ qui remuerait du vent », « tout le réel est/ de seconde main/ seul l’absolu est impénétrable » etc.), alors qu’est comme digérée chez Ancet cette saccadée carte de formules partout brandie chez Noël, est assimilée et transfigurée ici la sorte de salve d’interruptions ou de sac d’éclairs qu’on lit chez celui-ci. Voici Jacques Ancet, donc, résumant la manière dont l’écriture de Noël pensait :
» … que cherchait-il il fuyait le visible il creusait
les syllabes pour y trouver l’à vif de cet instant
où tout s’évaporait éclair qui n’était plus du sens
mais le monde peut-être dans la lumière soudaine
mais qu’éclairait-elle d’autre que sa disparition » (p.17)
Un qui n’a jamais « fui le visible » (même à sa première époque picturale de non-figuration, il ne célébrait et sanctifiait que lui), c’est, bien sûr, Vincent Bioulès (né en 1938). « Regardez un peintre au travail », écrivait tranquillement Bernard Noël, « le visible sort de sa main » (Journal du regard, p.75). Voilà Bioulès. Bien sûr, la foi les sépare : là où Bioulès fonde sa liberté même de créer dans sa confiance en l’Amour créateur de Dieu, Noël voit, avec sa lucidité drôlatique, dans l’amour le simple « côté beurré/ de la condition » ! Mais, pour les deux, la joie nous tombe dessus, comme une ardeur de vie tombe sur les vies. Et Bioulès aussi est d’âme infatigable. Comme Noël disait : « On n’en vivra jamais assez » (La Chute des temps, p.24) Bioulès écrit (dans son extraordinaire Journal) : « Il faut toujours construire » (p.412). J’ignore ce que Bernard Noël et Vincent Bioulès ont su et vu l’un de l’autre, mais trois choses les rapprochent : leur courage spirituel (les deux, dans leur art respectif, s’approchent de comprendre ce qu’on ne peut pas vouloir comprendre !). Et ce courage même repose sur l’intuition qu’un Verbe garantit et protège ce que la vie fait d’elle-même, que toute l’aventure de la réalité est globalement surveillée, hantée, contrôlée par une Parole inspirée et digne de confiance (simple providence logico-verbale ou toit d’une supervision politico-culturelle chez Noël, et, chez Bioulès, insaisissable, mais figurable, Providence d’un Absolu en quelque sorte dévoué, mystérieusement attentionné, d’un Dieu qui aura voulu faire de la finitude même son Prochain !). L’un et l’autre également sensuels et impatients – tout constamment angoissés qu’ils soient – ont ainsi une œuvre qui inspire la confiance qu’elle respire. Il y a, dans le journal de Bioulès, relation d’une étonnante confidence à son épouse, qui dit comment l’œuvre inlassable lui confère une compréhension que son existence non-créatrice lui refuse absolument (et il suffirait de remplacer « peindre » par « écrire », pour entendre l’analogue aveu d’un Noël) :
« Je dis souvent à Rosa que je mourrai dans l’extrême ignorance de la vie. Je ne puis rien saisir. La seule solution est donc de peindre sans relâche » (Journal, p.361).
La commune question d’Ancet et Bioulès ici posée est peut-être ceci : quel paysage (verbal ou pictural) pourrait-il recueillir le parcours d’une vie donnée ? Y a-t-il, dans un paysage strictement temporel (puisque c’est le devenir d’un destin déterminé et achevé dont on illustre ici vue d’ensemble), l’équivalent, dans le spatial, d’un ciel et d’un sol, d’un avant- et arrière- plans, d’un déplacement latéral ? Chez Bioulès ici : comment peindre le pur temps d’une vie ? Chez Ancet : comment rendre « personnellement » (et d’abord depuis quels pronoms je/tu/il/elle/nous/vous/ils – qui auront été l’obsession au moins stylistique de Noël !) une vie qui les aura tous parcourus, et qui n’est justement, à présent, plus personne) ? Fixer en image le temps d’une vie, représenter le cours d’un destin, comment faire ? Faut-il y faire exclusivement figurer les éléments incessants d’elle, ceux revenus tous les jours (astres, nuages, horizon, lignes de relief, ombres et lueurs …) ? Ou tenter plutôt de formuler (Ancet) ou former (Bioulès) surtout l’auto-transformation de cette vie, son effort en un sens intemporel de se relancer constamment elle-même – comme si l’on souhaitait prendre cliché d’un Phénix, ou encadrer Protée ?! Conviendrait-il de n’en marquer que les contrastes simples, les tensions élémentaires, aligner à la Péguy, ou empiler à la Rothko, ses bains de présence ? Ou encore préférer, à l’inverse, confondre sciemment les opposés (les bleus du ciel et de la mer, les taches et les nébulosités, les spirales de la galaxie et du limaçon, les fluides murs rougis du crépuscule et de l’aube …) pour unifier les pôles d’une Terre désormais périmée ? Mais ce pélerinage se sait impossible : si l’on voulait réellement représenter le temps terminé d’un homme dans sa pure fonction d’organe et moyen mixte, temporaire et jetable de la vie humaine, c’est un placenta qu’il faudrait horriblement « encadrer » ! Mais qui voudrait voir en l’œuvre d’une vie le simple placenta du mourir ?
Mieux vaut donc, avec Ancet et Bioulès, voir ici dans le corps humain une mer bénie – que l’infini, par ailleurs, nous veuille ou non du bien ! Infini (disait et montrait cette « Phrase interrompue ») qui ne disparaît avec chacun de nous que pour mieux rejaillir entre les autres !









