Tous les articles classés dans : RENTREE LITTERAIRE 2016

Amélie Nothomb, Riquet à la houppe, Albin Michel (188 pages 16,90€)

Chronique de Nadine Doyen Amélie Nothomb, Riquet à la houppe, Albin Michel (188 pages 16,90€) Amélie Nothomb réitère avec les contes de Perrault, et après Barbe bleue, choisit de nouveau un titre éponyme. On le sait, l’auteure accouche d’un roman chaque année, cette fois ce sont ses figures féminines qui donnent vie. Naître peut s’avérer « un atterrissage brutal ». Nous voilà propulsés dans la vie de deux couples, tout jeunes parents, pas encore aguerris aux besoins des bébés. On connaît l’art d’Amélie Nothomb pour le choix des noms : Dédodat, « cadeau de Dieu », est le premier né, un bébé « sur mesure », un prodige, très mature. Mais pourquoi ses parents sont-ils si « pétrifiés » au point de songer à se cloîtrer ? Quant à la kinésithérapeute dont Déodat tombe amoureux, elle a pour nom : Leyde et pour prénom Saskia comme la femme de Rembrandt. Vient ensuite Trémière, « l ‘enfançonne, irréelle de beauté », aux « traits de poupée de porcelaine ». Un prénom qui surprend l’infirmière. Mais quand …

Benoît Duteurtre, Livre pour adultes, nrf Gallimard (243 pages – 19,50€)

RENTRÉE LITTÉRAIRE SEPTEMBRE 2016 Chronique de Nadine Doyen Benoît Duteurtre, Livre pour adultes, nrf Gallimard (243 pages – 19,50€) C’est un plaisir de retrouver les lieux de prédilection de Benoît Duteurtre, l’admirateur de Marcel Aymé, « l’optimiste désenchanté », qui possède le talent de passer l’époque au scalpel et de capturer l’extinction d’un monde de manière subtile. Benoît Duteurtre consacre ce récit à sa mère, et égrène une mosaïque de souvenirs. L’auteur reprend le chemin de son enfance et dresse un portrait touchant de la figure maternelle. Il évoque avec délicatesse la période de la maladie et témoigne de son admiration devant l’abnégation et le dévouement du personnel soignant. Cette mère, à « l’optimisme résolu » lui a inculqué ce précepte, « aux vertus apaisantes » : « Ne regrette jamais les choses auxquelles tu ne peux plus rien ». Qui se souvient de la famille Coty ? Question qui taraude Benoît Duteurtre, faisant le triste constat qu’« en deux générations, cette famille avait retrouvé l’anonymat ». Il reste la littérature pour combler cette béance …

Repose-toi sur moi, Serge Joncour ; Flammarion (427 pages ; 21€)

Chronique de Nadine Doyen Rentrée littéraire 2016 Repose-toi sur moi, Serge Joncour ; Flammarion (427 pages ; 21€) Parution le 17 août   Quel plaisir de retrouver un auteur que l’on affectionne ! Le douzième roman de Serge Joncour s’inscrit dans la lignée de L’amour sans le faire. Une femme, un homme, des voisins qui s’ignorent, habitant le même bâtiment. Pour Aurore Dessage, femme hyperactive, qui jongle avec les aléas du quotidien et son triple rôle de mère, épouse et businesswoman, faire une pause, le soir, dans la cour arborée de son immeuble parisien, est vital.Cet îlot de verdure qu’elle se plaît à cultiver reste son havre de paix, sa « bouffée d’air », « un vrai sas », son refuge jusqu’au jour où des « croassements glaçants » ont supplanté les « gazouillis épars, les sifflotements des merles ». Traverser la cour de nuit devient sa hantise. Mauvais présage que ces oiseaux de malheur qui semblent la défier, « se jouer d’elle ». L’auteur focalise notre attention sur Aurore et Ludovic depuis leur rencontre …