Tous les articles classés dans : Chroniques de Lieven Callant

Takiji Kobayashi, Le 15 mars 1928, traduit du japonais par Mathieu Capel, Éditions Amsterdam, juillet 2020,121pages, 12€.

Chronique de Lieven Callant Takiji Kobayashi, Le 15 mars 1928, traduit du japonais par Mathieu Capel, Éditions Amsterdam, juillet 2020,121pages, 12€. Le 15 mars 1928, les militants communistes et socialistes de la petite ville d’Otaru, sont par la police japonaise, arrêtés et emprisonnés de façon arbitraire. La presse de l’époque préfère se taire. Takiji Kobayashi « figure majeur de la littérature prolétarienne japonaise » décide alors d’écrire un roman afin de documenter les évènements du 15 mars 1928. Takiji Kobayashi commence son roman en adoptant le point de vue de l’épouse (O-Kei) d’un des militants arrêtés ce fameux 15 mars 1928. La description de l’intrusion en pleine nuit, de la police au domicile ne nous apparait que plus arbitraire et violente. Toute la maison est fouillée jusqu’à la chambre de leur enfant qui terrifiée par les bruits de saccage préfère faire semblant de dormir. Á la violence quotidienne de la pauvreté s’ajoute celle de la répression policière. Car la situation sociale et économique des militants est plus que déplorable. Les conditions de travail ruinent la santé des …

Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance, Folio 2019, 132 pages.

Chronique de Lieven Callant Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance, Folio 2019, 132 pages. Petit éloge de l’errance au temps du coronavirus J’aime errer, aller par quelques chemins, rêver et laisser mes pensées me hanter à la manière des vagues. Je pensais trouver en ce livre une sorte de guide de l’errance, un éloge de la promenade, de la marche à pied mais ce petit livre va bien au-delà. Il propose une lecture, une relecture de plusieurs oeuvres littéraires et artistiques, musicales et cinématographiques par un auteur japonais écrivant en français. Sa vision se situe à cheval sur deux modes de culture fort différentes l’une de l’autre puisque l’homme vit en France et au Japon, est un fervent admirateur de Jean-Jacques Rousseaux.  Il ne s’agit pas tellement de mettre à l’honneur le fait de marcher sans but mais plus exactement le fait de suivre quoi qu’il en coûte la voie singulière et personnelle que l’on s’est choisie dans son âme et conscience. Voie qu’on éclairera naturellement de la lumière singulière des oeuvres lues, vues, écoutées …

NOUVEAU AUX ÉDITIONS TRAVERSÉES

Chronique de Lieven Callant Christine Hervé, De l’autre côté de l’eau, Éditions Traversées, 106 pages, 2020, 15€ Sur la couverture, une vague se révolte. La mer, le déroulement infini de ses vagues occupent une place importante dans ce recueil. On retrouve le rythme. Le dépouillement comme une ouverture à un autre monde plus dilué.  « Devant le bleudes mers tu sais uniet solitaire par le roulis des vaguesdes galets de la plage coquillage ensabléle vivre encore possible dans le silence des mots » On s’habitue à ne retenir que l’écume, le sel, la collerette de coquillages sur le sable. Des larmes que recueillent le vent, le souffle comme le témoignage d’une émotion qui n’est jamais une lamentation. Dans ce livre en quatre parties, il est avant tout question d’émotion. Simple. Épurée grâce à un choix mesuré des mots. « mer sans rivageni écho et la chaleur infinie des jours à chevaucher  les vagues de l’indifférence » La prose raconte, énumère, repère et laisse disparaître. Il est d’abord question de naissance, de comprendre d’où l’on vient, pourquoi cette différence, pourquoi …

Antonio Moresco, La petite Lumière, roman traduit de l’italien par Laurent Lombard, Éditions Verdier, collection Terra d’altri, 124 pages, février 2017, 14€

Une chronique de Lieven Callant Antonio Moresco, La petite Lumière, roman traduit de l’italien par Laurent Lombard, Éditions Verdier, collection Terra d’altri, 124 pages, février 2017, 14€ Ce roman étrange et surprenant est une narration en 18 chapitres, à la première personne. Le personnage principal c’est le narrateur, omniprésent, un « je » qui se redécouvre dans ses rapports à la nature environnante. Il y a aussi les quelques habitants fantômes de l’autre village, un berger cartographe qui note toutes les apparitions lumineuses non expliquées, un enfant, des défunts. Les lieux: un hameau déserté par ses habitants, entouré de collines et de forêts où vit le narrateur qui cherche ainsi un moyen pour disparaître. Curieusement, malgré l’immense solitude, l’hostilité apparente d’une nature qui reprend ses droits, le narrateur semble se ressourcer. Il accède comme dans un rêve à la part la plus profonde en lui. Une sorte d’ultra-conscience. Le temps de l’histoire est celui des saisons, de la végétation, de la lumière et de l’obscurité, de la solitude campagnarde. Les éléments naturels, les tempêtes, les tremblements de …

Ivan de Monbrison, La cicatrice nue, poèmes 2014-2017, Éditions Traversées, 40 pages, 2020, 15€

Chronique de Lieven Callant Ivan de Monbrison, La cicatrice nue, poèmes 2014-2017, Éditions Traversées, 40 pages, 2020, 15€ 18 poèmes Ce recueil est composé de 18 poèmes, autant d’entrées qui multiplient les lectures. Dès la première page, le lecteur est invité dans un univers proche du rêve, il lui faut traverser les miroirs, frôler l’inimaginable, partager les promenades de celle qui est morte, qui habite les souvenirs, les meuble, les habille.   « Tu es à mes côtésje me sens invulnérable » « la nuit posée sur tes yeux est pleine d’étoiles-filantes » « ton visage inscrit à l’envers du mien me protège quand je marche » Si les frontières existent, portes, reflets, surfaces réfléchissantes, passages du jour à la nuit, du crépuscule à l’aube c’est pour qu’on tente de les franchir comme si l’on pénétrait dans les tableaux de Escher. C’est pour expérimenter la vie, la mort, le souvenir, l’amour surtout. L’amour qui tient à un fil. Pour aller où? La réponse n’est pas donnée.  « À l’orée de l’ombre il y a (..)le temps qu’on détricote comme la corde d’un chemin » …