Entre-Musiques suivi de La ville-forêt/Monique Thomassettie ; Bruxelles : Editions M.E.O, 2014

Une chronique de Pierre Schroven

 MEO-Thomassettie-Entre-musiquesEntre-Musiques suivi de La ville-forêt/Monique Thomassettie ; Bruxelles : Editions M.E.O, 2014

La poésie de Monique Thomassettie est une tentative tant pour transformer le monde tel qu’il est perçu par le sens commun(la pensée se construit à partir de ce qui nous échappe, pas de ce qu’on voit !)qu’ouvrir les rideaux d’un éveil susceptible de rendre l’être à son espace premier ; on ne s’étonnera donc pas du fait qu’elle pose ici l’écriture comme étant un voyage initiatique intérieur, une forme de méditation spirituelle voire une source de libération profonde(les vraies portes ne s’ouvrent que vers l’intérieur/Léon Tolstoï).

L’oiseau ne connaît pas l’errance

Il sait le ciel

et les arbres reliant celui-ci

à la terre

Dans ce recueil aux confluents de la poésie, du récit intérieur, du théâtre et bien sur de la musique(Bien que mesure/la Musique est-elle mesurable ?/Limitée ?/Elle fusionne mesure et infini !/Temps et Espace illimité/Clefs de l’âme),Thomassettie se garde bien de suivre le fil rouge des apparences qui traverse le creux de nos vies mais cherche plutôt à arracher les masques d’un réel en représentation ; mieux, mettant à mal nos perceptions communes, elle brise la chaîne des certitudes qui fige nos vies, ouvre notre esprit à la présence des mystères et permet à notre regard de « voir à nouveau ».

Dans Entre-Musiques, chaque poème semble entretenir de nouveaux rapports avec le réel, dit le non-dit, s’interroge sur notre « être au monde » et traque ce que la vie dissimule(L’errance s’est faite aile/Qui se pose parfois au faîte du temporel/Au cœur de mon errance/dépassant Nuit et Jour/j’attends activement/mon tour) ; dans Entre-Musiques, chaque poème décroche avec la logique commune, approche ce qui se passe en profondeur dans l’immensité de notre psychisme et du cosmos pour mettre en joue une liberté respirant l’air sauvage d’une vérité sans visage.

Ici-bas

si tu lèves un coin de brume,

tu verras le matin s’éveiller

Mais n’imagine pas

que ce sera plus simple !

Même si…

©Pierre Schroven