Hommage à Rüdiger Fischer

Adieu à l’ami, passeur du verbe au-delà de toutes les frontières.

Hommage au professeur de langues & traducteur, Rüdiger Fischer

Par Rome Deguergue

 Rüdiger Fischer
Rüdiger Fischer

« Quoi que l’on puisse dire de l’insuffisance du traduire,

cette activité n’en reste pas moins l’une des tâches les plus essentielles

et les plus dignes d’estime du marché d’échange mondial universel ».

Ce fragment d’une citation de Johann Wolfgang von Goethe1 illustre avec justesse la mission dont s’était chargé cet ami des poètes et de la poésie plurielle.

Rüdiger Fischer, traducteur du français, de l’italien vers l’allemand et vice et versa, à la fois – sourcier et cibliste – qui « va danser avec le langage »2 afin de pouvoir dépasser l’espace transtextuel, car relié à tout ce qui s’étudie à propos des langues, des cultures, des échanges et autres relations avec les poètes qu’il avait choisi de traduire, comme une réponse différenciée faite à Babel, – nous manquera, manquera sans nul doute au paysage traductif de la poésie européenne.

Ses projets de traductions et éditoriaux des dernières années n’avaient pas taris avec la sortie notamment des ouvrages de : Anise Koltz ; Francine Caron ; Démosthène Agrafiotis ; Jean Rivet ; Lucien Wasselin ; Bluma Finkelstein ; Gérard Bayo ; et un ouvrage majeur qui regroupe des poèmes de cinq femmes : deux palestiniennes, une israélienne, une kurde, une algérienne ; une anthologie bretonne et le 5e livre de l’anthologie : LA FETE DE LA VIE.

La fête de la vie ! C’est ce que Rüdiger Fischer aimait à célébrer en ce monde du vivant & des choses chaoscosmiques, où les livres, la splendeur de paysages ouverts, la musique, le vin du Rhin ou de Bordeaux étaient invariablement goûtés, partagés avec les personnes de bonne volonté, pures et loyales qui eurent la chance de compter parmi ses amis.

Célébrons à notre tour, cette fête de la vie, en pensée traversière dirigée vers cet espace pélagique, où Rüdiger Fischer – nous aimons à le songer, depuis le 4 juin de cette année 2013, continue de tracer et de diffuser ses alphabets de lumière… Ade liebster Rüdiger Ade !3

1Extrait de Fragments sur la nature, in Pages choisies de Goethe, Paris, Editions Sociales, 1968, p. 18.

2 In Ainsi parla Zaratoustra de Friedrich Nietzsche

3 Ade est une forme de salut utilisée dans le sud de l’Allemagne, où résidait Rüdiger Fischer.