Tous les articles taggés : Poésie

Eric SAUTOU – Une infinie précaution – Flammarion 2016, 140 p 

Chronique de Marc Wetzel Eric SAUTOU – Une infinie précaution – Flammarion 2016, 140 p  Qu’on permette un détour par le titre même de ce recueil sobre et puissant. Quand Aristote dit que l’homme est l’animal doué de raison, il veut dire qu’il est le seul vivant à ne pas pouvoir vivre sans la raison, c’est à dire sans calcul, modélisation, jugement, déduction, programmation etc. Il ne peut pas vivre dans le réel sans y établir des liaisons nécessaires ni fonder un ordre réglé, ne valant pour lui-même que comme il pourrait valoir pour les autres. Les hommes ont en charge (exclusive) le sort de la vérité, de la beauté, de la justice, et, même s’ils ne choisissent pas ces (sublimes, mais ingrates) finalités, les moyens de les accomplir, eux, relèvent complètement de leur imaginative responsabilité. Quand la raison est le génie (laborieux) des moyens à y mettre en œuvre, elle s’appelle (disait encore l’ami Aristote) la prudence ; et le degré zéro de la prudence, son minimum incompressible, c’est l’intelligence d’éviter le pire dans ce …

Une nouvelle maison d’édition!

une toute nouvelle maison d’édition: Sans Escale 16 Rue des Ursulines Saint-Denis, Île-de-France, 93200 contact.sansescale@gmail.com Pour visiter le site, cliquez: ici Pour envoyer un manuscrit, on trouvera les informations : là Pour lire les articles du blog de Sans Escale: ici Sans Escale soutient de jeunes artistes Voici la page Facebook de Sans Escale :    Aimez et partagez avec vos amis!  

Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages.

Chronique de Lieven Callant Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages. Sous ce titre sont rassemblés plusieurs textes de Babouillec, pseudonyme pour Hélène Nicolas, jeune-femme diagnostiquée « autiste déficitaire à 80% ». Elle n’a pas accès à la parole et sa motricité ne lui permet pas d’écrire autrement qu’en utilisant un alphabet de lettres cartonnées qu’elle aligne une à une jusqu’à former des mots, des phrases, des textes d’une qualité aussi surprenante que remarquable. Malgré qu’on ne lui ait jamais appris à lire et à écrire, Babouillec écrit depuis 2006 une poésie qui renoue avec ses origines. L’écriture poétique de Babouillec est aussi un vaste champ d’expérimentations créatrices. Ailleurs et là où les phrases ploient sous le lourd fardeau d’une modernité desséchée et d’un nombrilisme vaseux, ici bien au contraire on rencontre une poésie débridée, des mots qui servent de points d’attache à une construction mentale rayonnante qu’on appelle espoir. Babouillec écrit par nécessité vitale, poussée par l’élan curieux de comprendre, d’acquérir des connaissances mais surtout par une volonté peu …

Service de presse n°47

Traversées a reçu : Les recueils suivants : * A côté du sentier, nouvelles M.E.O., 2015, 140 pages Daniel Simon, né en 1952 à Charleroi, a fait de la mise en scène et de la production théâtrales pendant une vingtaine d’années, collaborant notamment à plusieurs projets au Portugal et en Afrique, où il anime des ateliers d’écriture. Il a publié des poèmes, des textes brefs, des textes dramatiques, des nouvelles, des essais, des articles. A côté du sentier rassemble des nouvelles autour de notre désir de retrouver des murs nus dans la maison du temps où nous passons. Notre époque se dit livre en marchant scrupuleusement à côté du sentier… L’étau se resserre. Les illusions d’une génération se sont usées, des prévisions bancales les ont remplacées. La beauté du monde est toujours là, nous la cherchons obstinément dans le lointain. * Le chat de Prague, récits Claude Martin Traverse, 2014, 140 pages Agnès est au coeur de récits relatant son enfance et sa vie jusqu’à l’âge qui vient. Tel le Chat de Prague, Agnès saisit …

Vivre en poésie (totémisme)

Chronique de Munesu Mabika de Cugnac   Vivre en poésie (totémisme) C’est par un creusement intérieur, un quasi-vortex, que l’homme a délaissé la coquille pour le noyau. Il est entré en soi-même. Pour un instant (peut-être éternel), il ne voit plus comme vous voyez ; n’entend plus comme vous entendez. Il vit dans la langue ; dans la caresse des mots qui refigurent le monde. Il est dans ce là-bas qu’évoquait Rimbaud, se gardant bien d’expliquer que ce là-bas est en soi (raison pour laquelle ce terme doit être utilisé avec la plus grande méfiance). On ne sait avec qui il converse à cet instant. Il a pris l’habitude de discuter avec Poe, Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Nietzsche, Rimbaud, Valéry ; a esquivé l’écriture automatique mais a échangé avec Bonnefoy, puis rencontré Juliet (et tant d’autres). On ne sait avec qui il converse en ce moment. Peut-être avec soi-même. (C’est le plus probable). Car avec Juliet et Nietzsche avant lui, il a inversé son regard. L’homme, ce poète, a fait le tour des mouvements. Il a …