Cathy Garcia Canalès, Aujourd’hui est habitable, poésie, Cardère éditeur, 36 pages, 2018, 12€

Une chronique de Lieven Callant

Cathy Garcia Canalès, Aujourd’hui est habitable, poésie, Cardère éditeur, 36 pages, 2018, 12€

« Aujourd’hui est habitable » affirme le titre de ce recueil de poésies. Reste à savoir par qui et comment? 

Pour le savoir, il faut peut-être se rendre au jardin. En ce jardin intérieur aussi. Apprivoiser son regard, être capable de distinguer sans juger, sans abattre, sans disqualifier. Utiliser le silence pour lancer ses messages, attendre, comprendre. Redouter et douter encore. Se mettre à la place de l’arbre, de l’autre. Suivre les racines au-delà des tourbes noires, des terres bouillies par la pluie. Contourner les dires « D’austères marionnettes (qui) attendent à la porte avec leur couteau à moelle »

Se délester, se désengluer, s’estomper en commençant par les angles. L’être humain est plein de contradictions. Il n’est pas facile de savoir ce qui se cache sous les mots qu’il nous donne ou nous lance telles des graines qui devraient nous nourrir. Tellement de phrases finalement blessent, ne sont pas à leur place. Tellement de lucioles se font passer pour des étoiles.

J’ai le sentiment que c’est contre cela que s’élève la poésie de Cathy Garcia Canalès. Elle témoigne d’un travail personnel complexe. En quelques pages, elle invente son langage avec ses références propres, ses significations spécifiques, ses jeux de contrastes ou ses potions de mots presque semblables. C’est finalement entre les lignes, au détour d’un assemblage de mots que l’on découvre l’humain, le végétal, la vie suintant autour du minéral. Les astres, les mots, la vie se cache dans le jardin de Cathy Garcia Canalès. Le jardin du poème, le jardin de l’écriture. 

« nos mains dépliées

les dés d’argile roulent

comme des perles »

Habiter la poésie ce n’est pas qu’habiter une prison obscure, ce n’est pas chercher d’une manière sournoise sans jamais oser se l’avouer qu’on ne désire que la gloire. Obtenir le pouvoir sur les mots. Nous forcer à les boire. 

« tandis que s’envole la chimère

libre et merveilleuse

nous secouerons la pesanteur

pour fuir l’étreinte des goudrons

roulerons sous les horizons

tranchants comme des rasoirs

à la gorge du ciel »

Le travail poétique de Cathy Garcia Canalès explore l’aujourd’hui. La brièveté omniprésente. Explore les chemins jonchés de ronces, de racines, de sources entravées, de saisons qui se mélangent. L’auteur avance sans machette, sans s’empêcher de regarder, de comprendre que son amour est un combat et que rien n’est gagné d’avance.

« bientôt nous irons nous aimer

la tête ourlée de pluie »

La poésie de Cathy Garcia Canalès au même titre que deux des images qui accompagnent les textes ne montre pas uniquement ce qu’elle donne à voir ou décrit avec une précision tranchante. Elle canalise des zones de flou, de brumes et devient en certains points abstraite, inimaginable. 

Cette semi-abstraction devient habitable il faut juste franchir une clôture, nos frontières. 

« la rumeur fauve du soir

perce la gangue du monde »

« dans la cuve des constellations

un dangereux morceau d’immensité

oeuvre et s’enroule »

Toutes les clés de cet endroit habitable ne nous sont pas offertes car les serrures changent d’un individu à un autre mais aussi parce qu’il nous faut apprendre que ces clés n’ont pas à tomber dans les mains de n’importe qui. Cet espace habitable se préserve. Se cache là où on ne le soupçonne pas. 

Quelque chose de ce livre et sans doute l’essentiel s’échappe toujours. Est au delà de ce chemin défriché. Quelque chose nous pousse à nous demander: « Vais-je bien? »

Lieven Callant

Service de presse n°50

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Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

    • A la fin de ces longues années, poèmes

Joël Godart

Chloé des Lys, 2016, 96 pages


    • Les ailes du temps, poèmes

Thierry Thirionet

Chloé des Lys, 2016, np


    • L’amour au pouce – La bague au doigt, plaquette d’écriture que le geste ne rend pas à la parole

Patrick Benoit

Chloé des Lys, 2016, 38 pages


    • Avec les orties du temps, poèmes

Louis Bertholom

Editions Sauvages, collection Askell, 2016, 160 pages

Avec un regard en profondeur sur le monde, Louis Bertholom explore le passage du temps en interrogeant les éléments et l’espace. Une ode à la nature mais aussi une volonté de laisser s’écouler mélancoliquement la vie avec ses regrets et ses mystères. Les cruelles réalités se mêlent aux petits bonheurs. Dans la tranquillité retrouvée, de Montréal à Tanger, l’auteur capte l’indicible douceur d’un soir, cueille les fleurs de la mémoire, en se plongeant dans quelques réminiscences. La parole s’apaise avec l’âge, il se souvient et préfère s’écarter discrètement des névroses sociétales. Le temps se rétrécit quand la maturité semble poindre comme la lumière paille de seigle d’une nouvelle aube.


    • Ces choses se suffisant… (déjà à elles-mêmes), poèmes

Raymond Calmettes

Clapas, collection Franche Lippée n°416, 8 pages


    • Les chants de Jane, poèmes

Claude Miseur

Revue du Grenier Jane Tony n°12; Bimestriel novembre/décembre 2017


    • La crypte, poèmes traduits du grec par Marie-Cécile Fauvin, avec des vignettes de Alexis Akrithakis

Epaminondas Gonatas

Erès, 2018, np

Inlassable observateur du concret, Epaminondas Gonatas cherche la réalité cachée derrière les apparences. Voilà que les choses familières que nous croyions inertes s’animent et se mettent à rayonner d’un éclat surnaturel, parfois inquiétant. Des fleurs mordent, des chaussettes protestent, une poire s’échappe et se révolte. Avec une forme d’humour particulier, Gonatas révèle l’insaisissable mystère du monde. Dans sa Crypte, chaque texte a la concision et l’attrait singulier d’une énigme.

Epaminondas Gonatas (1924-2006) exerçait la profession d’avocat. Il a vécu la plus grande partie de sa vie dans une vieille demeure néoclassique de la banlieue d’Athènes, entourée d’un vaste jardin, au milieu des livres et de toutes sortes d’objets insolites et hétéroclites en bonne intelligence avec les plantes et tout un petit peuple d’animaux.


    • Dispersion, nouvelles

Carino Bucciarelli

Editions Encre Rouge, 2018, 178 pages

« Je peux le jurer, ma main et même toute une partie de mon avant-bras se sont liquéfiées un bref instant sous mes yeux. »

Ainsi commence la première histoire de ce livre. Et, dès lors, l’auteur va nous entraîner dans un labyrinthe où passeront tour à tour un oiseau inquiétant, un meuble qui s’humanise, des êtres fous sortis de mondes imaginaires et des hommes ou des femmes comme vous pris dans les délires de leur vie quotidienne.

Car que faut-il craindre le plus, les déraisons qui envahissent ces pages ou notre ordinaire? Vous ne pourrez manquer de vous poser la question. Et ainsi, Vous serez hanté par la conviction d’être vous aussi un personnage de ce livre.

Carino Bucciarelli, que l’on connaît déjà pour ses romans, parus aux éditions de l’Age d’Homme et Luce Wilquin marqués par le souffle de l’insolite, nous donne ici son livre le plus étrange.


    • Europoésie année 2016, anthologie (au profit de l’Unicef)

sur le thème de l’enfance et thème libre

20117, 164 pages


    • Europoésie année 2016, anthologie (au profit de l’Unicef)

Enfants et Jeunes poètes francophones

2017, 60 pages


    • Hyle ou En tant que tel, poèmes

Denis Schillinger

Chloé des Lys, 2016, 194 pages


    • Hymne mortel, poèmes

Thomas J. Chouters

Chloé des Lys, 2017, 57 pages


    • Itinéraire d’un voyou, roman

Ghislain Cotton

Murmure des soirs, 2017, 265 pages


    • Lettre au Grand Saint – Lettre à Saint-Nicolas à propos du Père Fouettard et autres avatars

Daniel Simon

Couleur livres, 2017, 57 pages

Le duo gagnant Saint-Nicolas-Père Fouettard est en péril. La Global Culture poursuit ses sacrifices hygiénistes.

On ne transmet pas en effaçant, on ne réfléchit pas en déniant, on ne vit pas sans fumier dans les poches, qui que nous soyons.

Il y a longtemps, j’ai écrit au Grand Saint et il m’a répondu! Je me suis dit que je pouvais tenter à nouveau l’expérience cinquante ans plus tard.

Voici ma lettre…


    • Mal blessée – Journal philo amoureux 2.0. d’un enfant du siècle

Olivier Terwagne

Traverse, 2017, 205 pages

Dans les manuels d’histoire, tout à l’air évident. Les faits s’enchaînent froidement comme s’ils obéissaient à un plan. On ramasse trois siècles en trois phrases. C’est effrayant: que dirons-nous de nous-mêmes? Que dira-t-on de cet « Olivier Terwagne » qui, un jour, a retrouvé le « journal de Constance » dans une maison longtemps inoccupée à Chimay, au pied du Château, et a tenté ici d’en réorganiser le chaos?

Mystérieuse Constance, trente ans, sorte de jeune Werther au féminin, fille cachée de Nietzche et d’Amy Winehouse, qui s’interroge sur le fait d’être chimacienne, couvinoise, belge, européenne ou actrice, philosophe ou « tout ça » comme disent les jeunes, et qui se questionne sur ses choix de vie et sa relation avec Kiriakos, un guide de voyage grec.

Deux destins et deux boussoles d’orientation dans ce journal de « pop poésie philosophique » entre le Balgique et la Grèce: la pensée grecque et le romantisme. Sous un autre angle, Mal blessée dévoile l’articulation entre l’histoire intime et l’Histoire avec un(e) grand(e) Hache.


    • Mouvements – Panta Rhei, poèmes

Béatrice Pailler

La Porte, 2017, np


    • Notes sur l’amour, essai

Jack Keguenne

Aesth, 2009, 120 pages


    • Or 2.0, poèmes

Emilie Decamp

illustré par Julien Adans

Chloé des Lys, 2016, 39 pages


    • Promenades poétiques dans l’oeuvre de Pierre Benoit, essai, couronné par l’Académie française

Pierre Hamel

Yvelineédition, 2009, 280 pages

les romans de Pierre Benoit se sont arrachés à plus de douze millions d’exemplaires. Si les ventes de ses recueils de poèmes furent squelettiques, la poésie ne fut pas, pour lui, qu’une amourette. Plus que la vénus alliciante, la femme qui subjugue notre épicurien mélancolique, c’est l’amazone à la passion médusante. Le père d’Antinéa nous rappelle alors que, sans amour, l’homme n’est rien. Quel est le secret de ces Poèmes qu’on ne peut enfermer dans un tiroir à styles, à l’enchanterie capiteuse, et qui battent au rythme régulier du balancier d’une vieille horloge de campagne? Pierre Benoit savoir voir et il a vu. Voyageur de l’imaginaire, il a vécu et a quitté ce monde en poète. Sa voix a sonné juste, son verbe a dit vrai. Chez lui, l’avoir jamais n’a dévoré l’être…


    • Rêver de ma Belgique, poèmes

Alfred Herman

Chloé des Lys, 2017, 80 pages


    • rien qu’une collision de mots, poèmes traduits du russe par Christine Zytounian-Beloüs, avec une gravure originale de Edith Schmid

Ivan Akhmetiev

Erès, 2018, np

« j’attends d’être sûr

de mon bon droit

 

du droit au texte »

Ivan Akhmetiev est né en 1950. Il vit à Moscou. Célèbre dans les cercles poétiques pour ses vers minimalistes, auteur de plusieurs recueils, il a d’abord été publié en samizdat et à l’étranger…


    • Ruptures en bord de rêve, roman

Michel Cornélis

Academia – L’Harmattan, 2017, 135 pages

Un homme sur un pont entre deux villes inconnues. Une femme dans une chambre d’hôpital. L’équilibre fragile de deux vies qui ne tient plus qu’à un fil. Il a voulu, jusqu’à l’obsession, atteindre les hautes sphères du pouvoir. Aujourd’hui, son monde menace de s’écrouler. Elle s’est résignée à mettre son existence en veilleuse pour permettre à celui qu’elle aime de s’épanouir. Par une nuit d’orage, la flamme de son espérance a failli s’éteindre à jamais. Alors, parfois, une rupture s’impose.


    • Soit dit en passant, poèmes

Claude Renard

Chloé des Lys, 2017, 59 pages


    • Sur la terre comme au ciel, poèmes

Eve Lerner

prix Patrice Fath 2017

Littérales, 2017, 62 pages


    • Tableaux vernonnais, poèmes

Joachim Bresson

Préface de Pierre Brunel

Narratif, 2017, 63 pages

Il arrive un moment où la technique n’apparaît plus comme un obstacle, mais comme une nécessité à l’expression. Revenant à la vivacité oubliée de notre rythmique, et à la poésie des troubadours, Joachim Bresson livre une oeuvre totalement originale. Son second recueil, enraciné dans la région de Vernon en Normandie, offre de nombreuses lectures possibles et une exploration du « territoire vivant ».


    • Le temps de l’errance, poèmes

Jean-François Foulon

Chloé des Lys, 2016, 223 pages

Les poèmes que l’on découvre ici, remplis d’émotion et de nostalgie, portent le lecteur comme une vague lente et puissante. Certains textes nous conduisent dans des îles lointaines, à la recherche d’un ailleurs aussi impossible qu’improbable, tandis que d’autres décrivent des lieux qui nous sont proches (un village, une rivière…), pour en révéler les secrets oubliés. Parfois, c’est la destinée de l’homme à travers son histoire qui est abordée, mais toujours on revient au temps personnel, celui où tout un chacun se reconnaît. On parle allors de l’enfance, de la passion amoureuse, ou du temps qui fuit. Les femmes que l’on a aimées s’en sont allées, nous laissant des souvenirs empreints de nostalgie. Mais ces souvenirs, même s’ils sont parfois un peu tristes, ont pourtant quelque chose d’apaisant, sans qu’on sache si c’est dû au regard tendre du poète ou à la musicalité incomparable de sa langue.


    • Terres Liberté, poèmes

Marguerite Charbonnier

Interventions à Haute Voix, 2017, 72 pages


    • This is the end my friend, poèmes

Lionel Blettery

Clapas, collection Franche Lippée n°417, 8 pages


    • Un écrivain hors commerce couronné par L’Académie des Jeux Floraux de Toulouse

Pierre Hamel

Le Dormeur du Val, 2012, 334 pages

L’écrivain Hors commerce, qu’il soit partisan de l’art pour l’art et donc d’une relative irresponsabilité ou qu’il soit porté à l’engagement, n’a-t-il pas, curieusement, de par sa position spécifique, un rôle particulier à jouer? Bien sûr, il n’a pas plus de crédit auprès des éditeurs qu’un chien à la boucherie. Mais, il n’appartient pas inéluctablement à la race des ratés, phrasiers, grimauds, cacographes et autres gâte-papier. Cependant, il ne doit pas tenter de se débredouiller de sa non-valeur commerciale en s’autoproclamant génial.


    • Urgences – Urgjenca, anthologie poétique bilingue

Xhevahir Spahiu

présentée et traduite de l’albanais par Alexandre Zotos

M.E.O., 2016, 161 pages

La poésie de Xhevahir Spahiu révèle un esprit frondeur, ou pour le moins questionneur, comme est celui des enfants, a fortiori des « enfants terribles ». Bien de ses poèmes partent d’une curiosité, d’une interrogation soudaines, signes d’une indéfectible faculté d’étonnement: ailleurs ce sera une vision ou impression inédite, paradoxale- un peu façon haïku – ou une réflexion inopinée. L’inattendu, l’instantané, tel est le registre favori de ce poète, ce qui lui donne un pue l’air, parfois, d’un Diogène errant de par le monde, sa lanterne à la main. Tout cela engendre une suite de réactions à chaud, sur le mode euphorique d’un coeur innocent qui s’émerveille, ou, inversement, qui s’indigne, se rebelle…

Alexandre Zotos, extrait de la préface

Tour à tour porté aux nues et vilipendé sous le régime communiste, tant primé et tantôt mis au pilon, envoyé travailler dans les mines, réhabilité puis condamné à nouveau, Xhevahir Spahiu est aujourd’hui reconnu comme un des poètes majeurs de la littérature alabanaise.



Les revues suivantes 

    • Le bibliothécaire n°4/2017, octobre à décembre 2017

Michel Dagneau, rue de Bruxelles, 87 à 1470 Genappe (Belgique)

dagneau.michel@live.be

    • Bleu d’encre n°37, été 2017 et 38, hiver 2017

Claude Donnay, Clos des Tanneurs 2/33 à 5590 Ciney, Belgique

claude.donnay58@gmail.com

 

  • Cabaret n°24, hiver 2017

 

Alain Crozier, 31, rue Lamarine à 71800 La Clayette, France

www.revuecabaret.com

    • Les Cahiers de Tinbad n°4

Guillaume Basquin, 5, rue des Beaux-Arts à 75006 Paris (France)

editions.tinbad@gmail.com

www.editionstinbad.com

He rests. He has travelled.

With ?

Sinbad the Sailor and Tinbad the Tailor and Jinbad the Jailor and Whnibad the Whaler and Ninbad the Nailer and Finbad the Failer and Ninbad the Bailer and Pinbad the Pailer and Minbad the Mailer and Hinbad the Hailer and Rinbad the Railer and Dinbad the Kailer and Vinbad the Quailer and Linbad the Yailer and Xinbad the Phthailer.

James Joyce

Dans ce numéro 4 de la revue, on trouvera, aux côtés de nombreux Works in progress :

  1. Le premier dossier important imprimé sur un poète expérimental dont l’oeuvre nous paraît inouïe : Philippe Jaffeux ;
  2. Un hommage en deux volets à l’écrivain Marc Pierret, dont nous devons pleurer la disparition soudaine ;
  3. Un dossier sur le trop rare écrivain Pierre Rottenberg, avec un ensemble de textes et de lettres inédits que nous devons à l’amitié croisée de Gilbert Bourson et de Pascal Boulanger.

NDLR

    • Le carnet et les instants n°197, janvier à mars 2018, lettres belges de langue française

Nadine Vanwelkenhuyzen, Service général des Lettres et du Livre, Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 44, boulevard Léopold II à 1080 Bruxelles, Belgique.

secretariat.promolettres@cfwb.be

    • Comme en poésie n°70 et 71, juin et septembre 2017, revue trimestrielle de poésie

Jean-Pierre Lesieur, 730, avenue Brémontier à 40150 Hossegor

j.lesieur@orange.fr

    • Debout les mots n°67, octobre à décembre 2017 et 68, janvier à mars 2018

La maison du livre, 28, rue de Rome à 1060 Bruxelles, Belgique

info@lamaisondulivre.be

www.lamaisondulivre.be

    • Florilège n°169, décembre 2017

revue trimestrielle de création littéraire et artistique

Stephen Blanchard, 19, allée du Maconnais à 21000 Dijon, France

redacflorilege@gmail.com

http://poetesdelamitie.blog4ever.com

    • Journal des mes paysages n°6, octobre 2017

PL Quality éditions

journaldemespaysages@gmail.com

23, rue de Liège à 56200 Lorient, France

    • La lettre de Maredsous n°3, décembre 2017

Luc Moës, Abbaye de Maredsous, rue de Maredsous, 11 à 5537 Denée, Belgique

flm@maredsous.com

    • La lettre des académies n°41, 2017

Palais des Académies, 1, rue Ducale à 1000 Bruxelles, Belgique

lettre.academie@cfwb.be

    • Libelle n°289 à 295, mai à décembre 2017, mensuel de poésie

Michel Prades

14, rue du Retrait à 75020 Paris, France

pradesmi@wanadoo.fr

www.libelle-mp.fr

    • Nos lettres n°22, avril 2017

Anne-Michèle Hamesse

Association des écrivains belges de langue française

Chaussée de Wavre, 150 à 1050 Bruxelles, Belgique

a.e.b@skynet.be

www.ecrivainsbelges.be

    • Plumes et pinceaux n°139, septembre 2017

Nelly Hostelaert, rue du Temple, 39 à 7331 Baudour, Belgique

franz.nelly@yahoo.fr

    • Reflets Wallonie-Bruxelles n°54, octobre à décembre 2017

Joseph Bodson, Association royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie, 109, rue de la Mutualité à 1180 Bruxelles (Belgique)

joseph.bodson@skynet.be

www.areaw.org

    • Septentrion n°4, 4ème trimestre 2017, 46ème année

arts, lettres et culture de flandre et des pays-bas

www.onserfdeel.be

Luc Devoldere, Murissonstraat, 260 à 8930 Rekkem, Belgique

 




 

Eric SAUTOU – Une infinie précaution – Flammarion 2016, 140 p 

Chronique de Marc Wetzel

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Eric SAUTOU – Une infinie précaution – Flammarion 2016, 140 p 


Qu’on permette un détour par le titre même de ce recueil sobre et puissant.

Quand Aristote dit que l’homme est l’animal doué de raison, il veut dire qu’il est le seul vivant à ne pas pouvoir vivre sans la raison, c’est à dire sans calcul, modélisation, jugement, déduction, programmation etc. Il ne peut pas vivre dans le réel sans y établir des liaisons nécessaires ni fonder un ordre réglé, ne valant pour lui-même que comme il pourrait valoir pour les autres. Les hommes ont en charge (exclusive) le sort de la vérité, de la beauté, de la justice, et, même s’ils ne choisissent pas ces (sublimes, mais ingrates) finalités, les moyens de les accomplir, eux, relèvent complètement de leur imaginative responsabilité. Quand la raison est le génie (laborieux) des moyens à y mettre en œuvre, elle s’appelle (disait encore l’ami Aristote) la prudence ; et le degré zéro de la prudence, son minimum incompressible, c’est l’intelligence d’éviter le pire dans ce qu’on fait. C’est l’art de la précaution.

Même les activités les plus sublimes, quand elles sont humaines, doivent prendre leurs précautions (le psychanalyste doit vérifier la solidité de son divan, le parent celle du berceau, l’héritier celle du legs), parce que l’homme est l’animal qui doit vivre avec ses rêves, avec son origine, avec ses morts, avec d’autres consciences de soi et surtout avec l’infini (avec au moins les trois infinis, par principe inépuisables et irréductibles, de l’espace, du temps et de la complexité). La prudence avec et devant l’infini est donc le propre de l’homme. L’intelligence des chemins à suivre (car telle est la prudence) est une vertu cruciale en l’homme, parce que tous les chemins sont mortels, et tous aussi sont, finalement, à horizon indéterminé. Et c’est vrai aussi  du cheminement intérieur que l’homme ne peut éviter : une précaution infinie (car l’avidité, la peur, la partialité reviennent sans cesse, jusqu’au dernier instant) s’impose. Même au poète, puisque son chant de la vie est lui aussi chose fragile, événement faillible, et que, responsablement exposé au Tout et à l’intime, son alternative est claire : le lyrisme intelligent ou rien (rien, c’est à dire le pauvre délire, le mutisme ou la logorrhée criminelle).

Mais justement, il n’y a pas de précaution infinie.  Une précaution, c’est une action préventive, et l’infini ne peut justement être ni agi ni prévenu : on ne peut ni transformer ni anticiper le sans-mesure. La précaution n’a de sens que comme mise en garde adressée par une finitude à elle-même (attention à ce que tu pourrais devenir ! Agis pour remédier aux insuffisances de ta puissance d’agir ! Passe aux toilettes avant la représentation admirable et à la pharmacie avant le contact désirable !). L’infini dont parle Eric Sautou est certes moins prosaïque, et moins explicite, mais, même exprimé de manière négative ou indéterminée, il est tout aussi prégnant et réel ; par exemple sous ces trois formes :

« il y a toujours plus loin sur terre »  (p. 82, 83, 89,91,100),

« on n’aime probablement jamais d’assez près » (p. 87)

et : « je ne sais pas mourir » (p. 70)

Il y a donc une sorte de méditation de principe chez le poète, qui se formule pour tous : l’infini n’est certes pas à notre portée, mais il est notre affaire. Les dangers de la vie humaine sont innombrables (puisque toutes les possibilités sont dangereuses, et que l’homme se représente l’innombrable), mais ils sont libres. L’homme a accès à divers infinis, et à diverses rubriques de chaque infini, mais il peut les faire jouer, en sa faveur, les uns contre les autres. C’est, à mon avis, là vraiment ce qu’Eric Sautou comprend et fait comprendre. Mais ce jeu de compensation sublime est lui-même limité et transitoire, comme une nuance.

Par exemple, comme on disait, les hommes ont seuls conscience de leurs rêves (il ne leur échappe donc pas que leur esprit pour partie, et par à-coups, leur échappe), de leurs morts (leur fidélité aux disparus se doit d’être créatrice, puisqu’elle-même disparaîtra), de leur origine (ce qui leur permit d’exister a dû contenir ou gagner sa propre permission d’existence), ou du ciel (l’univers se contracte pour  concrétiser ses gains et s’étend pour diluer ses pertes), mais ces objets indéfinis ou immaîtrisables (rêves, morts, matrices, socles meubles et horizons étanches) communiquent entre eux en et par l’homme.

Ainsi de la double conscience des origines et de la mortalité, qui fait ou fera prendre le deuil de ses parents :

« moi non plus je n’ai pas la réponse

à la question

que tu es devenue (je te parle pour rien) »     (p. 24)

« chaque jour

je reviens vers toi (il n’y a pas de route vers toi) j’étreins

le doux fantôme de l’image la lumière du ciel la maison est

enfouie »   (p. 31)

La double conscience de la mort et de l’infini, qui fait saisir que les morts sont sans défense où qu’ils soient (dans le néant comme dans l’être) :

« les morts ont froid la nuit

et trois pièces d’or dans l’étang

puis plus rien plus jamais

aucune voix jamais

les morts ont froid la nuit

et voient grandir l’ombre la peur

dans la dure terre et l’oubli »  (p. 51)

Celle de l’origine et du ciel, qui fait sentir qu’on n’est né que dans, par et pour le réel (aucune matrice ne nous programme hors de la raison terrestre),

« elle retire

mes bottes de sept lieues

elle est le capitaine elle me barre la route »  (p. 59)

« c’est maman

toujours assise

debout

ailleurs ou ici-même

elle est le fil de ma raison

elle rebâtit tous mes colliers »   (p. 49)

ou celle du ciel et de la mort :

« et je vois bien la même étoile

mais ce n’est qu’une même étoile »  (p. 67)

La bête n’aperçoit pas la corde tendue par l’infini, mais ainsi elle ne souffre pas, elle, de n’être pas tirée à lui !

« avec le vent il ressentit l’immensité où il n’était pas

il ne put interrompre le mouvement ascendant »  (p. 106)

et   

« comme on s’agrippe à la corde au fond du puits (mais elle ne monte pas) »   (p. 118)   

On pardonnera ici que je n’analyse pas la dense et précise (et énigmatique !) expressivité de notre poète (Angèle Paoli ou Ariane Dreyfus, qui ont salué l’œuvre d’Eric Sautou, l’ont très bien fait), mais j’ai juste voulu accompagner un peu sa très belle et troublante méditation sur la précaution infinie.

L’infini est certes décourageant (comment venir à bout du sans-mesure?), mais il n’est pas, si l’on peut dire, fatiguant. Il est même plus hospitalier que le fini (car l’infini est également présent en toutes ses parties, alors que le fini contient toujours en lui moins que son propre tout : la série des seuls nombres pairs est aussi illimitée que celle de tous les entiers, les uns et les autres infinis ; alors que les seuls plaisirs n’égaleront jamais le nombre des affects, les uns et les autres finis). Et, puisque l’infini est, contrairement au fini, identiquement accessible en toutes ses parties, ouvert en son tout en tout point de lui, la précaution infinie, suggère notre poète, est toujours d’abord la pudeur.

Et la pudeur se mérite car elle se hérite (de l’amour du père et de la mère), comme le suggèrent deux passages extraordinaires de l’auteur (mère, p. 109-111 ; père, p. 112-3). Le père de chacun peut seul nous faire nous efforcer à l’impossible (trouver le bien plus intéressant que le mal, respecter les secrets qui nous nuisent ou nous desservent), comme seule notre mère (qui en nous mettant mortellement au monde aura choisi notre propre incomparabilité) a pu nous apprendre à nuancer l’invivable :

« qui fut mère debout tout au bout du couloir

(ses colliers ses médailles en or fané dans des boîtes)

qui refermait sa main sur des mots disparus, qui larmoyait, que peu ou mal entendre toujours impatientait

qui voudrait que rien ne se perde, qui vit dans la modeste maison de sa raison

qui n’eût pu être mère d’aucun autre fils »   (p. 111)

©Marc Wetzel

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Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages.

Chronique de Lieven Callant

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Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages.


Sous ce titre sont rassemblés plusieurs textes de Babouillec, pseudonyme pour Hélène Nicolas, jeune-femme diagnostiquée « autiste déficitaire à 80% ». Elle n’a pas accès à la parole et sa motricité ne lui permet pas d’écrire autrement qu’en utilisant un alphabet de lettres cartonnées qu’elle aligne une à une jusqu’à former des mots, des phrases, des textes d’une qualité aussi surprenante que remarquable. Malgré qu’on ne lui ait jamais appris à lire et à écrire, Babouillec écrit depuis 2006 une poésie qui renoue avec ses origines. L’écriture poétique de Babouillec est aussi un vaste champ d’expérimentations créatrices. Ailleurs et là où les phrases ploient sous le lourd fardeau d’une modernité desséchée et d’un nombrilisme vaseux, ici bien au contraire on rencontre une poésie débridée, des mots qui servent de points d’attache à une construction mentale rayonnante qu’on appelle espoir. Babouillec écrit par nécessité vitale, poussée par l’élan curieux de comprendre, d’acquérir des connaissances mais surtout par une volonté peu commune de partager, d’entrer en relation avec l’autre. La poésie est son fil d’Ariane, elle la guide à sortir du dédale de son cerveau.

« Il marche comme un ouvre-boîte mon cornichon de cerveau, alors il découpe la matière qui se vide de son sens. Je me retrouve blottie dans une tête sans étagère et commence le périple du rangement ».

L’écriture l’aide à combattre les limites normatives et sociétales qui visent à la maintenir prisonnière. Prisonnière d’un symptôme, du regard porté sur elle et imposé par la société de la norme, des codes à respecter si l’on désire être considéré en tant qu’humain. Babouillec sait fort bien qui elle est et comment son cerveau fonctionne, dans quelles limites fonctionnent les nôtres et comment les habitudes, les traditions intellectuelles façonnent les champs ouverts en chemins sinueux et balisés. Elle sait qu’elle ne peut s’y conformer sans perdre sa qualité si particulière et personnelle.

La poésie comme un long ruban de lumière, comme une naissance permanente, comme une tentative d’accorder son univers à celui de l’autre, des autres, comme s’ accordent entre eux les différents instruments d’un orchestre. Babouillec cherche et trouve des issues.

Lire les textes de Babouillec, c’est accepter de se laisser emporter par les flots de mots en leur posant toutes les questions, c’est marquer son accord de se laisser transpercer par les vides de nos langues de bois, nos contradictions et nos évidences sournoises. Lire Babouillec, c’est rire avec elle, c’est partager son opiniâtreté à tenter ce qu’on ne tente plus. Ce n’est plus juger de ce qui est utile ou ne l’est pas.

L’univers de Babouillec n’est pas confit de certitudes, elle voyage d’un extrême à un autre sans jamais se reconnaitre dans les miroirs de l’autre. Avec Babouillec on éprouve sa peine, sa difficulté, ses solitudes. Je comprends surtout que le problème, si problème il y a, vient de nous, de la société sujette à classer, à référencer, à énumérer et quantifier, à soustraire ou à ajouter de la valeur. Le problème est dans nos façons de dicter la loi, d’appliquer des règles et qu’exclure ce qui ne ressemble pas à ce que nous comptons récolter. Le problème est dans nos définitions de la poésie. Nous ne sommes capables que de lui imposer des limites. Les plus curieux surfent avec ses frontières, les plus heureux les franchissent mais la grande majorité se contentent de construire d’ épais murs sans véritablement comprendre ni même questionner leurs gestes.

La poésie n’a guère besoin de théoriciens, de bons pratiquants, de paroissiens fidèles, elle a besoin d’air, de liberté, d’espace. C’est ce que réclame Babouillec.

Les textes de Babouillec sont singuliers et inclassables. Ce livre comporte outre le texte qui lui a donné son titre d’autres textes rassemblés sous les titres de « Raison et acte dans la douleur du silence » et Je, ou Autopsie du vivant. Un film documentaire de Julie Bertuccelli retraçant le parcours de Babouillec est sorti en salle sous le titre de « Dernière nouvelle du cosmos ». Le livre comporte également une intelligente préface écrite par Pierre meunier auteur et metteur en scène, une introduction écrite par Babouillec où elle se présente et présente son livre. En annexe nous sont racontées la naissance et l’évolution de l’auteure, une biographie écrite par la mère de Babouillec clôt le livre.

Même si j’ai le sentiment que retirées de leur contexte elles perdent quelque peu de leur vigueur, je ne résiste pas à l’envie de citer quelques phrases issues du livre. J’espère qu’elles contribueront à laisser transparaître toute la dynamique du livre, l’énergie de la curiosité, le pouvoir que la découverte confère aux mots. Aucune lamentation chez Babouillec, pas de mélancolie non plus mais une logique lumineuse qui déboulonne la raison endormie par ses institutions.

« La perméabilité du subconscient libère tour à tour des zones d’ombre qui marquent leurs empreintes dans nos boîtes à penser comme un petit théâtre d’ombre et de lumière » p35

« Croyons-nous en l’humain comme un dieu qui fait l’histoire animée de l’oeuvre universelle écrite par lui-même pour « désoeuvrer » l’inscription sociale des démunis? » p35

« Le va-et-vient du conscient à l’inconscient du corps à l’esprit en bagarre de territoire pour imprimer l’information, la faire surgir du fond de nos habitacles soudés d’incertitudes.

Et ça cause, et ça cause.

Les limites d’exploration de chaque identité, règle fondamentale de note itinérance dans l’espace de l’autre. La

tolérance »

« Nous devons dès la naissance apprendre à compter sur nos propres ressources pour marcher dans le système préétabli du développement de la personne sociale intégrée.

Grand défilé de quatre pattes

Et tout le monde applaudit. »

« Nous survivons par l’instinct de survie, seul l’acte d’aimer nous sépare du vide. Acte dans l’absolu. »

« Des claquements incessants bruitent dans ma tête.

Une courroie s’est épuisée dans le combat utopique du tout contre le rien. Du rien contre le tout. Du tout ou rien. Du rien du tout. »

« Opaque lecture,

Nourricière des uns, meurtrière des autres,

Avec la même croyance du droit à l’existence.

Nos idéaux. »

« Mourir n’est pas de mise

Grandir dans la peur du jugement

Nous immobilise. »

« Le slogan, liberté égalité fraternité, in modernité, masque à utilité publique.

Sermon inscrit sur nos échanges monnayables. La valeur de notre liberté est identifiable à notre porte-monnaie. »



©Lieven Callant

Service de presse n°47

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Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

* A côté du sentier, nouvelles

M.E.O., 2015, 140 pages

Daniel Simon, né en 1952 à Charleroi, a fait de la mise en scène et de la production théâtrales pendant une vingtaine d’années, collaborant notamment à plusieurs projets au Portugal et en Afrique, où il anime des ateliers d’écriture.

Il a publié des poèmes, des textes brefs, des textes dramatiques, des nouvelles, des essais, des articles.

A côté du sentier rassemble des nouvelles autour de notre désir de retrouver des murs nus dans la maison du temps où nous passons. Notre époque se dit livre en marchant scrupuleusement à côté du sentier…

L’étau se resserre. Les illusions d’une génération se sont usées, des prévisions bancales les ont remplacées. La beauté du monde est toujours là, nous la cherchons obstinément dans le lointain.

* Le chat de Prague, récits

Claude Martin

Traverse, 2014, 140 pages

Agnès est au coeur de récits relatant son enfance et sa vie jusqu’à l’âge qui vient.

Tel le Chat de Prague, Agnès saisit l’essence des gens qui l’entourent comme s’ils étaient colorés et uniques. Souvenirs perçants, saisissants, réalistes. Claude Martin nous offre un regard vir, une langue souple, un amour inconditionnel de notre humanité.

Claude Martin a passé son enfance à la campagne. Venue à l’âge de quinze ans à Bruxelles, elle devient institutrice, puis directrice dans une école de pédagogie ouverte et progressiste (Saint-Dominique, Schaerbeek). Elle présente son premier prix en « Arts de la Parole », en 1972, au Conservatoire de Bruxelles. Aujourd’hui, elle accompagne de jeunes élèves dans le cadre du suivi après-scolaire. Elle participe à l’Atelier d’écriture de Traverse asbl depuis sept ans. Le Chat de Prague est son premier livre.

* Le ciel est bleu, ma mère est belle

Jeanne Champel-Grenier

France-Libris, 2016, 130 pages

* Ciels d’enfance

Louis Goffin

L’Harmattan, 2016, 269 pages

Ciels assombris par la guerre, ciels nuageux de la vie familiale, ciels rougeoyants des lueurs de l’aciérie, ciels grisâtres des localités industrielles et tous les ciels bleu-rêve d’un enfant choyé. Autant d’atmosphères qui baignent les images du passé, en résonance avec le destin du narrateur.

C’est une exploration lucide de la mémoire vivante: elle se réapproprie et recompose des souvenirs directs et indirects d’une enfance d’autrefois, enracinée dans une région de sidérurgie et marquée par la guerre 1940-1945.

Au-delà d’une trajectoire individuelle, le livre évoque une société en mutation économique, sociale, culturelle. Elle est aux prises avec les événements mondiaux qui ont bouleversé l’Histoire au cours de la première moitié du vingtième siècle.

Romaniste et sociologue, professeur d’université retraité, Louis Goffin a enseigné des matières relatives à l’environnement en Belgique et au Sénégal. Il s’est aussi intéressé au monde des sidérurgistes de la Lorraine belge, à leur mentalité, ainsi qu’à l’histoire de cette région où il est né et a toujours vécu.

* Forêt rêve de lumière

Didier Ober

Encres vives, collection Encres Blanches, 2014, 20 pages A4

Michel Cosem, 2, Allée des Allobroges à F-31770 Colomiers

Une longue marche contemplative en forêt plonge dans un rêve éveillé. Forêt douce et enveloppante telle une fourrure végétale. La forêt est un rêve de lumière, d’où son rayonnement, comme si la lumière émanait de la végétation – même la nuit, sous l’étrange clarté lunaire. Cette lumière se fait intérieure – Conscience lumineuse – intérieure comme le rêve. Rêve éveillé… Entre rêve et réalité… Réalité surnaturelle… La forêt rêve aussi…

* Là-bas

Bernard Schürch

Rafael de Surtis, 2015, 52 pages

* N’oublions jamais les caresses

Evelyne Wilwerth

roman

M.E.O., 2017, 110 pages.

Que va-t-il se passer sur cette place en demi-cercle dont la circulation s’affole? Sous un ciel qui brutalement s’assombrit? Vent de folie cosmique? Un danger pointe, enfle et vise l’un des personnages.

Mais lequel et pourquoi? Lausanne et Canberra, les amants sublimes? L’enfant Nadim? Athanase le bedonnant? L’étranger Frisée? L’artiste Apolline?

Puis ce mystérieux ON, dont le regard voyeur se braque tour à tour sur les protagonistes… Que cache-t-il? Qui cache-t-il? Vision d’une humanité en déliquescence? Ou en renaissance?

Un vertige, une incandescence, brassant érotisme, suspense et infinie tendresse.

Evelyne Wilwerth est une écrivaine du corps et de la sensorialité. Elle adore jongler avec les genres littéraires: la nouvelle, le roman, l’essai, la biographie. Elle est également sur le terrain avec ses ateliers d’écriture ludiques et fouettants.

* L’ombre du reflet

François Iulini

Chloé des Lys, 2016, 68 pages

A l’image de la lance prodigieuse d’Achille qui sauva le jeune roi de Mysie qu’elle avait auparavant blessé: Amoris vulnus sanat idem, qui facit (Publieus Syrus: En amour, qui fait la blessure la guérit).

Ne désirant pas être moins généreux qu’Achille ou moins reconnaissant que le fils d’Hercule, je remercie la vie de chacune de ses blessures et ses bienfaits, par ces quelques poèmes.

* Pensées nocturnes – Night Thoughts – ouvrage bilingue

David Gascoyne

Black Herald Press

poème radiophonique traduit de l’anglais par Michèle Duclos

Préface de Roger Scott Après la parution en français de La vie de l’homme est cette viande de David Gascoyne, dont on fête cette année le centenaire de la naissance, Black Herald Press propose une édition bilingue de son poème radiophonique, Pensées nocturnes, diffusé en 1955 par le Third Programme de la BBC. Au sommaire : le poème en trois

volets (« Les Veilleurs de Nuit », « Carnaval Mégalométropolitain », « Rencontre avec le Silence »), « Le Poète et la Ville » (1981), essai de Gascoyne inédit en français, et une postface de Roger Scott – ami, archiviste, éditeur du poète et spécialiste de son œuvre ; le tout dans une traduction de Michèle Duclos.

« Ce cri d’angoisse mortelle montant de l’âme en sa nuit obscure

Arrive jusqu’à vous maintenant : Écoutez-le. Je m’interroge :

Étant Dieu, l’entendant, lui refuseriez-vous toute audience,

L’ignoreriez-vous et détourneriez-vous l’oreille ?

Vous avez entendu un cri, mais les cris sont myriade. »

Diffusé en 1955 par le Third Programme de la BBC et publié en 1956 en Grande-Bretagne, Pensées nocturnes, poème radiophonique pour plusieurs voix de David Gascoyne (1916-2001), se présente comme une déambulation en trois volets dans une ville nocturne – en l’occurrence, Londres – qui revêt des formes multiples : cité réelle, rêvée et assoupie, puis fantasmagorique et hallucinatoire, enfer souterrain et ultra-mécanisé, enfin silencieuse et apaisée, rendue à la Nature, à l’espoir et à la renaissance. Partant du thème de la Cité primitive et mythique devenue « Mégalométropolis », le poète dépeint tant « le vide éthique qui est au cœur de notre monde » que la figure du Solitaire perdu dans la multitude, tantôt « privé d’âme et d’individualité », tantôt luttant pour préserver son humanité. À travers cette exploration tour à tour tragique, satirique et existentielle de la Ville, le poète entend aborder « la nuit spirituelle » inextricablement liée à la civilisation moderne et souligner sa quête incessante de lumière, seule capable « d’écarter l’obscurité du Vide », pour citer Roger Scott, et de nous permettre d’accéder à une « solitude partagée ». En complément, deux textes, l’un de David Gascoyne, « Le Poète et la Ville », l’autre de Roger Scott, en postface, retracent la genèse de ce triptyque poétique et ses influences, parmi lesquelles les « Villes » de Rimbaud, le Paradis perdu de Milton, l’Enfer de Dante, ou encore La Terre vaine de T. S. Eliot.

David Gascoyne, l’un des grands poètes britanniques du xxe siècle, est l’auteur de plusieurs recueils – dont Roman Balcony, paru alors qu’il n’a que 16 ans, La vie de l’homme est cette viande, La Folie de Hölderlin et Poems, 1937-42. Dès 1933, lors de ses séjours en France, il fréquente de nombreux artistes et écrivains (Breton, Dalí, Ernst, Éluard…) avant de lier amitié avec Benjamin Fondane et Pierre Jean Jouve. D’abord influencé par le surréalisme (on lui doit le premier ouvrage en anglais consacré à ce mouvement et la

traduction des Champs magnétiques de Breton et Soupault), Gascoyne s’en détachera pour se consacrer à une poésie humaniste et spirituelle. Son œuvre, d’une originalité saisissante et visionnaire, est marquée par une profonde angoisse existentielle, empreinte d’un mysticisme prophétique et tourmenté.

* Poèmes insolites

Véronique Guyotot-Lanz alias EOA

Chloé des Lys, 2016, 66 pages

EOA est une artiste plasticienne poético singulière agrippée au mont chauve qui aimerait ressembler à la sainte-vierge. Elle invente des historiettes de coeur et de corps calleux qu’elle met en scène dans ses « petites cristallisations ». Bref, elle cristallise et poétise. http://www.e-o-a.me

 » Amusant, sautillant, vivant, espiègle un peu, tout simple, mais avec quelque chose parfois d’un peu plus tendu dans le fond « .

Editions Alidades E. Malherbet

 » Votre écriture, votre façon de vous exprimer, tantôt amusante, voire espiègle, tantôt sérieuse, pétille d’originalité. EOA, vous êtes un électron livre, restez-le! C’est de la différence que jaillissent les plus beaux chefs-d’oeuvre « .

An Mazer Poésies, Annie Avril

 » C’est sautillant et gai. Quelle légèreté et quelle joyeuseté! Simplicité et fraîcheur. C’est décousu et charmant « .

Chloé des Lys

* Ressentiments distingués

Christophe Carlier

Phébus, 2017, 174 pages

Sur l’île, le facteur ne distribue plus de lettres d’amour. Mais des missives anonymes et malveillantes qui salissent les boîtes aux lettres.

Un corbeau avive les susceptibilités, fait grincer les armoires où l’on cache les secrets. Serait-ce Tommy, le benêt? Irène, la solitaire? Ou bien Adèle qui doûte tant les querelles? Ou encore Emilie, Marie-Lucie ou Félicien? Bien vite, les soupçons alimentent toutes les conversations. Et l’inquiétude s’accroit. Jusqu’où ira cet oiseau maléfique?

Avec L’Assassin à la pomme verte, Christophe Carlier avait séduit les amateurs de polars sophistiqués. Il nous offre ici une réjouissante histoire de rancoeurs, pleine de sel et vent.

* Retour aux muses!

Simon Baert

Chloé des Lys, 2016, 63 pages

Retour aux muses! Est une immersion poétique aux sources de l’inspiration, à l’essence même de ce qui pousse chacun à écrire.

L’auteur nous y conte ses muses, aux formes les plus diverses, sous les traits de femmes tour à tour divinatrices, sujets de fantasmes, amantes et faiblesses. Qu’elles soient mutines, coquines ou étouffantes, elles n’en restent pas moins indispensables.

Simon Baert est né le 12 septembre 1985 à La Garenne-Colombes.

Il est dessinateur de presse, poète, parolier, rédacteur, réalisateur de supports de communication, chroniqueur littéraire et de bande dessinée.

* La route des cendres, roman

Claude Donnay

M.E.O., 2019, 179 pages

Un matin de pluie, David ferme la porte de son pavillon de banlieue et, au lieu de prendre le RER vers le dépôt pharmaceutique où il travaille, se met en route, son sac bouclé sur le dos.

Quel lourd passé fuit-il, le regard rivé sur l’horizon? Pourquoi lui faut-il marcher vers le Nord, avec le vent et les mots de Kerouac dans la tête, et puis surtout ces images brûlantes de Serena pour lui mordre le ventre?…

Un peu de temps, juste un peu de temps, est-ce trop demander avant que la meute se lance sur sa piste?…

Claude Donnay est né à Ciney en 1958, l’année de l’Exposition universelle, mais il émigre vite à Dinant, dans la vallée mosane, avant de gagner à nouveau la captiale condruzienne où il enseigne.

En 1988, il fonde la revue Bleu d’Encre, qui paraît deux fois l’an aux solstices et, en 2010, Bleu d’Encre Editions pour faire connaître les poètes qu’il aime.

A ce jour, il a publié 17 recueils de poèmes et participé à plusieurs anthologies.

Il écrit aussi des nouvelles.

La route des cendres est son premier roman.

* Traverses

Cherche midi, 2017, 88 pages

La maison de douane désaffectée, où séjourne Jean-Claude Pirotte, est un lieu enchanté. En contrepoint de la magie du paysage, un désespoir s’insinue peu à peu dans les pages de ces Carnets tenus de juin 2010 à juin 2011. L’observation d’un pays aimé – la France -, avili par un certain Nicolas Sarkosy, mine l’écrivain. Alors que pour beaucoup le sarkozysme n’est qu’un épisode social et politique parmi d’autres, Jean-Claude Pirotte, jour après jour, l’associe à une perte irréversible de la dignité, qui prépare le terrain aux pires lendemains. La lecture de Déposition, journal écrit par léon Werth entre 1940 et 1944, lui inspire de troublants parallèles.

Visions graves ou notes plus légères, Traverses est un diamant noir, étincelant au travers des fêlures d’un monde de moins en moins respirable.

Jean-Claude Pirotte (1939-2014), peintre et écrivain, a reçu le prix Goncourt de la poésie et le Grand Prix de poésie de l’Académie française.

* Un jour, nous parlerons la même langue – Construire en visage, une identité, une vie

Esma Kemik

Couleur Livres, rue André Masquelier, 4 à B-7000 Mons

2016, 156 pages presse@couleurlivres.be http://www.couleurlivres.be

C’est l’histoire d’une jeune femme atteinte d’un syndrome rare, le syndrome de Treacher Collins. Esma est née avec une malformation du visage. Son combat est de mettre fin à une guerre de tous les instants et de dire : “Oui, j’ai gagné”. Mais Esma est face à un combat dur, lourd et long. Elle tient son visage en main comme un poids, mais aussi comme une puissance. D’abord, les opérations et les douleurs, les peurs et le stress, puis le retour dans les chocs de la vie et toujours se relever. Elle s’est toujours sentie comme une personne étrangère. Esma Kemik a écrit durant cinq ans le long cheminement de son accès à la vie.

* La zone, un itinéraire en errance

Bernard Schürch

Rafael de Surtis, 7, rue Saint-Michel à F-81170 Cordes sur ciel, 2016, 51 pages

Les revues suivantes :

* A l’index – espace d’écrits –, n°31, septembre 2016

Jean-Claude TARDIF

11, rue de Stade

76133 Epouville revue.alindex@free.fr http://lelivreadire.blogspot.com

Dossier: Arpo – Tarn en poésie 2016

Poète invité: Jean-Louis Giovannoni

Jean-Lucien Aguié, Georges Cathalo, Lucien Enderli, Carmen Fuentes, Emmanuel Laugier, Bernard Noël, James Sacré, Jean-Claude Tardiff…

* Arpo, n°83, automne 2016

bulletin de liaison de l’association. Centre culturel JB Calvignac, 24, avenue Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux. http://www.arpo-poesie.org contact@arpo-poesie.org

* Art et poésie de Touraine, n°226, automne 2016 et 227, hiver 2016, 38 pages A4

revue trimestrielle

10, rue du Clos Prenier à F-37540 Saint-Cyr-sur-Loire

prix de la presse poétique 2007 de l’UPF

prix de la presse poétique 2008 de la SPF

Association fondée en 1955 nicole.lartigue@bbox.fr

(Nicole LARTIGUE)

* Bleu d’Encre, n°36, hiver 2016

clos des tanneurs, 2/33 à B-5590 Ciney c_donnay@live.be.

(Claude DONNAY)

Dossier Béatrice Bonhomme

* Le carnet et les instants n°193, janvier à mars 2017, 50 pages

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 Bruxelles http://le-carnet-et-les-instants.net carnet.instants@cfwb.be

(Laurent MOOSEN)

* Le Coin de table, n°67-68, décembre 2016

Société des Poètes Français

16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris ; lamaisondepoesie@gmail.com

(Sylvestre CLANCIER)

Hommage à Jacques Charpentreau

Sylvestre Clancier: La Maison de Poésie

Jean-Luc Moreau: Jalons

Hommage des revues

Témoignages:

* Marie Botturi: Jacques Charpentreau, le chant et l’amour

* Jeannine Burny: Charpentreau Jacques et Carême Maurice

* Jean Hautepierre: Ma rencontre avec Jacques Charpentreau

* Vital Heurtebize: Jacques Charpentreau, maître d’école et poète

* Mathilde Martineau: Portrait d’un poète en directeur de revue

* Jean-Pierre Rousseau: A l’ombre d’un grand homme

* Robert Vigneau: Un si profond silence

Jacques Charpentreau: Florilège

* Comme en poésie n°68, décembre 2016

Revue trimestrielle de poésie

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

0033558435422 / 0033670585607 j.lesieur@orange.fr http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

(Jean-Pierre LESIEUR)

* Eclats de rêves, n°60, 2ème semestre 2016

Le temps de rêver

14, rue de la Glacière à F-81600 Gaillac

20 pages A4

00335 63 57 58 79

(Martine OULES)

* L’écritoire de Bousserez, n°94, septembre 2016 np, A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

91, rue de Bousserez à B-6769 Sommethonne irene.jacques@live.be

(Irène JACQUES)

* Handshake, n°94, 2016

5 Cross Farm, Station Road North Fearnhead,

Warrington, Cheshire, WA2 0QG, England

(John F. HAINES)

* Inédit nouveau, n°281, octobre à décembre 2016 et 282, janvier à mars 2017

32 pages A4 ;

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 La Hulpe

0032 2 652 11 90

(Paul VAN MELLE)

* Portique n°105, janvier à mars 2017, 52 pages

revue de création poétique, littéraire et artistique de l’Union des Poètes francophones

Mairie à F-84110 Puyméras http://portique.jimdo.com http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

* Rose des temps, n°26, septembre à décembre 2016

Revue de l’association Parole & Poésie ; prix de la presse poétique 2012 de la Société des Poètes Français

12, rue Théophraste-Renaudot à F-75015 Paris

00331 73 74 58 40 parole.et.poesie@gmail.com

(Patrick PICORNOT)

* Spered Gouez, L’esprit sauvage ; n°22

Centre culturel Breton Egin Ti ar Vro,

6, place des Droits de l’homme à F-29270 Carbaix-Plouguer

sous la direction de Marie-Josée Christien

(Michel HELLEQUIN)

25ème anniversaire

Eloge de la frontière

Kush et le Cloud House de San Francisco

Michel Baglin, poète du chant des hommes et du réel