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Jérôme Attal, La petite sonneuse de cloches ; Robert Laffont – Août 2019, (19€ – 263 pages)

Chronique de Nadine Doyen Jérôme Attal, La petite sonneuse de cloches ; Robert Laffont – Août 2019, (19€ – 263 pages) Jérôme Attal a l’art de débusquer l’entrefilet qui débouchera sur un roman. Pour 37, étoiles filantes, c’est une anecdote méconnue autour de la brouille entre Sartre et Giacometti qui lui sert de prétexte. Pour ce roman, c’est une ligne trouvée dans un paragraphe des Mémoires d’outre-tombe, que l’auteur cite « J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour ». Le récit d’ouverture campe un personnage dont on ne connaît au début que le prénom, se dirigeant chez un « gentil dentiste ». Son apparence physique (teint cadavérique) et son accoutrement choquent une patiente. Elle lui trouve cependant « du charme » émanant de ses « yeux ardents ». Ce chevalier de vingt-cinq ans, qui a déjà bourlingué, redoute la séance de torture qui  l’attend. Moment d’incompréhension et d’effroi quand on lui parle d’introduire « un pélican » dans sa bouche ! Le dentiste, mal perruqué, en guise d’anesthésie, lui conseille de se focaliser sur un souvenir agréable. Pour Chateaubriand et non …

Jérôme Attal    37, étoiles filantes    roman Robert Laffont

Une chronique de Nadine Doyen Jérôme Attal, 37, étoiles filantes, roman Robert Laffont.   Rentrée littéraire   16 août 2018 ( 312 pages –  20€)   Jérôme Attal  nous offre une déambulation dans le Montparnasse des années 1937 et met en scène deux personnalités en passe d’être reconnues : Giacometti vs Sartre. Tous deux se cherchent, aspirent à une renommée internationale, confie l’auteur. Heureuse coïncidence, ce roman sort quand on vient d’inaugurer, à Paris, l’Institut Giacometti. On connaît ses sculptures de « l’Homme qui marche », mais ironie du sort, c’est hospitalisé, le pied plâtré, qu’Alberto se présente à nous. Il ne penserait pas quitter cette clinique tant il y est chouchouté par le personnel. Pensez-vous donc, sous les blouses de ces nurses, « on trouve la peinture de Cézanne » !   Mais l’insulte assassine de Sartre, qu’on lui rapporte le frappe, tel un uppercut, et déclenche son besoin impérieux de vengeance. On le suit dans sa traque de l’ami/ennemi. Pas facile avec « sa sculpture portative », ses béquilles ! Réussira-t-il… ? Son frère Diego, en son absence, recrute les modèles. Mais les voilà …

Hommage à Gonzague Saint Bris par Jérôme Attal

Chronique de Jérôme Attal – 8 août 2017 Hommage à Gonzague Saint Bris   Je crois que nous sommes faits, comme le chemin que nous prenons, d’une somme d’apparitions et de disparitions. Nous tenons le cap, plus témoins que responsables -il me semble – de ces apparitions, de ces disparitions. Amis, amours, personnes qui font partie d’un décor qui est le nôtre, d’un entourage, d’une circonstance ou d’un projet, un temps donné. Depuis près de dix ans que j’incarne la dégaine et le cœur de mes livres avec bonheur dans les dédicaces, les rencontres en librairie et les salons du livre qui m’invitent à leur programme, maintes fois il m’est arrivé de croiser Gonzague, de le voir déambuler dans les couloirs des wagons de train, parler d’histoire de France, s’endormir derrière un journal ou danser jusqu’à plus d’heure le soir au milieu des filles qui dansent. Les filles qui dansent, ça me fout le bourdon. Mais un salon du livre sans qu’une fille puisse y danser, ça ne donne pas envie d’y mettre les pieds. …

Jérôme Attal, L’appel de Portobello road, roman, Robert Laffont ; (159 pages – 17€)

Chronique de Nadine Doyen Jérôme Attal, L’appel de Portobello road, roman, Robert Laffont ; (159 pages – 17€) La couverture, style Roy Lichtenstein, focalise notre attention sur le téléphone à cadran vintage, par lequel arrivera cet appel mystérieux. Modèle des années 1970 « déniché dans une boutique de Portobello Road », à Londres. Jérôme Attal nous plonge, en ouverture, dans un conte japonais. Surprenant. Mais ce mystère s’éclaircira dans l’épilogue ! L’auteur sait où il mène son récit et offre une construction originale, digne de l’atmosphère des films de Tim Burton. Entrent en scène deux Parisiens : Ethan, la quarantaine, musicien compositeur qui peine à percer, en mal de reconnaissance et son ami confident Sébastien à qui il confie la teneur de cet appel nocturne si improbable. Cauchemar ou pas ? Interloqué, sidéré, déboussolé par la demande de ses parents défunts, Ethan débute son enquête auprès de sa chère tante octogénaire, Sylviane. Mais peut-on croire les assertions d’une personne atteinte d’Alzheimer qui a donc tendance à délirer ? Toutefois,grâce à l’indice suivant recueilli :« Inspected …

Quelques questions posées à Jérôme Attal par Nadine Doyen à l’occasion de la sortie de L’appel de Portobello Road Robert Laffont

Quelques questions posées à Jérôme Attal par Nadine Doyen à l’occasion de la sortie de L’appel de Portobello Road, Robert Laffont Possédez-vous un téléphone vintage semblable à celui du roman ? Oui tout à fait. J’aime beaucoup utiliser des objets de mon quotidien pour mes romans. Ou de collecter des objets dans la préparation d’un livre, au même titre que l’on collecte des sensations, des sentiments. Et puis ça donne au lecteur un espace chaleureux. Le lecteur qui ouvre un de mes romans, je l’invite chez moi, dans mon univers. Qu’utilisez-vous de préférence : le téléphone fixe ou un smartphone ? Je crois qu’à ce niveau d’usage et de familiarité, c’est le Smartphone qui m’utilise ! Quel est le dernier appel reçu, si ce n’est pas indiscret ? Une journaliste qui me téléphone pour me dire qu’elle me rappellera pour que l’on cale une interview par téléphone. C’est beau comme du Beckett. Passez-vous beaucoup de temps au téléphone ? Oui mais la solitude me rappelle à l’ordre. On n’écrit pas pendu au fracas du monde. …