Armel JOB, Le bon coupable, roman, 301p. ; Robert Laffont, Paris, 2013.

Le bon coupable, Armel Job

  • Armel JOB, Le bon coupable, roman, 301p. ; Robert Laffont, Paris, 2013.

« On est tous coupables, d’une façon ou d’une autre. Chacun doit se débrouiller avec ses propres fautes. »

Armel JOB est un véritable conteur. Son histoire, parfaitement crédible, nous dévoile des personnages de milieux plutôt sordides face à d’autres qui ont réussi dans la vie. Mais le comportement des uns et des autres n’est pas toujours à l’égal de leur bourse et de leur condition.

Nous sommes dans les années 60, au lendemain de la seconde guerre mondiale, où chacun a ressenti différemment les affres des déportations, de la cruauté humaine et de la désespérante solitude…

Même si on devine la fin, on découvre à quel point l’âme humaine et surtout le souci de la réussite peuvent amener à des extrémités. Le paraître et l’être ! Armel JOB nous dévoile ce qui se trouve en chacun de nous, le bien et le mal, et la difficulté qu’il y a de trancher.

Un accident de voiture. Une fille renversée et tuée. Beaucoup se sentent responsables : les parents qui s’étaient disputés, Carlo qui avait trop bu et qui s’est retrouvé avec sa jeep et son van dans un ruisseau un peu plus loin du lieu du drame, le procureur qui est passé par là à toute allure au volant de sa rutilante voiture de sport… Et si seulement, mais avec des si…

Qui est le coupable ? Lui seul le sait, même si celui qui, volage et pochetron, finit par douter de lui…

Armel JOB nous enchante chaque fois qu’il sort un livre et pose les questions essentielles et existentielles. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Il pénètre à l’intérieur de chaque maison, nous décrit avec profondeur la psychologie de ses personnages, leurs rivalités, leurs émois, leurs questionnements…

La justice subit ici un sérieux coup de bambou. Est-ce qu’au nom de la loi, on peut tout se permettre ?

A lire absolument !

©Patrice BRENO

Jean-Claude Lalumière – La Campagne de France- le dilettante (288 pages, 17,50€)

Jean-Claude Lalumière – La Campagne de France- le dilettante (288 pages, 17,50€)

  • Jean-Claude Lalumière – La Campagne de France– le dilettante (288 pages, 17,50€)

Jean-Claude Lalumière renoue avec la veine humoristique du Front russe et prend sa revanche sur ses rêves de voyages avortés. Même ambiguïté dans le titre. La couverture ludique avec numéros de départements et blasons à identifier est comme un premier jeu de piste.

Quelle carrière embrasser après avoir compris, sur le terrain, que le métier d’enseignant n’est pas votre vocation? C’est le défi que relèvent Alexandre et Otto, deux dynamiques entrepreneurs, bardés de diplômes, en montant leur tour opérateur « made in France ». S’ils n’avaient pas des élèves la vision de Bégaudeau, ils ont par contre une érudition à partager, à transmettre et ont concocté des programmes culturels alléchants. On s’attend donc à des visites insolites, du dépaysement, à découvrir des régions, la maison d’un écrivain, mais pas à l’hécatombe d’avatars,d’imprévus, qui va jalonner les circuits. Leur premier challenge est sous le signe de l’amitié franco allemande.

Leur voyage inaugural fut affrété par une fédération d’agriculteurs. Mais avaient-ils pris connaissance de l’itinéraire? Du thème? Tourné vers la poésie? Une telle expédition n’était-elle pas utopique et vouée au fiasco? Et que faire des animaux les accompagnant?

Le bilan de Cultibus,dressé par le comptable, devrait alarmer les deux acolytes, mais ils récidivent.

L’expédition suivante tourne à l’enfer avec des ratées en chaîne. Encore heureux que ces « vieux schnocks » rompus aux aléas des voyages emportent toujours leur kit de survie. Mais comment tromper son ennui quand on reste en rade sur une aire de repos? Certains explorent les alentours, d’autres s’égarent dans les bois en bonne compagnie, une femme atteinte d’Alzheimer s’égare.

D’autres s’improvisent chasseurs, assurant ainsi leur repas. Les responsables auraient-ils démissionné? Négocieraient-ils avec les grévistes pour obtenir un laisser passer? On se demande quand ils vont sortir du tunnel? Les secours seraient-ils en grève eux aussi ou inexistants?

Quand vont-ils atteindre leur cerise sur le gâteau, Bergues, ce village sorti de l’oubli par un film?

Laissons au lecteur le suspense de quelques rebondissements supplémentaires dans l’épilogue.

Et si « un troupeau » de retraités était plus difficile à gérer que des élèves de banlieue?

Alexandre n’envisage-t-il pas de reprendre l’enseignement? L’auteur glisse une digression sur l’éducation et pointe ces diplômes qui ne servent à rien et ne garantissent pas un avenir prometteur.

Seul un miracle( comme dans le Testament américain de Franz Bartelt) pourrait sauver leur entreprise. Et leur mécène se révélera être Grégoire qui vient de leur fausser compagnie.

Au fil des kilomètres avalés, les personnalités des deux voyagistes se démarquent. Une ambiguïté dans leur relation se dessine. L’affection qu’ Alexandre nourrit pour Otto est de plus en plus ardente. Son besoin de lui en témoigner le fourvoie dans des situations délicates,périlleuses, même, d’autant plus burlesques qu’Otto est indifférent à ses propositions de promiscuité, de partage de chambre. Alexandre va connaître les affres de la jalousie. Comment leur amitié va -t-elle traverser les tempêtes, cette errance improvisée dans l’urgence? Leurs chemins vont-ils se séparer?

On croise une farandole de personnages hauts en couleur : professeur, ancien militaire, chauffeur, maire,une femme « échappée d’un tableau de Botero », Josy , qui tient sa baraque à frites, un garagiste, collectionneur de photos grivoises. Plus tard, c’est Carmen, qui tente de réconforter l’amoureux éconduit par un proverbe espagnol. L’auteur les croque sans complaisance, ces retraités débordés, flirtant avec la caricature. Il ne se prive pas pour épingler ces voyages qui déversent des hordes de touristes, dénonçant au passage le manque de sécurité, vu l’entretien négligé des autocars.

Le bus n’était -il pas « devenu un corbillard qui convoyait leurs rêves au cimetière »?

Il sait nous restituer l’ambiance de ces groupes où se côtoient les impatients, les bavards, les forts en gueule, les gloutons,les pochtrons, ceux pour qui « du Bellay » n’évoquent que le digestif, ceux qui s’invectivent,les râleurs, les grincheux, les blagueurs,le séducteur, un bel échantillon de la comédie humaine, plus intoxiquée de télé que nourrie de lectures. D’où les confusions entre Cholet et Cherbourg, Giraudoux et Giraudeau! Et devant leurs préférences pour des lieux sinistrés et les magasins d’usines!le fossé culturel et générationnel entre les autocaristes et leurs « ouailles » se creuse. Jean-Claude Lalumière pose son regard caustique et goguenard sur ses congénères.

En virtuose de la verve satirique, par ses allusions au « gras mammouth »,à La princesse de Clèves, aux émissions culinaires et name dropping( égratignant des people de la politique) il multiplie sa charge contre notre société ( délocalisations, patrimoine culturel disparu, la laideur des zones industrielles la construction à l’économie, le savoir français en régression…).

Le tour de force de l’écrivain réside dans sa capacité de nous faire vivre l’odyssée de « cette bande de vieux branquignols » ( victimes de la loi de Murphy), et de nous embarquer dans leur galère, leurs tribulations cauchemardesques. Les nombreuses scènes guignolesques ( le rodéo de l’ex-chauffeur), les situations absurdes ( l’eau bénite) voire épiques comme la révolte des agriculteurs, «La Saint -Barthélemy du poulet » ou l’épisode du « coming out par effraction » d’Alexandre, « une épiphanie collective au forceps », déclenchent un frémissement de nos muscles zygomatiques.

D’autre part, Jean-Claude Lalumière excelle dans le choix des patronymes, l’art de la formule, toutes savoureuses. Il pastiche Victor Hugo: « Le lendemain, dès l’aube, à l’heure où en d’autres saisons blanchit la campagne ». Il nous divertit par la variété des niveaux de langue de ses protagonistes,leurs accents, les quiproquos ( ellipse, éclipse),le contresens sur Yalta, ses comparaisons: les platanes« alignés comme des pèlerins en pénitence » ou « des doigts taillés comme des andouillettes ». La poésie s’invite dans les paysages( explosion des bourgeons) ou dans des cheveux faisant songer au « spectacle inoubliable d’un coucher de soleil sur la Toscane »

Si les choix proposés par les deux autocaristes n’étaient pas la tasse de thé de leurs clients ( déplorant leur « indigence culturelle »), ils sont pour le lecteur autant d’horizons à explorer.

Nul doute que le voyage le plus sûr,le plus exaltant, le plus jubilatoire se fera immobile avec La Campagne de France, « Une parodie de Koh Lanta », portée par le vitalisme de son auteur.

Jean-Claude Lalumière signe un mémorable road trip à travers la France, délirant, criblé de péripéties, très ancré dans l’actualité, auxquelles le lecteur est bien heureux d’avoir échappé.

©Nadine DOYEN

Charles VERFAILLE «  Que dire encore ?… » Editions Thierry Sajat – 2011 – (103 pages) Préface de Véronique Flabat-Piot.

Charles Verfaille

Charles Verfaille

 

  • Charles VERFAILLE «  Que dire encore ?… » Editions Thierry Sajat – 2011 – (103 pages) Préface de Véronique Flabat-Piot.

Simple, le titre se veut tout à fait évocateur, en effet ayant atteint une certaine période de sa vie : « Que dire encore ?… »

Pourtant au fil d’une longue expérience, tout reste à dire, ici Charles Verfaille le fait avec l’élan d’une passion et d’une émotion encore intactes ! Le poète nous fait don de lui-même.

Ainsi que le souligne Véronique Flabat-Piot dans sa clairvoyante et avisée préface : «  C’est à la rencontre de l’homme que nous convie aujourd’hui Charles Verfaille. »

Il nous situe également vers la prise de conscience de l’Un, par l’Unique unité du Grand Tout !

« Que dire encore ?… », est bien l’ouvrage à effet miroir, à l’image de son auteur, sorte d’autoportrait émanent et immanent de délicatesse, de prévention, de gentillesse, d’humour subtil avec sa touche de dérision, car à quoi bon se prendre au sérieux ? Surtout pas !

Oui, tout sans doute a-t-il été dit, mais savoir encore le transmettre en est le but suprême.

Méfions nous des auteurs « tordus » prêts à tout pour se distinguer, se gargariser, s’illusionner, sauf à écrire simplement avec brio.

Charles Verfaille ne triche pas, ne cherche pas à briller, à éblouir, chez lui c’est la voix de l’homme qui tonne, le souffle du cœur qui prédomine.

« Je chanterai ce que je sens, sincère et clair ;

Et je me garderai des paroles en l’air…/… »

Il n’a de cesse que de préserver le beau, le sacré, voire le Divin.

« Si tu veux mériter le nom de créateur,…/…

Musicien, poète, ose affronter l’immonde…/…

Cultive la beauté, c’est ton devoir d’artiste ; …/… »

Notre poète tente de s’extirper du monde de la laideur, de la torpeur, tel est à son sens la fonction de l’artiste, celle de célébrer la beauté, la vérité et surtout ne pas prêter sa plume, ni son pinceau aux mensonges et à l’usurpation.

Mais Charles Verfaille sait parfaitement faire de sa poésie un espace ludique, railleur, ironique à l’humour parfois caustique ou un tantinet moraliste, toujours en sachant jouer à souhait de la dérision.

Dilemme, il n’est pas toujours aussi évident d’être soi même !

Interrogation ou réflexion sur la vie, la mort, celle que l’on sait proche et qui rode narquoise fauchant ici et là parents, amis, amours, avec toujours en suspens l’immuable question :

« Oui mais après qu’adviendra-t-il ? »

Le doute s’installe pour « celui d’en haut » qui se tait, se voile et ne laisse rien paraître depuis sa tour d’ivoire. Mythe ou réalité ? Plus que jamais la question reste posée.

Ce recueil est une forme de testament, celui d’un constat, d’un parcours de vie d’un homme face à lui-même avec ses hauts et ses bas, ses rires aux éclats, ses larmes en cascade.

Un ouvrage qui laisse flotter ici et là quelques sages consignes armées de bon sens. Libérée ou classique, Charles Verfaille donne à sa poésie une voix humaine ponctuée d’amour, d’humour avec toujours une note d’objectivité.

Au terme de cette petite réflexion, je ne peux que vous recommander la lecture de ce livre débordant de sagesse, émouvant, qui ne peut en aucun cas nous laisser indifférents.

Un livre qui porte bien haut toutes les facettes de l’existence comme un talisman.

« Je voudrais vivre encor pour répandre l’amour sublimé ;

Je voudrais vivre encor pour qu’on m’aime en retour. »

« L’étreinte des époux entre en terre sacrée

 Quand l’acmé du plaisir par l’amour

Les fond, suprême extase, en un seul être aimé,

Que recrée en l’Instant l’Unité restaurée. » (1)

Un livre rempli d’espoir et d’amour envers le mystère et l’apogée de la vie, tout simplement !

(1) Unité originelle, androgynie primordiale.

©Michel Bénard

 

Rome Deguergue « …de par la Reine…marcher dans la couleur du temps. » Préface de Jehan Despert. Traduit en roumain par Horia Badescu. Editions de l’Atlantique. Collection Phoibos. (Luxe 57 pages.)

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  • Rome Deguergue « …de par la Reine…marcher dans la couleur du temps. » Préface de Jehan Despert. Traduit en roumain par Horia Badescu. Editions de l’Atlantique. Collection Phoibos. (Luxe 57 pages.)

Pluriel ou singulier, singulier et pluriel. Versailles !

Oser une fois encore se projeter dans le château de Versailles n’est certes pas une affaire anodine si l’on veut échapper aux clichés. Il faut être aveuglément amoureux pour se risquer encore à rivaliser ou à défier Versailles.

« Le soleil est sa devise et sept planètes signent

les pièces royales de leur illustre patronyme. »

Dans le sillage et à l’instar de ses pairs Rome Deguergue n’échappe pas à la règle, est-ce ce message, cet hymne à la beauté de la magie esthétique, ce rêve lapidaire qui conduisent notre poétesse sur les allées versaillaises ?

Ici les poèmes sont en effet miroir comme le symbolise si bien la photographie préliminaire que nous devons à l’objectif romantique de Yan Le Lohic.

Par le verbe peaufiné, enluminé, la visite commence avec un moulin planté aux quatre vents sur un écrin vert, rouge et or.

L’introduction nous situe dans une écriture descriptive, qui peu à peu nous invite à une ambiance se poétisant.

« Tandis que l’orgue réchauffe la mosaïque de marbres,

des notes baroques cisèlent les voûtes de couleurs. »

Révélateurs, les textes provoquent l’enchainement et nous ouvrent les portes secrètes de la fabuleuse intimité du château. Ils subtilisent au passage un sourire énigmatique à la Joconde avant d’aller prendre un « vert » avec l’ami Véronèse.

C’est un hommage à la couleur, aux révélations picturales des grands maîtres flamands, italiens, français, où est retracée l’histoire de la France guerrière, conquérante, emperruquée, séductrice, courtoise mais pourtant humaine, trop humaine.

Rome Deguergue, interroge ici le temps qui se reflète dans les grands miroirs qui retiennent toujours la mémoire du roi, de la reine et de quelques courtisanes. Notre amie ne peut se priver de nous inviter à quelques rêveries érotiques laissant filtrer d’intimes rumeurs d’alcôves.

« Amours et calomnies ! Amours et liaisons de la Reine ? »

Véritable visite guidée dans le sillage parfumée des fantômes de la reine et des maîtresses « officielles ».

Tout n’est que succession du titre du poème au texte, du texte aux lieux, cabinets, appartements, opéra, chapelle, galerie des glaces, petit et grand Trianon et tous ces systèmes ingénieux qui donnent un souffle de vie aux grands espaces des jardins du château.

Deux écritures, deux voix, le signifiant regard de l’attention, du narratif, du témoignage et le signifié, l’invitation ténue aux rêves en promesse, aux jeux clairs-obscurs, à l’intemporel, aux amours saupoudrées.

Rome Deguergue comme les peintres cligne des yeux afin de mieux discerner son sujet et s’en éblouir !

Et si par ses vers, elle voulait combler une absence, un vide de féerique, un jardin magique, et si elle voulait y retrouver ses rêves d’enfant ?

« …/… rêves en bleu céleste.

Jeux infinis de miroirs pour fêtes supra-extra-ordinaires. »

Par sa poésie Rome Deguergue ajoute sa pierre à l’édifice solaire, c’est son informel besoin d’amour.

©Michel Bénard

Les lectures du mois janvier de Patrick Joquel

Les lectures du mois de janvier de Patrick Joquel

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poésie

Christophe Jubien

Christophe Jubien

Titre : Les mains autour du bol à fleurs

Auteur : Christophe Jubien

Editeur : editions Echo Optique

ISBN : 2-908088-48_7

Année de parution : 2 012

Prix : 8€

Un recueil de haïkus. Présentés par trois. Un bel ensemble, bien cohérent. Avec bien sûr pour chacun des perles ; question de lecteur, d’attente, de complicité. Pour moi, en voici trois :

Coccinelle sur un mur

Ce n’est plus tout à fait

Une journée de travail

Epluchées lavées

Sur le rebord de la fenêtre

Quatre carottes

Et pour cette complicité avec Norge

La paix conclue

Avec la mouche

L’étendre au monde

*

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Titre : Un éléphant au paradis

Auteur : Thierry Casals

Illustrateur : Ana Yael

Editeur : Motus

ISBN : 978-2-36011-014-8

Année de parution : 2011

Prix : 10€

Le paradis… Les anges… Rêves d’enfances… Ou bien le vert paradis des amours enfantines si Agathe s’en souvient… Un peu de tout cela oui mais aussi beaucoup de douceur, de tendresse. On y croise un éléphant, passeur pour une vie au paradis… On discute avec les anges… On apprend qu’on les croise dans la rue, suffit d’ouvrir les yeux, le bon. On se dit que vivre au paradis c’est déjà tous les jours avant l’autre… Celui de l’éternité dont on apprend qu’elle a des durées différentes. Un livre vrai, léger, contemporain. Une belle réussite. Couronnée par le prix Sadeler 2012.

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quotidiennes pour résister

Titre : quotidiennes pour résister

Auteur : Georges Cathalo

Editeur : La porte

Année de parution : 2 013

Toute petite plaquette mais forte de résistance. Un hymne aux indignés, aux réfractaires. A tous ceux qui marchent en dehors des clous. Quand le poème s’engage auprès des droits de l’homme et contre la pensée unique, l’air devient comme plus léger. Quelques mots, quelques livres : pour vivre mieux.

*

tu vas attraper froid

Titre : Tu vas attraper froid

Auteur : Eric Sénécal

Editeur : Librairie Galerie Racine

ISBN : 978-2-243-04531-4

Année de parution : 2012

Prix : 15 €

Avec Et me sucer jusqu’à mourir, ça commence fort. Chute. Saignement. Solitude. Des petits pavés de prose qui accompagnent un enfant de dix ans qu’on empêche de voler… le drame de l’albatros et Mozart qu’on assassine. Ça remet les pieds du poème sur terre.

Le moribond moribondera ; un poème comme une feuille de route. La vie se termine mal on le sait, mais entre le premier cri et le dernier souffle, si tout est loin d’être un long fleuve tranquille et rose, il existe la résistance des beaux jours. Les éclairs de joie. De l’écriture à la faucille étincelles comprises.

Bout du quai/chair de souvenirs. Personnellement j’aime le géopoétique. Pas toujours, mais souvent. Ici la flânerie errante me convient ; je lui embraye le pas et entre dans la songerie déambulatoire de ce vieux quartier de Dieppe que du coup j’aimerais arpenter en compagnie d’Eric.

Ecrire parfois, écrire souvent apaise les raideurs de la nuque, retient le fouet de la branche de noisetier. On contemple l’Ecureuil, fraîchement.

se rappeler

pas se souvenir

le puits sans pièces regarde le ciel vide de son orbite énucléée

tant d’absence

poésie pour écoper le trou

L’absent ici c’est Dédé, l’aviateur, le héros… et le présent la froide réalité qui vient poser le silence.

Des poèmes… Des textes… Comme autant de moments de vie… Une vie d’homme.

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Roman

cartographie des nuages

Titre : Cartographie des nuages

Auteur : David Mitchell

Editeur : points

ISBN :978-2-7578-2696-6

Année de parution : 2012

Prix : 8.90

De 1850 à l’un de ces futurs ouverts à notre Terre, l’Histoire passe à travers quelques êtres humains. Leur point commun : une tâche de naissance. Le destin, sa marque. Plusieurs histoires qui se succèdent, s’entrecroisent, s’entremêlent. Tout se tient et tient à si peu.

Cet auteur nous offre de sacrés bons moments de lecture !

Trois ou quatre fois seulement dans ma jeunesse, j’ai entrevu les îles de la Joie avant que les brouillards, dépressions, fronts froids, vents mauvais et courants contraires ne les emportent… Croyant qu’il s’agissait des terres de l’âge adulte, je pensais les revoir au cours de mon périple ; aussi ne pris-je la peine d’en enregistrer ni la latitude, ni la longitude, ni la voie d’approche. Jeune et fieffé crétin. Que ne donnerais-je aujourd’hui pour obtenir une carte définitive d’un immuable ineffable ? Posséder, si pareille chose existait, une cartographie des nuages.

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David-Mitchell-Les-mille-automnes-de-Jacob-de-Zoet5

Titre : Les mille automnes de Jacob de Zoet

Auteur : David Mitchell

Editeur : éditions de l’Olivier

ISBN :978-2-87929-761-3

Année de parution : 2012

Prix : 24€

Fin 18e. Au Japon. Un roman sur fond de comptoir commercial, de choc culturel. D’ambitions diverses et de recherche de profit. Un homme, Jacob, tente l’intégrité. La différence. La fidélité. Ça se lit comme une conversation avec un bon compagnon. Dépaysement assuré. Humanité de tous les jours. Cet écrivain sur quatre livres lus, quatre bons livres. Ça fait plaisir.

©Patrick Joquel

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