Auteur : Serge

Xavier Patier

Chaux vive, Xavier PATIER, La Table Ronde, 2012, en librairie le 22/8/2012, 190p. ; 17€ – 1992, Bordeaux. Pascal, seul et solitaire (« je n’adressais jamais la parole à personne »), vit « dans le dénuement intérieur » et extérieur le plus complet. Sa chambre, spartiate (ni eau, ni four, ni frigo…), lui sert de refuge. Aubin, quant à lui, vit la grande vie, en apparence, et a tout à portée de main ! Bien entouré, bien fortuné, marié et père de deux enfants. Pascal et Aubain sont tous deux étudiants en histoire et anthropologie, à l’Université. Tout les oppose ! Mais la loi de la contradiction universelle fait qu’ils se rencontrent et ne parviennent plus ou très peu à se passer l’un de l’autre. En toute logique, ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais est-ce vraiment si fortuit ? Xavier PATIER nous livre là un roman philosophique où il pose l’air de rien les questions essentielles : qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? où allons-nous ? C’est aussi un véritable thriller où le lecteur se demande sans cesse comment c’est possible, jusqu’où Aubain va entraîner Pascal, …

Claude Donnay

L’heure des olives – Claude Donnay – illustrations de Claudine Goux – Bleu d’Encre Editions, 2011. – Il émane de ce recueil une force vitale, une énergie voire une paix qui nous transportent sur les récifs d’un lieu qui tourne dans la beauté du mystère (de l’amour) que contient chaque jour. Au revers de ses yeux La lumière prend-elle sa source Ou serait-ce le monde Qui transpire sous ses paupières ? On est ici en présence d’une poésie dont le cœur (amoureux) bat au rythme des calanques, des platanes, du laurier, du thym, du vin frais et des… olives ; on est ici en présence d’une poésie qui nous rappelle que le sens de l’existence doit être trouvé dans la simple joie d’exister. Me réveille une tourterelle Son cri impatient Derrière la toile L’aube tendue Muette et ton souffle En mesure  On est ici en présence d’un poète qui ose l’amour, accueille la beauté de chaque souffle et embrasse toutes les beautés et merveilles qui l’entourent. Comme si le soleil dans son écriture avait pris la parole, …

Daniel Simon

Quand vous serez suivi de échographies I/II et de « la dernière fois que ma mère est morte » –  Daniel Simon – Bruxelles : Editions M.E.O, 2012 – Dans ce recueil, Daniel Simon évoque la beauté fugace du monde, la fuite du temps(« le temps est notre plus précieux ennemi et nous devons l’aimer comme un amour qui s’éloigne ») et l’instabilité socio-économique ambiante. Mais plutôt que de se livrer à une « radiographie » du monde comme il va, le poète part de l’observation minutieuse de notre quotidien afin de dresser un portrait tantôt onirique tantôt réaliste de notre petite communauté humaine et mettre au jour la grandeur des âmes et des choses. Ainsi, à travers ces textes nés de rencontres et de perceptions diverses, Simon fustige un monde dans lequel l’individu a tendance a disparaître dans la masse monétaire et est séparé de ce qu’il est vraiment. Bref, en faisant le procès d’une époque où l’on a de plus en plus de mal à dissocier la réalité formelle de la réalité objective et où la superficialité voire la vulgarité deviennent …

Rithy Panh, Christophe Bataille

L’élimination, Rithy PANH avec Christophe BATAILLE, Grasset  (333 pages – 19€) – Ce récit à deux voix offre un éclairage bouleversant sur l’extermination par les Khmers rouges « des bourgeois, des intellectuels, des propriétaires » cambodgiens, sous le régime de Pol Pot. Rithy Panh part sur les traces des bourreaux qui lui ont volé son adolescence et ravi sa famille. Habité par trois objectifs : « comprendre, expliquer, se souvenir », il a choisi  de laisser un témoignage visuel (ses films dont S21) et écrit sur ce génocide dont il réchappa miraculeusement. Le récit, à la veine autobiographique, se divise en deux axes : ce que le narrateur a vécu, vu, entendu (un passé obsédant, lancinant comme une douleur) et ce qu’il a pu recueillir en exhumant des archives, des photos ou en interrogeant  des tortionnaires et Duch dans sa prison. Tout a basculé le 17 avril 1975, date à laquelle les parents de Rithy Panh et bon nombre de fonctionnaires étaient devenus « des oppresseurs » à éliminer. Les voilà déplacés, ballottés, d’un lieu à un autre, séparés, affectés à des camps, …