Auteur : Serge

Lee Seung-U

Ici comme ailleurs de Lee Seung-U – Zulma 2012 – Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet – 220 pages – 21 € – Kafkaïen est le premier qualificatif qui vient à l’esprit en lisant ce roman, pour l’univers dans lequel il se déroule et l’absurdité qui émane du parcours du personnage principal. Yu est muté par sa boite, le Gangsan Complex Resort, à Sori, une ville perdue entre un lac et des montagnes à l’Ouest du pays. « Lorsque, dans son guide, il a lu que « la petite ville de Sori, du fait de sa topologie particulière avait servi de lieu de bannissement », son cœur s’est de nouveau mis à balancer ». L’histoire démarre sur ses mots qui donnent d’emblée le ton : « Le vent a des hurlements de bête féroce. Au moment de quitter sa voiture, Yu a l’impression qu’un molosse enragé se jette sur lui. Il a un mouvement de recul. Le long des rues, papiers sales et sacs plastique tourbillonnent sous la bourrasque. Quelques véhicules cahotent sur la chaussée éventrée en soulevant …

Un lecteur attentif

Bonjour, Cette nuit, j’ai continué la lecture (délaissée à cause de trop d’autres lectures concurrentes) du n° Spécial nouvelles de Septembre 2011. Je tenais à vous féliciter pour votre nouvelle Le parc, qui est un bijou qui se représente d’abord comme d’un vert émeraude puis devient peu à peu très noir. Fantastique cauchemar métaphysique sur l’intervention des identités, l’échange des corps (voir mon article sur ce thème dans la Revue Indications, analyse des nouvelles de Michel Rozenberg) mais qui se soutient, dans votre cas, d’une écriture ciselée et d’une poésie subtile qui fleure bon l’Ardenne et la Gaume. Perle rare. De plus, Lamberty est le nom de mon meilleur ami. Son père est gaumais. Je vais davantage me méfier de ce type aussi depuis cette lecture. D’ailleurs, il n’est peut-être aimable avec moi que parce qu’il convoite d’être moi… Mais presque toutes les autres nouvelles sont bonnes Le deux que j’ai lues l’année passée : Vous souvenez de mon réveil de Frédérique Deghelt recoupe ce genre fantastique mais la poésie et la qualité de l’écriture en …

Anne-Marielle WILWERTH

Au plus près de l’intense, Anne-Marielle WILWERTH ; Dinant : Bleu d’Encre Editions, 2011. Avec ce recueil, Anne-Marielle Wilwerth nous invite à faire un pas vers l’indicible, à interroger l’autre côté des êtres, des choses et du monde voire à explorer le mystère du vivant qui est en constante mutation. « Dans les mares qu’à laissées le temps coquillages ébréchés où l’on entend mieux encore le  présent » Ainsi, avec une économie de mots (c’est que nous ne disposons pas assez de mots pour exprimer nos sensations et nos émotions profondes !) qui l’honore, la poétesse nous éveille à la beauté d’un monde que nous ne connaissons qu’en surface. Sa parole touche à l’essentiel et nous ramène à la vie. « Le bec Fin de l’écriture fouille l’intense Clapotis de l’encre entre tes hanches » Bref, à travers ce recueil, Anne-Marielle nous invite à capter la lumière du mystère qui nous traverse et tend à nous transmettre une vision lumineuse et joyeuse du monde ; en outre, elle nous dit en substance que le mystère de la vie n’est pas un problème à …

Liz Pichon

Tom Gates, c’est moi ! Liz Pichon – Seuil 2012 – 257 pages – 11 € – Traduit de l’anglais par Natalie Zimmermann, mise en page par Anne-Cécile Ferron. Entre BD et journal intime, ce « roman animé » a reçu le très mérité Roald Dahl Funny Prize 2011 du meilleur roman humoristique pour la jeunesse. Tom Gates, doit avoir 11 ou 12 ans et comme tout enfant sensé de son âge, il n’aime pas trop l’école mais il adore les gaufrettes au caramel, lire des bandes-dessinées, faire enrager sa sœur Délia, gribouiller dans ses cahiers et surtout il a des projets : monter un groupe de pop-rock comme les Rodéo 3, son groupe préféré, avec son copain et complice Derek. Le groupe s’appellera Les Clebszombies. Ça en jette, non ? Tom Gates a toujours de bonnes et moins bonnes, voire très, très moins bonnes excuses, pour ne pas faire ses devoirs, mais il tient un journal farci de dessins très, voire très, très réussis, dans lequel il raconte sa vie fort mouvementée. Faut dire qu’il a de la matière, …

Poètes Coréens en France du 2 au 8 juin 2012

Durant toute l’histoire, si tourmentée de la Corée du Sud au XXème siècle (de la longue et brutale domination japonaise à la guerre de Corée – 1950-53 –, puis à la dictature militaire, jusqu’à l’établissement du régime démocratique aujourd’hui en vigueur), dans un pays où la division avec la Corée du Nord n’a pas fini d’avoir des conséquences dramatiques, la poésie a joué et  joue un rôle de premier plan, souvent en opposition contre les diverses oppressions et pour la liberté sous toutes ses formes. La poésie reste donc aujourd’hui très vivante en Corée. En témoigne par exemple le film Poetry de Lee Chang-dong, qui a connu un vif succès en France (en particulier au Festival de Cannes), et qui révèle l’intrication de l’écriture de poèmes avec des existences individuelles diverses, douloureuses ou soudain lumineuses… A la poésie coréenne d’aujourd’hui, la revue Po&sie (éditions Belin) consacre un numéro spécial (de plus de 300 pages) : on pourra y lire vingt-sept poètes, dont certains sont très connus en Corée (et, pour certains, déjà traduits en français) et …