Bonjour,
Au sein d’une programmation riche, pluridisciplinaire et intergénérationnelle, Le Festival “LA NUIT DES OURS” à Vallorcine (74), en cet été 2026, propose dans le cadre “La nuit en plein jour” “Épopée du poème, épopée du public”.
Le public sera l’architecte du programme lors de la rencontre. Il choisira dans une liste de 334 textes de 141 auteurs. Le poème qui clôt ce mail est le dernier ajouté à la liste.
– la rencontre est prévue le lundi 10 août à 13h30 à VALLORCINE (74) sur la terrasse du Café Comptoir derrière la gare pour la dernière journée du Festival “La nuit des ours en plein jour”.
Le dimanche 09 août, la veille, dans l’après-midi, j’interviendrai dans le train qui relie Vallorcine à Chamonix, afin de partager l’écoute des poèmes et des auteurs avec les voyageurs. Je ferai l’aller retour accompagné du comédien poète Bruno Rosaz.
Il est à noter que de nombreuses manifestations du Festival sont gratuites.
Merci à Bruno Boussagol, Bruno Rosaz et à l’équipe du Festival de me donner à nouveau leur confiance. C’est pour moi un encouragement inestimable et une grande joie de témoigner d’une passion qui est liée à mon travail d’écriture et qui nécessite un engagement quotidien.
Meilleures pensées.
Timothée Laine
Le texte “La terre rouge” est le trois cent-trente-quatrième poème mémorisé de l’Épopée du poème, épopée du public. J’espère le partager pour la première fois avec le public si un auditeur le décide.
“UNE VOIX”
Consulter la liste des textes dans le livret page 16
Manuscrit disponible sur demande à : timothee.laine0449@orange.fr
– Prélude : murmures / manifeste
– Cinq mouvements
– Final : Retenir l’éternité – treize poèmes inédits dont
La terre rouge
L’enfant sauvage joue d’un instrument de musique.
Il frappe la terre de ses deux pieds posés bien à plat.
La terre rouge craint l’âge des extinctions sans recours.
La terre rouge fait sonner les racines blessées.
L’enfant danse à proximité d’une procession d’eau.
Le sous-sol creux cache un écho de traces sanguines.
L’enfant sauvage joue d’un instrument de musique.
Il frappe la terre de ses deux pieds posés bien à plat.
La chair de l’eau est rouge comme une peau d’oignon rouge.
Le chant de l’eau enlumine la mémoire de l’enfant.
Des forêts jumelles écartèlent la raison du cœur.
Se maquillent d’amalgame de crépuscule et d’aube.
L’enfant sauvage joue d’un instrument de musique.
La terre tremble. Les âmes tremblent. Les esprits tremblent.
Frémissent les arbres, les vignes, les myrtilles, le sang.
L’enfant ingurgite l’ubuesque lune pelée.
Initié, il défie l’oracle de l’oignon rouge.
Langage du corps : le souffle est feu ; la danse est feu.
L’enfant sauvage affronte le jour sombre du monde.
La terre tremble. Les âmes tremblent. Les esprits tremblent.
Frémissent les arbres, les vignes, les myrtilles, le sang.
L’enfant n’a pas peur. Il est né de deux paroles vives.
Des pères et des mères ont connu l’apocalypse.
La terre sacrée a survécu. Pour quels chants ? Quels airs ?
Il plie les genoux. Il ancre sa voix dans la danse.
La terre tremble. Les âmes tremblent. Les esprits tremblent.
L’enfant sauvage danse pieds nus sur la terre rouge.

