Christian BOESWILLWALD, « Je suis d’un pays bleu de l’âme » Éditions Les Amis de Thalie.

Une chronique de Jeanne CHAMPEL GRENIER

Christian BOESWILLWALD, « Je suis d’un pays bleu de l’âme » Éditions Les Amis de Thalie.


« Je suis d’un pays bleu de l’âme ». Ainsi se présente le poète Christian Boeswillwald, et ces mots sonnent comme le salut d’un passant sur la terre pour qui le pays natal a marqué l’enfance de son sceau indélébile. Aussitôt, quelques touches précises brossent ce  »pays bleu de l’âme »qui n’a que très peu de rapport avec  »les rêves bleus » pleins de douceur d’une enfance heureuse ; on pense plutôt à l’expression  »bleus à l’âme » lorsque l’on écoute la narration du poète :

 »’ Saison des pluies…faméliques soleils…quelques flammes…le noir des suies…en poésies de pain perdu qui ressemblaient à des prières…dans les nuits tristes de mémoire, j’arpente encor ce pays bleu en recherchant ma maigre enfance…  » 

Voici le cadre et l’intérieur du cadre qui nous sont offerts d’emblée. On songe aux poètes du nord, des Flandres, aux poètes et peintres des Pays Bas, ces pays que le soleil ne fait qu’effleurer et qui nourrissent la tristesse : 

 »Car je sais bien le dérisoire / De toute vie qui n’est qu’un jeu / Où tout finit dans le silence »

 »L’âme rêve au printemps mais le regard s’enlise »

Alors se profile un vers qui situe le poète dans sa ligne de vie :

 »Ce lent passé de neige que le temps a dissout »; mais il n’est pas question de s’appitoyer :

 »Un brin de soleil blanc traverse le ciel noir

Le monde est si tranquille au souffle d’un dimanche

juste quelques moutons qui paissent sous les branches

Des sapins, et nous deux qui marchons vers le soir »

On croit au début percevoir l’atmosphère sombre et pathétique d’un tableau de jeunesse de Van Gogh aux Pays-Bas, puis celle d’un paysage pastoral réaliste de Jean François Millet, suivi de vues romantiques de Caspar David Friedrich, tout en pensant au rythme des mots du poète Emile Verhaeren sur la musique de Sibélius.

Prémonitoire ? Le poète envisage même la fin de l’homme pour un retour à la vraie nature :

 »Il n’est plus rien de l’homme et la terre sent bon / La lune dans le ciel a la blancheur du marbre / 

à la belle saison ».Toutefois, Christian Boeswillwald ne s’installe pas dans la complainte puisque :

 »Rien n’épuise les ciels » / N’est-ce pas l’essentiel pour laisser sa tristesse /dans le reflet des pluies sur le bord du ruisseau  » Car, ne l’oublions pas :

 » Nous sommes les enfants des étoiles lointaines / flottant parmi les vents des rêves et des nuits, / des semences venues de l’eau bleue des fontaines / juste pour un instant comme de simples fruits »

Merci pour ce long et si beau poème, monologue de l’âme, où survit toujours et ricoche  »une voyelle douce amie des poésies / des encres du hasard …où très souvent un vers revêt l’élégance, la force d’élévation et la profondeur  »d’une cathédrale », où les illustrations, magnifiques photos réalisées par l’auteur,  » viennent allumer par magie les vieux papiers épars ».

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

Christian BOESWILLWALD « Je suis d’un pays bleu de l’âme » Les Amis de Thalie- 13, chemin de la Valade 87520- VEYRAC

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