ROME DEGUERGUE, Clair de futur / Barlumi di futuro. Préface de Giovanni Dotoli, traduzione e cura Mario Selvaggio, pictotofographies de Patrice Yan Le Flohic, (PYLF), Edizione Universitare Romane, 2015

Chronique de Michèle Duclos

clair-de-future2 ROME DEGUERGUE, Clair de futur / Barlumi di futuro. Préface de Giovanni Dotoli, traduzione e cura Mario Selvaggio, pictotofographies de Patrice Yan Le Flohic, (PYLF), Edizione Universitare Romane, 2015

Clair de futur, baptisé « proème » par la poète, se présente comme une sonate en trois mouvements bien distincts dont le troisième reprend rapidement et résout les thèmes lyriques du premier, rappelant les célébrations d’Accents de Garonne, Visages de plein vent et Mémoire en blocs, après, en seconde partie une interruption brutale et violente, un scherzo tempestueux,  l’intrusion brutale de l’Histoire avec arrière-plan familial discret, déjà présent dans Ex-Odes du Jardin, à propos de la Seconde Guerre mondiale. Le volume se clôt sur une femme apaisée, « sage et sans âge » qui décline son acceptation à être au monde du vivant et des choses, telle quelle, et en plusieurs langues de l’Europe – ses langues : « ni  naitre ni mourir : aller ». Ce court mais très dense volume récapitule aussi les deux grandes orientations – lyrique et épique de l’inspiration poétique de Rome Deguergue la bien prénommée, italienne par la réceptivité accordée à son œuvre par les hautes autorités intellectuelles de ce pays, mais germanophone tout d’abord et pétrie de la vision de Novalis, de Hölderlin, de Rilke…

Adepte active de la géopoétique définie par Kenneth White, qu’elle pratique comme  « géo-poésie », elle ouvre la lumière de sa région aquitaine d’adoption, célébrée depuis les débuts, sur l’univers ontologique du sens ultime de la vie en affirmant comme le poète scoto- français, qu’« une partie du centre est toujours à l’extérieur ».

Le volume est ici comme en d’autres lieux éclairé par les « pictotofographies » en noir et blanc de Patrice Yan Le Flohic et préfacé par le professeur et poète Giovanni Dotoli.

©Michèle Duclos