Ombres et forêt chez Catrine Godin

Je n’approche pas la lumière, pas plus que je n’approche quoi que ce soit. Je l’épie pendant qu’elle glisse et coule en ruisseaux sonores, tandis qu’elle peint les cheveux fous d’un lichen pâle, un îlot dense de mousse piquetée de tiges rouges où s’insinue, ondoiement vert à peine plus sombre, une ramure de pervenche, ses yeux clairs. La lumière révèle le diaphane d’un élytre d’insecte gracile, un miroitement d’écaille. Bleu-noir, il semble une lettre d’un alphabet antique, échappée sauvage de je ne sais quel encrier. L’insecte danse, fait des signes enroulés de pétale qu’il enfuit prestement derrière le long fuseau vertical et rêche d’un corps, immobile.

Son blog […]