Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé.

Sagot

  • Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé.

Parce qu’ « il y a des langues qui n’ont pas encore parlé : elles sont femelles, elles sont chiennes. Je dois dire ça, je dois menacer ce qu’il peut y avoir de pouvoir dans une langue. Je dois menacer ce qu’il y a d’injonction, d’ordre intimé dans ma propre langue » Caroline Sagot-Duvauroux s’est engagée dans un chemin de haute lutte contre celle-là. Pour autant son écriture n’est pas restrictivement féministe. C’est une histoire de chair. C’est aussi une histoire de peau : « .La peau est fine, infiniment fine. En-dessous, il y a l’onde, c’est-à-dire rien, rien que ta respiration et l’onde qui revient. Le poème n’est peut-être que dans cet effacement qui remue ». C’est sans doute pourquoi dans son travail aussi savant que primitif elle peut se sentir proche d’un artiste tel que Pierre-Yves Freund. Sa recherche à la fois de l’effacement et de la peau de matière font du peintre comme de l’auteure du « livre d’El » des écorchés au corps profond et comparable à ceux du Causse « avec ses veines, ses avens, ses grottes, ses gouffres « au bout de quoi, une main s’ouvre, vide » écrit la poétesse.

Elle est de celles qui osent face aux hommes qui ont trop souvent peur (à l’exception des quelques Artaud d’un côté et Beckett de l’autre). Chez elle la langue se fait offrande, s’ouvre à toutes les éclosions. On peut parler à la fois – comme chez Juarroz – d’une verticalité de la poésie. Elle jouxte pourtant (et c’est sa force) toutes les tentations de s’étendre de fatigue, de s’allonger au sens où on emploie ce verbe dans les jeux de cartes. Reprenant des perspectives chères à Emily Dickinson et Silvia Plath, celle qui fut tragédienne et qui connaît si bien la langue parfaite de Racine la pousse plus loin vers un autre jouir et un suintement particulier : « Semence qui fait ou non semence. C’est en deçà, en deçà de la langue et ça voudrait faire langue. Quelque chose qui jouit, au sens d’éjaculer » précise la créatrice. Elle revient en conséquence à l’origine et à l’aigu du monde et de la voix. Retour donc à la « génissalité » comme dirait Prigent. Retour aussi au théâtre du souffle et de l’oralité. Bien sûr il y a la trace, l’empreinte, la mémoire mais il y a « la plurielle » homogène du féminin; Chaque poème devient une luciole coulée en blanc dans un bas noir jusqu’à créer une germination de bulbes. Et ce non sans brutalité. Avec Caroline Sagot-Duvauroux l’éjaculation féminine n’est pas loin : « j’entends par vérité l’audace de n’être que là » écrit-elle. S’attachant à la seule soif dans le lyrisme et son contraire, en ruptures graphiques et métriques elle brasse le monde et le néant dans le grand bouillon d’ordures et d’idéal que brassait déjà le grand poète – physique comme elle – : Rabelais.

Pour Caroline Sagot-Duvauroux il n’existe rien qui puisse empêcher de déchirer le voile du langage pour en trouer le tissu et faire suinter ce qui se cache derrière loin de la prétendue l’harmonie du vivant. Que ce soit le néant ou autre chose. Le « livre d’El » déploie de fragments en fragments, de baies en baies le livre à venir. Il répond – en Elle et Ailes – la réponse au livre à venir de Jabès. Pour l’auteure il faut perdre la langue afin de la retrouver dans « le bulbe et le buisson des histoires qu’on raconte et qui reste buisson devant quoi, interdits, nous nous attendons du vent qui passe ». La révolte est là. Il faut donc reprendre sans cesse le chant et la danse des mots là où les avait laissés Rimbaud, Cage et Pina Bausch sans oublier bien sur Artaud. Et si dans « El »  l’enfance est présente éperdue sortant de son bulbe et de sa peau de buffle il s’agit de rejoindre d’un côté le corps perdu et de l’autre l’absence. Il s’agit aussi – à coups de décrochages, fragments, bribes – de laisser advenir à soi une intense musicalité polyphonique où l’écriture s’entend avancer vers l’innommable. Au besoin par ruse comme (apparent) exercice d’imbécilité et « d’intranquilité » propre à la poésie qui – si elle ne nomme pas vraiment – fait toujours mieux puisqu’« elle appelle ».

©Jean-Paul Gavard-Perret

Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? », Les Editions du Le Littéraire, Paris, 148 pages, 19,50 €.

    Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? »

  • Frédéric Grolleau, « L’homme et l’animal : qui des deux inventa l’autre ? », Les Editions du Le Littéraire, Paris, 148 pages, 19,50 €.

Frédéric Grolleau nous livre à la vindicte d’un verbe dont on ne sait plus de qui il devient l’auxiliaire. Toujours est-il que l’anthropomorphisme en prend un sérieux coup dans l’ « aile » (ce qui veut déjà tout dire). Revisitant le bestiaire de la littérature l’auteur affronte l’indescriptible zoo et la jungle qui la peuplent. Il rappelle qu’être animal revient en quelque sorte à perdre l’estime du néant. En conséquence et même si selon Duras « l’écriture ne sauve pas » la littérature animalière tire d’affaire l’homme.

Kafka de « La Métamorphose » ou Marie Darrieussecq de « Truismes » l’ont bien compris. Penser l’homme à travers l’animal – voire pour un auteur se mettre à sa place – revient à conjurer les effets de la pensée. Dans les litières et les fumiers se crée une altitude où la raison respire d’autres fragrances. C’est pourquoi Frédéric Grolleau demeure en de telles dispositions « zoologiques » à l’égard de la pensée et de littérature. Il sait que la sagesse ne tient pas par les hauteurs. On ne peut ne prétendre à celle-ci sans se lester du poids de l’animal.

L’être sans celui-là qui l’habite court un risque incommensurable Toute pensée claire remonte à la bête. Esope et La Fontaine pour prendre le cas des fabulistes ont appris comment l’animal précise les traits de la propre incertitude à notre égard et nous précipite dans notre auge. Certains auteurs (même celle qui a écrit récemment le portrait d’un homme politique français mondialement renommé en cochon) illustrent que le « reste » garde l’épaisseur d’une hallucination.

Grolleau prouve qu’affiner l’être par l’animal fantasmagorique ou non revient à se livrer à une finalité littéraire particulière. Elle s’associe admirablement à ce qui nous échappe dans nos fantasmes et nos fantômes. Car l’animal n’est jamais un pur symbole de l’être. A travers lui ce dernier traverse sa propre confusion et sa propre obscurité. C’est donc pour la littérature une entreprise décisive. Sans sa « viande » (Artaud) l’homme n’est pas. Hors la bête pas de salut, pas de célébration. L’être n’attend que la confirmation de ce miroir.

L’animal reste donc son semblable, son frère. Quant à la réponse à la question posée par Grolleau on laisse à chaque lecteur de son livre le soin de la trouver. En la cherchant il ne sera plus au diapason des concepts littéraires acquis. Chez l’auteur l’hypothèse de la représentation du monde passe par une autre loi que la gravitation du simple esprit. Il rallume la conviction que se passant de tout bestiaire et ne traitant l’humain que par lui-même et par sa seule image bien des choses échappent.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET

Gérard Traquandi, GT, texte de Baldine Saint Girons, Editions « P », Marseille, 2012, 272 pages, 30 E.

Traquandi

  • Gérard Traquandi, GT, texte de Baldine Saint Girons, Editions « P », Marseille, 2012, 272 pages, 30 E.

Gérard Traquandi est -c’est selon – soit un faux baroque ou un moderniste attardé. Lisant ces deux définitions dans un journal, il les fit siennes : « c’était ironique, bien sûr, puisque ça qualifiait des artistes en retard par rapport à notre époque, qui avaient encore un pied dans le passé, mais la définition m’a plu ». Et d’ajouter « J’aurais aimé être moderne, à la fois humaniste et en accord avec la nature, mais ce n’est plus possible. Moi, je suis un sceptique, pas un ironique ou un cynique, simplement un sceptique ».  Sa peinture le prouve. Ses photographies poétiques aussi. Dans tous les cas il se veut « dans les choses » et non sans ironie.

Reprenant le « You see what you see » de Franck Stella, il a toujours besoin de retrouver à des éléments de base. Le titre et l’image de couverture de GT peuvent être trompeurs. Mais on voit très vite que sous cette fausse piste se retrouvent l’artiste et son souci de toucher à une véritable abstraction en émancipant l’art de la nature – même si les éléments végétaux et naturels transparaissent dans ce livre. Néanmoins traces, drippings, monochromes, empreintes viennent retourner le paysage. Et tout le livre « joue » entre ce dernier et l’abstraction. Dès lors ce travail n’est plus abstractif à la manière d’un Stella. Nommons-le plutôt non figuratif. Et l’éloge de la nature passe par ce nécessaire « transfert ».

Il y a là à la fois le génie du lieu et la hantise du non-lieu. Ou si l’on préfère une sorte de pouvoir de la puissance de l’air provençal qui n’a rien pourtant de folklorique, d’exotique ou de provincial. La photographie est utilisée pour sa faculté de représenter et sa narrativité, dessins et impressions sont là afin d’opérer par « soustraction ». Chaque œuvre – même lorsqu’il s’agit de vanités – devient une nature vivante. Pas étonnant dès lors qu’un texte poétique de Baldine Saint Girons accompagne les images de Traquandi. Le peintre et l’auteure partagent d’ailleurs le même goût pour Rothko. Le premier y a trouvé une source à sa compréhension du rapport de l’art, la seconde de la poésie et du savoir avec le besoin fondamental comme l’écrit Baldine de Saint Girons « du spectacle authentique de notre destinée, en tant qu’individu et en tant que civilisation ».

Pour traduire ce rapport, Traquandi semble créer à l’instinct et au plus pressé. Mais son approche est aussi rapide que lente. Elle demeure toujours sur le fil du rasoir. Son geste n’approche rien d’établi, il mise sur la nudité des formes et leur délocalisation. Chaque œuvre est comme « soufflée» sur un support dans ce qui tient du décrochement figural, de l’engloutissement, de la plongée. Face à l’œuvre deux questions surgissent : comment se fait-il que tout cela soit si incroyablement visible ? Comment se fait-il aussi que ses photos ne montrent « rien » ou si peu. ? Sans doute parce que ce travail suppose l’éphémère. A savoir ce qui sépare l’être de ses choses. L’art des plus poétiques joue un rôle d’intermédiaire, d’entremetteur. Il se compare à la peau de lait qui sépare deux choses de même nature : une chose qui a eu lieu, une chose qui attend son sort. Bref l’une disparue, l’autre à venir. Ses monochromes sont donc des poèmes, des paysages intermédiaires, des marges centrales. Elles emplissent la nudité, envahissent le vide pour le souligner. Une telle œuvre n’est ni tranquille, ni inquiète, ni arrêtée, ni muette. Elle possède le mérite d’apaiser sans édulcorer. L’image se manifeste comme apparition mais indique quelque chose qui ne se manifeste pas. Il y a là un phénomène indiciaire aussi subtil qu’étrange et qui tient lieu de trouble.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET

Jacques Sojcher, « L’idée du manque », Illustrations d’Arié Mandelbaum, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2013, 56 pages

Sojcher Jacques

 

  • Jacques Sojcher, « L’idée du manque », Illustrations d’Arié Mandelbaum, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2013, 56 pages

Pour Jacques Sojcher il n’existe pas d’autres passages que par les mots et la mémoire même si – chemin faisant – il a oublié la langue de sa mère. Celle-ci lui a donné non seulement le jour mais aussi la lumière avant que la noirceur de la Shoah le recouvre de cendres. Depuis la langue que l’auteur a choisi dit les déchirures et tout ce qui le creuse. Il reste tel qu’il fut laissé dans « le rêve de ne pas parler ». Un rêve mis à mal et pour le sauver par celui de l’écriture. Apaise-t-elle avec le temps ? Rien n’est moins sûr. Mais ses condensations et ses déplacements demeurent seuls viables. Néanmoins le sentiment de la perte est fiché là et au mieux la poésie est une pluie d’hiver, d’été, une pluie des quatre saisons. Mais sous le rinçage du temps Sojcher ne peut espérer échapper aux disparitions. Ils n’ont jamais cessé de créer une douloureuse proximité.

La poésie n’est donc pas faite pour savourer l’écart entre présence et absence mais pour le tarauder dans la substance même l’intimité. Chaque texte poétique de Sojcher reste cauchemar et la réalité, l’identité suprême, la nuit de l’être. L’auteur ne s’éloigne pas des mots car il ne peut s’éloigner des morts. Ils le harcèlent. Mais ils respirent encore par l’écriture de ce fils en reconquête de l’origine que la barbarie a réduit en cendres.

Les mots – du moins ceux qui restent – demeurent donc au centre du manque. Ils représentent son reste au nom de la promesse tenue par le poète bruxellois. On espère qu’ils parviennent à modérer le froid dans l’île perdue de son corps avant qu’elle disparaisse. Qu’ils restent ce mince rideau sur lequel perce un soleil noir pour rompre la dualité qui partagea le poète entre noms, lieux, présents et retours.

A chaque partage, à chaque absence demeure l’écho qu’une bouche sans lèvres et sans langue tente de proférer en souvenir des terres engraissées de cadavres innocents. A partir de là la joie n’est jamais uniquement joie mais la douleur reste douleur. Sojcher est lié à elle, à son commencement. A la recherche de l’identité perdue et de l’« autre» qui le hante mais qui ne peut-être pas plus qu’un leurre le poète ne cesse de marcher, pas à pas : dans le pas du pas et du papa. Car c’est à travers le corps de l’autre qu’il faut se mesurer sans résoudre son énigme. Le résoudre se serait être Œdipe ou le meurtre ou le manque. Alors tant que faire se peut Sojcher à défaut de franchir une fracture, recoud une fêlure. Toute sa poésie est déductible de ce schéma. Mais la question demeure : existe-t-il d’autre passage ?

©Jean-Paul GAVARD-PERRET

Patrice Blanc, « Fleurs d’âge », Editions du G.R.I.L., 1310, La Hulpe, Belgique, 5 €.

  • Patrice Blanc, »Fleurs d’âge », Editions du G.R.I.L.,1310, La Hulpe, Belgique,    5 €.

Ces poèmes de jeunesse de Patrice Blanc ouvrent par effet retard la question de la perte et de recouvrement. Et ce au moment même où l’image était un « cri d’attache pour maintenir les liens » et qu’à l’inverse les mots « à la moustache peureuse » restaient enclins aux croyances sauvages.

Republié aujourd’hui grâce à Paul van Melle, ces poèmes cinglent de leur apatride vérité. Ils annoncent de manière bien ancrée et encrée les textes plus récents de l’auteur : « Le sang du jour », « Articulations » et « Fission de la rose ». S’y découvrent entre autres deux illustres ancêtres du poète : le politique Louis Blanc connu encore pour son ouvrage « Le droit au travail » et le peintre Charles Blanc qui a joui entre les deux guerres mondiales d’une renommée certaine.

Pour autant les « Fleurs d’âge » ne tiennent pas tant s’en faut par ces évocations du passé. Les poèmes évoquent plus pertinemment combien la nuit est moins dans le jour, que le jour dans la nuit à qui – sans les biffer – ait en approfondir les contours.

Patrice Blanc ouvrait déjà une brèche au monde par approfondissement de ses pans soudain écartés et éclairés. Contre le compact et l’opaque se découvrent et se découpent peu à peu les premières strates d’une œuvre simple mais touchante. Jamais l’auteur ne recherche l’effet :

« tes seins sourient ce matin

Tu regardes le brouillard

Et tu touches la froideur

Les chiens raclent leurs soucis le long des rues désertes ».

On entre dans la vie par de petites portes qui semblent plus somptueuses que de grandes arches.

« Fleurs d’âge » illustre donc la consistance de ce qui peut sembler inconsistant. Mais c’est ainsi que l’existant au-delà des surfaces rassurantes attire l’œil. Non sur l’ailleurs mais sur la fascination du présent. Il suffit que l’aimée y « pêche les passants » pour « les mettre dans un pot de confiture ». Et soudain une transe-visibilité permet de les voir autrement au sein d’un humour plus doux que rosse.

De tels textes découplent les visions acquises. Il faut juste se laisser prendre dans leur demi-jour dont l’exquise clarté irise le temps et l’espace. La poésie donne en conséquence le sentiment d’être au monde autrement. Elle projette vers des zones plus profondes. Elles s’excluent autant de la fausse lucidité qui n’est qu’une logique d’apparat que de la pure rêverie évanescente. C’est sans doute pourquoi, soudain, une vérité nue nous fait face. Elle est façonnée des mots les plus sobres et des images les plus simples qui, on le sait, ne sont jamais de simples images.

Une telle recherche duale représente donc une brèche qui ouvre le monde par approfondissement de ses pans soudain écartés. Dans un élément compact et opaque se découvrent et se découpent peu à peu les “strates” par dépliage. On entre à la fois au milieu de deux falaises d’un canyon et on saisit la ténuité de l’être. Un tel livre montre la consistance et l’inconsistance de l’existant au-delà des surfaces rassurantes en attirant l’œil sur l’ailleurs. Celui-ci n’est pas pour autant l’autre monde de la fascination de l’imaginaire mais celui de la nudité. Il permet de passer de la simplification unitaire (ou binaire) à une invisibilité qui est là mais qu’on ne voit pas encore.

Nous pénétrons ainsi dans une verbalisation et un graphisme qui permettent de saisir ce qui jusque là était perçu comme de l’inconsistant. Ils nous découplent de nos visions acquises. Il faut juste savoir entrer dans ce demi-jour de l’inconnu face à la clarté éclatante qui réduit les formes à leurs apparences et au flou qui les diluent de manière évasive. Etirant le temps et l’espace ce travail nous donne le sentiment d’être au monde autrement en nous projetant vers des zones plus profondes qui s’excluent autant de la simple lucidité d’apparat que de la pure rêverie évanescente. C’est sans doute pourquoi, soudain, une vérité nue nous fait face : elle est faite des mots les plus simples et de l’image la plus simple qui, on le sait, n’est jamais une simple image.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET