PRIX ARDUA 2014: félicitations à Rome Deguergue!

Alain Juppé Ancien Premier Ministre Maire de Bordeaux
a le plaisir de vous inviter à la remise des Prix Littéraires ARDUA,
mardi 6 mai 2014 à 11 heures, dans les salons de l’Hôtel de Ville – Palais Rohan
Place Pey-Berland à Bordeaux

Le Grand Prix ARDUA est décerné à Amin Maalouf, pour l’ensemble de son œuvre.
Le Prix ARDUA est décerné à Rome Deguergue, pour l’ensemble de son œuvre.
Le prix des Premières Réalisations est décerné ex aequo à
Jean-Claude Billou et  Jean-Claude Mounkala.

Le Grand Prix ARDUA est décerné à un auteur renommé.
Le Prix littéraire ARDUA est décerné à un auteur en instance de renommée.

ARDUA : Association Régionale des Diplômés d’Université d’Aquitaine
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– Le Printemps des Poètes – 16e édition au cœur des Arts en direct de Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées

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PP FIN

Le Printemps des Poètes –

16e édition au cœur des Arts

en direct de Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées


Entre « cascades & torrents », tel Montaigne
prendre les eaux thermales de Bagnères-de-Bigorre, où le « Printemps des poètes » bat son plein se révèle : pur délice. Les diverses manifestations englobant : expositions, conférences, arts plastiques, théâtre, chant2, danse, concerts, et bien évidemment gastronomie se déroulent avec entrain, et ce tant à la Médiathèque que dans les écoles et s’affichent dans maints espaces de la petite ville, investissent les parcs, en des endroits improbables ouverts au spectacle pluriel.

De la poésie, des paroles de chansons, des contes, des extraits de polars… sont ainsi véhiculés dans le dédale de la charmante bourgade, via les voix d’enfants au préalable enregistrées et émanant telles quelles des haut-parleurs du système de sonorisation dans le centre-ville. Les haut-parleurs ! Oui, c’est bien d’une poésie à voix haute qu’il s’agit ici définitivement et les montagnes pyrénéennes environnantes sur lesquelles la neige s’attarde encore, malgré la douceur printanière ne le démentiraient nullement.

Ainsi, en des lieux ouverts, des textes pour la circonstance : plastifiés, créés par petits et grands amoureux de la langue de l’émotion sont pour leur part bien arrimés à de longs fils d’étendage. Une forme fixe, classique côtoie des vers libérés et des haïkus pétillants jouxtent de nombreux dessins. Des proverbes et autres charades détournés, peints sur des pierres de roche de l’ère primaire3, à même le sol ou inscrits sur des tee-shirts et des pantalons épinglés à des cordes ou se balançant sur des cintres accrochés aux branches de grands arbres, égrainent leur « alphabet de couleurs », résolument rimbaldien, mouvant, étonnant et rythmé au gré du vent de Bigorre, tandis que la « marche triomphale du printemps » annoncée par la jaillissante floraison de narcisses, de jonquilles, de primevères et par le chant émis en boucle par geais, merles, corneilles et autres grenouilles impose ici & maintenant ses « riches heures ».


À la Médiathèque, un « portrait coloré, animé du Grand Sachem du Swing » est brossé à l’attention de quelques aficionados par l’auteur de l’ouvrage, « Le parcours du cœur battant » à propos de « l’inventeur d’un chant neuf », Claude Nougaro. Ami et complice de l’artiste total, Christian Laborde4, dont la voix possède cette similaire et étonnante scansion, ce phrasé savoureux, « cassant les mots, en les suçant, en jouant avec eux, en frottant chacune de leurs voyelles » utilisés sans modération par ces deux compagnons de route du « país, ô Tolosa » procure une sensation pétillante ineffable5.

Dans un ancien lieu de culte (réhabilité en cinéma, Le Maintenon) un artiste inspiré6 tente de rendre le climat de création tourmenté du génial Charles Baudelaire en proie aux « Fleurs du mal », tandis qu’une vidéo tout aussi empreinte d’images de violences guerrières que d’« (…) ordre et beauté, luxe, calme et volupté »7 en suggère une seconde lecture. Un peu plus loin, quelques jours plus tard, dans la Salle de spectacles, à la Halle aux grains, non loin du tumultueux gave de l’Adour, les prix de poésie du concours annuel sont remis à des auteurs émus, alors que leurs textes mis en scène y résonnent, et que l’on réfléchit de manière palimpseste (à) la dimension de la relation de l’auteur des « Essais », Michel de Montaigne avec la Poésie (notamment celle de son ami, La Boétie, dont Montaigne définit le lien d’amitié qui les unit par une formule apparemment lapidaire, d’une simple évidence : « parce que c’était lui, parce que c’était moi »)8.

L’esprit du lieu revisité ici par essence « géo-poétique », à la fois consolateur et révélateur de beautés naturelles et artistiques9 n’en est ainsi que décuplé, grâce à cet événement que les volontés locales10ont à cœur, chaque année de coordonner pour un partage authentique entre agents publics, bagnérais, touristes et autres curistes de la petite ville bigourdane11 sur laquelle veille la fée, « Pyrène »…12

Et pour finir sans finir et poursuivre la pérégrination sur ce chemin serpentin et pentu qui s’étire de la forêt du Bédat jusqu’au col des Palomières et bien au-delà vers La Mongie, Le Grand Tourmalet et le somptueux Pic du Midi de Bigorre, d’où appréhender les hauts sommets de la chaîne pyrénéenne se révèle être une expérience à hauteur du jeux d’ailes et autre planés infinis des rapaces, ces souverains du ciel, souvenons-nous d’un extrait du poème de Francis Jamme13 appris jadis à l’école communale :

J’aime l’âne

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.

Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;

et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.

Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.

Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.

 

Et, afin que le partage soit encore plus dense, « entendons » enfin quelques paroles d’un chant pyrénéen :

Le refuge14

Je sais dans la montagne
Un refuge perdu
Qui se mire à l’eau claire
Des lacs verts d’Orgélu
Ouvert aux quatre vents
Aux montagnards perdus
Dans la brume et la neige
Comme un port du salut

REFRAIN
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards.

Cordiales pensées poétiques & traversières de Bagnères-de-Bigorre. A lèu !

Mars 2014, Rome Deguergue

membre du P.E.N. Club français



1 Panorama de Bagnères par Mercereau, issu du site de la Médiathèque / patrimoine.

2 Concert du Chœur de Femmes « À fleur de voix », dirigé par Hélène Caulet. Spectacle chanté sur des poèmes de Ronsard, La Fontaine, Boris Vian, Léo Ferré, Pablo Néruda… accompagné par de la vidéo de Pierre et Rémi Lesclauze et Sylvain Marmer de l’association TAOA et par de la danse par un groupe de l’école de danse classique du Centre Culturel. Piano : Stella Juliach’s ; soliste : Martine Dubarry.

3Les roches de l’ère primaire : granites, gneiss, schistes, dites « glaciaires » et de périodes tempérées ou chaudes dites « interglaciaires ».

4 Ouvrage : « Claude Nougaro. Le parcours du cœur battant », de Christian Laborde, éditions Hors collection, 2014.

5 Une conférence / performance : hommage à Claude Nougaro par Christian Laborde a eu également lieu à cette période à la Halle aux grains, accompagnée de documentaires projetés sur grand écran, de récits et anecdotes, lectures de textes de l’artiste toulousain, rythmée par Francis Lassus qui fut le batteur de Claude Nougaro.

6 Rémy Riflade et Scott production.

7Baudelairein « Correspondances ; L’invitation au voyage ».

8 Jean Laquet, dit Jean de Cabadur, poète très apprécié dans le Haut-Adour au début du XXe siècle a dédié de nombreuses cantates, écrites souvent à la fois en gascon et en français, au patrimoine ou aux célébrités qui ont séjourné à Bagnères-de-Bigorre, dont Montaigne, dans « La perle des Pyrénées, Bagnères-de-Bigorre ». Lire : Histoire locale ; La feuille périodique d’information n° 1176 – 6 juin 2013, Le livre d’histoire.

9… dont les nombreuses statues en marbre peuplent ce Musée à ciel ouvert, créées par des artistes pour part de renommée nationale.

10 Via la nouvelle directrice de la Médiathèque, Armelle Guillaume, (lire l’article du 3 févr. 2014 dans  La Nouvelle République des Pyrénées, la Ville de Bagnères-de-Bigorre, la Communauté de Communes de la Haute-Bigorre et les nombreuses Associations.

11 La Bigorre (en gascon : Bigòrra) peut être décrite comme un pays, ou une micro-région du sud-ouest français. Petite part de Gascogne, la Bigorre se situe, en particulier par la langue traditionnelle, dans l’ensemble linguistique gascon.

12 D’après la légende, Pyrène, la fée des fontaines, tomba amoureuse du bel Héraclès. De cet amour naquirent les Pyrénées. Pyrène est aussi le nom de la fameuse librairie de Bagnères-de-Bigorre.

13 In De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir, 1898. Francis Jammes passa la plus grande partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, région qui sera le cadre de sa littérature.  Ses premières compositions poétiques furent connues des milieux littéraires parisiens vers 1895. Ce fut une bouffée de fraîcheur dans la préciosité symboliste. Il se lia notamment avec Gide, puis plus tard avec Claudel. De l’angélus de l’aube à l’angélus du soir, son plus fameux recueil, parut au Mercure de France en 1897. Le Deuil des Primevères (1901) est son autre livre majeur.  

14 Edmond Duplan est un auteur compositeur interprète, né le 20 septembre 1930 à Pouzac, dans les Hautes-Pyrénées. « Artiste populaire et troubadour bagnérais qui se qualifie de « chanteur pyrénéen » tout en renouvelant largement ce genre traditionnel, il s’exprime dans un « registre chaleureux, direct, entraînant ». Les paysages et les hommes des Pyrénées sont au cœur de son répertoire, tant en français qu’en gascon. La chanson Le refuge (1982), dont le refrain cite un grand classique du pyrénéisme, est devenue à son tour un classique de la culture pyrénéenne, à la fois hymne rencontrant l’adhésion d’un vaste public et standard repris par de nombreux interprètes. (Sources wikipédia).

La langue des signes, Gérard Bayo ; 76 pages ; éditions L’herbe qui tremble 2013

 Bayo Gérard

  • La langue des signes, Gérard Bayo ; 76 pages ; éditions L’herbe qui tremble 2013 ; 14 euros.

On connaît Gérard Bayo, « un poète pour demain », tel que l’entend l’intitulé de son avant-dernier ouvrage paru en été 2012, aux éditions En Forêt / Im Wald, portées avec une indéfectible amitié traversière en faveur de poètes de langues française et allemande, par ce cher compagnon de route disparu un an plus tard, en été 2013, Rüdiger Fischer, l’ami de l’ami en recherche pour trouver.

Dans ce nouvel ouvrage paru à la Maison d’édition L’herbe qui tremble, créées en 2008, où les éditeurs s’attèlent « paisiblement à son enracinement dans le paysage éditorial francophone », où la part belle est faite à la poésie et où tout se fabrique avec cette délicate attention ; discrétion soulignée par la métaphore filée de « l’herbe fragile entre deux pavés, certains s’arrêteront pour la saluer tandis que d’autres passeront leur chemin », La langue des signes se décline sur une échelle du temps in fini, car permanent, immanent, telle la ronde des saisons. Le poète parfois résigné, parfois intranquille (p.74) observe :

Inutile d’ajouter la mort

Ni à son heure le printemps.

Et dans le poème : Fragment de voyage (p. 48)

à quoi voit-on

qu’on est vivant ?

Puis (p. 49)

à quoi voit-on

qu’on est mort ?

Le poète semble ici & maintenant être en quête, à la recherche d’un temps non perdu, simplement passé, à l’échelle humaine trop humaine et revivifié par la mémoire si vive qu’elle fait mal et en même temps : elle fait illusion, tient lieu de réel intemporel au plus quotidien des quotidiens, ainsi que traduit ci-après (p. 58) :

Tout en ce monde

est illusion,

à l’exception

du réel et du rêve.

Et

Encore faut-il se souvenir de ce qu’on a

immergé là. (p. 75)

Rêve-olution et lumière rédemptrice, consolatrice, mais aussi sujet d’interrogation mystique chez le poète (p. 32) :

et si la lumière

avait à voir avec la mort – et celle-ci avec

le visage de l’amour.

Le temps a passé, tant sur le poète que sur les lieux, aimés, arpentés, connus / inconnus / reconnus, selon l’axiome heideggérien ; sur les demeures qu’il a habitées. Y raisonnent & résonnent : le tintement d’un carillon ou bien celui – comme en un auguste rappel – d’une cloche au fond du val, dans le grand dehors d’un paisible village, ou bien s’appréhende – porté par le vent sur monts et collines, « sous la voûte des arbres »,où passe une fois encore ce promeneur solitaire accomplissant – tel un rituel sacré, cette proménadologie réflexive qui le porte ainsi à formuler un souhait (p. 46) :

– Ô combien

je voudrais

à présent un pays pour vivre ! Au bord de la fosse

la terre natale.

Tempéré par cette lucide observation :

Mais là-bas, ta maison fait silence

au milieu du silence

ensauvagés pruniers,

noyers, pommiers… Sur le promontoire vient s’étendre

le vent,

sa solitude.

Pourtant sur ce chemin d’apparente solitude, comme en une sorte de pèlerinage auquel plusieurs compagnons prendraient part, n’entend-t-on pas, murmurantes : la voix du poète relayée ici et là par celles de Rilke et de Jaccottet, dans le lointain celle de Hölderlin, plus proches, plus poignantes aussi, celles d’Anna Akhmatova, d’Edith Stein, de Celan, de János Pilinszky (regrettant l’absence de Dieu au monde) et puis encore celle bien vivante du poète ami, Horia Badescu ? (p. 12)

Et la route avec toi s’en va…

Un peu de temps encore : tu seras seul

avec ton bonheur, le leur

jusqu’à toi,

l’à jamais

partagé.

La langue des signes semble ainsi prendre la forme d’une archipélisation d’alliance-fusion entre les mots, les images et les sons que le poète a appris, oubliés, réappris à ressentir, de manière intuitive, impérieuse. Une langue d’enfance, mais aussi de la séparation, de la perte sans perdition, de la chute, du deuil improbable, du doute en une concorde possible, en raison de ce qui s’est réellement passé : l’impensable. Une langue consolatrice et aigue lorsque posée sur les paysages tant mentaux que géographiques, et sur l’Histoire : copeaux de vérités parcellaires, sujette à « la » mélancolie assumée. Une langue avec laquelle communier, malgré tout ce qui fâche et révolte, et dans laquelle puiser la créativité d’une écriture poétique, témoignage, à l’écoute et à l’œuvre, esquissée, (comme en un tableau), épurée (less is more), trouée (…). Chemin faisant, Gérard Bayo semble avoir résolu la question lancinante que se pose tout passeur attentif du verbe : « comment mettre tout ceci en mots ? » : par la langue des signes.

©Rome Deguergue

Rome Deguergue, … de par la Reine … marcher dans la couleur du temps, mai 2012, éditions de l’atlantique, collection Phoibos (18€ – 57 pages).

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  • Rome Deguergue, … de par la Reine … marcher dans la couleur du temps, mai 2012, éditions de l’atlantique, collection Phoibos (18€ – 57 pages).

Loin des fastueuses éditions richement illustrées – mais sur un agréable papier nacré – Rome Deguergue, lauréate du « Grand prix de la poésie de la fondation de Foulonde Vaulx de l’Académie de Versailles 2008 » évoque Versailles, ce cadre enchanteur créé pour le monde du Grand siècle parvenu à son apogée.

Dans un langage aux multiples facettes, Rome Deguergue nous dit les escaliers secrets, « les pétillantes eaux musicales », l’alcôve au centre du château, « les joyeux retours de chasse où brillent de si délicieuses demoiselles courtisanes »… mais aussi « l’avenir noir de l’inattentive et bien insouciante monarchie ».

C’est l’évocation d’une époque révolue, fascinante, avec ses heures glorieuses ou tragiques, sa magnificence indépassable, mais qui porte en elle-même les signes de son proche anéantissement.

Le temps a passé, il n’y a plus de roi, le Palais est désert.

Il nous reste cette splendeur onirique, Versailles, que Rome Deguergue pare d’une auréole de poésie, de rêves somptueux ou mélancoliques.

Rêvons avec elle…

Chronique de Michel Rebetez©

Hommage à Rüdiger Fischer

Adieu à l’ami, passeur du verbe au-delà de toutes les frontières.

Hommage au professeur de langues & traducteur, Rüdiger Fischer

Par Rome Deguergue

 Rüdiger Fischer

Rüdiger Fischer

« Quoi que l’on puisse dire de l’insuffisance du traduire,

cette activité n’en reste pas moins l’une des tâches les plus essentielles

et les plus dignes d’estime du marché d’échange mondial universel ».

Ce fragment d’une citation de Johann Wolfgang von Goethe1 illustre avec justesse la mission dont s’était chargé cet ami des poètes et de la poésie plurielle.

Rüdiger Fischer, traducteur du français, de l’italien vers l’allemand et vice et versa, à la fois – sourcier et cibliste – qui « va danser avec le langage »2 afin de pouvoir dépasser l’espace transtextuel, car relié à tout ce qui s’étudie à propos des langues, des cultures, des échanges et autres relations avec les poètes qu’il avait choisi de traduire, comme une réponse différenciée faite à Babel, – nous manquera, manquera sans nul doute au paysage traductif de la poésie européenne.

Ses projets de traductions et éditoriaux des dernières années n’avaient pas taris avec la sortie notamment des ouvrages de : Anise Koltz ; Francine Caron ; Démosthène Agrafiotis ; Jean Rivet ; Lucien Wasselin ; Bluma Finkelstein ; Gérard Bayo ; et un ouvrage majeur qui regroupe des poèmes de cinq femmes : deux palestiniennes, une israélienne, une kurde, une algérienne ; une anthologie bretonne et le 5e livre de l’anthologie : LA FETE DE LA VIE.

La fête de la vie ! C’est ce que Rüdiger Fischer aimait à célébrer en ce monde du vivant & des choses chaoscosmiques, où les livres, la splendeur de paysages ouverts, la musique, le vin du Rhin ou de Bordeaux étaient invariablement goûtés, partagés avec les personnes de bonne volonté, pures et loyales qui eurent la chance de compter parmi ses amis.

Célébrons à notre tour, cette fête de la vie, en pensée traversière dirigée vers cet espace pélagique, où Rüdiger Fischer – nous aimons à le songer, depuis le 4 juin de cette année 2013, continue de tracer et de diffuser ses alphabets de lumière… Ade liebster Rüdiger Ade !3

1Extrait de Fragments sur la nature, in Pages choisies de Goethe, Paris, Editions Sociales, 1968, p. 18.

2 In Ainsi parla Zaratoustra de Friedrich Nietzsche

3 Ade est une forme de salut utilisée dans le sud de l’Allemagne, où résidait Rüdiger Fischer.