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Gilberte Dewanckel, Pierre-Jean Foulon, Le silence du monde, Thuin : Editions du Spantole, 2020

Une chronique de Pierre Schroven

Gilberte Dewanckel, Pierre-Jean Foulon, Le silence du monde, Thuin : Editions du Spantole, 2020


Composé entièrement à la main en Chambord corps 12 par Etienne Olivier, ce recueil, enrichi de deux linogravures de Gilberte Dewanckel, est l’occasion pour Pierre Jean Foulon d’interroger les limites de la visibilité, d’approcher ce qui n’a pas de visage et de mettre au jour une réalité autre.

Dans ce livre, les deux artistes s’unissent avec bonheur pour révéler la fragilité de l’existence, renouer avec la présence et embrasser certains territoires invisibles du réel. Soucieux de nous offrir une plus grande proximité avec un monde qui ne correspond en rien à l’idée qu’on s’en fait, ils tentent ici d’ouvrir un espace à un silence qui n’a d’autre message que la vie dans son mouvement, son mystère et sa lumière.  

Il ne faut jamais choisir d’itinéraire. Il suffit d’attendre que les routes s’offrent à soi en un dédale de vergers ou un labyrinthe de forêts

©Pierre Schroven

Linogravures de Gilberte Dewanckel imprimées en noir
Composé en typographie manuelle en caractères Chambord corps 12 et imprimé à la Maison de l’Imprimerie de Thuin par Étienne Olivier 75 exemplaires sur papier Ingres
17 x 14 cm, 24 p., co.

Éditions du Spantole : le site

Pierre-Jean Foulon, XL, Thuin, Editions du Spantole, 2018

Une chronique de Pierre Schroven

source image : ici

Pierre-Jean Foulon, XL,Thuin, Editions du Spantole, 2018)


Dans ce recueil, Pierre-Jean Foulon nous confronte à l’étrangeté de notre présence, met en question l’identité et nous incite à prendre nos distances avec les évidences qui nous sont offertes. En effet, se méfiant des idées générales susceptibles de faire passer la représentation avant la vie elle-même, il questionne le monde et ses mirages, célèbre les puissances du corps et s’interroge sur la notion même de la poésie si prompte à nous mettre au monde, à transcender le néant, à traduire le flux et l’énigme de la vie. Ici, l’écriture est instinctive,  destabilise, laisse agir des vertiges ; ici, les poèmes sont perclus d’images bouleversantes qui ne semblent jamais épuiser le mystère qui les entoure ; ici, tout nous invite à retrouver l’intensité d’un étonnement, à fuir nos parures mondaines, à nous confronter au vide et à ouvrir la question de notre être. XL est un livre qui d’une certaine manière, nous fait mieux percevoir le fait que c’est au moment où plus rien n’a de signification que surgit le monde ; mieux, c’est un livre dont les textes disent le monde sans nous et apportent de l’eau au moulin d’une pensée qui s’inscrit dans le réel (plutôt que de s’y superposer) pour célébrer la vie dans son infinité, sa mouvance et son ambiguïté :

La foule corne sous l’arche des frontières ; épanouie en ses victoires, l’hydre capte l’horreur des fanions et des gueules : le monde savoure la délicate entrée dans l’univers inverse. Les heures tanguent dans la nuit. L’ordre se lézarde au bas des murs. La mort vacille dans l’inconscient. L’empire ameute ses troupeaux. Les rails pénètrent les demeures. Les chars caressent les dolmans. Livrés au vide, les regards assoiffés fouillent de longs amas d’aube sous la pupille des âges envahis…

NN studio

    ©Pierre Schroven

FRESQUE baroque de mon désir, Pierre-Jean Foulon , Thuin, Editions du Spantole, 2015

Chronique de Pierre SCHROVEN

foulon

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FRESQUE baroque de mon désir, Pierre-Jean Foulon , Thuin, Editions du Spantole, 2015

Expert et enseignant dans les domaines de l’art contemporain et de la muséologie (il est, entre autres, Conservateur honoraire de la Réserve précieuse du Musée royal de Mariemont), Pierre-Jean Foulon a publié à ce jour une vingtaine de recueils poétiques.

Dans ce livre, le poète s’emploie  à « fouiller la joie de naître » et tente de   restituer au monde toute sa présence mystérieuse. Ainsi, s’il ne se prive pas, au détour de chaque page, d’interroger les limites de la visibilité et du langage, il fait surtout ici  l’éloge du vivant, de l’instinct, de la perception immédiate voire du corps propriétaire d’une langue inaliénable.

Ici, chaque poème exprime moins qu’il n’écoute le bruit obstiné de la vie en marche ; ici, chaque poème oscille de l’ombre à la lumière, interroge notre présence et en ce sens ouvre des voies  sur la compréhension du monde, de soi et des autres…

 Rivières ni pluies ne rivalisent de puissance avec les flammes du soleil, seule étoile capable d’irriguer l’absence d’être. Insensible au poids du vide, l’astre bouillant se projette en maître du monde. Anges rebelles, les hommes traquent sa venue saisonnière et défient sa présence. La vague solaire répond en éclatante souveraine des chairs. Face aux limiers de la création, l’astre brandit l’arme du feu et du silence. Son énergie s’impose à la force des eaux, à la rage des hommes.

©Pierre SCHROVEN