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Jérôme Garcin, Le voyant – L’aveugle résistant ; nrf Gallimard

Jérôme Garcin, Le voyant – L’aveugle résistant ; nrf Gallimard, (185 pages, 17,50€) Jérôme Garcin renoue avec les hommages. Après nous avoir fait découvrir Jean de La Ville de Mirmont, cette fois, il consacre son exercice d’admiration pour « L’aveugle résistant », une figure méconnue en France, oubliée même, ce qu’il déplore. En le réhabilitant, l’auteur lui rend justice. Jérôme Garcin sait aiguiser notre curiosité en ouvrant le roman par un portrait dithyrambique de cet homme dont on découvre l’identité à posteriori. Si un film peut provoquer un choc, il en est de même d’un livre. Pour Jérôme Garcin, le déclic se produisit avec Et la lumière fut. Dans ce récit biographique, qui a pu s’enrichir grâce aux archives mises à sa disposition par sa fille, l’auteur nous révèle en quoi Jacques Lusseyran l’a émerveillé, ébloui. D’une part pour « un optimisme ravageur, une vaillance hors norme, une foi d’airain ». D’autre part, pour avoir su faire de son handicap un atout. Lui qui voyait « avec les yeux de son âme » continue à s’émerveiller, comme Jacqueline de Romilly. Son enfance …

Christian Bobin, LA GRANDE VIE ; nrf Gallimard (12,90€ – 122 pages)

Une chronique de Nadine Doyen Christian Bobin, LA GRANDE VIE ; nrf Gallimard (12,90€ – 122 pages) Le recueil s’ouvre par un hommage à la poétesse Marceline Desbordes-Valmore à qui Christian Bobin s’adresse sous forme de lettre. Il souligne que sa vie fut « d’une brutalité insensée ». Même admiration à l’encontre d’Ernst Jünger dont il admire la description d’un arbre à la minutie d’un scribe ». La lettre, l’auteur déplore, comme Charles Juliet sa disparition. Qui écrit encore à l’heure de facebook et twitter ? Pourtant, « Son écriture dit l’âme en ses mouvements secrets… » ; «  Une lettre manuscrite c’est un visage gravé dans la pierre tendre du papier… ». Touchante, cette lettre destinée à son chat disparu, ce compagnon qui aimait voir la plume couler la phrase sur la page blanche, ce petit chat, qui avait fait du piano son île. Tout aussi émouvante celle à l’adresse d’un petit merle dont il a admiré le gracieux port de tête. On peut être déboussolé de voir Christian Bobin multiplier ses billets doux à l’adresse d’un merle et même une marguerite. Il …

Sylvain Tesson – S’abandonner à vivre – nouvelles ; nrf Gallimard (17,90€ -221 pages)

Une chronique de Nadine Doyen   Sylvain Tesson – S’abandonner à vivre – nouvelles ; nrf Gallimard (17,90€ -221 pages) La propension de Sylvain Tesson à faire usage des citations se retrouve dans le copieux exergue et au début des 19 nouvelles (Cioran, Fitzgerald), dont une en anglais : « To muse, to creep, to halt at will, to gaze » du poète Wordsworth. Je pense en effet qu’elles « révèlent l’âme de celui qui les brandit », comme le justifie l’auteur dans un roman précédent. L’écrivain, bourlingueur, alpiniste chevronné, campe ses dix-neuf nouvelles dans les lieux qu’il a gravis, sillonnés, arpentés, depuis Paris, la Bretagne, la Chine (Le Yunnan) à la Lettonie et Russie, en passant par l’Algérie. Certaines plus viriles rendent hommage aux pionniers de la conquête de sommets mythiques, à ceux qui ont accompli des exploits de l’extrême, y perdant parfois la vie. Les pitons évoque les ascensions communes du narrateur avec Jack, « alpiniste américain », et les exploits de ce dernier devenu « le poète des cimes ». Sylvain Tesson met en exergue cette fraternité née dans l’effort, concluant par …

Le fémur de Rimbaud, Franz Bartelt, nrf Gallimard, (18,50€ – 248 pages)

Le fémur de Rimbaud, Franz Bartelt, nrf Gallimard, (18,50€ – 248 pages) Franz Bartelt s’est imposé dans le paysage littéraire par sa démesure, l’outrance comme disciple d’Ubu. Il récidive avec Le fémur de Rimbaud. Fidèle à ses Ardennes, l’auteur campe son récit comme dans de précédents romans, à Larcheville, anagramme de Charleville, et rend hommage à Rimbaud par l’exergue. On croise Majésu Monroe, brocanteur qui revendique détenir « la trouvaille unique », « la pure merveille » et Noème Parker, une cliente dont il tombe en amour. On est témoin de la première rencontre de deux protagonistes au café des Arcades . On suit l’évolution de leurs sentiments, la phase séduction de Majésu, facilitée par son talent d’orateur et de séducteur qui va le transformer en homme caméléon, s’adaptant aux fantasmes de sa bien-aimée. C’était une année qui commençait bien. Sa révélation choc, fracassante interpelle le lecteur et celle qu’il vient de conquérir. L’assassin est déjà en prison pour Noème ? Où est donc la vérité ? Leur projet d’union peut-il en être contrarié ? Encore faudra-t-il plaire aux parents. Les protagonistes …