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Hava PINHAS-COHEN – Rapprocher les lointains (choix de poèmes 1989-2018) – traduction (de l’hébreu) par Michel Eckhard Elial, couverture d’Etienne Schwarcz, Éditions du Levant, 2020, 64 p. 25€

Une chronique de Marc Wetzel  Hava PINHAS-COHEN – Rapprocher les lointains (choix de poèmes 1989-2018) – traduction (de l’hébreu) par Michel Eckhard Elial, couverture d’Etienne Schwarcz, Éditions du Levant, 2020, 64 p. 25€ « Je n’irai pas sur tes pas, mon amour, dans la fosse je ne te suivrai pas, car le champ me fait signe d’entrer. Je ne descendrai pas, mon amour, vers la fosse car il faut rompre le pain du shabbat et bénir le vin, ramasser les miettes de la table et les disperser. Je ne te suivrai pas je ne descendrai pas, mon amour, vers la fosse les anges sont venus recueillir ton âme j’ai pris ta main embrassé ta bouche fermé la porte devant eux. Mais ils m’ont laissé derrière eux lever les yeux et voir l’ombre des ailes te cacher et le jour décliner. Je ne descendrai pas, mon amour, dans la fosse car la peur des ténèbres est plus terrible que celle de la pièce où la lumière s’est éteinte. Je ne saurai exaucer ton voeu tous mes actes …

Michel ECKHARD ELIAL – Exercices de lumière – Levant, 2016

Chronique de Marc Wetzel Michel ECKHARD ELIAL – Exercices de lumière – Levant, 2016 Étrange titre pour un livre de deuil (Matiah, fils de l’auteur, mort à 19 ans, déjà compositeur et poète) ; on attendait plutôt « Exercices de ténèbres » ou « Prémices de lumière », mais la force du recueil est dans son pari. Un exercice, c’est un essai d’aboutir, ou, en tout cas, un travail de facilitation. On ne s’exerce pas à être crasseux, ou sot, ou pauvre, ou addict, car on se délabre sans efforts ; tout à l’inverse, on ne s’habitue au malaisé, on ne s’accoutume au pénible, qu’en vue du meilleur. Et tout est meilleur que rester mort. Tout est plus noble que laisser mort. Mais que le travail du deuil soit un effort de lumière, cela reste un paradoxe, même si, tout de suite, un paradoxe encore plus fort  nous est énoncé par l’auteur, quand il déclare et espère son fils  (ou plutôt, dit le texte, « l’éclair d’une existence ») … …  « béni dans le néant » (p. 6) Soyons net : la lumière ici évoquée …