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Frédéric Chef, Poèmeries, préface de Bertrand Degott, Éditions Traversées-Poésie, 96 pages, Juin 2018, 15€

Une chronique de Lieven Callant   Frédéric Chef, Poèmeries, préface de Bertrand Degott, Éditions Traversées-Poésie, 96 pages, Juin 2018, 15€   Le titre donne le ton à ce nouveau recueil des éditions Traversées: on joue et on se joue des codes traditionnels de la poésie avec une certaine science légère et amusée qui permet malgré tout à son auteur et aux lecteurs d’apprécier avec lucidité des messages complexes et vrais, critiques surtout vis-à-vis d’eux-mêmes. Ces jeux réintroduisent ce qui manque parfois ailleurs, la fantaisie, l’audace, l’humour. En se ré-appropriant d’une des formes clés de la poésie: le sonnet, Frédéric Chef me rappelle qu’on peut innover sans céder à la facilité voire à la grossièreté, sans rester prisonnier des codes multiples qui portent la poésie ou la sculpte parfois avec trop de rigueur. Les règles, les formes ne se figent pas mais servent de tremplin à l’écriture. Vanités, hommageries et voyageries  partagent les sonnets selon leurs caractéristiques comme on partagerait des pâtisseries selon leurs goûts et leurs textures mais aussi leurs valeurs nutritives et l’effet que …

Jean-Claude Pirotte – Ajoie précédé de Passage des ombres et de Cette âme perdue (Préf. De Sylvie Doizelet – Ed. NRF  Poésie/Gallimard).

Chronique de Xavier Bordes Jean-Claude Pirotte – Ajoie précédé de Passage des ombres et de Cette âme perdue (Préf. De Sylvie Doizelet – Ed. NRF  Poésie/Gallimard). Malgré une sorte de nomadisme invétéré (« Je me transporte partout » sera le titre d’un prochain recueil posthume), forcé aussi bien que libre, malgré certains coups du sort tragiques (le suicide de sa fille aînée), Jean-Claude Pirotte, récemment disparu, nous laisse une somme impressionnante d’écrits, au premier rang desquels des poèmes, à laquelle il faut aussi ajouter de la peinture, des activités d’édition, d’épistolier, bref, les reflets d’un dynamisme et d’une énergie hors du commun : poèmes de toutes les sortes, sur tous les thèmes imaginables, rimés ou non, moins fantaisistes et riches d’invention verbale que ceux de son contemporain Jean-Pierre Verheggen, moins sérieux, mélancoliques et réalistes que ceux de son autre contemporain William Cliff, les poèmes de Jean-Claude Pirotte se tiennent en quelque sorte à équidistance entre ces deux représentants de la poésie wallonne. Ils sont capables de toutes les nuances, gaieté mêlée de mélancolie, humour secret ou ironique, attendrissements …

Hommage à Jean-Claude Pirotte par Frédéric Chef

  Pour Jean-Claude Pirotte, i. m. Te voilà sur les bords de la Sambre parti la Meuse le Léthé ou le Styx peut-être commences-tu à descendre dans un poème toujours aussi prolixe pourtant locataire sous le vocable de la Vierge qui te faisait rempart tu tirais par les cornes ce Diable ignorant qu’un jour le temps sépare ce qu’il a réuni comme un bouquet de membres de chair et de pensées au-dessus l’âme ou quelque chose approchant ? les poètes ne meurent c’est connu jamais souffre-douleur ils se piquent pour nous à toutes les roses ……………………. tu poursuivais la chimère du vieux-temps au fil des jours dans l’usage des poètes et la lumière remisée des jours d’antan où tu vivais loin d’être anachorète sur le seuil derrière le rideau du ciel tricotant l’ordinaire d’un fil ténu ou fixant d’un pinceau d’aquarelle tes humeurs et ton âme aux nues pour que naisse un double de toi qui volerait par-dessus les toits parmi les anges et les diables cornus je ne crois pas du tout que tu …