Tous les articles taggés : Jacques Ancet

Jacques ANCET  – Voir venir et laisser dire – poèmes (Ed. La rumeur libre – 132 pp.)

Une chronique de Xavier Bordes Jacques ANCET  – Voir venir et laisser dire – poèmes (Ed. La rumeur libre – 132 pp.)   Notre ami Jacques Ancet est loin d’être un poète inconnu en Belgique puisqu’il a été nommé, honoris causa, docteur de l’Université Catholique de Louvain, parmi beaucoup d’autres flatteuses distinctions que sa fécondité lui a méritées. Tous les livres d’Ancet sont d’une poésie, intime souvent, intéressante, toujours. Celui-ci n’échappe pas à ces deux qualités, particulièrement en ce que sont les mouvements intimes d’une conscience favorisée par une vision poétique simple, belle et originale. Il s’agit, davantage encore que d’habitude chez notre poète d’une réflexion, disons ferme et douce, sur l’être d’un homme un peu à l’écart, dans sa relation avec le “contemporain” qui sollicite son esprit. Quelque chose qui n’est pas mièvre tout en s’essayant à un dire juste et bienveillant, en dépit du négatif qui secoue ce XXI ème siècle commençant :    Le printemps comment en parler avec les cris, les détonations,                           Le fracas des bombes ?                             Et …

Jacques ANCET – Quelque chose comme un cri – (Tweets) – illustré par Danielle Desnoues (Ed. Érés, coll Po&psy, in extenso).

Chronique de Xavier Bordes Jacques ANCET – Quelque chose comme un cri – (Tweets) – illustré par Danielle Desnoues (Ed. Érés, coll Po&psy, in extenso). Il est des poètes laborieux, et d’autres, de drôles d’oiseaux sans doute, qui poétisent comme des pinsons tweetent (verbe combien à la mode !). Notre ami Jacques Ancet fait partie de la seconde catégorie, et publie tant de choses intéressantes que l’on a un peu de peine à suivre ! Ce petit livre-ci, qu’on glisse volontiers dans sa poche, est jusqu’à un certain point dans la tradition laconique d’un René Char, en ce sens que, selon un esprit cependant fort différent, il se présente comme une suite de notations (une par page), qui s’étend de mai 2012 à septembre 2015. L’esprit de ces notations n’a rien de sentences héraclitéennes plus ou moins hermétiques. Il ne s’agit pas ici, au jour le jour, de tirer des constats spécifiquement éthiques et philosophiques, mais simplement et clairement par un trait ou un autre (ce qui évoque plutôt l’esprit du fameux haïkaï japonais), de …

Jacques ANCET – Les livres et la vie – « Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.)

Une chronique de Xavier Bordes Jacques ANCET – Les livres et la vie – « Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.) C’est toujours avec un vague malaise, un peu superstitieux peut-être, que je lis les autobiographies : leur auteur s’y dévoile comme à la fin d’une vie, présentant un bilan qu’il assortit généralement d’un occulte plaidoyer pro-domo. Cependant, lorsque le témoignage se développe autour d’un thème particulier (ici littérature et poésie) et plaide avec franchise pour l’exposé du lent processus d’évolution d’une passion créatrice, telle que celle du poète et traducteur Jacques Ancet pour la poésie, j’avoue que la curiosité l’emporte. Jacques Ancet dans ce livre décrit et résume un trajet d’écrivain depuis son origine jusqu’au présent, avec le charme des mémoires ; de surcroît pour un lecteur extérieur, il nous initie avec simplicité au cheminement d’un talent créateur, à travers les livres et les circonstances qui ont accompagné sa maturation. L’intérêt du livre est qu’il semble ne rien esquiver des joies et des déboires du poète en cours de conquête de son espace poétique. …

LE JOUR COMMENCE – Jacques Ancet (Poèmes – Ed. Tarabuste, Coll. Reprises).

Chronique de Xavier Bordes LE JOUR COMMENCE – Jacques Ancet (Poèmes – Ed. Tarabuste, Coll. Reprises). Un certain nombre de poètes contemporains ont la prédilection de poursuivre la (respectable) tradition du lyrisme, inaugurée par Sappho six cents ans avant notre ère. Cette forme de poésie à mon sens présente trois caractéristiques principales qui me conviennent fort bien : 1) On n’y abandonne pas la beauté de la formulation et des images. 2) On n’y a pas renoncé à l’expression simple des sentiments, l’amour venant en premier lieu, que ce soit d’une personne, ou du monde à travers elle. 3) Une dose de mystère irréductible, mais naturel, spontanément ressenti, plane en arrière-plan du poème, et incite au rêve… Qui est bien l’un des plus magnifiques agréments de la vie. Telle se présente à nous dès les premiers recueils, ici réédités, la poésie de Jacques Ancet, premiers recueils dont un certain nombre, recomposés et organisés forment la matière des 195 pages de ce livre intitulé « Le jour commence », qui nous montre combien était déjà mûrie, originale dans …

JUAN GELMAN – Vers le sud et autres poèmes – Coll. Poésie Gallimard. (Traduction de l’argentin, par Jacques Ancet.)

Chronique de Xavier Bordes JUAN GELMAN – Vers le sud et autres poèmes – Coll. Poésie Gallimard. (Traduction de l’argentin, par Jacques Ancet.) Juan Gelman, né à Buenos-Aires le 3 mai 1930, décédé le 14 janvier 2014 à Mexico, fut un poète combattant et sa vie entière, une lutte militante contre la tyrannie et pour la mémoire des « disparus », vie qui s’acheva en exil au Mexique. Je n’insiste pas sur cet aspect dont on trouvera sur Internet le détail historique largement exposé et commenté (Par exemple, l’article de Florence Nolville pour Le Monde) Sa vie connut, en particulier à partir de 1976, les épreuves les plus douloureuses. Toute sa poésie est lutte contre la souffrance : le traumatisme de l’assassinat de son fils de vingt ans par la dictature est un événement dont il ne se remit jamais, et le masque triste, émacié, le regard à demi-absent et désabusé qu’on lui a connu s’est imposé à son visage dès cette époque. Couvert de prix dès les années 80, il est reconnu et traduit dans divers pays, …