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Amélie Nothomb, Les aérostats ; Albin Michel (17,90€ – 175 pages) Août 2020

Chronique de Nadine Doyen Amélie Nothomb, Les aérostats ; Albin Michel (17,90€ – 175 pages) Août 2020 Amélie Nothomb revisite, à travers sa narratrice Ange, ses années estudiantines, après celles passées à l’athénée d’Arlon.Trouver à se loger sur place à Bruxelles est une des priorités. L’étudiante en philologie a renoncé au logement universitaire (« thurne bruyante ») après une expérience peu concluante, privilégiant « une chambre à soi » : « Virginia Woolf a trop raison, rien n’est aussi important ». Un luxe, certes, mais en contrepartie des règles strictes à respecter et « des sermons » à supporter.  Le chapitre d’ouverture a un côté théâtral avec les chamailleries entre Donate et sa colocataire, Ange, qui porte un prénom épicène ! Afin de se constituer un petit pécule, Ange décide de passer une annonce pour donner des cours. En citant Nietzsche( 1), la future répétitrice de 19 ans impressionne Grégoire Roussaire, cambiste, qui l’embauche derechef pour aider son fils, en prévision du bac de français. L’heureux élu sera Pie, qui aurait préféré s’appeler Pi, ayant une attirance pour les mathématiques. Spécialiste de l’onomastique, l’écrivaine décrypte ce prénom …

Amélie Nothomb, SOIF, Albin Michel, Août 2018, (17,90€ – 152 pages)

Chronique de Nadine Doyen   Amélie Nothomb, SOIF, Albin Michel, Août 2018, (17,90€ – 152 pages) Nous avons tous des héros que nous vénérons. Pour les protagonistes de Jérôme Attal, ce sont Superman , Winston Churchill. Celui d’Amélie Nothomb est bien singulier, reconnaissons-le, puisqu’il s’agit de Jésus. Elle va se glisser dans son corps pour quelques jours et souffrir avec lui. Dans des interviews, elle confie avoir eu un intérêt précoce pour Dieu (dès 2ans) ! Voudrait-elle, se demandent certains, régler son compte avec Dieu ? L’écrivaine se justifie en affirmant que « c’est une erreur, une monstruosité ». Les lecteurs du Pèlerin se souviennent sûrement du chemin de croix que l’écrivaine avait publié peu avant Noël. (1) Ces pages préfiguraient donc ce livre audacieux. Pour elle « la Passion n’est pas un crime passionnel mais une exécution réfléchie ». Le titre SOIF fait référence à l’antépénultième parole que l’on prête à Jésus ». Le « Jésus d’Amélie Nothomb », digne d’une tragédie grecque, revient sur ses miracles et s’étonne de recevoir si peu de reconnaissance. On sourit à entendre cette femme qui trouve son enfant …

Amélie NOTHOMB, La bouche des carpes, entretiens avec Michel Robert ; L’Archipel (161 pages -16€)

Chronique de Nadine Doyen Amélie NOTHOMB, La bouche des carpes, entretiens avec Michel Robert ; L’Archipel (161 pages -16€) Pour les aficionados d’Amélie Nothomb, ces entretiens avec Michel Robert permettent de s’immiscer entre eux et de recueillir les confidences compilées sur six années (1995 -2001). Leurs rencontres se sont déroulées sous le sceau d’affinités électives, sous la forme d’une conversation amicale plutôt qu’un rapport questionneur/ questionné. Une mention spéciale pour la photo de la couverture d’une élégance, d’un raffinement de toute beauté. C’est donc « L’Amélie d’avant 2000 » que l’on découvre dans « ce véritable joyau », comme le qualifie Jacques de Decker (1).  Le titre « La bouche des carpes » fait référence à un dramatique accident vécu par Amélie, « l’enfançonne de quatre ans », à Kobé. L’ouvrage est dédié à Pascal de Duve, auteur d’Izo, emporté par le sida en 1993.  Six chapitres composent l’ouvrage dans lesquels sont abordés l’écriture, la philosophie, la religion, l’amour et l’amitié, la vie à l’étranger et les goûts les plus divers de l’écrivaine (fruits pourris, recettes, animaux, musique, cinéma…). Amélie Nothomb revient sur son …

Les prénoms épicènes,  Amélie Nothomb, Albin Michel, Rentrée littéraire    23 Août 2018  (155 pages – 17,50€)

Rentrée littéraire___________________ Une chronique de Nadine Doyen Les prénoms épicènes,  Amélie Nothomb, Albin Michel, Rentrée littéraire    23 Août 2018  (155 pages – 17,50€) Amélie Nothomb voudrait-elle payer sa dette aux auteurs qui l’ont nourrie ? Le titre du roman précédent Frappe-toi le coeur lui avait été inspiré par Alfred de Musset. Cette fois, avec Les prénoms épicènes,  elle fait un clin d’oeil à Ben Jonson, contemporain de Shakespeare, qui a écrit « Epicène ou la femme silencieuse ». Arrêtons-nous sur le sens de l’adjectif « épicène »: il désigne des prénoms « qui ne spécifient pas de quel sexe nous sommes ». Soulignons le talent de « la reine de l’onomastique. », dixit Augustin Trapenard ! Le premier chapitre mettant en scène Reine congédiant l’homme qui l’aime depuis cinq ans, peut dérouter, car ce n’est qu’à la page 107 que l’on découvre l’identité de celui qui, blessé dans son orgueil, n’a toujours pas « décoléré ». Moment où tout va basculer, faire exploser un couple et modifier l’avenir d’une mère et de sa fille. Nous suivons ensuite le couple formé par Dominique et Claude, depuis leur rencontre, …

RENTRÉE LITTÉRAIRE SEPTEMBRE 2015   Chronique de Nadine Doyen Le crime du comte Neville, Amélie Nothomb, roman, Albin Michel (15€, 135 pages) Voici Amélie Nothomb sur les traces d’Agatha Christie, toutes deux anoblies, prolifiques, indétrônables, de notoriété universelle, la belgitude en commun et best sellers. Si la romancière britannique fut estampillée par la presse des sobriquets suivants : « L’impératrice du crime », « lady of crime », comment sera surnommée Amélie Nothomb ? Peut-être « La baronne du crime » ? Le récit revêt un « British touch » double, puisqu’Oscar Wilde fut aussi une source d’inspiration pour l’intrigue. Chapeau bas à la narratrice, à l’imagination hors pair, à l’art imparable pour forger les noms à rallonge de ses personnages : entre en scène tout d’abord Madame Rosalba Portenduère par qui le malheur arrive. Amélie Nothomb nous convie au château de Pluvier, dans Les Ardennes belges, à la rencontre de son propriétaire, le comte de Neville. Celui-ci a hérité de l’art de la bienséance et de recevoir, non pas de Madame Rothschild, mais de son père et « son meilleur professeur » fut le roi Baudouin qui lui …