Recensions de Patrick JOQUEL

Poésie aux éditions du jasmin :

·        L’arbre essoufflé de vent, Paul Bergèse ; illustrations de Clotilde BERNOS.

Voici un livre consacré aux arbres. A l’arbre. En effet seuls neuf arbres sont nommés : pin, cyprès, olivier, cerisier, érable, chêne, saule, marronnier et pommier ; dans la plupart des poèmes l’auteur reste dans le générique « arbre » comme pour lui donner plus d’ampleur. De force. Ce n’est pas la première fois que Paul Bergèse écrit ainsi avec et sur les arbres. C’est un de ses thèmes favoris. Le poète est présent au monde. Il observe. Scrute. Ecoute. Il contemple ce monde et tente en quelques mots de le dire. De le partager. Ce livre apparaît alors comme une sorte de guide pour rendre le lecteur à son tour plus terrien, plus présent à son monde. Paul Bergèse invite le lecteur à se mettre en contemplation à son tour. A observer les arbres de son quotidien. Ceux du jardin, de la rue comme ceux de ses promenades… A les observer. A les écouter. Lire de la poésie c’est aussi apprendre à être davantage. Comme un apprentissage d’un savoir être.

·        Chuchotements de fruits et de fleurs, Monique RIBIS ; illustrations de Clotilde Bernos.

Le poète est un être du quotidien. Quelqu’un qui se laisse interpeller par l’instant. L’objet. La vie. Tout ce qui l’entoure. Il est particulièrement attentif. C’est comme ça. Chacun ses qualités. Chacun ses nuages. Ici, nous avons une poète qui donne la parole aux fruits de sa table, aux fleurs de son jardin. Elle les contemple. Elle les écoute. Fleurs et fruits lui chuchotent leur vie, leurs pensées intimes. Elle nous les transmet. Avec des poèmes plutôt longs. Elle s’est plongée dans d’autres vies et nous les partage. Le poète est un explorateur. Ses voyages peuvent être lointains comme ils savent se contenter du tout près. Du minuscule. De l’habituel auquel on ne fait plus attention. Question de présence au monde. Après avoir lu ce livre on ne peut plus voir la banane ou le melon comme une simple gourmandise… Magie du poème. Cadeau du poète.

Dis, c’est grand comment la vie ?, Joël SADELER ; illustrations d’Anne BUGUET.

Un livre de poèmes d’amour. A hauteur d’enfance. Et quelle hauteur ! Joël Sadeler écrit à la pointe sentimentale sans rose et sans mièvrerie aucune. Des textes courts, simples mais tellement justes ! Pourtant ce n’est pas facile de traquer les sentiments sans tomber dans le joli ni dans le convenu habituel. Il y réussit parfaitement. Avec un grand sourire dans ses yeux de grande personne attentive aux petites. De la délicatesse. De l’humour. Du bonheur. Après avoir abordé dans L’enfant partagé aux éditions de l’Idée Bleue le thème du divorce, ce poète, décédé en 2 000,  se penche sur les amours enfantines et leur vert paradis… Un livre pour tous les âges. Tous les cœurs. A lire. A laisser résonner. Vibrer.  En total respect. Dans le cadre d’une lecture suivie de cet ouvrage, on laissera une grande part au silence. Difficile de parler d’amour…

Le danseur de lumière, Jean SICCARDI ; illustrations de Joly GUTH.

Le poète est amateur de temps. Le temps qui passe, le temps passé, les temps futurs aussi parfois, l’interpellent. Il aime évoquer, se souvenir… revient sur son enfance… sur les traces… La vie, la mort… Le poète est bien souvent écorché vif par le sentiment de la perte. C’est de tout cela ici dont il est question et ceux qui sont familiers de l’œuvre de Jean Siccardi, en poésie comme en romans, retrouveront dans ce recueil ses thèmes de prédilection et sa petite musique personnelle. Donner à ressentir à de jeunes lecteurs ce sentiment de la perte peut paraître ambitieux, mais si on y réfléchit bien, il apparaît que leur donner à comprendre l’humour des poèmes dits ludiques n’est pas plus simple. Lire des poèmes, quels qu’ils soient, quels que soient leurs registres d’écriture, c’est apprendre à lire entre les mots, entre les lignes, c’est apprendre à déchiffrer les blancs du texte. C’est apprendre à lire en engageant tout son être ! Lire des poèmes, c’est autre chose qu’un simple savoir faire.

Monde flottant, Sophie Lei THUMAN ; illustrations d’Eric Battut.

Un recueil autour d’un thème : l’eau. Une thématique souvent abordée en classe et donc un livre qui va rejoindre avec légèreté la valise de livres « aquatiques ». Des poèmes d’une promeneuse au fil de l’eau, qui à la suite de Bashô guette le plongeon d’une grenouille et autres petits miracles liés à la présence, à la lumière de l’élément liquide. D’une promeneuse des rivages, plages maritimes ou lacustres… Dans ce livre ça flotte. Oui. De la pluie à la contemplation des reflets changeants, façon Mondrian. Un recueil paisible et lumineux.

Petits pains poèmes, Daniel Schmitt ; illustrations de Gilles Bourgeade.

Le poète travaille. Tous les jours il écrit. Parfois comme Daniel Schmitt il date ses poèmes. On peut ainsi le suivre à la trace. Dans son évolution. Et l’on s’aperçoit souvent que si l’écriture évolue, le poète poursuit sa ou ses lignes de réflexion, d’expérimentation. Non qu’il écrive toujours la même chose, loin de là, mais il écrit bien souvent autour des mêmes thèmes. L’écriture lui permettant de creuser, d’éclairer, d’avancer. Après tout l’Art est pour l’Artiste son aventure singulière et personnelle avant tout.

http://joquel.monsite.orange.fr

Traversées a reçu récemment…

 

Les recueils suivants :

  • Å itinéraire suédois, Piet LINCKEN, poèmes suivis d’une nouvelle traduction de poèmes d’Edith Södergran (Finlande, d’expression suédoise) par Piet Lincken, photographies de l’auteur, Atelier de l’agneau, 2011.
    • Piet Lincken, écrivain belge d’origine franco-suédoise, compositeur et pianiste/organiste professionnel, traduit ici des poèmes d’Edith Södergran (1892-1923), finlandaise, d’expression suédoise et dont l’écriture montre un travail sur la notion de rive, de limite. Elle bouscule les définitions toutes faites, les principes moraux habituels. S’n suit une vie jaillissante, panthéiste.

Piet Lincken, par ses pérégrinations de l’esprit et du corps, balise un espace, dans un parcours intime de thèmes et d’images, en intégrant au livre des relevés de tous ordres (climats, latitudes, lieux, lettres et mots prenant un caractère incantatoire…). Il investigue ainsi autour du rapport entre le collectif (langue, nation, coutumes…) et l’individuel (ressenti des émotions, des sens…)

 

  • Au Baron Louis Napoléon Loëtitia Charles de la Doucette et à ses cinq cent trente quatre gentilés, Nicolas GRENIER, poèmes, Clapàs, Franche-Lippée, Millau, 2011, 8p. A5.

 

  • Augures, Claude GUIBBERT, poèmes, Clapàs, Franche-Lippée, Millau, 2011, 8p. A5.

 

  • Le chien dont je t’ai parlé, poèmes de Sébastien COLMAGRO, images de Valère MOUCHET ; livret accompagné d’un CD sur lequel sont repris la plupart des textes. Librairie-Galerie Racine, Paris, 2010.

 

  • Couleurs et rêves de la femme arlequine – Farben und Träume der Harlekinfrau, Rome DEGUERGUE, poèmes, Alain BAUDRY et Cie, Les Voix du livre, Paris, 2011.
    • Après avoir pérégriné durant deux décennies en Europe, en Arabie, en Iran, aux USA, Rome Deguergue a depuis quelques années rejoint l’Aquitaine de son adolescence, afin de se consacrer à l’écriture en langue française (devoir et pouvoir de mémoire, géo-poésie…), à la traduction, et à la création d’Ateliers De Plein Air (ADPA) en direction de jeunes publics de collèges, lycées, universités … destinés à utiliser des mots migrateurs pour s’assurer de la vitalité de la langue française, capable de dialoguer avec les autres langues du monde.

 

  • Dans la beauté je marcherai, Agnès HENRARD, L’Arbre à paroles, B-Amay, 2011.
    • Gens de mémoire et de bonne volonté ne pourront oublier Jacques Henrard, homme de théâtre et romancier, mais aussi critique attentif et discret de l’œuvre d’autrui en littérature ou en peinture. Poète sensible et délicate, par ailleurs animatrice à la Maison de la poésie d’Amay, Agnès, la fille de Jacques, lui rend hommage dans une émouvante et pudique mise en quarantaine : « Quarante jours de traversée. Désert étreint, apprivoisé. Entre soif et chagrin, apprendre à reconnaître en soi où le soleil se lève, et où trouver ta voix. »

 

  • Dictionnaire Français-Gaulois, Jean-Paul SAVIGNAC, La Différence, Paris, 2004.
    • Cet instrument de travail, le premier du genre, est né du besoin de répondre, comme un dictionnaire de thème, aux légitimes et nombreuses demandes linguistiques des Français concernant cette langue fragmentaire ancestrale que diverses découvertes ont considérablement enrichie ces dernières décennies et dont ils ont été coupés depuis toujours, au point même de douter parfois de son existence.

Satisfaisant aux exigences de la lexicographie, cet ouvrage offre pour chaque entrée un mot confirmé comme étant gaulois (cité par un auteur ancien, attesté dans une inscription, reconstitué sous certaines conditions) ; son sens est élucidé par la comparaison avec des langues issues de l’indo-européen (l’irlandais ancien le plus souvent), permettant de traduire l’éventail des mots composés dans lesquels il se trouve, le cas échéant, employé, et son étymologie est établie.

Ce dictionnaire permettra aux non-spécialistes, aux historiens, aux amateurs et aux curieux de recouvrir un héritage intact, source de sens et de bonheur, de découvrir, en plein XXIe siècle, une vaste terra incognita linguistique et, à partir des mots, d’entreprendre des recherches de toutes sortes, toponymiques, bien sûr, mais aussi onomastiques et anthropologiques, voire d’entrer dans la mentalité à la fois étrangère et familière de ces Gaulois qui n’ont eu que leurs ennemis pour témoins. Pour la première fois – et parce que c’est devenu possible – la parole est donnée aux Gaulois.

 

  • Italie : une démocratie pervertie ?, Giuseppe SANTOLIQUIDO, essai, Edern éditions, Chemin du chêne aux Renards, 38 à B-1380 OHAIN.
    • Comment Silvio Berlusconi a-t-il failli pousser la chansonnette sur la scène du prestigieux Festival de San Remo, l’Eurovision italien ? Dans quel contexte s’inscrivent les procès successifs du triple Président du Conseil ? Quelle est la place de la Mafia sur la scène politique italienne ? La prégnance des idées d’extrême droite ? Autant de questions essentielles qu’abordent, sans faux-fuyant, ces Voyages en Italie d’une ère peu romantique…

A l’évidence, l’Italie n’est pas un pays comme les autres. De Portella della Ginestra, refuge du célèbre bandit Salvatore Giuliano, au tremblement de terre des Abruzzes, de Mussolini à Bossi, Giuseppe Santoliquido a disséqué, chaque semaine pendant treize mois, l’actualité politique italienne. Il nous invite aujourd’hui à une visite guidée, un parcours thématique où le burlesque côtoie le dramatique, où de joyeux chanteurs napolitains tiennent la dragée haute aux intellectuels romains. Où la trahison, l’argent et la jarretelle valent les meilleurs arguments. Mais aussi où des poètes de la campagne latine incarnent la noble voix de la résistance.

Une prise de conscience salutaire et une invitation à la résistance ; voilà le défi que nous lancent ces pages lumineuses. Et si, demain, nous initiions le changement ?

 

  • Je(S) (Carnet de Lino Sapide), Denis GUILLEC, avant-propos de Sylvie Durbec, Les Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2011.
    • Je suis deux, trois, cent… Mosaïque de mosaïques. Mais dont des pièces essentielles manquent. Ou appartiennent à d’autres. Sans ajustement possible.

Béant, tenaillé par d’affreuses mélancoliques, je me crispe pour ne pas fuir de partout. Tel un vieux mur branlant, je m’effrite. Me décrépis. A vue myope.

Je veux être un. Simple. Et lourd. Bien lourd. Balourd. (…)

    • Ici nous avons l’impression que Denis Guillec nous fait pénétrer encore un peu plus dans son monde et dans son écriture en nous proposant un traité du style, où l’abrasion et le retrait sont la règle.

 

  • Les mouettes d’Ostende, Patrick DEVAUX, prose, Les Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2011.
    • Le ciel était orangé et la mer lointaine.

La plage, comme absente, avait dû reculer trop fort, trop vite et le brise-lames semblait attendre son retour.

Sébastien marchait face au vent.

Il n’y avait pas de monde en mouvement.

Quasi personne.

Fin octobre tout se fige.

Ostende est orpheline de ses estivants ; le vent chargé de sel et de sable piquant fouette l’allure soutenue des encapuchonnés…

Il fit halte sur un banc quand une mouette, alourdie par le pain jeté de l’été, se posa, vociférante, près de lui.

    • Cette histoire très simple est celle de la rencontre, sans doute imaginaire, d’un peintre de digue et d’estran. Devaux adore ce terme et d’une sorte de nymphe très mythologique qui apparaît et disparaît comme font les nymphes et les sirènes.

 

  • La nuit de Skyros, Patrick CAUVIN, roman, Plon, 2011.
    • Qui est vraiment Michel Caroni et pourquoi s’insinue-t-il dans la vie du psychanalyste Paul Valenti ? A chaque séance, le présumé patient raconte un rêve qu’il a fait où apparaît chaque fois de-ci un détail, de-là des personnages qui ont toujours occupé une place non négligeable dans la vie du psychanalyste ; détails, faits et personnages d’autant plus troublants que cela ravive une histoire qui a bouleversé son existence, celle d’une authentique passion amoureuse. L’affrontement des deux personnages, au début peu perceptible, va peu à peu monter en puissance jusqu’à provoquer un ultime rapport de forces. Comme chacun sait, dans le monde du non-dit et du refoulé, rien ne meurt jamais.

 

  • Touffe de poils, Sylvain FARHI et Nathalie SACRé, livre pour enfants, Les Carnets du Dessert de Lune, Bruxelles, 2011.
    • Touffe de poils est un petit garçon de 4 ans qui met dans ses cheveux tout ce qu’il mange. A l’école, il n’a pas d’amis…

 

  • Tous crocs dehors, LUNATIK, nouvelles, Quadrature, Louvain-la-Neuve, 2011.
    • Des lèvres qui embrassent aux crocs qui déchirent, il n’y a souvent qu’un faux-pas, inattendu comme la force d’un réflexe ou d’un besoin irrépressible. Ainsi sont nées une vingtaine de nouvelles aux chutes soumises à la gravité et, parfois, à l’écrabouillement. D’angle vicié en recoin obscur, la réalité est toujours malmenée. La narration bascule. Son héraut trébuche, rattrapé par un bras, poignardé par l’autre. Le destin ne serait-il qu’un Petit Poucet ricanant, rongé par ses névroses ? Pourtant, à l’occasion, l’amour s’invite, cheminant et badin.

 

  • Trios, Isabel Asúnsolo, haïkus, Adex, 2007.
    • Autour d’un titre clair, trois fois trois vers, quelques césures, le rythme formel du haïku, pour suggérer ce qu’une longue tradition japonaise qui n’est pas la nôtre sait dire en trois lignes et mille règles, pour suggérer aussi d’intimes convictions…

 

  • Zones (il nous vient l’idée de chercher un lieu), Sébastien HOËT, L’Arbre à paroles, 2011.
    • Sébastien Hoët nous offre un livre intrigant : un mélange savamment orchestré d’onirisme, philosophie et science-fiction ? qui aboutit à l’abandon de ce monde pour s’embarquer vers d’autres zones. Tous « veulent effectuer le trajet – vers ce signe, une planète insomniaque où nous pourrions dormir, une planète sans nature, sans vie que cette vie à donner aux pierres. Là nos enfants mourraient. » depuis longtemps nous n’avons autant rencontré le mot « amour » dans un bon livre de poésie. Le poète, dans une langue riche et luxuriante, soumet parmi d’autres : « car le trajet n’est pas sûr mon amour » : n’y a-t-il de l’amour que dans la précarité ? Et si d’aucuns se proclament du légendaire « je est un autre » Sébastien Hoët propose un « nous » magistral qui ne cesse d’exacerber l’union du couple, surtout, dans des conditions de vie extrêmes…

Rio Di Maria

 

Les revues suivantes :

  • Le carnet et les instants n° 167, du 1er juin au 30 septembre 2011, 96 p. 23 X 21

Lettres belges de langue française, bimestriel

Bd Léopold II, 44 à B-1080 BRUXELLES

carnet.instants@cfwb.be

Le verboludisme : dossier ; François Weyergans : rencontre ; Maternité et écriture : enquête ; Xavier Hanotte : mon éditeur et moi…

 

  • Lecture et tradition (nouvelle série) n° 1, mai 2011, 36 p.A5 – Bulletin littéraire contrerévolutionnaire

Visages et masques de la gnose- Entretien avec Etienne Couvert … BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

 

  • Lectures françaises n° 649, mai 2011, 64 p.A5 – Revue mensuelle de la politique française

Les forces armées françaises déployées à travers le monde

Zbigniew Brzezinski : un instrument efficace au service du mondialisme

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

 

  • Libelle n° 223, mai 2011, 6 p. A5

Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

(Michel PRADES)

pradesmi@wanadoo.fr

 

  • Microbe n° 65, mai-juin 2011, 24 p.A6

& Manifeste pour le droit à la nudité et à la sexualité dans l’espace public de Théophile de GIRAUD, 24 p. A6

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

 

  • Reflets Wallonie-Bruxelles / La pensée wallonne n° 28, 2ème  trimestre 2011, 64 p.18X25

Organe officiel de l’Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie

Espace Wallonie, 25, rue Marché-aux-Herbes à B-1000 BRUXELLES

joseph.bodson@skynet.be

(Joseph BODSON)

Ombres et forêt chez Catrine Godin

Je n’approche pas la lumière, pas plus que je n’approche quoi que ce soit. Je l’épie pendant qu’elle glisse et coule en ruisseaux sonores, tandis qu’elle peint les cheveux fous d’un lichen pâle, un îlot dense de mousse piquetée de tiges rouges où s’insinue, ondoiement vert à peine plus sombre, une ramure de pervenche, ses yeux clairs. La lumière révèle le diaphane d’un élytre d’insecte gracile, un miroitement d’écaille. Bleu-noir, il semble une lettre d’un alphabet antique, échappée sauvage de je ne sais quel encrier. L’insecte danse, fait des signes enroulés de pétale qu’il enfuit prestement derrière le long fuseau vertical et rêche d’un corps, immobile.

Son blog […]

L’édito de Patrice Breno

La revue « Traversées » s’est vêtue de nouveaux apparats et le travail continu de toute l’équipe tend à ce que vous, lecteurs, vous ayez entre vos mains un objet désirable, convoité, qui se laisse caresser, feuilleter, dorloter…

Une fois n’est pas coutume ! Ce numéro sans dossier aucun se veut le reflet de ce que nous avons reçu et retenu comme s’avérant représentatif d’une écriture fluide et contemporaine, qui se laisse voguer au gré de la lecture et sur laquelle il faut revenir pour en apprécier tout le suc …

Né en 1943 en Roumanie, Horia Badescu a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages de poésie, de romans et d’essais dans plusieurs pays. Archibald Michiels est docteur en philosophie et lettres à l’Université de Liège. Né en 1961 au Maroc, Patrick Aveline est dessinateur industriel. Daniel Leduc est né à Paris en 1950 et a publié nouvelles et poèmes qui ont été traduits dans une dizaine de langues. Né en 1954, Alain Helissen a collaboré à une cinquantaine de revues et est également chroniqueur dans différents périodiques littéraires. Je ne dévoilerai pas l’identité de l’anonyme si ce n’est qu’elle nous vient de la Provence belge. Né en 1961 à Chateauroux, Pascal Batard est régisseur et éclairagiste de spectacle. Professeur de lettres, Jean-Michel Bollinger vit en Aquitaine. Salome Molina Lopez – les habitués de « Traversées » connaissent son écriture – nous vient d’Albacete (Espagne). Emmanuelle Ménard, professeur de français à Bruxelles, écrit depuis plus de vingt ans. Né à Cannes en 1959, Patrick Joquel lit, écrit principalement de la poésie et aime partir à la rencontre des lecteurs. Jacques Demaude, né dans le Borinage belge, est traducteur et connaisseur émérite de la poésie allemande. Salvatore Sanfilippo nous vient de la ville médiévale de Crest. Hélène Soris, française, sur son blog, nous propose poèmes, haïkus, photos et peintures. Matthieu Gosztola a publié ses poèmes dans une centaine de revues littéraires. Michel Bailleux vit à Arlon (Belgique) et écrit depuis près de 25 ans. Nicolas Panabiere nous vient de Rivesaltes. Soit 17 auteurs tous différents mais unis dans le même souci de vous rendre vos lectures plus agréables.