La chronique de Nadine Doyen

Touriste, Julien BLANC-GRAS, éditions Au diable Vauvert, 262 pages ; 17€ Certains, comme Julien Blanc-Gras, voyagent par « vocation » ou pour leur profession. C’est à un voyage immobile, par procuration, que nous convie l’auteur. Mais « Lire, n’est-ce pas élargir sa géographie ? » Cette assertion de Jean-Luc Furette illustre à merveille Touriste, ce roman dédié à Ératosthène, dont la couverture est  déjà une invitation au dépaysement.

Le goût pour l’évasion a germé chez cet écrivain globe-trotter dès son enfance, ayant troqué le nounours pour un globe terrestre, apprenant à lire en parcourant les atlas, séduit par la magie des cartes, et s’endormant « en serrant la planète ». Mais il dût attendre d’avoir en poche son passeport, « sésame » pour la liberté. Il débuta sa quête d’identité à Londres et se souvient de cette Amazone qui le baptisa à la Guinness dans un pub, gâchant ses sonnets. Puis il part à la recherche de Bouddha, sur les traces des Beatles. Il embarque le lecteur dans ses road trips, pérégrinations aux antipodes avec quelques escales ou retour au bercail, caricaturant « les descendants d’Erasme », radiographiant avec acuité les touristes croisés, les autochtones, les civilisations les plus perdues et posant un regard d’écologiste sur cette terre en danger, gangrenée par la déforestation. Les paysages les plus divers défilent .Il nous plonge au cœur des réalités : censure, misère, trafic de drogues.

En voyageur aguerri, il ne se plaindra pas de « la moiteur qui gondole ses pages et ramollit son âme ».Pas facile de « trimballer l’Occident avec soi » dans certains pays et d’être catalogué de gringo ou d’être un appât lors d’une soirée « baile funk » bal populaire)!

Il nous livre ses expériences, ses prises de risques en choisissant de ne pas suivre les sentiers battus au Brésil et d’explorer des favelas. A Medellin, il opte pour « le dark tourism » en mémoire d’Escobar. Il narre avec humour son odyssée dans le désert marocain, ses déconvenues : « partager le désert avec un troupeau de Bretons », les nuisances subies : son agression par « une orgie de criquets priapiques, son attaque par une horde de singes ». Il fustige celui qui pollue par sa sonnerie de portable « un endroit aussi magnifique » et redoute « l’allemandenshort ». Il interviewe le business man, pointant le luxe offert à celui qui voyage en classe affaires. Il souligne l’incongruité des lois lors des contrôles de sécurité  ou un excès de vitesse sur piste.

Il nous fait partager ses extases, ses expéditions avec des chercheurs et  conte ses frayeurs (saut dans le vide). Ne plus avoir de quoi « immortaliser ses traces », cette nature généreuse est pour lui la meilleure façon d’engranger chaque trésor, d’absorber la beauté environnante, la laisser s’incruster dans la mémoire. Il est  émerveillé par « la parade clignotante des lucioles », fasciné par « le spectacle aquatique des hippopotames ».Inédit ce concerto dans la brousse, sorte de « rave tropicale ». L’auteur souligne la fuite du temps et la différence entre l’homme et la nature, opposant la végétation persistante à l’empreinte éphémère de l’humain « simples passagers d’une époque ».

Julien Blanc-Gras se considéra  comme « un piètre spécimen » le jour où il « rata la vague », faute d’avoir été « au bon moment au bon endroit »!

D’où quelques conseils distillés comme «  Voyager seul est le meilleur moyen de ne pas le rester longtemps ». Il met en garde « Un voyage sans une embrouille n’est pas un vrai voyage », déclare-t-il, après avoir été redirigé vers Bruxelles. Mais l’auteur sait positiver, en effet, le voici en mesure « d’écrire sur la belgitude ». Parfois il se laisse guider par des mots merveilleux, des noms magnifiques : Cartagena de Indias (au top des plus beaux noms de ville), Tataouine pour échapper aux « adeptes du tourisme canalisé », lui l’intello et poursuivre sa lecture de Dostoïevski.

Julien Blanc-Gras nous offre un carnet de voyage captivant dont le titre est emprunté à une chanson. Ce roman drôle, riche en anecdotes, aux destinations variées (Inde, Polynésie, Guatemala, Chine, Madagascar…) est traversé par les légendes, les senteurs, épices, encens, les cris d’animaux, les musiques des contrées visitées. Julien Blanc-Gras nous confie avoir songé à « s’engager dans l’humanitaire ». Ayant essuyé un refus, « faute de pouvoir sauver le monde », il choisit de le raconter. Ce n’est pas le lecteur qui va s’en plaindre, au contraire il fait son bonheur.

Un ouvrage idéal pour les sédentaires assoiffés d’ailleurs.

A glisser dans la poche pour les aventuriers, toujours en partance. «  Voyager pour donner un sens à sa vie » et constater en sillonnant tous les continents que « le paradis n’a pas d’adresse ».

Le lecteur n’a pas le droit de rater cette lecture passionnante et roborative.

Salvatore Gucciardo

Salvatore Gucciardo,  Lyrisme cosmique,  préface de Michel Bénard,  éd. Astro,  87, rue de Trazegnies,  6031 Charleroi. Salvatore jongle avec les astres, il a la tête dans les étoiles, pendant que nous cheminons sur nos terrestres sentiers. Je suis d’abord/un homme qui cherche ce qu’est la vie, nous dit-il en citant Michaux. J’aspire à la renaissance de l’homme, à la floraison de l’être. Il fait parfois songer à Blake et à ses Chants de l’innocence et de l’expérience, aussi bien par ses dessins que par ses textes. Un désir ingénu (au sens étymologique) de retrouver l’innocence perdue.

Mais son paradis terrestre est un paradis de pierre et de lumière, où se propage, majestueuse, la musique des sphères. Le poète – l’homme – nous apparaît ainsi comme un être constamment affairé, courant d’un bout de l’univers à l’autre, de la montagne au gouffre : essentiellement actif, car il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi de défendre, de maintenir l’existant. Tous les verbes, ou presque, sont des verbes d’action ; pas de repos pour lui, mais une tension constante. Je peints les couleurs du temps/pour éteindre le feu au cœur des hommes (p.32).

Une poésie éminemment sensuelle, dans laquelle l’union des amants entretient la vie et la fécondité du cosmos. Notre souffle saccadé/résonne dans les draps de l’espace (p.36). Une poésie très musclée, d’une grande force expressive.

Jose Bodson

Reflets Wallonie-Bruxelles
La Pensé Wallonne n° 29  2011

L’art en lettres

La ville de Chaumont (Haute-Marne) organise, du 11 au 13 novembre prochain, son 9ème salon du livre.
Le thème de cette nouvelle édition est « l’art en lettres ».
30 auteurs, romanciers, essayistes et illustrateurs ont accepté notre invitation.
Cet évènement littéraire s’inscrit dans le cadre de l’installation à Chaumont du Centre Pompidou mobile qui accueille une exposition sur le thème de la couleur composée de 15 chefs d’œuvres choisis parmi les collections du Musée national d’art moderne.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir annoncer cette manifestation dans votre revue ou sur votre site internet.
A toutes fins utiles, veuillez trouver en pdf le Communiqué de presse et la biographie des auteurs invités.
Par ailleurs, je vous informe que cette manifestation est présentée sur le site internet de la ville de Chaumont.
 
Pour Joël MORIS
Délégué général du Salon du livre
 
Les Silos, Maison du livre et de l’affiche
7-9 avenue Foch
52000 Chaumont
03-25-03-86-81

Librairie Baux Livres

EMILE COUZINET : Napoléon du nanar et entrepreneur avisé

débat

Hollywood sur Gironde ou la fabuleuse aventure d’un montreur de films

A l’invitation du Club des cinéphiles de Montauban, le bouquiniste bolegayre présente le film documentaire d’Eric Michaud : « Hollywood sur Gironde d’après la fabuleuse aventure d’Emile Couzinet ».
Il aimait le Cinéma ; il faisait son cinéma pour le rieur et pour le pire. Au lendemain de la Deuxième Guerre, Emile Couzinet inventait avec succès sa « cité du cinéma » dans la région bordelaise. Sa devise :  » On y rit, on ira !  »

Avec cette projection-débat, le Club des cinéphiles de Montauban ouvre son cycle « Regard sur le cinéma méridional ». ENTREE GRATUITE

La librairie Baux Livres propose à cette occasion une Semaine du Livre de Cinéma.

mercredi 21 septembre 2011 à 20h30
Ancien Collège de Montauban, allée de l’Empereur. Séance gratuite avec la librairie Baux Livres

 

SOURIRE AVEC MONA LISA, PLUS UNE JOCONDE à PERDRE !

Centenaire du vol de l’énigmatique sourire

Exposition

Août 1911. La France en émoi s’est vu dérober dans son plus prestigieux musée national, le plus inestimable fleuron de ses collections d’art . Sur fond de scandales, une incroyable campagne de recherche, pleine de quiproquos et de rebondissements, va mobiliser les milieux artistique et politique de l’époque jusqu’au retour en fanfare de l’icône.

Août 2011. Le bouquiniste bolegayre rassemble, dans sa bouquinerie sous les arcades de la place nationale, des oeuvres originales d’Art Modeste librement inspirées du sourire retrouvé de La Joconde.

Appel à créations : Vous souhaitez participer à cette exposition, avec une ou plusieurs créations personnelles ? C’est possible. PAS UNE JOCONDE A PERDRE ! Prenez contact, à la librairie Baux Livres, avec Maurice Baux au 05 63 63 43 44 ou en laissant votre adresse sur la messagerie de ce site.
Cette action culturelle ludique vous est proposée avec la complicité de collectionneurs montalbanais, membres de l’association des Amis de Mona Lisa.

 » – Mona Lisa , pourquoi ce sourire ?
– Parceque cet été, on me découvre chez le bouquiniste bolegayre de Baux Livres. ARRIVEDERCI ! « 

du samedi 01 janvier 2011 au mercredi 31 août 2011
A la librairie Baux Livres, 7 Place Nationale à Montauban

 

Tous les livres, toutes vos lectures… à Montauban.

www.LibrairiesMontauban.fr

 

Escales des lettres

Bonjour,

Voici septembre. Le club d’Escales rouvre ses portes.

En les franchissant, vous retrouverez la saveur des mots, la chaleur d’un groupe, la valeur d’un conseil approprié.

L’atelier d’écriture 2011-2012 commence le 6 septembre. Il a lieu le mardi soir, de 20h à 23h. Chaque session compte huit soirées (et l’on peut participer à une ou plusieurs sessions).

Quant au ciné-club d’Escales, il a lieu le jeudi soir à 20h15. On y évoque les merveilles (célèbres ou méconnues) de l’âge d’or du cinéma américain.

Le nombre de places dans les ateliers et le ciné-club étant limitées, il est prudent de ne pas tarder pour s’informer et, le cas échéant, pour s’inscrire.

Atelier et ciné-club ont lieu à Uccle (1180 Bruxelles), au 74 de la rue Henri Van Zuylen.

Pour ce qui concerne les évaluations, les conseils littéraires et le coaching, il suffit de prendre rendez-vous.

Si vous souhaitez de plus amples renseignements (à propos des ateliers, des conseils littéraires ou du coaching), il suffit d’un e-mail ou d’un appel téléphonique (0475-57.75.63).

Dans l’attente du plaisir de vous revoir ou de vous rencontrer,

Francis Dannemark

www.francisdannemark.be

PS 1 : L’asbl ESCALES DES LETTRES, fondée en 1999, est administrée par Jean-Louis Hennart, Michel Castermans et Francis Dannemark.

 PS 2 : Il m’est très agréable de vous communiquer les informations suivantes, à l’usage de tous ceux qui aiment la chanson, le chant lyrique, les chorales :