Salvatore Gucciardo, Lyrisme cosmique, préface de Michel Bénard, éd. Astro, 87, rue de Trazegnies, 6031 Charleroi. Salvatore jongle avec les astres, il a la tête dans les étoiles, pendant que nous cheminons sur nos terrestres sentiers. Je suis d’abord/un homme qui cherche ce qu’est la vie, nous dit-il en citant Michaux. J’aspire à la renaissance de l’homme, à la floraison de l’être. Il fait parfois songer à Blake et à ses Chants de l’innocence et de l’expérience, aussi bien par ses dessins que par ses textes. Un désir ingénu (au sens étymologique) de retrouver l’innocence perdue.
Mais son paradis terrestre est un paradis de pierre et de lumière, où se propage, majestueuse, la musique des sphères. Le poète – l’homme – nous apparaît ainsi comme un être constamment affairé, courant d’un bout de l’univers à l’autre, de la montagne au gouffre : essentiellement actif, car il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi de défendre, de maintenir l’existant. Tous les verbes, ou presque, sont des verbes d’action ; pas de repos pour lui, mais une tension constante. Je peints les couleurs du temps/pour éteindre le feu au cœur des hommes (p.32).
Une poésie éminemment sensuelle, dans laquelle l’union des amants entretient la vie et la fécondité du cosmos. Notre souffle saccadé/résonne dans les draps de l’espace (p.36). Une poésie très musclée, d’une grande force expressive.
Jose Bodson
Reflets Wallonie-Bruxelles
La Pensé Wallonne n° 29 2011
