Les poètes et l’univers, Jean-Pierre Luminet ; Cherche-Midi, octobre 2012. 430 pages ; 19,50 €.

 

 

 

 

Les poètes et l'univers

 

  • Les poètes et l’univers, Jean-Pierre Luminet ; Cherche-Midi, octobre 2012. 430 pages ; 19,50 €.

 

 

Cependant la nuit marche, et sur l’abîme immense

 

Tous ces mondes flottants gravitent en silence,

 

Et nous-mêmes, avec eux emportés dans leurs cours

 

Vers un port inconnu nous avançons toujours !

Alphonse de Lamartine in Les étoiles

 

 

 

Voilà donc un ambitieux, projet qui a donné naissance à une conséquente anthologie, dont voici la troisième édition (la première date de 1996). C’est Jean Orizet, qui à l’origine avait demandé à Jean-Pierre Luminet, astrophysicien réputé mais aussi poète et lecteur de poésie, s’il voulait bien réunir un choix de poèmes inspirés par l’astronomie afin d’en faire une anthologie. Jean-Pierre Luminet explique dans sa préface de 1996, ses hésitations premières et puis finalement, comment et pourquoi il s’était lancé dans cette recherche cosmo-poétique.

 

Cette anthologie est divisée en plusieurs chapitres, chacun précédé d’une présentation des poètes choisis, mais aussi du contexte scientifique. Pour chaque chapitre, un poème par auteur, le texte est parfois tronqué quand il est trop long, et le tout classé dans l’ordre chronologique, du plus ancien au plus récent, ce qui permet de saisir l’évolution de la vision poétique en corrélation avec celle des découvertes en astronomie.

 

Le premier chapitre, intitulé Nocturne, se consacre à la nuit, de Sapho à Jacques Réda, et au regard porté par les poètes sur ce vaste et noir abime qui s’ouvre sur l’espace infini.

 

Le deuxième, « Firmament » aborde plus particulièrement les étoiles, commençant par « Phénomènes » d’Aratus jusqu’au Varech primordial de Michel Cassé (un inédit).

 

Troisième chapitre, entrée du Roi-Soleil, inauguré par L’Hymne au Soleil d’Akhenaton et finissant sur un extrait de Soyez polis de Prévert, Le Soleil est amoureux.

 

Les comètes et autres météorites sont les reines « Vagabondes du ciel » du quatrième chapitre, honorées par Isaac Haben et Roger Caillois, en passant par William Blake et Walt Whitman entre autre.

 

Le cinquième tourne autour de « L’harmonie du monde », « De la Nature » d’Héraclite à L’équation du feu de Jean-Marc Debenedetti, s’y mêleront Sénèque, Dante, Milton, Voltaire ou encore Charles Dobzynski et bien d’autres.

 

L’Appel de l’infini retentit au sixième chapitre, y répondront, Lucrèce aussi bien que Philippe Soupault, en compagnie de Byron, Lamartine, Mallarmé, Supervielle et d’autres encore.

 

Le septième chapitre est le royaume de la Reine de la Nuit, la lune bien entendu, incontournable compagne, chère aux poètes et aux amoureux. Orphée lui chantera louange et même Claude Roy dans sa Lune démodée.

 

C’est le huitième chapitre, et non pas le septième, qui assiste à La Naissance des mondes, avec Hésiode, Agrippa d’Aubigné, Laforgue, Couquiaud, Pierre Emmanuel et d’autres sages-poètes.

 

Des Apocalypses célestes secouent le neuvième chapitre, initiées par des Oracles prophétiques : « La fin du monde », tirés d’une anthologie de poésie grecque parue chez Stock en 1950, jusqu’à la Sphère non radieuse d’André Verdet.

 

Dans le dixième chapitre, il est temps de partir pour des Voyages cosmiques avec Dante et Michauxet d’autres poètes cosmo-voyageurs.

 

Le onzième est parcouru de Somnambules à commencer par Platon, finissant par René Char, qui croiseront sans les voir, Jacques Peletier du Mans, André Chenier, Goethe et d’autres encore tel Népomucène Lemercier.

 

Et enfin dans le douzième et dernier chapitre, il est question du Sentiment cosmique, porté par Omar Khayyam et Djalâl-od-Din Rûmi, aussi bien que Saint-John Perse, Tardieu, Bonnefoy, Rousselot et Orizet et beaucoup d’autres encore.

 

Chacun des quelques 160 poètes qui figurent dans cette anthologie, dont et non des moindres, Artaud, Baudelaire, Giordano, Cendrars, Guillevic, Jarry, Maïakovski, Novalis, Rilke, Yeats et tant d’autres, bénéficie de quelques lignes de présentation en fin d’ouvrage. Bien-sûr, il y a comme dans toute anthologie des absents, mais on trouvera tout de même ici un choix très riche, quasiment pour tous les goûts.

 

Comme toute anthologie également, il va de soi que cet ouvrage, comme l’écrit Jean-Pierre Luminet lui-même, s’accommode mal d’une lecture continue et que ce livre doit être dégusté à petite doses.

 

C’est dans tous les cas un formidable outil de travail pour les enseignants par exemple ou toute personne ayant besoin de chercher des textes poétiques en lien avec l’astronomie, et d’une façon plus vaste encore, en lien avec l’univers dans toutes ses dimensions, physiques et métaphysiques. Un ouvrage à mettre donc dans toutes les bibliothèques.

 

 

 

©Cathy GARCIA

 

 

 

Jean-Pierre Luminet

Jean-Pierre Luminet

Né en 1951, Jean-Pierre Luminet est directeur de recherches au CNRS, astrophysicien à l’observatoire de Paris-Meudon et spécialiste de réputation mondiale pour ses travaux sur la cosmologie et la gravitation relativiste. Ses résultats scientifiques les plus importants concernent les trous noirs et la cosmologie, notamment ses fameux modèles « d’univers chiffonnés » dans lesquels la forme complexe de l’espace engendre des images fantômes. La communauté astronomique a rendu hommage à son œuvre scientifique en donnant le nom de « Luminet » à la petite planète n°5523, découverte en 1991 au mont Palomar. Membre de l’American Association for the Advancement of Science, de l’Académie des sciences de New York, de l’Académie nationale de l’air et de l’espace, chevalier des Arts et des lettres, il a été lauréat du prix international Georges Lemaître 1999 pour son travail de recherche. Parallèlement à ses travaux de science pure, J.-P. Luminet s’est toujours attaché aux rapprochements entre les diverses formes de l’invention humaine. Il a publié une vingtaine de livres, plus de trois cents articles pour des revues spécialisées, périodiques, dictionnaires et encyclopédies. Il est coauteur de plusieurs films et documentaires pour la télévision. J.-P. Luminet a également une importante activité dans les domaines artistiques et littéraires. Écrivain et poète, il a publié deux romans salués par la critique et traduits en plusieurs langues, et plusieurs recueils de poésie. Il s’intéresse aux relations entre science et art et a collaboré avec divers artistes pour la conception d’œuvres inspirées par les découvertes scientifiques.

 

 

Décharge, Revue poèsie

La revue Décharge

DECHARGE

C’est en 2011, avec un hors-série hors-normes de 128 pages que Décharge a marqué le passage des 30 ans et du 150ème numéro. Animée par un triumvirat composé d’Alain Kewès, de Claude Vercey et du maître d’œuvre, Jacques Morin, la revue est passée par plusieurs paliers, de la période ronéo à la célèbre couverture kraft, à la période où elle fut épaulée par les éditions du Dé Bleu, enfin à la période actuelle de complète autonomie.

Avec des livraisons qui touchent désormais aux 150 pages, la revue propose un large éventail de lectures. Le dosage s’équilibre entre les dossiers consacrés à un poète, les voix nouvelles (Le choix de Décharge), les chroniques régulières d’une poignée de critiques, et enfin le Diaphragme (familièrement : les Dias) dans lequel Morin détaille ses bonheurs de lecture. Il est inutile de vouloir citer ici des noms de poètes publiés (ils sont plus de 1200 !) ou d’évoquer des dossiers qui ont fait date. De plus, illustrations et photos viennent aérer cet ensemble copieux. Disons pour conclure que cette publication tire au mieux parti de la longue expérience des revuistes qui le dirigent.

En complément à la « revue-papier », Décharge propose un site dense et varié (www.dechargelarevue.com ) dans lequel on peut effectuer de belles découvertes en empruntant par exemple les Itinéraires de délestage (les I.D) de Claude Vercey, ou bien en lisant des chroniques complémentaires à ce que l’on aura pu découvrir dans les 4 numéros annuels.

Chaque numéro ne coûte que 6 euros, et 22 euros, à l’ordre des Palefreniers du rêve, l’abonnement annuel aux 4 livraisons. Un abonnement spécial couplant la revue et les 4 plaquettes de la collection Polder est aussi possible pour la somme de 42 euros. Abonnements et courrier : Jacques Morin, 4 rue de la Boucherie, 89240 Egleny

©Georges Cathalo & Jean-Pierre Bonnange

Conjurations de la mélancolie/Joseph Bodson ; Bruxelles : Le Non-dit, 2012

Joseph Bodson Photo de Renaud Van Buylaere

Joseph Bodson Photo de Renaud Van Buylaere

  • Conjurations de la mélancolie/Joseph Bodson ; Bruxelles : Le Non-dit, 2012

D’après Pierre Reverdy, cité dans le recueil, la poésie est dans ce qui n’est pas. Dans ce qui nous manque. Dans ce que nous voudrions qui fut. Elle est en nous à cause de ce que nous nesommes pas. Et précisément, dans ce recueil, Joseph Bodson poétise chaque parcelle du monde, interroge le mystère du vivant et respire avec son cœur les êtres et les choses qui fondent son quotidien. Pour Bodson, la poésie est expérience de soi et du monde, engagement de l’être tout entier voire épreuve de connaissance requérant aussi bien l’esprit que le cœur.

« La vie est-ce la vie est-ce la vie ou bien seulement

Au fond du jardin le rire du temps

La mort tout au fond qui nous attend la vie est-ce

Une caresse du vent ou bien

un péché de jeunesse ? »1

Car qu’on ne s’y trompe pas, « Conjurations de la mélancolie » n’est en rien un recueil faisant la part belle au spleen voire au désenchantement face au monde comme il va. En effet, dans ce livre, Bodson se range ostensiblement du côté des forces de la vie et nous fait don d’une poésie généreuse, pleine de tendresse et…d’exigence. Malgré ses craintes face à la fuite du temps qui efface et creuse des « rides » sur toute chose, le poète préfère évoquer les joies simples d’ici et célèbre au passage l’amour, la nature et les proches…De même, s’il consent à l’idée selon laquelle nous sommes matière d’énigme, complainte murmurée dans la pénombre d’un jardin oublié, le poète ne manque jamais au détour de chaque page, de célébrer la merveille d’être là(le sens de l’existence se résume à la simple joie d’exister, à la joie d’être soi-même et de s’exprimer à travers ses actions/Spinoza). On est ici en présence d’une poésie demeurant en prise directe avec le vécu d’un poète pour qui l’amitié, l’amour, le mystère, la passion et la fraternité sont indispensables pour maintenir la vie en vie.

« Car c’est pour lui, sans doute, que ce feu devait brûler. Pour ce regard dormant sous les paupières closes. Pour lui, qui n’a pas besoin de venir pour être présent. L’un est multiple en ses sentiers. Nous n’avons plus besoin de partir, nous le savons, à présent : ce qui s’en va, c’est ce qui demeure ».

Bref, le poète nous livre ici une parole « éveillée » qui touche nos sens, accueille la grâce et tente de découvrir derrière les moments de la vie quotidienne un mystère en suspens ; dans ce recueil, Joseph Bodson révèle toutes les présences qui germent dans le vide des jours et recherche une vérité, ici et maintenant, pour faire de chaque instant une lueur à vivre.

« Pour allumer un feu. Sensible et mystérieux. Celui qui dort en nous, et qui doit s’éveiller ».

 

©Pierre SCHROVEN

Louis Savary, Un poème nous sépare, Editions Les Presses littéraires – octobre 2012 – 15 €.

Unpomenousspare

  •  Louis Savary, Un poème nous sépare, Editions Les Presses littéraires – octobre 2012 – 15 €.

Cent petits textes, qui donnent à penser, répartis en dix chapitres.

L’inspiration est sans limites.

Ceux que j’aime aujourd’hui ne seront peut-être pas ceux de demain.

Ouvrez ce livre au hasard : vous trouverez probablement quatre lignes écrites pour vous.

Mon préféré :

laissez mon cœur

battre la démesure

le monde

se mettra à danser

©Michel Rebetez

Philippe Besson – De là, on voit la mer – Julliard (roman) (204 pages-19€)

Philippe Besson – De là, on voit la mer – Julliard (roman) (204 pages-19€)

 

  • Philippe Besson – De là, on voit la mer – Julliard (roman) (204 pages-19€)

Philippe Besson renoue avec les paysages qui lui sont familiers en campant ses deux protagonistes en Italie, en Toscane, à Livourne. Sa plume se fait caméra et la contre plongée sur le port nous offre une vue panoramique du ballet lent des ferries.

Il troque la plume pour le pinceau quand il sillonne cette campagne toscane « aux collines verdoyantes, ponctuées d’oliviers sous la pesanteur zénithale du soleil ».

On se croirait dans Sagan, quand un bolide dévale les routes en lacets « des montagnes du Chianti », traverse des « paysages vertigineux », avec à bord deux êtres grisés par la vitesse et l’amour, croquant l’instant présent de la dolce vita.

Même fidélité au prénom de son héroïne. On se souvient de Louise dans Se résoudreaux adieux. L’auteur se glisse cette fois dans la peau d’une romancière française.

Le récit se déroule en trois actes correspondants à trois lieux majeurs, trois huis clos.

Les lieux ne racontent-ils pas les gens ? Pour Louise, «Les lieux sont de passage ». Pour Philippe Besson, « ils sont aussi des liens et notre mémoire ».

Le premier tableau brosse le portrait de Louise, dans son appartement d’Alésia, rivée à son bureau, quelque peu en panne d’inspiration. Elle a renoncé à sa maison atlantique, étant trop sollicitée. La proposition alléchante d’une amie : changer de décor pour nourrir ce roman commence à faire son chemin. Exil incontournable.

Mais comment son mari accueillera-t-il sa décision, ce modus vivendi imposé ?

Le tableau suivant nous transporte dans une villa idyllique, surplombant Livourne, qui « s’offre comme un trophée, une récompense ». A ses pieds, l’agitation du port, les flots miroitants. Cadre idéal pour Louise, assurée d’un silence claustral, et des services d’une gouvernante. En reine du mensonge, essence même de l’écriture, la narratrice va mêler imaginaire et vécu pour le terreau de son roman et orienter le destin de ses personnages. La venue fortuite d’un bel éphèbe va faire basculer l’avenir de cette « auguste invitée » et nous faire vivre leur « amour clandestin », leurs émois partagés, leur parenthèse enchantée, au plus intime. Louise, en disciple de Simone de Beauvoir, « une femme sans hésitation », revendique sa liberté et son choix de vie. Dans un éclair de lucidité, elle passe au scanner de la déraison son embrasement des sens, se livre à une introspection. Serait-elle « un monstre » à aimer ailleurs ?

L’acte trois n’est autre qu’une chambre d’hôpital où Louise, dépourvue de compassion, vient constater les dégâts corporels sur cet homme qu’elle a aimé. La situation est tendue, la politique de l’autruche ne peut plus durer. Comment peut-on sortir d’une telle trahison, accepter de n’être qu’ « une roue de secours » ? Quelle sera la décision de François qui se promet de réfléchir ? Suspense quant à sa réponse. Sont évoqués l’usure du couple, la déliquescence sentimentale, le rapport dominant/dominé.

Dans ce roman, Philippe Besson nous embarque vers les rivages de l’écriture, de la création, avec comme pierre d’achoppement : la page blanche. Il nous dévoile les coulisses, la genèse d’un roman (la source de l’inspiration), « in the making ».

Il décrit avec justesse l’inéluctable solitude de l’écrivain, « presqu’une sauvagerie », son besoin de s’isoler dans sa bulle, dans un monde hors de la vie. Il met en exergue la relation ambigüe entre la vie privée (sacrifices, compromis à consentir) et l’exaltation de l’écriture, d’où la difficulté de concilier les deux. Louise n’a-t-elle pas privilégié son travail au détriment de la maternité ? Comme Amélie Nothomb, être enceinte d’un roman, suffit à la combler. Faut-il y voir le côté égoïste de tout auteur ?

Philippe Besson s’impose en sondeur des âmes, disséquant les tumultes intérieurs et tréfonds émotionnels. Il poursuit l’exploration de l’attractivité des corps fougueux. Il autopsie le trio amoureux (mari, femme et amant), ainsi que « le cercle restreint des liens noués entre deux amants ». Une passion sublime, incandescente, hors des convenances. Ne vont-ils pas se brûler les ailes ? L’auteur sait enregistrer les soubresauts du cœur de Luca et François (qu’on devine assommé par les révélations couperets de Louise).Tout est-il perdu pour François ? Louise vit-elle une aventure ponctuelle ? Luca, disparu, reviendra-t-il ? Le romancier ne juge pas, mais pilonne le lecteur d’un faisceau d’interrogations et laisse une pointe d’espoir pour chacun.

Parmi les sujets récurrents, on retrouve la douleur de l’absence, l’apprentissage de l’éloignement, du manque (preuve de l’état amoureux, situation de dépendance), la relation mère-fils. Ici, l’auteur souligne l’adulation de Luca pour la mère italienne.

Ses aficionados reconnaîtront le style bessonien. Courts chapitres. Phrases nominales. Salves d’hypothèses échafaudées pour cerner le comportement des protagonistes. Intensité d’un verbe : « quantifier, mesurer, jauger, calibrer. » ou d’un adjectif, d’un adverbe rehaussée par une série de synonymes : des façades « patinées, ébréchées, assombries… ». Ils débusqueront des clins d’œil aux romans précédents : L’arrière–saison ; Un instant d’abandon et devineront en Louise, un double de l’auteur. Car, lui aussi a pris ses quartiers dans une résidence toscane pour commettre un manuscrit.

Le romancier aborde ici la finalité de l’écriture : « ne plus se reconnaître soi-même ».

Le roman est construit sur les contrastes. Tout s’oppose.

L’Italie et sa « chaleur accablante », « sa moiteur étouffante », Paris sous le crachin.

Louise : « la femme vieillissante » cédant à la « junévilité » de Luca, «  sa virginité ».

Un couple qui s’est délité, au bord du gouffre : Louise a fait tabula rasa de son fardeau de passé, alors que François convoque leurs souvenirs heureux.

Le désir exacerbé de Louise, « l’urgence charnelle » pour Luca dont « la peau frissonne sous les baisers », éteint pour le corps « entravé, mutilé », paralysé du mari.

Philippe besson signe une intrigue intense et lumineuse, articulée autour des verbes écrire et aimer, pleine de sensualité et de rebondissements. Roman sur les mystères d’une rencontre, l’aimantation fulgurante (la voix, le regard, le sourire comme armes de séduction), le désir, le tout servi par une écriture très cinématographique.

A noter que Philippe Besson consacre un bel exercice d’admiration à l’icône Fanny Ardant en lui dédiant ce roman, après lui avoir écrit le rôle d’ Elisabeth Lanzac pour le téléfilm « Le clan des Lanzac », programmé en 2013 sur France 3.

©Nadine DOYEN