Circulaire 132, revue d’art postal de 8 pages de format A4 qui paraIt une ou deux fois par mois , numéro 101.

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  • Circulaire 132, revue d’art postal de 8 pages de format A4 qui paraît une ou deux fois par mois , numéro 101.

Fors pour clamer que les atrocités sont atroces, rares sont les revues qui publient des œuvres sur l’actualité. Circulaire 132 le fait pourtant régulièrement. Dans le numéro 101 se remarquent un 8X8 aussi beau beau que parlant de l’Australien Field Study qui s’interroge et nous interroge sur la réalité de la démocratie, et un poème sur Edward Snowden, ce courageux Etatsunien qui a dénoncé l’atteinte à la vie privée de tous les citoyens du monde que constitue leur surveillance téléphonique et sur Internet par l’agence de renseignement National Security Agency.

 

Le français Eric Bensidon exprime souvent ses convictions civiques dans son art, mais il puise aussi à d’autres sources d’inspiration. Ainsi, dans ce numéro 101 de Circulaire 132, il nous régale d’un magnifique timbre très coloré qui évoque irrésistiblement le temps de la plage et de l’été.

 

L’abstrait « Art urbain de Montréal » du Canadien Réjean F. Côté met également l’oeil en joie. Plein de grâce est le 8X8 de l’Allemand PC(Tic Tac). L’oeuvre de son compatriote Ulo Grohmann est pleine de sens, elle s’efforce, visuellement, de trouver une solution à l’état du « ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire » qui est le terreau et le meilleur auxiliaire des dictatures. Fort réussie est aussi la pieuvre humaine de l’Italien Vittoré Baroni. Dans un style très différent, le timbre de l’Italienne Patrizia Devalle, ceux du Français Jean-Hugues, l’humour du timbre de l’Espagnol Antonio Moreno Garrido, l’oeuvre de l’Italien Serse Luigetti ne manquent pas de séduire.

 

Réjean F. Côté présente par ailleurs les cabanes-sculpture sur les bords du Saint-Laurent réalisées par l’artiste londonienne Deborah Nagan qui « a imaginé une façon esthétique et écologique d’aménager les rivages afin de contrer l’érosion des berges ».

 

Des informations sur divers projets d’art postal complètent l’ensemble.

 

Beaucoup de personnalité, d’ouverture sur le monde et de diversité des œuvres présentées caractérisent cette dynamique revue d’art postal de 8 pages de format A4 qui paraIt une ou deux fois par mois.

Le blog de la revue : ici

  • CIRCULAIRE 132- Réjean F. Côte- 12465BAvenue de Troyes- QUBEC, QC, G2A 3C9- CANADA

 

 

©Béatrice Gaudy

Stéphane Bern – Le bel esprit de l’histoire – Albin Michel -(323 pages – 12€)

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  • Stéphane BernLe bel esprit de l’histoireAlbin Michel –(323 pages – 12€)

Stéphane Bern, en féru d’histoire, a rassemblé citations, calembours, extraits de lettres, dialogues, de sommités du monde politique, littéraire ou artistique, françaises ou étrangères. Cet opus balaye des siècles et brasse les thèmes autour de l’actualité du moment, des liaisons clandestines. Il nous conduit dans les cours royales, en Grande-Bretagne où fleurit l’humour « British », dans les salons littéraires ou repas mondains.

La citation de Winston Churchill, en exergue, rappelle l’éloge des « tatoueurs émérites » formulée par Charles Dantzig, capables de nous graver l’esprit à jamais.

A chaque page, un résumé des circonstances précède la citation, ce qui permet de mieux appréhender la subtilité du trait d’esprit, des bons mots.

Dans une interview, Stéphane Bern explique ce qui guida ses choix. Ainsi il met en lumière l’élégance de l’un, l’insolence d’un autre, l’esprit taquin de De Gaulle, la bêtise de Mac Mahon, ou l’art de Sarah Bernhardt à « faire battre le coeur des hommes. »

On croise des anglophones, Wilde, Shaw et même la Dame de fer lors d’un repas.

Les femmes sont un tantinet égratignées. La marquise de Pompadour pour « écorcher le français ». Voltaire, les compare à des girouettes, ajoutant : « Elles se fixent quand elles se rouillent ». Le mari de George Sand menaça celle-ci de sculpter son « cul ».

Belle pirouette d’Edgar Faure à une jeune femme qui se sentait déshabillée par un regard appuyé : « Madame, je ne vous dévisage pas, je vous envisage. »

On constate que les débats à l’assemblée pouvaient être tout aussi houleux et injurieux. On découvre l’esprit caustique de Clémenceau, provocateur d’Edouard Herriot, l’humour de Churchill, mais aussi son alcoolisme. La réplique cinglante de Picasso évoque le bombardement de Guernica, son tableau étant un témoignage de l’horreur.

Talleyrand, que Stéphane Bern aime à citer, évoque la notoriété de Chateaubriand sur un ton moqueur : « Il croit qu’il devient sourd parce qu’il n’entend plus parler de lui ».

Attitude à rapprocher, selon l’auteur, à celle des « vaniteux qui adorent être dans les journaux ». On se délecte des réflexions de La Rochefoucauld et de La Bruyère.

Stéphane Bern considère ces répliques, ces vérités « intangibles et intemporelles ».

Que penser de la façon de Clémenceau d’épingler les fonctionnaires semblables à des «  livres d’une bibliothèque » : «ce sont les plus hauts placés qui servent le moins » ?

Avec générosité, l’auteur nous fait partager ses trouvailles, les commente brillamment et nous enrichit. N’oublions pas que « la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié », selon Edouard Herriot. On est impatient de lire la suite, en sachant que l’auteur en a encore mille sous le manteau.

Stéphane Bern signe une compilation roborative, utile pour égayer des repas, sans pour autant penser comme Dumas : « sans moi, je m’y serai cruellement ennuyé ».

Se cultiver en s’amusant, que demander de mieux !

On ne résiste pas à citer, à son tour, ce vrai page turner qui attise la curiosité.

©Chronique de Nadine Doyen

2013 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2013 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2.700 personnes. Ce blog a été vu 29  000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 11 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Jack et la mort de Tim Bowley, illustration de Natalie Pudalov – OQO éditions.

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  • Jack et la mort de Tim Bowley, illustration de Natalie Pudalov – OQO éditions – octobre 2013. 32 pages, 15,50 €.

Cette histoire inspirée de La mort attrapée dans une noix, un conte traditionnel britannique, traite avec délicatesse d’un sujet lourd et grave comme la mort d’une maman pour un petit garçon, et recèle un trésor de sagesse qui permet aux petits comme aux grands de comprendre, très facilement, une leçon des plus essentielles : la mort fait partie de la vie, elles sont indissociables.

 

En effet, quand le petit Jack croise « une silhouette élancée, vêtue d’une cape noire et le visage caché sous une capuche », qui cherche où se trouve sa maison, Jack comprend aussitôt que c’est la Mort qui vient chercher sa maman malade. Quoi de plus inacceptable pour un petit garçon ? Laisser la mort lui enlever sa maman ! Aussi comme il est malin, il va faire perdre du temps à la Mort en la défiant de nombreuses façons jusqu’à trouver le moyen de l’enfermer dans une bouteille.

Et ça marche ! Quand Jack retourne chez lui sa mère est en pleine forme, elle chante et veut manger. Elle l’envoie donc chercher du bacon. Mais qu’elle ne fut pas la surprise de Jack arrivant chez le boucher, de voir celui-ci aux prises avec un cochon qu’il n’arrive pas à tuer. Les poulets, c’est pareil, impossible de les tuer. Le couteau rebondit sut le cochon et les têtes coupées des poulets reviennent aussitôt sur leur cous. Qu’importe, dit sa maman, et elle l’envoie chercher des légumes au jardin pour faire une délicieuse soupe. Mais au jardin, c’est pareil, impossible de sortir les carottes de terre, pas plus que les pommes de terre, sans parler de ramasser des haricots ou même d’une pomme.

C’est comme ça que les jours passant, les villageois commencent tous à avoir très faim, et avec ça ils sont de plus en plus envahis de mouches, de puces, de moustiques… La maman de Jack se doute qu’il y est pour quelque chose et quand il lui raconte toute l’histoire, elle lui demande d’aller aussitôt libérer la Mort.

 

« Merci Jack, dit-elle aimablement,

Maintenant, tu comprends peut-être

que je ne suis pas l’ennemie de la vie.

Elle et moi, nous sommes les deux faces d’une même pièce.

Sans moi, la vie n’existerait pas. »

 

 

Jack et la Mort est un livre à mettre entre toutes les mains, sans hésiter. Surtout que, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, les illustrations de Natalie Pudalov dans lesquelles s’insère le texte, sont absolument splendides, se déployant en double- page, elles font non seulement corps avec l’histoire, mais elles en racontent même un peu plus. Ce sont de véritables tableaux très originaux aux belles tonalités légèrement insaturées, qui mettent en valeur un rouge flamboyant, tel un fil rouge entre les doigts de la Mort, qui nous guide tout au long des pages. Vraiment, une réussite !

 

 

©Cathy Garcia

 

 

 

 

 

tim bowley_ab268d66c71dc63960a317dabdbb4cb9Tim Bowley en plus d’écrire des livres de contes pour les enfants, voire pour les adultes, est surtout un conteur professionnel depuis 1984. Installé en Espagne, depuis son départ du Royaume-Uni en 2001.

Biblio : Historias de Ninguna Parte-Tales from Nowhere(Parablas del Candil) ; Semillas al Viento/Seeds on the Wind (Editorial Raices);El Rey Oso Blanco y Otros Cuentos Maravillosos(Kalandraka);No Escapatorio y Otro Cuentos Maravillosos(Kalandraka);Jamie planted an acorn/Jaime plantio una bellota (Kalandraka);Amelia wants a dog/Amelia quiere un perro(Kalandraka);I’m Scared/Tengo Miedo(OQO)

pudalovNatalie Pudalov est née à Niznii Novgorod en Russie en 1980. Toute petite elle a émigré avec sa famille a émigré en Israel. Elle a étudié à  » Bezalel  » Academy of Art & Design de Jérusalem et obtenu un diplôme en design graphique. Elle a également étudié l’illustration à l’Akademie Der Bildenden Kunste, à Stuttgart, en Allemagne.