Traversées n°71

traversees71

On parle et présente votre revue Traversées sur le site du Service du Livre Luxembourgeois et sur Art et Lettres

La revue Traversées en quelques lignes

 

 

Aujourd’hui, ils sont plus de 400 créateurs différents, écrivains, poètes ou prosateurs, dessinateurs, plus de 400 personnes différentes à avoir collaboré, contribué à
la quintessence de Traversées.

 

Traversées est une revue trimestrielle de littérature francophone née à Virton (Gaume – Belgique). Le premier numéro est sorti à l’automne 1993.

 

Traversées symbolise le passage d’une rive à l’autre, imaginaire ou non. Lorsque l’on écrit, lorsque l’on dessine, c’est bien sûr d’abord pour soi, mais surtout pour communiquer
avec d’autres. Donc, Traversées est censée encourager cette relation. En
plus du parfait inconnu, des figures notoires qui sont des « locomotives ».
La revue a prouvé, en 60 numéros parus à ce jour, que beaucoup de créateurs
confirmés peuvent lui faire confiance. Les textes reçus sont scrupuleusement
classés et – surtout – lus par un Comité de lecture (qui faisait aussi office
de Comité de rédaction). Sa composition en a été modifiée au cours des
années : en ont fait partie, Patrice BRENO, Alain CHINA, Cathy LEYDER,
Marie-Josée CARION, Marie-Line SCHNEIDER, Michel BAAR, Paul MATHIEU, Véronique
DAINE. Dès l’été 2010, deux groupes ont été constitués : un Comité de
rédaction, composé de Marie-Line SCHNEIDER, Nadine DOYEN, Paul MATHIEU, Serge
MAISONNIER, et Patrice BRENO; un Comité de lecture, composé de Jacques
CORNEROTTE, Suzette GELAMBI et Xavier BORDES. La mixité des deux comités
n’étant pas négligeable pour l’objectivité et l’éclectisme des choix opérés et
des analyses.

 

Traversées ne se veut pas une revue à caractère régionaliste, mais est ouverte à tous les courants de pensée, à tous les horizons littéraires, tout en respectant la bienséance. On
peut recenser des collaborateurs non seulement dans toute la Belgique, non
seulement en Europe, mais même dans le monde entier.

 

Si vous cherchez un quelconque fil conducteur à la revue, vous n’en trouverez pas. Les responsables de la revue recherchent davantage la variété, la diversité tant des idées que des sujets. Chaque numéro
est découpé en trois parties : le dossier ; les textes
d’auteurs ; les chroniques. De temps à autre, quelques illustrations
agrémentent les pages de la revue.

 

 

1. Le dossier :

 

 

Parmi les parutions, des dossiers ou tribunes libres ont été consacrées à un auteur : entre autres Jacques Ancet, Franz Bartelt, Philippe Besson, Jorge Luis Borges, Francis Chenot, Pierre Dhainaut,
André Doms, Marc Dugardin, Paul Février, Guy Goffette, Gaspard Hons, Danielle
Hoffelt, Gaspard Hons, Georges Jacquemin, Serge Joncour, Hubert Juin, Werner
Lambersy, Philippe Leuckx, Santiago Montobbio, Michel Pesch, Arthur Praillet,
Roland Reutenauer, André Schmitz, Jacques Simonomis, Jude Stéfan, Salah Stétié,
Alain Suied, Alexandre Voisard… ; ou à un courant littéraire : la
Bulgarie (la littérature bulgare – jadis et maintenant), le Canada (des
auteures et auteurs de l’Outaouais), le Danemark (des images du Danemark et des
Danois dans la littérature française d’hier à aujourd’hui), la France (l
es Solicendristes ou les auteurs de la revue
« Soleils et Cendres »),
le
Grand-Duché de Luxembourg (du côté du Luxembourg : Laurent Fels, Nic
Klecker, René Welter), la Tunisie (plusieurs p
oètes tunisiens
contemporains), le Congo (Fiston Nasser Mwanza Mujila et Patrick
Tankama) ; depuis 2007, un spécial « nouvelles » paraît
annuellement à la veille des vacances d’été

 

2. Les textes d’auteurs :

 

Si, dans Traversées, la poésie a la part belle, la revue accepte également des nouvelles, des critiques, des études sur un auteur, un courant littéraire, une manière de
penser… Les textes qui y sont publiés sont pour la plupart inédits et émanent
d’auteurs confirmés ou non. Parfois, des illustrations agrémentent aussi ses
pages.

 

3. Les chroniques de livres et de revues :

 

Traversées a aussi la réputation de recenser d’importantes et judicieuses analyses critiques de livres et de revues, ce qui permet d’aider le lecteur à s’orienter dans ses choix personnels ; des correspondants
fidèles et sérieux alimentent régulièrement cette partie.

 

 

Adresse de contact : Patrice Breno, Faubourg d’Arival 43 à 6760 VIRTON (Belgique).

 

Téléphone : 0032497 44 25 60. patricebreno@hotmail.com

Présentation de la revue littéraire belge « Traversées »par Claude Miseur

 

 

 

Frédérique Deghelt – Les brumes de l’apparence – Actes Sud

Chronique de Nadine Doyen

  • Frédérique DegheltLes brumes de l’apparence – Actes Sud ; (21,80 €- 361 pages)

 

Frédérique Deghelt , Les brumes de l'apparence ,Actes Sud Si dans Le testament américain de Franz Bartelt l’héritage fait basculer la vie de villageois, dans le roman de Frédérique Deghelt, c’est le destin de Gabrielle qui soudain bifurque quand elle se retrouve la propriétaire d’une mystérieuse « forêt rebelle au milieu de la France profonde ». Va-t-elle vendre ce terrain ? Rénover les bâtisses ? Suivre le conseil de son amie Eva qui lui suggère de le convertir en « lieu moderne de méditation » ou en « super-spa ésotérique » ?

La narratrice s’interroge, remonte sa généalogie, cherche à enquêter sur sa mère, percer un secret auprès de Francesca Ambroisine, sa tante, ainsi qu’auprès du notaire.

Gabrielle excelle à décrire le lieu si hostile, si sauvage qu’elle visite avec l’agent immobilier, puis le radiographie. Tel un cameraman elle explore les deux bâtisses et parvient à dénicher la rivière. On se sent prisonnier dans cette jungle. Au cœur de cette « ingérable nature », telle « la pampa », ou « la brousse » le malaise s’installe. C’est en y passant la nuit que la narratrice se retrouve confrontée à des phénomènes paranormaux. Rêvait-elle ? A-t-elle vraiment fait cette balade nocturne ?

L’auteur installe une atmosphère quelque peu étrange, envoûtante, voire ésotérique, qui devient très vite anxiogène avec les portes, les volets qui résistent, claquent, les branches qui craquent, une grille qui grince, un rideau qui s’enflamme.

Mais le plus spectaculaire, car incompréhensible, c’est l’apparition du sang, occasionnant le cri de l’agent immobilier. Gabrielle se serait-elle blessée ? Cela génère un climat d’autant plus dérangeant, inquiétant qu’elle croit être épiée. Comment se raisonner quand la psychose gagne même le lecteur ? Un danger menace-t-il les visiteurs ? On sursaute au moindre bruit, au cri sinistre d’un corbeau.

Des temps forts rythment le récit tel l’accident qui permet de déceler le don de Gabrielle. Mais avait-elle rêvé ou vécu la scène ? On plonge dans le maelström de l’héroïne, totalement déboussolée, décontenancée par ce qu’elle vient de vivre. Taraudée par de multiples interrogations, ne risque-t-elle pas de sombrer dans la paranoïa ? Quel rôle joueront son mari, ses proches ? Le doute gagne aussi le lecteur.

Au contact des habitants du village, elle prend conscience des peurs, des rumeurs qui circulent autour de ce domaine. Doit-on croire les « sordides racontars » ?

Le rebondissement causé par l’incendie anéantit le projet d’obtenir des confidences de sa tante : « Mon cœur est en cendres ». Mais la lettre remise par le notaire qui fournit la majorité des réponses a de quoi déstabiliser Gabrielle.

Le repas entre amis scientifiques marque un tournant. Alerté par les hallucinations de sa femme, « cette panoplie d’irrationnel », Stan réalise l’urgence de consulter.

L’intérêt du roman réside dans le portrait psychologique de Gabrielle. Elle s’interroge : Suis-je schizophrène ? Cette quadragénaire est partagée entre son raisonnement cartésien et le constat troublant de ce que son corps perçoit (vibrations, frissons, chaleur, ondes, fluides), de cette énergie qu’elle peut insuffler aux autres. Le récit oscillant entre réalité et apparitions spectrales tient en haleine.

Le champ lexical qui gravite autour du surnaturel (âmes errantes, fantômes, sorcier, magie noire, revenants, forme ectoplasmique, nitescence) vient corroborer la conviction de Stan que sa femme est dérangée. Cet âge charnière de la quarantaine contribuerait-il à cette « révolution personnelle », à cette bifurcation de Gabrielle ?

Ces aléas dans la vie des personnages conduisent l’auteur à aborder le thème du hasard (« Les possibilités du non-vécu me fascinent », de la sérendipité (« J’aimerais connaître les arborescences de ma vie »), citations à l’appui.

Elle montre également la tendance du retour à la campagne, et oppose la culture citadine à la rurale, rappelant la célèbre phrase d’Audiard : « La campagne c’est affreux : la journée on s’ennuie, et la nuit on a peur ».

En filigrane, Frédérique Deghelt souligne les valeurs de l’amitié : « Les amis réparent les blessures irrémédiables ». Quant à l’amour, Gabrielle sait qu’il faut du temps et que « Refuser c’est : ne pas être prêt à accueillir ce qui vient ».

Parmi les bonheurs de lecture de ce roman, il faut citer la communion de l’héroïne avec cette nature sauvage, dont elle perçoit des fragrances, la description d’une baignade improvisée, dans une eau « délicieuse, salvatrice », qui lui apporte « une sérénité sans partage », puis cet abandon au soleil. Poésie de cette «  nuit divine » passée dans une « douceur extatique », « magie de cette soirée en solitaire ».

Les retrouvailles pour l’anniversaire de Gabrielle signent l’apothéose de ce récit.

Tableau final inattendu, plein d’amour, de sensualité et de tendresse de ce duo amoureux enlacé, le balancement du bateau s’accordant à leurs hanches.

Quant à cette odeur récurrente des fleurs blanches de jasmin, elle ne traverse pas seulement le roman, elle réussit à enivrer le lecteur.

Frédérique Deghelt a choisi un sujet qui interpelle d’autant plus que le mystère de ces pouvoirs de guérisseur pour un médium reste inexpliqué et inexplicable.

Ce récit de la métamorphose de l’héroïne laisse une forte empreinte chez le lecteur.

L’écriture cinématographique permet de visualiser les scènes les plus infimes.

Un roman perturbant, pétri de fantastique dans lequel l’auteur a su susciter une angoisse prégnante et donner un tour passionnant et effrayant, digne d’un thriller.

©Nadine Doyen

36 Facéties pour des Papous dans la tête, Françoise Treussard – Carnets nord / France culture

Chronique de Nadine Doyen

  • 36 Facéties pour des Papous dans la tête, Françoise Treussard – Carnets nord / France culture (187 pages -20€)index

Ce recueil, coordonné par Francoise Treussard, préfacé par Olivier Poivre d’Arvor, réunit huit des plumes Papous, textes dont les aficionados doivent se souvenir, ayant été déjà diffusés.

Le titre, à lire à voix haute, nous conseille-t-on, livre une énigme. Et si vous n’êtes pas assez perspicace, le bonus de Gérard Mordillat vous donnera la solution.

Si Christophe Carlier a été happé par Sempé, ici ce sont les couleurs chatoyantes, vives des illustrations de Ricardo Mosner qui accrochent le regard du lecteur.

Un plus qui décuple le plaisir de lecture.

Chacun des textes, en prose ou en vers, se réfère à un auteur tutélaire pour le narrateur.

En filigrane se devinent Kafka, Nabokov, Miller, V.Woolf, Zola, Skakespeare, Hugo, Tolstoï, Beckett, Pagnol, Giono, Flaubert, Daudet…, liste énumérée en fin d’ouvrage.

On croise des héroïnes mythiques : Bécassine, à la « candeur bretonne », Nana dont la « nudité sert de déclic »,Carmen « amoureuse d’un picador ». Eva Almassy convoque les russes Anna Karénine dans le poème : « Faites l’amour pas la gare ! » et Lolita. Odile Conseil croque Fifi, petite fille suédoise, aux nattes rousses, dotée de « trois louches de fantaisie », d’impertinence et d’une force incroyable. Quant aux héros, tous ne sont pas exemplaires. Ubu « ment, vole, tue ».

Jacques Vallet nous transporte en Grèce, et met en exergue ceux qui ont aimé sa lumière (Miller, Durell) et le grand poète Séféris. Les vers dansent le zirtaki.

Lucas Fournier nous embarque dans la Provence de Pagnol, sur «Les sentiers sautillants… », où l’on chasse la bartavelle sans le petit Marcel. Le coup double du père en fit le héros du village.

Venise inspire Patrice Caumon et sert de cadre pour camper un drame de la jalousie.

Dominique Muller remonte le temps jusqu’à l’époque de « Troie enflammée », distille des expressions latines, bovaryse, revisite le conte du Petit Chaperon rouge.

Les amoureux de la race canine s’intéresseront au destin de Flush, conté par Eva Almassy.

L’amour est omniprésent dans cet opus. L’année 2014 marque les trente ans des Papous, mais aussi les 30 ans de L’Amant. Pas étonnant que Ricardo Mosner mette Duras à l’honneur en revisitant ce roman. Patrick Caumon flirte avec l’érotisme pour Les Belles Endormies de Kawabata, aux « seins plantureux qui émoustillent ». Jacques Vallet brosse le portrait d’Angelo, « colonel exilé », pudique, généreux, amoureux de celle qu’il a soignée, sauvée et qu’il doit quitter pour l’Italie. Amour aveugle, adultère, flou, fou, vache, olé-olé, « amours nunuches ».

« L’amour, c’est pas comme l’autobus : si tu loupes / Le premier, des autres tu vas rater la troupe ».

Certains textes s’achèvent par une morale : « Hier comme aujourd’hui les pauvres se font bouffer… », d’autres par un jeu de mots : « la pie end », « L’Olympic de Marcel » ou « Le cygne du zodiac ».

Cette escapade au pays du sourire, de l’humour et de la fantaisie à laquelle nous convient les auteurs rassérène et divertit. Un recueil antidote à la sinistrose, qui, en plus, vous offre de nouvelles pistes de lectures. Un ouvrage roboratif qui peut entrer dans la catégorie des ‘feel good’.

PS : Pour retrouver l’« invraisemblable bande » des Papous, ne manquez pas l’émission dominicale, de midi 45 à 14 h sur France Culture. Voir le site officiel : France Culture, Les Papous dans la tête.

©Nadine Doyen

Service de presse

22/3/2014

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

 

 

 

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  • Au-pied-du-mur---PieceAu pied du mur, Jacques Ancet, Théâtre ; pièce en deux actes et 24 tableaux ; avant-propos de Nasser-Edine Boucheqif ; Polyglotte-C.i.c.c.a.t. ; collection Paroles de Scènes ; 76 pages ; 10€.

  • Avant-propos : extrait :

  • Ayant pour décor unique un mur au pied duquel se croisent et se rencontrent divers personnages, la pièce de Jacques Ancet Au pied du mur est une peinture juste et vigoureuse, une satire sociale et politique où les mots portent, où la vivacité des dialogues passe la rampe au-delà de toute virtuosité technique.

L’auteur ici est sensible aux mots et à leurs significations secrètes et n’hésite pas à incarner ses personnages dans leur langage et leur gestuelle quotidiens à travers une langue réfractaire à toute intellectualisation de la réalité, de la vie. (…) Le théâtre devient ici une réjouissance en tant qu’il est déjà dépaysement qui donne à entendre une parole où tous nos sens sont ébranlés. (…)

Au pied du mur est la première pièce écrite par Jacques Ancet.

Nasser-Edine Boucheqif

  • Jacques Ancet, l’auteur :Ancet

    • Né le 14 juillet 1942 à Lyon. Poète, romancier, essayiste, traducteur, il est l’auteur d’une centaine de livres (poésie, prose, essai, traduction). Son œuvre a été aussi traduite en plusieurs langues. Il est l’une des voix les plus prolifiques de sa génération. Il a également obtenu de nombreuses récompenses dont : le Prix Nelly Sachs 1992 ; Prix Rhône-Alpes du Livre 1994 ; Bourse de traductin du Prix Européen de Littérature Nathan Katz 2006 ; Prix de poésie Charles Vildrac de la Société des Gens de Lettres 2006 ; Prix Heredia de l’Académie Française 2006 ; Prix Apollinaire 2009 ; Sélection des Lettres Frontières 2010 ; Plume d’or 2013 de la SAS…

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  • Carnet d’Inde, Eric Chassefière, Poèmes, Encres vives, 2013, 16 pages A5 ; 6,10€ ; Michel Cosem, 2, allée des Allobroges à F-31770 Colomiers.

  • L’auteur : Eric Chassefière, né en 1956 à Montpellier, habite Paris où il exerce le métier de chercheur en physique au CNRS.

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Extrait :

  • Fils caché de la Reine-Mère et du Père Bourdon, il est né, comme tout le monde, au cœur de la ruche, élevé par une ouvrière qui lui a tout sacrifié.

Il a passé une enfance à éplucher des poules et toutes sortes d’oiseaux, à la recherche de l’écriture dans les racines de la plume. Ce fut en vain. Plus tard, adolescent, on le perd dans le noir des mines d’encre de Chine. Et lui s’y perd un peu aussi, mais trouve dans la nuit souterraine… du cambouis et de la suie. Ce qui ne sert à rien. Devenu adulte, il explore le papier, le blanc, le vide dans les glaces artipolaires de nos extrémismes glacés entre deux feuilles de tabac. Il y rencontre Paul, Emile et Victor, ainsi qu’un bon millier de pingouins en costume-cravate. Rien n’y fit.

Il est donc maintenant vieux, ridé, un sourire au coin de la bouche et passe ses journées à plumer des pigeons, les faire cuire au miel, boire de l’encre rouge et déguster le tout sur des nappes en papier. Il n’a rien compris. Il est décidément trop con…

  • L’auteur :

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    • Timotéo Sergoï (né en 1964) est un comédien voyageur, baroudeur de théâtre, nomade au bout du masque. Ses marionnettes objets ont fait le tour du monde, de Singapour à Arkhangelsk. Ses voyages le nourrissent de rencontres et de réflexion sur notre pauvre existence humaine. On le définit comme un pessimiste heureux. Dans le milieu de la poésie liégeoise, il est déjà auteur de cinq livres, dont le dernier recueil Le tour du monde est large comme tes hanches a reçu le coup de cœur de l’Académie Charles Cros à Paris.

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  • MEO-Thomassettie-Entre-musiquesEntre-Musiques, Monique Thomassettie, Poésie, éditions M.E.O., 2014, 95 pages ; 14€.

 

 

 

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  • fauxpasLe faux pas, Sylviane Velu, pièce en 5 actes, éditions Chloé des Lys, rue de Maulde, 26 à B-7534 Barry ; chloe.deslys@scarlet.be ; http://www.editionschloedeslys;be ; 66 pages ; 16,40€ ; 2012.

  • 4ème de couverture :

  • Un peintre, lassé de peindre, décide de passer du pinceau au porte-plume. Usant de celui-ci, il plante une (belle) femme dans le décor d’un (beau) jardin au soleil couchant. Et ce décor devient celui d’une pièce de théâtre à partir du moment où il présente son œuvre à un ami.

Il s’émerveille dans un premier temps de pouvoir exprimer ainsi ce que sa technique – limitée – de peintre ne lui permettait pas de transmettre les sensations, les émotions : « – Jamais avec un pinceau, je n’aurais réussi à faire passer le parfum du seringat ».

Mais il prend vite conscience des dangers de l’écriture, en se rendant compte que cette femme vit sa propre vie et l’entraîne, avec son ami, dans un abîme de questions existentielles.

  • Note de l’éditeur :

    • Le faux pas est la première œuvre littéraire publiée de Sylviane Velu. Variation sur le mythe de Pygmalion, métaphore de la Genèse, de la créature qui échappe à son créateur, cette petite pièce est une interrogation sans prétention sur la liberté du créateur et sur celle de sa créature. Sur la liberté aussi de tout homme de rêver sa vie ou de la vivre.

Qu’on ne s’y trompe pas : le sujet est sérieux mais c’est une comédie, presque un vaudeville qui est présenté ici. Un texte surréaliste qui, ballotant sans cesse le lecteur ou le spectateur entre rêve et réalité, lui fait perdre ses repères et l’invite en douceur, pour les retrouver, à voir la vie dans sa beauté et à la vivre pleinement mais dans la légèreté.

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  • indexLes imaginations, Luis Benitez, poèmes, traduit de l’espagnol par Jean Dif, éditions L’Harmattan, 5-7, rue de l’école polytechnique, F-75005 Paris, www.harmattan.com.

  • Note de l’éditeur :

  • « Pour la critique internationale, Luis Benítez est l’une des voix les plus significatives de la nouvelle poésie latino-américaine. Ce recueil encore inédit en espagnol, traduit par Jean Dif, aborde la problématique de l’homme contemporain, ses conflits et ses lacunes dans le monde d’aujourd’hui, à partir d’un point de vue combinant tour à tour l’ironie, la réflexion, le sarcasme ou le recours à des symboles universels, qui sont la marque distinctive du grand poète argentin. De la sorte, l’auteur touche la sensibilité du lecteur, en produisant une identification immédiate : le chaos, l’incertitude générée par un univers brutal, la fragilité de l’individu dans la société du XXIème siècle, sont les scènes quotidiennes dans lesquelles ce dernier reconnaîtra facilement sa propre présence. »

  • L’auteur :index

  • Poète, narrateur, essayiste et dramaturge, Luis Benítez est né à Buenos Aires le 10 novembre 1956. il est membre de l’Académie latino-américaine de poésie, de la World Poetry Society (USA) ; de World Poets (Grèce) et de l’Advisory Board of Poetry Press (Inde). Il a reçu le titre de Compagnon de la poésie de l’association La porte des poètes, qui siège à l’université de la Sorbonne. Il est également membre de la Société des auteures et auteurs de la République argentine. Il a reçu de nombreux prix nationaux et internationaux pour son œuvre littéraire.

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  • indexIntuition, Monique Thomassettie ; Monéveil ; colleciton La Rime intrinsèque ; 2014 ; 304 pages ;

monique.thomassettie@belgacom.net

« Mes diverses facettes ne s’excluent pas. Par définition : des facettes d’une seule et unique personne. Extraits de mon site, mon journal, mes lettres, mes mini-essais, mes inédits… »

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  • indexLundi ou mardi, Virginia Woolf, nouvelles, traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina, éditions de l’Herne, 22, rue Mazarine, F-75006 Paris,

lherne@lherne.com ; www.lherne.com.

  • Extrait :

  • « Il ya quinze ans, je suis venu ici avec Lily, se disait-il. Nous nous étions assis quelque part là-bas, près du lac, et je l’avais suppliée de m’épouser tout au long de cet après-midi étouffant. La libellule n’avait cessé de tourner autour de nous : comme je revois clairement la libellule et sa chaussure avec la boucle carrée en argent sur les orteils. Tout le temps que je parlais, j’avais les yeux fixés sur sa chaussure et lorsqu’elle bougeait brusquement, je savais, sans avoir à lever la tête, ce qu’elle allait dire : la totalité de son être semblait contenue dans la chaussure. Et mon amour, mon désir, était dans la libellule : pour une raison quelconque, je me disais que si elle se posait là, sur cette feuille, elle répondrait « Oui » immédiatement. Mais la libellule ne cessait de voler : elle ne s’était jamais posée nulle part – bien sûr que non, heureusement que non, sans quoi je ne serais pas en train de me promener avec Eleanor et les enfants – « Dis-moi, Eleanor. Penses-tu jamais au passé ? »

  • L’auteur : Virginia Woolf (1882-1941).

  • Considérée comme la plus grande romancière anglaise du XXème siècle, elle est l’auteure de Mrs Dalloway (1925) et de La Chambre de Jacob (1922)…

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  • indexMes intimismes, Mélange ouvert à deux battants, Monique Thomassettie, 31 œuvres plastiques commentées par l’auteur plus 10 par Véronique Adam

 

 

 

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  • indexNote sur la suppression générale des partis politiques, Simone Weil, éditions de l’Herne, Carnets, 2014, 73 pages ; 7,50€.

  • « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective.

Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres.

La première fin, et, en dernière analyse, l’unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.

Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S’il ne l’est pas en fait, c’est seulement parce que ceux qui l’entourent ne le sont pas moins que lui. [… Il est douteux qu’on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques. »

Avant-propos de François L’Yvonnet

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  • indexOn m’avait dit « écris », Marion Mesnil, poèmes, éditions Persée, 29, rue de Bassano, F-75008 Paris, www.editions-persee.fr; emollaret@editions-persee.fr

  • Note de l’éditeur :

  • C’est le premier recueil de cette jeune poétesse de 19 ans très prometteuse.

Marion Mesnil est une amoureuse des mots. Ecrivain de jour comme de nuit, elle puise son inspiration dans des faits de la vie de tous le sjours. Traitant de sujets de société comme de sujets plus personnels, c’est avec assurance qu’elle écrit pour transformer sur papier ses émotions.

Auteure déjà d’une centaine de textes, c’est grâce à l’encouragement de sa professeure de français qu’elle publie son premier recueil. Des séances de dédicaces en librairie sont déjà prévues pour promouvoir son ouvrage plus que prometteur.

Alliant avec détermination ses études et sa passion de toujours, laissez-vous surprendre par la plume de Marion Mesnil et son aisance à manier les mots.

Avec ce premier recueil de poésies, Marion Mesnil âgée de 19 ans, originaire de l’Aigle en Basse-Normandie, étudiante en théâtre à Paris, tente de s’imposer. C’est avec ses mots qu’elle va exprimer ses sentiments, sa vision de la vie, mais aussi évoquer les relations humaines, ses angoisses, ses doutes, ses espérances et ses joies.

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  • indexLe parapluie rouge, Patricio Sanchez, poèmes, préface de Jean Joubert, Domens, Pézenas ;

editions.domens@domens.fr; http://www.domens.fr

  • Extrait :

  • Un porte-parole de la dictature condamnait en ces termes les écrivains exilés : « Quelques lâches, à Paris, s’obstinent dans leur éternelle nostalgie et écrivent de la poésie. » Pourtant la poésie restait l’un des recours contre la tyrannie et la violence. Elle résistait, à sa manière. Face à l’étouffement de la pensée, elle affirmait la primauté de la vie. Patricio Sanchez en témoigne, qui exprime tour à tour sa révolte et une célébration de ce que les surréalistes appelaient « le merveilleux quotidien ».

  • L’auteur :index

  • Venu d’ailleurs, Patricio Sanchez est né en 1959 au Chili, où il a passé son enfance et son adolescence. Exilé politique à dix-sept ans, sous la sinistre dictature de Pinochet, il séjourne à Paris, en Espagne, aux Etats-Unis. Naturalisé français en 1993, il s’établit avec son épouse et ses trois filles dans un village de la garrigue languedocienne, à proximité de Montpellier. Il enseigne la littérature hispano-américaine à l’université de Nîmes.

Jean Joubert

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  • indexRetourne à la poussière, Assia Ouehbi, Clapàs, collection Franche Lippée n°390 ; décembre 2013 ; 8 pages ;

http://www.clapassos.com; clapassos@wanadoo.fr

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  • indexRêve d’encre, Pierre Covarel, Clapàs, collection Franche Lippée n°379 ; décembre 2013 ; 8 pages ;

http://www.clapassos.com; clapassos@wanadoo.fr

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  • indexSublimisme balkanique, tome 2, poètes de Bosnie-Herzégovine, choix de Tomislav Dretar, traduction de Tomislav Dretar et Gérard Adam, éditions M.E.O. ; 2014 ; 164 pages.

    • Le livre :

Dans ce nouvel opus, Tomislav Dretar poursuit sa quête de poètes relevant de ce qu’il a nommé « sublimisme balkanique » et dont il a donné une définition dans un premier tome consacré à des poètes de Croatie.

« Les poètes qui répondent à ma définition du sublimisme balkanique, s’ils ont subi la guerre et son choc post-traumatique, ne sont pas tombés dans un état de haine ou de vengeance. Au contraire, ils sont parvenus à sublimer dans la poésie et par la poésie ce qui a traumatisé leur chair ou leur imaginaire, créant un être esthétique, le Beau, complètement ouvert au monde. »

Ce second tome offre une sélection de dix-neuf poètes de Bosnie-Herzégovine. On y retrouve, selon le vœu de l’auteur, des poètes majeurs de leur pays, parfois reconnus bien au-delà, et d’autres qui n’ont pas la même notoriété mais qu’il apprécie tout autant.

  • Tomislav Dretar :index

Né à Nova Gradiška (Croatie), Tomislav Dretar était professeur à l’université de Bihać (Bosnie-Herzégovine), ainsi qu’un poète reconnu, quand la guerre a bouleversé sa vie.

Réfugié en Belgique, il y a obtenu l’asile politique, puis la nationalité belge.

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  • Suite d’impressions, Marie-Thérèse Troy, Clapàs, collection Franche Lippée n°378 ; décembre 2013 ; 8 pages ;

http://www.clapassos.com; clapassos@wanadoo.fr

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Les revues suivantes :

  • Les amis de l’Ardenne n°41, septembre 2013 ; Lettres – Arts – Histoire ; 12€ ; Dossier spécial : Souvenirs, souvenirs… de Jean Casanave ; Interview par Claude Carton : Palix, illustrateur éclectique ; Béatrice Deparpe ; Patrick Mouze ; Jean-Luc Spriet ; P.J. Jouve ; M. Larreguy de Civreux ; C. Vildrac ; M. Martinet ; Stéphane Balcerowiak ; Michel Lamart ; Corinne Collin…

  • La braise et l’étincelle n°106 à 110, 15 juillet 2013 à 15 mars 2014, 24 pages A4 ; Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) ; 7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE ; yvesfred.boisset@papus.info; http://yves-fred.over-blog.com;

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

  • Catarrhe n°6, décembre 2013, 20 pages A5 ; revue.catarrhe@gmail.com ; Jean-Paul Verstraeten, 19a, Montegnet à B-5370 Havelange.

  • Debout les mots n° 52, janvier à mars 2014, 6 pages. A3

Périodique d’information trimestriel de la Maison du Livre

rue de Rome, 28 à B-1060 BRUXELLES

info@lamaisondulivre.be

  • Lectures françaises n°677, septembre 2013, 64 pages A5

Revue mensuelle de la politique française

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

L’euthanasie en France : entretien avec Jean-Claude Martinez

Nelson Mandela et la « Nouvelle Afrique du Sud »…

sadpf.chire@gmail.com ; www.lectures-francaises.info

(Jean AUGUY)

  • Libelle n°245 et 246, mai et juin 2013, 6 pages A5 – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

http://www.myspace.com/michelprades

(Michel PRADES)

  • Portique n°93, janvier à mars 2014, 56 pages A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

  • Reflets Wallonie-Bruxelles n°36, 2ème trimestre 2013, 75 pages 18 X 25 ; Organe officiel de l’Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie ; Espace Wallonie, 25, rue Marché-aux-Herbes à B-1000 BRUXELLES.

joseph.bodson@skynet.be

(Joseph BODSON)

L’euphorie des places de marché – Christophe Carlier – Serge Safran éditeur —-une chronique de Nadine Doyen

Chronique de Nadine Doyen

index

  • L’euphorie des places de marchéChristophe Carlier – Serge Safran éditeur (16€ – 192 pages)

Christophe Carlier croise les histoires de deux protagonistes sur une semaine, chaque chapitre étant un jour. Norbert Langlois, « jeune loup » ambitieux, polyglotte.

Agathe, une relique bien implantée dans l’entreprise, qui « faisait partie des murs », allergique aux portables, au « grésillement des baladeurs » dans le métro.

On suit le quotidien de cet homme et cette femme, suspendu à la possibilité d’une rencontre qui pourrait faire basculer leur existence. Agathe voit alors son destin subordonné à un nouveau supérieur hiérarchique, qui n’est qu’autre que Langlois.

Après avoir focalisé notre attention sur ce duo patron-assistante, se greffe la stagiaire Ludivine, au « Q.I. d’une huître » pour sa rivale.

On suit le processus implacable d’anéantissement du salarié par son chef et ceci à deux niveaux, puisque la rivalité entre Agathe et Ludivine devient ostentatoire.

Christophe Carlier radiographie les intentions et pensées du trio, dont celle au coeur du récit : Comment Langlois, ce patron pervers, pourrait-il limoger Agathe ?

Voici Agathe traquée, espionnée, poussée à la faute, acculée à commettre des impairs.

Agathe « incompatible » ou « précieuse collaboratrice » ? c’est là le paradoxe.

L’auteur nous donne à entendre leurs conversations. Les portes laissées ouvertes offrent un vrai jeu d’écoute et créent quiproquos (le sang bleu de Ludivine) et situations burlesques. On imagine Ludivine, vraie « tornade blanche », en reine de la propreté, métamorphosant la cuisine sous le regard dépité d’Agathe.

En parfait entomologiste, Christophe Carlier décrypte les états d’âme de ses protagonistes, nous entraîne au plus intime de leur conscience. Il brosse leurs portraits vus sous différents angles et met en exergue leurs addictions. Il souligne la dépendance aux réseaux sociaux pour Ludivine, après une rupture amoureuse. Langlois est scotché à la radio, « sa morphine » dès qu’il rentre chez lui en voiture, occasion pour l’auteur d’étriller les journalistes qui donnent en pâture les faits divers ou people. Pourquoi s’intéressent-ils à l’incident sordide de Draguignan ?

L’auteur distille quelques indices alarmants à l’encontre d’Agathe qui installent le suspense. Doit-on prendre au sérieux toutes les pulsions meurtrières qui habitent ce chef, « cet oiseau-là » ? Ne rêve-t-il pas « de l’étrangler »? N’a-t-il pas programmé sa liquidation ? Pour lequel de ses plans machiavéliques fomentés optera-t-il ?

Christophe Carlier excelle dans l’art de faire monter la tension, laissant planer une ombre tueuse, anticipant même l’interrogatoire. Comme la souris blanche engloutie par le boa, Agathe allait-elle subir le même sort, « digérée par Buronex » ?

La venue de l’Américain, Rudy Harrington, client potentiel, marque un tournant décisif dans le récit, d’autant qu’il s’avère connu de Victoire, l’épouse du patron.

Le contrat fait l’objet d’un incroyable tour de passe-passe (falsification, substitution).

L’ennemie jurée serait-elle en réalité une bonne fée, la « Liz Taylor de Buronex » ?

Le repas professionnel, une fois imbibé d’alcool, dérive de la gastronomie à l’art de la séduction, Rudy ne cachant pas son attirance pour les blandices d’Agathe.

Dans ce roman, Christophe Carlier dénonce le harcèlement moral au travail, rappelant Les heures souterraines de Delphine de Vigan, Ils désertent de Thierry Beinstingel. Tous trois auscultent la dureté de la vie en entreprise, ses hypocrisies, ses lâchetés. Le tout dans un océan économique de plus en plus hostile. Il décrit le malaise croissant dû à cette course au profit qui conduit à un langage déshumanisé pour le marketing.

On pense aussi à Houellebecq et son Extension du domaine de la lutte, ici de la chute. L’auteur évoque également l’obsolescence du matériel de la secrétaire, causant stress et perte de temps. Il fait remarquer le peu de compétence des Français face aux langues étrangères. Il souligne le peu d’initiative laissée à la stagiaire, souvent corvéable et jetable à merci. Tout est passé au crible, sous le regard caustique de Christophe Carlier. Il explore aussi les liens du couple, montrant un futur père détaché du bonheur de sa femme enceinte. Il semble mal assumer « la vie de servitude » avec « un chiard sur le dos » qui s’annonce. Son investissement au travail, rêvant à son empire ne risque-t-il pas de ruiner son couple ? Sans compter son aimantation pour sa stagiaire Ludivine, dont la « voix aérienne, colorée par une intonation anglaise » l’avait charmé.

Comment tout cela finira-t-il ? Le chapitre final : Après quoi nous dévoile les directions prises par les protagonistes. « Et la vie put enfin reprendre son cours mélodieux, virtuel, radiophonique, inéluctable ».

Christophe Carlier, primé en 2012 pour L’assassin à la pomme verte, livre ici un roman psychologique, à clés, à suspense, dans un contexte économique en crise, soumis au diktat des déclinologues. Il sait tenir le lecteur en haleine, jusqu’à l’épilogue, ayant injecté un véritable imbroglio dans les relations plus intimes entre les personnages. L’euphorie est double, celle des marchés certes, mais aussi la nocturne et clandestine. L’adage : « Rira bien qui rira le dernier » se confirme dans le dénouement aux multiples retombées et rebondissements. Récit ponctué de scènes drôles que l’on verrait bien croquées par Sempé (1) ou adaptées pour la scène.

Un roman brillant, miroir de notre société moderne, matraquée d’informations, déshumanisée, aliénée par les addictions et où la solitude est criante.

  1. Pour rappel: Happé par Sempé de Christophe Carlier, Serge Safran éditeur.

    ©Nadine Doyen