Traversées a reçu récemment…

Les recueils de poésie suivants :

–          Chaboum, Karl. Le sol à l’envers. Éditions Carl Beaupré, Québec, Canada, 2009, 182p.

o   Chaboum s’enfarge souvent dans les mots, volontairement, comme Chaplin qui avait peur de tout et de rien. Chaboum n’y va pas de main morte quand il a quelque chose à dire. Quand il n’a rien à dire, il n’écrit pas

–          Clément, Thierry-Pierre. Fragments d’un cercle. Le non-dit, 2010, 137p.

o    Les poèmes de Fragments d’un cercle disent la mort et la solitude, l’exil et l’illusion, le mystère et l’inconnu, mais aussi l’espoir, la patience, la transformation, l’amour, la joie, la quiétude… Ils révèlent un voyage intérieur, de l’ombre vers la lumière, du tourbillon des questions jusqu’à leur effacement.

–          Dantinne Alain. Décalage horaire. L’Arbre à paroles, 2010, 92p.

o   À lire Alain Dantinne, le monde serait une immense salle d’attente, un quai de gare et bien sûr le dernier train s’en est allé. Et les villes sont là dans leur nuit, leur duplicata qui ressemble à une vertigineuse question. Elles sont le décor dérisoire de nos états d’âme. Que de gourmandes amertumes. Le désarroi serait-il une des composantes du bonheur ? à parcourir ce Décalage horaire, nous serions toujours l’étranger dans la maison, à se demander où est la chambre que l’on nous destinait. On pousse une porte. Ouf. C’était là !

Jo Dekmine

–          Demazet Olivier. Le temps d’un parcours. Montauriol Poésie, 2009, 133p.

–          Giovanni Dotoli. Œuvres poétiques, 2 tomes. Schena editore et Editions du cygne, 2010, 1159p.

o   Liquidité : cette qualité que revendique Giovanni Dotoli pour sa poésie dès la strophe liminaire de ce livre est inséparable d’une autre qualité, limpidité.

Une telle exigence peut surprendre après Mallarmé et après ce qu’on pourrait appeler les arcanes du XXe siècle. Arcane 17, écrit par André Breton en 1944, était d’ailleurs le plus transparent de tous, du rêve d’Elisa, la femme aimée, à la célébration finale de la lumière, qui ne peut « connaître que trois voies : la poésie, la liberté et l’amour », dans une même inspiration, dans une même convergence « sur le point moins découvert et le plus illuminable du cœur humain ».

La « jeunesse éternelle » dont parle André Breton à la fin de ce texte magnifique me semble être à la fois la caractéristique et l’aspiration de Giovanni Dotoli, comme s’il ne concevait pas que l’existence humaine pût être autre chose, et surtout comme s’il n’avait pas la certitude que le miracle de la poésie est de « redonner la vie / A la vie ».

Certes, il ne suffit pas pour cela d’un coup de baguette magique ni d’un pincement de cordes sur la lyre d’Orphée. Mais Breton, en des temps de « lumière noire », se manifestait en vie à l’aide d’ »ajours ». Giovanni Dotoli porte en lui l’exigence du plein jour. «  La splendeur du futur/ Inonde le village » des Pouilles où il est né et si, depuis longtemps, il est parti vers la ville de Bari et vers toutes les métropoles où, missionnaire de la langue française, il n’a cessé de porter la parole poétique, c’est, comme Arthur Rimbaud dans les dernières lignes de l’ »Adieu » d’Une saison en enfer, vers une aurore toujours renaissante, ou avant même l’irruption du soleil, vers « l’aube » qui « attend à la colline » des « reflets de l’autre lumière ».

Pierre Brunel

–          Fourgous, Mélanie. Lumière d’eau suivi de Migrations magnétiques. Prix de poésie 2010 Yolaine & Stephen Blanchard. Les presses littéraires, collection Florilège, 2010, 47p.

o   Exister ne suffit pas

Il faut vivre et le dire en dénouant les rêves

Cerfs-volants de nos vies.

Mélanie Fourgous

–          Rose-Marie François. Portrait de l’avenir en passant. L’Arbre à paroles, 2010, 119p.

o   Une poète, en Occident au XXIe siècle, traverse le châtiment – la claustration dans l’in-ouï – brise miroirs et verrous, entraîne lecteur et auditeurs dans un envol jubilatoire.

Je suis sortie de ma prison

page par page.

Voici vivant le livre

de mon évasion.

Rose-Marie François www.RoseMarieFrancois.eu

–          Leuckx, Philippe. Le cœur se hausse jusqu’au fruit suivi de Intérieurs. Les déjeuners sur l’herbe, 2010, 26p.

Où va la rue maintenant
Que la mer aux épaules dépasse
De loin les blés
Et qu’une ville attend solaire
A moitié dépeuplée?

Peu importe le vent et son linge étendu
Et l’hiver en averse
Et nos froides mains recourbées
Vers les gestes peu importe
Le cœur se hausse jusqu’au fruit

Nous avons aimé le jardin dans l’ombre
Le grenier pourvoyeur les matins de crêpe
Sombre
Nous aurons aimé aussi le temps brusque
Où la clarté devient une sorte de prière

Tes cahiers rangés tu peux revenir
Au bois à la lune et à l’orge
Au pignon qui t’attend
A la courbe et ne ménage pas
La pluie froide pour te rendre au chemin

Philippe Leuckx (Extrait)

–          Meillant, Henry. Dits et non-dits de l’Amour. Éditions Regards, Nevers, France, 92

o   Henry Meillant est un éternel amoureux. Éternel amoureux des mots d’abord, qu’il égrène doucement au fil de ses vers avec le lyrisme qu’on lui connaît depuis toujours. Éternel amoureux de la femme ensuite, qu’il sublime à chaque ligne, chaque pensée, chaque virgule, de chaque partie de son être, corps et âme. Et éternel amoureux de la poésie à qui, une nouvelle fois, il rend un vibrant hommage en nous offrant aujourd’hui parmi ses plus beaux poèmes.

–          Moreuil, Dany. Opulences. L’Arbre à paroles, 2010, 62p.

o   Après avoir écrit Le jardin des lenteurs, Dany Moireuil qui a choisi de vivre en Aquitaine, nous convie à ses Opulences : « Ici, aucune note explicative sur le chic de l’univers. » Avec elle, « Une colline, là-bas, expose les œuvres d’érosion », « Aujourd’hui, le temps postillonne », « Dans l’anfractuosité, une abeille badine avec l’obscur », « Les couleurs tombent de l’arbre et peignent le terrain », « à perte de vue, les oiseaux déclinent des histoires de concordance de cœur », « La nostalgie fait son travail de labour, et le quotidien grimace »… : des mots en somme très ordinaires mais que transfigure l’alchimie d’une écriture qui les assemble pour leur faire dire davantage parce qu’elle « ose la langue du corps ». Alors que « L’ambition, l’arrogance de la finance pavoisent à l’avant-scène du monde », « Il suffit de s’incliner un peu pour ausculter les éboulis ».

Francis Chenot

–          Perani Christelle. Influences et inspirations. Éditions Petits Tirages, 2007, 66p.

o   Vous trouverez dans ce recueil le fruit d’une influence littéraire et musicale que je ne pourrai jamais égaler. Je rends hommage à ces illustres personnages qui nous ont marqués.

Christelle Perani

–          Radulescu, Stella Vinitchi. Journal aux yeux fermés, proses poétiques. GRIL, 2010, 36p.

–          Roumieu, Jean-Damien. Entre l’air et le feu. L’Arbre à paroles, 2010, 66p.

o   Né en Ariège et aujourd’hui à la retraite à Rochefort-du-Gard (Avignon n’est pas loin mais c’est ici la campagne, les vignes) après une vie passée à tenter de rendre ce monde plus habitable, Jean-Damien Roumieu prend le temps d’écrire, car il sait que la vérité du poème est dans l’écart et que « La traversée est lente / du berceau au linceul ». Entre l’air et le feu, il guette « la trace de l’ange » : un passage d’oiseau ou l’émergence du poème quand « le ciel se lève nu / et s’habille de lin » ou de silence. Car le silence est là qui veille, proche d’une parole dépouillée, aimante.

Francis Chenot

–          Vainberg, Silvia. De ese tazón vacío / De ce bol vide, suivi de Encarnación / Incarnation, traduit de l’espagnol par Francis Chenot. L’Arbre à paroles, 2010, 109p.

o   Native de Buenos-Aires, exilée à Bruxelles depuis 1980. l’art lui a ouvert plusieurs portes : peinture, danse, chorégraphie et poésie. De ce bol vide a été écrit en espagnol. Très belle traduction de Francis Chenot soucieux de demeurer au plus proche de l’original afin de sauvegarder rythme et musicalité. Silvia Vainberg aborde des thèmes de l’existence et dans beaucoup de poèmes palpite à fleur de peau une philosophie qui nous fait pressentir qu’elle est lucide face aux mystères et de l’univers « Être l’illusion qui intercepte / le désordre de l’esquille / dans le diagramme du vide ».

Rio Di Maria

Le recueil suivant :

–          Christ, Aloïs. Comédie de la soif. Monologue imaginaire d’Arthur Rimbaud depuis Aden, le soir du 8 mai 1891. L’Arbre à paroles, 2010, 55p.

o   … Pourtant il faut partir, c’est dit. (Vague et lointain.) Déjà les passagers se déchirent avec les fantômes futurs du quai, agitent des bras rompus, promettent. On ne sait jamais. Retours, étreintes, embrassades, larmes. Sottises ! Le soleil brûlera le tout et prendra son butin de chair tiède sous les flanelles liquides et la bouillie des visages. Une grande lessive très horrifique !

Palme à palme, le bateau glisse et s’enfonce à cœur dans l’eau sans nerf. La coque coule un séjour paisible dans ce cimetière immobile. Je prendrai ma part jusqu’à ce que l’Europe me transperce à nouveau. Même Marseille ne pourra plus rien pour moi. Au foutre et au hasard, comme ces sales clébards plus reniflards que les hommes, aussi sales. Des rats ! On n’en vient jamais à bout. (Il lance un objet contre le mur.)

Rimbaud ou la terreur des chiens.

Aloïs Christ

Les revues suivantes :

–          Les Amis de l’Ardenne n° 30, octobre 2010, 112p.

Dossier Noir et Blanc (Jean Héraux, Jean-Marie Lecomte, Daniel Michiels, Emmanuel Peillet, Gérard Rondeau, Jean-Pierre Ruelle, Jérôme Thirriot, Jean-Louis Vanesch).

–          L’Arbre à paroles n°149, automne 2010, 98p.12X20

Poètes catalans

Maison de la poésie, BP12 à B-4540 Amay

(Francis CHENOT)

–          Le Gletton n° 416, novembre 2010, 20p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

(Michel DEMOULIN)

–          Inédit nouveau n° 247, décembre 2010, 58 p.A4

Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE

0032 (0) 2 652 11 90

o   C’est une bien étrange constatation que l’éveil des nationalismes en Europe se conjugue avec une aventure comme celle de notre revue. car comme nous avons commencé en 1986, personne n’aurait pu augurer d’une vie d’un quart de siècle à périodicité mensuelle.

Tout cela sans la moindre subvention, officielle ou non. Seule une aide technique nous a été utile pendant huit ans. Et comme public quelques dizaines de lecteurs géographiquement proches…

Paul Van Melle

–          Libelle n° 217, décembre 2010, 6p. A5

Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

(Michel PRADES)

pradesmi@wanadoo.fr

–          Plumes et pinceaux – Arts et poésie n° 112, décembre 2010, 40p. A5 ; B-7330 SAINT-GHISLAIN

(Nelly HOSTELAERT)

franz.nelly@skynet.be

–          Multiples n° 77 (Découverte n° 16), 4ème trimestre 2010, 93p. 16X21 ; F-31410 LONGAGES

Adonis, Claude Cailleau, Dominique Domenc, Colette Elissalde, Gaëlle Josse, Jean Pichet, Sébastien Souhaité, Jean-Michel Tartayre

(Henri HEURTEBISE)

Le sommaire du n° 52 Automne 2008

Les auteurs du numéro 52 de « Traversées » sont

Alexandre VASSALIDIS

André SCHMITZ

Béatrice GAUDY

Elvire MAUROUARD

Eric DEJAEGER

Fernanda MASSEBEUF

Françoise ROHRBACH

Franz BARTELT

Gérard LEMAIRE

Gérard PARIS

Giovanni DOTOLI

Hans RAIMUND

Jacques GRIFFAULT

Jean LEFEVRE

Jean-Paul GAVARD-PERRET

Jean-Paul GIRAUX

Jean-Pierre VERHEGGEN

Martine LAVAL

Nadine DOYEN

Nadine DOYEN

Pascale ARGUEDAS

Patrice BRENO

Paul MATHIEU

René LEJEUNE – WILLOOS