Service de presse n°38

Service de presse n°38

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Abreuvements nécessaires,

Olivier Vanderaa, poèmes, éditions M.E.O., 2015.

  • Né en 1962, Olivier Vanderaa, poète slameur, participe à de nombreuses scènes ouvertes, tournois et festivals de poésie, avec pour thématiques récurrentes les chemins de vie, amour/désamour et fortune, anciens et nouveaux dieux, sexe, mort et renaissance. Il écrit également de la docu-poésie et des poèmes à deux voix. Depuis peu, il se produit sous une formule Spoken Word, Chambres Habitables.

Il a également pratiqué la prise de son pour le film de fiction et le documentaire, la photographie en tant que langage plastique et l’exploration de contextes urbains à l’aide des Nouveaux Médias (Médias locatifs).

Abreuvement nécessaires est son premier recueil publié.

  • Au sud de nos nuits magnétiques,

Kenzy Dib, prix Alain Lefeuvre 2009, éditions les poètes français, Paris, 2009.

  • Kenzy Dib est né le 15 novembre 1949 en Algérie. En 1972 il rencontre le poète Abdallah Bensmain avec qui il fonde « la poésie du Terrain vague ». Dès 1974 il est à Alger où il fait ses premiers pas dans le journalisme avec le supplément culturel d’El Moudjahid dirigé à l’époque par Mouloud Achour et se lie d’amitié avec des poètes comme Ali Beloutti, Abrous Outoudert, Farid Mammeri, Hamid Tibouchi et bien d’autres. Il est titulaire d’une licence en sciences économiques obtenue à l’université d’Alger en 1976.
  • Bateau de papier,
  • Olav H. Hauge, éditions Erès, 2014, bilingue norvégien-français.

    Il y a beaucoup d’écueils

    dans la mer.

    Pourtant

    c’est un écueil qui t’a sauvé.

    • Vie de paradoxes, en effet, que celle du « jardinier d’Ulvik », homme simple qui partagea sa vie entre écrire et cultiver ses pommiers ; autodidacte sédentaire qui a lu, traduit et commenté les plus grands poètes étrangers ; qui, s’étant heurté pendant 30 ans aux « écueils » de la schizophrénie, a néanmoins publié une quinzaine de recueils et est aujourd’hui célébré par la Norvège comme une gloire nationale. un homme que, sans doute, « l’écueil » poésie aura « sauvé »…

    Cette sélection de 28 poèmes brefs de Olav Håkonson Hauge (1908-1994) a été établie et traduite du norvégien par Anne-Marie Soulier. La photo est due à Sandrine Cnudde

    • Le bleu du martin-pêcheur,

    Haïkus, 88 textes, 88 auteurs, Anthologie trilingue ; illustrations de Line Michaud ; traductions à l’anglais : Alan Fell ; traductions à l’espagnol : Isabel Asúnsolo ; éditions L’iroli, 10, place du Plouy Saint-Lucien à F-60000 Beauvais ; www.editions-liroli.net; 2009.

    • L’humain sera toujours surpris par les plumes. Dans ce livre, 88 auteurs, la plupart contemporains, disent en Haïku leur rapport à l’oiseau. Au-delà de la fulgurance de la découverte, c’est la relation au monde, à l’amour, à la mort qui est suggérée pour le plaisir du lecteur.

    Court poème né de l’observation, le Haïku est une réflexion sur la vie intérieure et extérieure, l’unique et l’universel.

    • Dépli,

    Alfredo Costa Monteiro, éditions Erès (33, avenue Marcel Dassault à F-31500 Toulouse), 2014

    www.editions-eres.com

    • Dépli est un poème dans lequel les trois langues constitutives de l’identité de l’auteur – portugais, espagnol et français – s’entremêlent, s’entredisent sans jamais s’interdire.

    Le texte se compose de bribes agencées selon une combinatoire construite sur la sonorité des mots. Poussé dans ses retranchements phonétiques, le langage, dans un premier temps, semble perdre sens. Mais bientôt se profile une autre langue, étrangement sonore, une langue qu’on dirait tout droit sortie de l’inconscient de son auteur et qui ouvre à une autre communication possible, éminemment poétique.

    Dépli se présente sous les deux formes complémentaires d’une partition de mots et d’un enregistrement audio du texte par l’auteur, sur mini CD.

    Alfredo Costa Monteiro est né à Porto (Portugal) en 1964. Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, où il obtient un diplôme en sculpture/multimedia avec Christian Boltanski, il s’installe à Barcelone, en 1992.

    Son travail englobe les arts visuels, la poésie visuelle/sonore et le son. La plupart de ses pièces, aussi bien compositions et improvisations sonores qu’installations, vidéos et poèmes sonores ou visuels, souvent de facture domestique, sont faites de processus instables, de contraintes conceptuelles et de formes à la simplicité souvent déroutante ; des processus en général imprégnés d’un fort caractère phénoménologique.

    Depuis 2001, il travaille au sein de différents projets de musique expérimentale et improvisée, collaborant avec musiciens, chorégraphes, vidéastes et poètes.

    • Le futur inversé d’une attente,

    Henri Rodier, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2015, 8 pages.

    • Le livre de la peur,

    Igor Lukšić, poésie, traduit du monténégrin par Jasna Šamić et Gérard Adam, éditions M.E.O., 2015.

    • Igor Lukšić, né en 1976, est un homme politique, économiste et poète monténégrin. Parlementaire, depuis 2001, il a été Premier ministre, ministre des Finances, et a représenté le Monténégro au sein de la Banque mondiale. Il est aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, chargé des négociations en vue de l’adhésion du Monténégro à l’Union européenne.

    Après Le livre du sourire, Le livre de la peur est son deuxième recueil. L’ouvrage a été traduit en italien.

    • Mélange de vers et de proses poético-philosophiques, ce Livre de la peur cherche à réconcilier douleur, amour et sagesse. Il exprime les contradictions angoissantes d’un homme public qui oscille entre l’extériorité nécessaire à sa fonction et son intériorité profonde, entre le masque qu’il est obligé de porter et un besoin fondamental d’authenticité. En constant dialogue avec la part obscure de lui-même, l’auteur affronte les pièges intimes de son moi, la véritable identité, la fausseté de l’Ego, les existences parallèles dans un même individu, le rapport à la morale, à l’inconscient, voire au sacré.
  • Nuit frontière,
  • José Havet, éditions Azimuts, 2013

    • Dans ce premier recueil, José Havet réfléchit sur le sens d’une vie, les itinéraires choisis ainsi que sur diverses dérives des temps présents. Ses poèmes, dont l’écriture est souvent rugueuse, mais toujours maîtrisée, associent émotion et sens, transparence et lucidité, maturité et révolte.

    Né à Waterloo (Belgique) en 1937, José Javet détient une Licence en sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles et un PhD en sociologie de l’Université de Pittsburgh. Il a enseigné en Bolivie, à Porto Rico et principalement à l’Université d’Ottawa (1980-2003). Parallèlement, il a fait paraître des poèmes dans diverses revues, entre autres Marginales, Liberté et l’Apropos, ainsi qu’une étude consacrée au poète belge Louis Daubier.

    • Oncologie du temps,

    Bruno Ajignon, éditions Clapas, collection Franche Lippée, 2015, 8 pages.

    • Paroles pour les silences à venir,

    Louis Bertholom ; préface d’Alain-Gabriel Monot, éditions Sauvages.

    • Chez Louis Bertholome, la pensée, féconde, directe, presque brutale, y court, galope, aspire à la densité, à la profondeur, à l’essentiel ; le propos est toujours lapidaire, pierre écrite, il nous donne des forces neuves. Il défie les brumes basses. Je lui sais gré, immense gré, de sa haute manière où ni l’accablement, ni la victoire de l’obscur ou du vide n’ont de part.

    Extrait de la préface d’A.G. Monot

    • Un voyage entre le songe et la route, les fantômes et la lumière, afin de dire le silence et la source où se mêlent coups de gueule, petits bonheurs et la profonde empathie qui souligne un amour immodéré des êtres et de la vie.
    • Soleils au monde,

    Anna Roques-Sanchez ; encres de Laurent Arévalo ; éditions SNNOT, 53, Boulevard Montebello à F-81000 Albi ; collection Revers ; 2015.

    • Tout en chemin faisant…,

    Roland Jourdan, éditions Thierry Sajat, prix du cerf-volant 2014, 117 pages.

    • La ventolière en plastique,

    Marius Chivu ; traduit du roumain par Fanny Chartres ; illustrations de Dan Stanciu ; publié grâce au soutien de l’Institut culturel roumain ; éditions M.E.O., 2015.

    • Marius Chivu, né en 1978 à Horezu (Roumanie), écrivain, traducteur, journaliste, critique littéraire, est rédacteur en chef des revues Dilemateca et Dilema Veche. Il a traduit les œuvres d’Oscar Wilde, Lewis Carroll et Tim Burton.
    • Publiée en 2012, La Ventolière en plastique (Vintureasa de plastic), immédiatement remarquée par la critique roumaine, a obtenu le Prix de la meilleure première œuvre poétique décerné par l’Association des Ecrivains de Roumanie, ainsi que le Prix de la revue Observator Cultural. Ces poèmes d’une grande sensibilité sont dédiés à la relation entre un fils et sa mère, paralysée et amnésique après un accident vasculaire cérébral. C’est un merveilleux chant d’amour filial, avec des associations de mots et d’images d’une grande intensité émotionnelle.
    • Fanny Charles, professeur-documentaliste et traductrice installée à Bucarest, a traduit une dizaine d’œuvres du roumain en français (romans, nouvelles, poésie, théâtre, essais), pour le Mercure de France, les éditions du Chemin de fer, le Corridor bleu ou les Editions théâtrales. Elle a également assuré le sous-titrage de nombreux films roumains primés dans les plus grands festivals (Berllln, Cannes…)
    • Dan Stanciu, dessinateur, graphiste et poète, né en 1952 à Lugoj, en Roumanie, et formé à l’Institut des Beaux-Arts de Bucarest, a contribué à l’illustration de nombreux livres.
  • Vos discours ne passent plus,
  • Thierry Radière, Mi(ni)crobe # 48, 2015.

    • Avec Vos discours ne passent plus, Thierry Radière revisite le poème engagé, enragé, dérangeant.

    Il ose le poème qui fait crisser les rails du traintrain politico-socio-économique.

    Il ose et ses vers filent, effilés, efficaces comme des embardées, pour dire son dégoût d’une société dirigée par l’argent et le cynisme.

    Son coup de gueule est un cri contrôlé. C’est un appel à prendre les larmes, avec recul,

    pour mieux sauter.

    Paul G.

    Les revues suivantes :

    • Art et poésie de Touraine,

    n°221, été 2015

    revue trimestrielle

    296, boulevard Charles de Gaulle à F-37540 Saint-Cyr-sur-Loire

    prix de la presse poétique 2007 de l’UPF

    prix de la presse poétique 2008 de la SPF.

    Association fondée en 1955

    (Nicole Lartigue)

    • Athena, 

    n°312, juin 2015

    le mag’ scientifique

    www.athena.wallonie.be

    • La braise et l’étincelle,

    n°117, 15 mai 2015

    Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (membre de l’Union des Poètes francophones)

    Arts – lettres – poésie – échos

    7/2, rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 Courbevoie ;

    yvesfred.boisset@papas.info

    http://yves-fred.over-blog.com

    (Annie et Yves-Fred Boisset)

    • Le carnet et les instants, 

    Lettres belges de langue française, bimestriel

    Bd Léopold II, 44 à B-1080 Bruxelles

    carnet.instants@cfwb.be

    (Laurent Moosen)

    • Comme en poésie

    (n°63, septembre 2015, 84 pages A5

    Revue trimestrielle de poésie

    2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

    j.lesieur@orange.fr

    http://perso.orange.fr/jean-pierre.lesieur

    (Jean-Pierre LESIEUR)

    • L’écritoire de Bousserez, np, A4

    (n°90, septembre 2015)

    L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

    Femmes dans la guerre

    91, rue de Bousserez à B-6769 Sommethonne

    irene.jacques@live.be

    (Irène Jacques)

    • Le Gletton

    (n°469, mensuel de la Gaume et d’autres collines ; 28 pages)

    28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois ;

    micheldemoulin@yahoo.fr

    (Michel Demoulin)

    • Handshake,

    n°91, 2015

    5 Cross Farm, Station Road North Fearnhead, Warrington, Cheshire, WA2 0QG, England

    (John F. Haines)

    • Inédit nouveau,

    n°273, mars-avril 2015 ; n°274, mai-juin 2015

    avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 La Hulpe

    0032 2 652 11 90

    (Paul Van Melle)

    • L’intranquille,

    Revue de littérature

    Atelier de l’agneau éditeur, 1, Moulin de la Couronne à F-33220 Saint-Quention-de-Caplong

    • Microbe,

    n°91, la revue forgée à la force du poignet, septembre-octobre 2015

    ericdejaeger@yahoo.fr

    (Eric Dejaeger)

    • Poésie sur Seine, 

    (n°89, août 2015, revue d’actualité poétique ; 111 pages ; Les poètes du XXIème siècle : l’invitée Cécile Oumhani, présentée par Brigitte Gyr ; Tes yeux, poèmes choisis ; Les grands de la littérature française : Verlaine III : un faux vieillard, par Antoine de Matharel ; Hommage à André Malartre, par Jean Chatard ; Poètes à l’honneur : Francine Caron, Danièle Corre, Bernard Laroche, Maurice Lestieux ; Et si on parlait poésie ? La poésie sauvera le monde, essai de Jean-Pierre Siméon, par Jean-Paul Giraux ; Poèmes en liberté ; Club de poésie jeunesse, par Danièle Corre ; Le coup de book : Tes yeux dans une ville grise – Les yeux plus grands que le ventre, romans présentés par Dorothée Huron ; L’actualité poétique par les livres, par Jean-Paul Giraux et Antoine de Matharel ; Coup de cœur à Antoine Matharel ; Le monde des revues poétiques : les choix d’Eliane Demazet – La chronique de Marie-Laure André-Bourguet ; Emile Verhaeren au musée des Avelines à Saint-Cloud…).

    13, Place Charles de Gaulle à F-92210 Saint-Cloud.

    www.poesie-sur-seine.com

    (Pascal Dupuy)

    • Portique,

    n°99, juillet à septembre 2015

    revue de création poétique, littéraire et artistique de l’Union des Poètes francophones

    Mairie à F-84110 Puyméras

    http://portique.jimdo.com

    http://poesievivante.canalblog.com

    (Chris Bernard)

    • Septentrion, Arts, Lettres et Culture de Flandre et des Pays-Bas,

    (44ème année, n°3, septembre 2015 : revue éditée par l’institution culturelle flamando-néerlandaise « Ons erfdeel vzw » … beaucoup d’articles et chroniques très fouillés)

    Murissonstraat 260 à F-8930 Rekkem.

    +32 (0) 56 41 12 01

    www.onserfdeel.be

    www.onserfdeel.nl

    http://septentrionblog.onserfdeel.be

    (Luc Devoldere)

    Têtes blondes de Perrine Le Querrec – éditions Lunatique, 4 juillet 2015. 80 pages, 8 euros. En couverture, « La Main de Gaïa », photo d’Isabelle Vaillant.

    Chronique de Cathy Garcia

    Têtes blondes de Perrine Le Querrec – éditions Lunatique, 4 juillet 2015. 80 pages, 8 euros. En couverture, « La Main de Gaïa », photo d’Isabelle Vaillant.

     

    3924122193Abus, abandon, aliénation, agression, dépression, démence, isolement, paranoïa, peur, violences psychologiques, physiques et ce jusqu’à ce que mort s’ensuive… On retrouve dans ce recueil de nouvelles, au titre faussement léger, les thématiques qui travaillent au corps à corps Perrine Le Querrec, la vase dans laquelle sa plume va puiser. Ces têtes blondes, tantôt victimes, tantôt bourreaux, parlent d’enfance, de jeunesse saccagées par la folie des uns ou des autres, dans un climat toujours très oppressant, « comme à la maison où on doit sculpter sa place dans le marbre des cris », se dit la petite fille dans Fourmilière.

    Difficile de respirer, Perrine le Querrec écrit une langue d’apnée. Le lecteur est pris au piège.

    La première nouvelle nous happe dans un tourbillon de parures, de boutiques, de cabines d’essayage, et une enfant putain de sa mère qui n’a qu’un souhait, disparaître. Petite lolita contrainte par une mère toxique, on pense à Irina Ionesco et sa fille Eva.

    De même Foyer, peut faire penser au film Mommy du québécois Xavier Dolan.

    Des ambiances empesées comme des camisoles amidonnées, des bouches suturées, maison, foyer, couvent, société, dans lesquels on s’enferme ou se fait enfermer, abandonner, dépecer.

    Têtes blondes peut-être, mais surtout têtes coupées.

    ©Cathy Garcia

     1479424257Perrine Le Querrec est née à Paris en 1968. Ses rencontres avec de nombreux artistes et sa passion pour l’art nourrissent ses propres créations littéraires et photographiques. Elle a publié aux Carnets du Dessert de Lune : Coups de ciseaux, Bec & Ongles (adapté pour le théâtre par la Compagnie Patte Blanche), Traverser le parc, La Patagonie et Pieds nus dans R. Et puis No control, Derrière la salle de bains, 2012 ; Jeanne L’Étang,  Bruit Blanc, avril 2013 ; De la guerre, Derrière la salle de bains, 2013 ; Le Plancher, Les doigts dans la prose, avril 2013. Elle vit et travaille à Paris comme recherchiste indépendante. Les heures d’attente dans le silence des bibliothèques sont propices à l’écriture, une écriture qui, lorsqu’elle se déchaîne, l’entraîne vers des continents lointains à la recherche de nouveaux horizons. Perrine Le Querrec est une auteure vivante. Elle écrit dans les phares, sur les planchers, dans les maisons closes, les hôpitaux psychiatriques. Et dans les bibliothèques où elle recherche archives, images, mémoires et instants perdus. Dès que possible, elle croise ses mots avec des artistes, photographes, plasticiens, comédiens. http://entre-sort.blogspot.be/

    Immense tristesse–In memoriam Guy Bellay

    Immense tristesse.

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    Guy Bellay

    Guy Bellay est mort à Nantes le samedi 26 septembre 2015. Il avait 83 ans et était atteint de la maladie de Parkinson.
    Poète remarquable, il était d’une discrétion totale, voire exagérée, refusant par exemple toute interview ou considérant une lecture publique comme une modanité, auteur d’un symptomatique Les Curieux ne me verront pas (dossier mis en chantier par Gilles Pajot avant sa disparition en 1992, repris et achevé par Christian Bulting, Éditions À Contre-Silence, janvier 1998 – choix de textes et critiques de Gilles Pajot, Albane Gellé, Georges Cathalo, Henri Deluy, Daniel Biga, Christian Bulting et Bernard Bretonnière)Ami de René Char, de Georges Mounin, de Georges-Louis Godeau, de Daniel Biga ou de Franck Venaille, Guy Bellay avait principalement publié, en marge de son métier d’instituteur, Bain public (P.-J. Oswald, 1960), Bain public II (P.-J. Oswald, 1968), Restez, je m’en vais (Saint-Germain-des-Prés, 1975) et La Liberté, c’est dehors (Saint-Germain-des-Prés, 1984). Des anthologies et des revues avaient également accueilli quelques-uns de ses textes : Parler, La Corde raide, La Nrf, Chorus, Action poétique, La Nouvelle Critique, Zone, Triangle ou Poésie 1.
    C’est par humilité sans doute que Guy Bellay n’avait pas trouvé d’éditeurs à sa mesure, s’adressant aux spécialistes des « petits poètes » ou poètes débutants qui pratiquaient sans vergogne le compte d’auteur (auquel il échappa peut-être). Mais en 2002, les très recommandables Éditions du dé bleu avaient opportunément repris ces quatre minces volumes, publiant Les Charpentières, anthologie 1960-1984.
    Daniel Biga, soucieux de faire connaître la poésie trop peu mise en lumière de son ami, avait précédemment fait paraître Avez-vous lu Guy Bellay ? (L’Osier blanc, 1993). On rappellera également l’article de Georges Mounin Pourquoi Guy Bellay ? paru dans Vocatif dès 1985 et repris dans Interlope la Curieuse en 1990. Enfin, dans le n° 21 de la revue Texture (été 1985), numéro préparé par Georges Cathalo et Michel Baglin, Lire Guy Bellay.
    Humaniste inflexible, marqué par la guerre d’Algérie et son désir d’insoumission, Guy Bellay avait exprimé sa révolte dans plusieurs poèmes. Poète exigeant, peu prolifique, et moins prolixe encore, il semblait avoir fait sienne cette phrase de René Char : « Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas. » Guy Bellay remarquait encore : « Ce n’est pas écrire qui est désespérant, c’est le vide entre deux émotions. » Dans La Liberté, c’est dehors, il écrivait cet « Avant dernier poème » :
    « Maintenant je suis un poète sans substance. Je relis de vieux textes dans le silence d’émotions mortes. Je suis un homme âgé qui ne sait plus quoi écrire et que la création seule justifiait. L’enthousiasme ne s’invente pas. Des tempêtes ont abattu ce qu’il y avait à briser en moi. Je vis dehors. Je vais au-devant de je ne sais quoi, une rencontre, comme au début, lorsque j’attendais tout et que ce fut la vie qui vint. »
    Début octobre 1984, le magazine du CRDC Face B avait consacré une page à Guy Bellay, publiant une phrase inédite (« Ce qu’il y a de bien, sous les arbres, c’est que, lorsqu’il pleut, on y est à l’abri, et lorsqu’il ne pleut plus, il pleut encore. ») et un poème précédemment paru dans Cahiers de Saint-Germain-des-Prés (n° 11, 1983) qui sera repris la même année dans La Liberté, c’est dehors – puis dans Les Charpentières : 
    PORTRAIT D’ENFANTS EN GROUPE
    (Le maître d’école est sur le côté)
     
    Voici, de gauche à droite et de haut en bas :
     
    Murielle, obèse et aphasique ; 
    Sylvie, sa tumeur sèche au cerveau ; 
    Line, son diabolo douloureux dans l’oreille ; 
    Patrick, sournois, bas comme une souche ; 
    Louis, qui garde sa casquette sur sa tête pour rester sûr de lui, mais l’ôte pour se frotter contre les chats ; 
    Sandra, orpheline aux mots dépareillés ; 
    Jean, silencieux, bras croisés, qui attendra six mois pour parler et me dire : « Vous ne me connaissez pas. » 
    Gaétan, qui aime mourir autant que vivre ; 
    Marc, qui incendie les boîtes aux lettres, appelle douze fois les pompiers, lâche les ciseaux du deuxième en visant les crânes, s’acharne à vouloir lire, et enfin y parvient ; 
    Karl, qui agite ses mains devant ses yeux, et c’est à longueur de jour le vol suspendu d’une mésange devant une fenêtre vide ;
    Alain, qui a deux pères, et José, un demi ; 
    Annie, qui a repoussé ma main de son épaule comme un serpent ; 
    Gaëlle, la douce, la privilégiée du cœur et de l’esprit, apeurée par ces maladroits ; 
    Vincent, qui guette pour frapper ;
    Valérie, au père suicidé le jour de la rentrée, et qui sourit toujours ; 
    Claudine la mince, la tranquille ; 
    Stéphane le parfait ; 
    Kamel, qui ne sait pas parler à plusieurs personnes à la fois ; 
    Éric, d’une franchise de faucille ; 
    Claire, que j’ai déçue : « Si tu t’énerves, toi aussi… » ;
    Sandrine, qui a passé sa main devant mon visage, comme on désembue une vitre, quand je rêvais ; 
    et ceux qui sont heureux d’être oubliés. 
     
    De toute ma présence, j’allège cet échafaudage de consciences nues. 
    Les plus faibles sont dessous. 
    Et chaque soir, je suis, pendant un instant, comme une cage vide dont la porte bat.
    Daniel Biga présentait ainsi Guy Bellay dans Gare maritime, revue de la Maison de la Poésie de Nantes, en 2004 : « La poésie de Guy Bellay ne se conçoit qu’en relation immédiate avec l’émotion. Autrement « À quoi bon ? » Cette œuvre importante, discrète, acérée, lumineuse comprend à peine quatre recueils. quatre minces livres en quarante ans. Soit un tous les dix ans ! […] Une œuvre refusant tout apparat, si honnête, si sobre, si pudique, si éloignée des mondanités – même des plus innocentes ! – qu’elle est méconnue de beaucoup. Et elle aurait pu même passer inaperçue (nous en connaissons d’autres exemples) si quelques vrais amateurs de la poésie nécessaire n’avaient su la reconnaître à sa valeur juste, c’est-à-dire parmi les essentielles. »
    Le poète, c’était l’homme. Digne, lucide, droit, modeste, exigeant et sans concessions. Un parfait, un exemplaire honnête homme.
    ©Bernard Bretonnière

    Stéphanie Hochet, Un roman anglais ; Rivages

    Chronique de Nadine Doyen

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    Stéphanie Hochet, Un roman anglais ; Rivages (17€ – 170 pages)

    Le titre Un roman anglais ne pouvait que s’imposer vu les nombreuses références littéraires à des auteurs britanniques et le lieu où se déroule le récit qui débute en 1917 et couvre quatre années de conflit, pour s’achever en 1940, sous Churchill.

    Stéphanie Hochet campe ses personnages Outre Manche, dans le Sussex, sur fond de la première guerre. Occasion de rendre hommage aux femmes britanniques, qui furent « actives et fiables » durant « cette période de chaos », et de rappeler le combat des suffragettes pour obtenir le droit de vote. En filigrane, l’auteur pointe l’absurdité de la guerre, ses dégâts collatéraux, les paysages dévastés (Les Flandres, « région sacralisée pour sa beauté par Menling, Van Eyck » qui n’est plus que « champs de boue ») et le syndrome post traumatique pour ceux qui en reviennent.

    Le lecteur découvre les protagonistes,tel un tableau de « conversation piece ». On pénètre dans l’intimité d’un couple, milieu bourgeois : Edward, horloger à Londres et son épouse Anna Whig, traductrice , assistés de leurs deux employées de maison. Rituel du « 5’o’clock tea », dans leur « Home sweet home », « coupé du monde ».

    L’auteure aborde le séisme que fut l’accouchement pour Anna : « l’atroce souffrance », le baby blues post natal. De quel amour, Anna pourra-t-elle draper son fils, elle, qui n’ a pas connu les étreintes maternelles ? Sera-t-il fusionnel ?En parallèle, la narratrice autopsie, avec lucidité, en profondeur la relation conjugale et s’interroge : Edward comprend-t-il « le fonctionnement des femmes » ? Puis, elle décrypte la relation triangulaire, une fois George entré  à leur service, en tant que baby-sitter. Un prénom n’est-il pas « comme une bande-annonce du destin » ? (1) Anne imagine donc, « une personnalité hors du commun », à l’instar de George Eliot, qui « a en elle des aspects mâle et femelle », « une forme de génie ».

    Passée la surprise que le garde d’enfant s’avère être un homme, Anna reconnaît ses qualités, son don de capter l’attention de Jack. Elle constate la complicité qui le lie à l’enfant. Il est pour « le sphinx de trois ans » un « pôle d’attraction et de merveilles ». Il aura su apprivoiser le fils et la mère, fascinée par sa voix, au « débit mélodieux », « sa douceur », son magnétisme et sa fibre maternelle rare. George, avec son miracle magique pour calmer Jack, jouit de son ascendance sur Edward, le père du « faon curieux », ce qui crée de la tension au sein du couple.

    Stéphanie Hochet restitue à merveille l’étonnement du bambin, tout comme ses colères, sa façon de repousser le père. Elle sait décrire les émotions qui se lisent sur un visage ou qui affectent un corps (peur panique de sentir un homme la suivre).

    Avec autant de subtilité, elle distille les indices qui vont conduire au délitement du couple (un mari absent, absorbé par sa passion pour son métier). Edward ne comprend pas la peur d’Anna qui voit planer en permanence le danger sur son cousin John. Il ne supporte pas plus de la voir réconfortée par George que d’être témoin, après le dîner de leur rituel d’échanges littéraires dont il se sent exclu. Comment admettre d’être relégué « à la troisième place dans l’affection de son fils » ?

    Pour mieux saisir ce qui fait le sujet tabou de la guerre, la romancière insère deux lettres, l’une de réclamation et d’indignation signée Anna, l’autre contenant une révélation choc. Un texte à forte intensité, qui explique peut-être les violents accès de colère de l’héroïne ou ses tremblements auxquels George assiste impuissant.

    Le deuxième choc émotionnel la rend « vidée », fracassée, murée dans le silence, réalisant qu’elle perd celui qui était son garde-fou : « La mort comme une accélération du vieillissement ».

    Le récit est placé sous l’égide de Virginia Woolf et d ‘Emily Dickinson, que George a beaucoup lu, visant à montrer le rôle lénifiant de la poésie, en particulier en période de guerre. La poésie ne permet-elle pas « de dire ce qui pèse dans la poitrine », « une façon de s’enfuir » ? Mais peut-elle être comprise par son interlocuteur dont on ignore l’identité, s’interroge Anna, perplexe. Dans cette longue conversation, George revisite son enfance, évoque le sort des « enfants des pauvres », envoyés travailler dans les mines. Il montre l’importance d’accéder à l’instruction. Il se déleste d’un incident qui le taraude, se sentant coupable.

    A son tour Anna fait défiler son enfance, « l’ombre des parents », évoque l’éducation réservée à son frère Valentin, « le privilégié en vertu de son sexe ».

    On la suit dans son glissement vers une nouvelle Anna, ivre de liberté, désireuse de « rompre avec l’épouse et la mère comme on quitte un corset », sur « le chemin des disparus », à la mode japonaise. Peut-elle abandonner son fils sans remords ?

    Dans ce roman, Stéphanie Hochet balaye les grandes étapes de la vie de ses protagonistes de la naissance à la mort, pratiquant la litote, « l’understatement ».

    Elle s’intéresse à la façon dont Anna s’accommode de l’absence, du manque, exsude « la pulsion maternelle » et fait face au deuil. Trouvera-t-elle la force de la résilience, au cours de ses marches dans la campagne anglaise ? Réussira-t-elle à « forcer son corps à oublier » ? N’a-t-elle pas déjà retrouvé l’envie de rire ?

    Le temps est décliné sous toutes ses formes (time, tempo, tic-tac, « L’heure approchait. Son heure. », « les minutes passent, m’écrasent »), le temps qui efface, panse les plaies, enseigne la patience. Toutefois « la culpabilité de la mère demeure ».

    L’épilogue scelle le destin tragique de Jack, engagé dans la RAF.

    La violence (les pulsions meurtrières d’Anna, le cataclysme du Blitz) et la poésie (« Observer les gouttes de pluie sur les vitres ».) cohabitent de façon inégale.

    L’auteure met en évidence la société britannique de l’époque. Les mineurs dont « les petites maisons identiques, alignées », en briques, de ces villes du nord rappellent le décor du film « Billy Eliott ». Décor contrastant avec les universités, « endroits coupés du  reste du monde » ou avec les paysages des « falaises blanchâtres » des côtes du Sussex. Avec l’avènement des « voitures motorisées », que seuls des happy few peuvent s’offrir, comme L’Albion, Edward promet à son fils une sortie automobile. Retrouvera-t-il la complicité qui lui manque avec le « petit d’homme » ?

    Les références de la littérature anglaise  sont pléthore. Des titres : Wuthering heights, Le portrait de Dorian Gray. Des auteurs : Dickens, Shakespeare, Conrad, Defoe, D.H. Lawrence…), mais qui s’en étonnerait puisque Stéphanie Hochet, alias Pétronille, en est une spécialiste en littérature élisabéthaine, comme Amélie Nothomb le révèle dans son roman éponyme. On songe à Beckett, quand le mari Edward, paniqué, fait les cent pas sur un quai de gare devenue déserte.

    Stéphanie Hochet livre une exploration  très fouillée de la psychologie humaine avec le portrait d’Anna, jeune mère, hantée par l’absence de son cousin soldat, en proie à une angoisse viscérale, troublée par la présence de George qui l’éloigne de son mari. La partie solaire réside dans la focale centrée sur le duo attendrissant George/Jack.

    La romancière signe un récit bouleversant, mâtiné d’un «  British touch » indéniable, servi par une puissante et dynamique écriture cinématographique.

    (1) : in « La tête de l’emploi » de David Foenkinos, J’ai Lu

     

    Nadine DOYEN