Sommaire n° 57 Hiver 2009-2010

SOMMAIRE DU N°57 – 2009 –

Le dossier spécial FOENKINOS / JONCOUR a été collationné et réalisé par Nadine DOYEN :

3     Serge JONCOUR vu par David FOENKINOS

4     David FOENKINOS vu par Serge JONCOUR

5     David FOENKINOS………………………………………… J’attrape mon cœur

7  Serge JONCOUR……………………………………………. Retrouver un inédit

8 Serge JONCOUR vu par Jacques GRIFFAULT

de la Librairie Le Scribe, de Montauban

9 David FOENKINOS vu par Béatrice TAMAROFF,

de la Librairie Géronimo, de Metz

10 Nadine DOYEN………………………………………… Abécédaire de A à VSD

13 ND……………………. Dialogue à bâtons rompus avec David FOENKINOS

18 ND……………………………………… Les miscellanées de Serge JONCOUR

21 ND……………………….. Questions communes posées à David et à Serge

23 ND……………………………………………………….. En guise de conclusion

Les auteurs sont :

24 Danielle HOFFELT…………………………………………………………. Poème

27 Daniel PISTERS………………………………………… En longeant la Semois

35 Nathalie RONVAUX…………………………………………. Otages des peines

38 Madeleine BERTAUX……………………….. L’itinéraire de François CHENG

42 Max ALHAU…………………………………………………… Poèmes de l’après

45 Patrick NAVAï………………………………………………… La belle endormie

46 Rome DEGUERGUE…………………………. Composition – Michel BéNARD

48 Marie-Line SCHNEIDER………….. Jan GUILLOU : La fabrique de violence

51 Laurent FELS…………………………………………………….. à Nic KLECKER

52 Paul MATHIEU………………………………….. En souvenir de Nic KLECKER

Chroniques de livres et de revues de :

Gérard BOCHOLIER, Véronique DAINE, Sophie DEGEN, Nadine DOYEN, Béatrice GAUDY, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Jean-Paul GIRAUX, Gérard PARIS, Pierre SCHROVEN

L’éditorial de la page 2 est de …………………………………… Nadine DOYEN

La photo de la page 1 de couverture est de…………………… Nadine DOYEN

L’illustration en page intérieure de couverture est de……….. Patrick NAVAï


Extrait 4 n° 58 Printemps 2010

Nadine Doyen

A la rencontre d’Albert Strickler

Nadine DOYEN : Les mots poésie, poète ont déjà fait l’objet de multiples définitions. Pourriez-vous nous livrer les vôtres ?

Albert STRICKLER : A vrai dire, je n’ai pas de définition précise ! Si j’accepte de temps à autre d’en livrer une, il m’arrive de la nuancer très vite, voire de la contredire. De toute façon, je préfère parler de l’Etat de Poésie tel que l’évoque Georges Haldas et m’abstiens toujours de réduire la poésie à la seule écriture du poème et à l’écriture tout court ! Autrement dit, je privilégie une certaine manière d’être au monde que je traduis en écrivant, étant entendu que je me sens autant poète dans le Journal que dans le poème. La distinction poésie / prose me paraît peu importante. Seule compte à mes yeux celle qui sépare le poétique, quelle que soit donc la forme d’expression, du prosaïque ! […]

Extrait 3 n° 58 Printemps 2010

Jalel El GHARBI

Pour une syntaxe du désir

chez Bernard Noël

«Tout commence / par une fin / mince / limite / ô si fine si ténue si légère si étroite si / menue si cachée si interne si dérobée si / scellée »[1] écrit Bernard Noël. Par où entrer dans cette poésie qui situe la fin au seuil sinon par son goût immodéré pour l’inversion ? Poésie de l’envers, du revers : « j’écris mon nom sur mon corps / ma peau voudrait se retourner »[2] — souvent comme un gant —. Mais c’est d’abord une poésie qui profère la blessure et la décline en maintes expressions : crevasse, trou, déchirure, fente…  ; une poésie qui/que dit le corps éprouvé, comme chez Artaud, mais surtout une poésie qui établit un parallélisme entre le paradigme de la blessure et celui, autrement plus jouissif, du plaisir. Plaisir et déplaisir répondent aux mêmes noms. Que la poésie de Bernard Noël apparie la chose et son contraire, cela fait de l’oxymore une de ses figures macrostructurelles, une de ses sources.² La poésie naît de l’empalement, de cette figure de la démesure, de la perversion, de la cruauté du plaisir et du plaisir de la cruauté. La torture : préfixe à toute écriture. Torture ? –cheminement, incursion dans les limites de l’indicible et à la suite de Bataille, néologie pour dire aventure intérieure : « Je ne veux plus parler d’expérience intérieure (ou mystique) mais de pal » (Treize cases du Je). Torture. Il n’est pas jusqu’au désir qui ne soit supplice. Désirer signifie accepter des stigmates car le propre de cette pulsion est d’être quête de sa ruine. Le désir est une vocation au suicide : l’abîme est cela même qu’il cherche — nonobstant le renouvellement tout danaïdien à quoi il est voué.[…]


[1] « Hymen hymen hymen » La Rumeur de l’air in La Chute des temps NRF Poésie/Gallimard, p. 204. 1983.

[2] « Le Bat de la bouche »,  La Rumeur de l’air in La Chute des temps, op. cit. p. 194.

Extrait 2 n° 58 Printemps 2010

Paul MATHIEU

En lisant Françoise Lison-Leroy

Difficile en quelques lignes de défricher une œuvre aussi dense et variée que celle de Françoise Lison-Leroy : recueils de poèmes, bien sûr, mais aussi nouvelles, théâtre, ouvrages à quatre mains… Par où l’attraper ? Au risque de paraître désespérément banal, on pourrait peut-être commencer par une présentation biographique. Pour ce faire, on lira la notice des Dossiers L : Née le 6 octobre 1951. Enfance et adolescence à Wodecq (Hainaut occidental). Habite à Blandain (Tournai). Mariée, deux enfants. Professeur de français (aujourd’hui retraitée). Animatrice en ateliers d’écriture (L’écrivanderie) Critique artistique au journal Le Courrier de l’Escaut. Suivent l’adresse et le numéro de téléphone. C’est mince. Plus loin dans le même ouvrage, Colette Nys-Mazure ajoute aussi à son propos : Sauvageonne, farouche et fraternelle, ce à quoi elle s’empresse d’ajouter : La vie lui va si bien.[…]

Sommaire du n°58 Printemps 2010


Les auteurs sont :


3    Françoise LISON-LEROY……………………………………………….. De nuit

6    Véronique DAINE – Françoise LISON-LEROY.…… Questions – réponses

8    Colette NYS-MAZURE………………. Clin d’œil à Françoise LISON-LEROY

10  Paul MATHIEU…………………………… En lisant Françoise LISON-LEROY

14  Véronique DAINE………………………………………………………………….

………………… Une lecture de Lettre barrée de Françoise LISON-LEROY

16  Philippe MATHY……………………………. Petites notes au bord des mots

18  Fabien TELLIER………………………………………………. Le berger errant

19  Katherine ROUSSOS……………………………………………………….. Cible

20  Jalel EL GHARBI………… Pour une syntaxe du désir chez Bernard NOëL

26  Guy CHATY………………………………………………… L’agneau et le loup

28  Georges JACQUEMIN………………….. Jean ROUAUD, La femme promise

31  Jean-Baptiste PEDINI……………………………………….. Creux de la nuit

33  Jean-Christophe RIBEYRE……………………………………………………….

…. Marcel MARÏEN, poil à gratter non grata du surréalisme en Belgique

38  Nadine DOYEN………………………… A la rencontre d’Albert STRICKLER

45  Albert STRICKLER………………………………. Lisbonne est tout azulejos

48  Serge MAISONNIER……………………………………………………………….

………………………. Philippe JACCOTTET dans la lumière glacée d’hiver

50  Philippe JACCOTTET…….. Je marche dans un jardin de braises fraiches

52  Salvatore GUCCIARDO……………………………………… L’oracle (dessin)

Chroniques de livres et de revues de :

Nadine DOYEN, Béatrice GAUDY, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Jean-Paul GIRAUX, Alain HELISSEN, Georges JACQUEMIN, Gérard PARIS, Françoise ROHRBACH, Marie-Line SCHNEIDER

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ISSN : 1371-8339
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Comité directeur de la revue :
Patrice BRENO,
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Traversées est une revue trimestrielle littéraire (études, poésie, nouvelles, chroniques) fondée en 1993 ; 72 pages en format A5.
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Extrait 1 n° 58 Printemps 2010

Serge MAISONNIER

Philippe Jaccottet dans la lumière glacée d’hiver

Tout grand poète est un peu métaphysicien. Sous ce prisme Philippe Jaccottet appartiendrait sans doute aux premiers d’entre eux, ceux des origines, c’est-à-dire les Ioniens des antiques siècles des débuts de la philosophie grecque. Une espèce d’Anaximandre de la poésie contemporaine qui pioche dans la nature les éléments de sa réflexion et de son art. Je marche dans un jardin de braises fraîches dit le poète et ce monde n’est que la crête d’un invisible incendie car chez Jaccottet l’air qu’on respire est tellement fort qu’il déchire les poumons et seuls les oiseaux savent et peuvent veiller le ciel. De même les rivières, les ruisseaux sont brûlants et les sources prennent feu, ces eaux, ces feux ensembles dans la combe. […]