Géry Lamarre, L’énigme de la nuit, livre d’artiste, Éditions Uniques.

Une chronique de Lieven Callant

Géry Lamarre, L’énigme de la nuit, livre d’artiste, Éditions Uniques.

Édition originale, poèmes et peintures originales de Géry Lamarre, composé de six cahiers peints recto-verso contenant cinq poèmes et un en-tête sur papier Pergamon. Fait main en 6 exemplaires.


De quelle nuit s’agit-il? L’en-tête nous prévient: elle est indéfinissable tel un rêve. La première peinture nous invite à voyager vers l’abysse de notre naissance, entre brumes et poussières cosmiques. Nos galaxies se forment. Vient alors le premier mot du premier poème telle une étoile. Le temps nait autour du silence d’un point.

La nuit se personnifie, elle est cette soeur qui attend nos sommeils pour nous consoler de nos déroutes en inventant le songe. D’abord, celui-ci apaise l’inquiétude intrinsèque originelle sans lui ôter sa force mystérieuse . 

Grâce à lui, on découvre l’existence d’autres mondes sans en désigner les frontières, sans en dénoncer les vérités irrationnelles. Tangible, secret, animal à l’affut, ombre à l’orée de ce qu’il nous reste à découvrir. Aller au-delà de nos craintes: vivre.

La nuit procède par étapes pour nous acclimater à la vie. En nous révélant qu’à l’énigme de notre naissance, de notre apparition il n’y a pas de réponse. Personne pour nous expliquer pourquoi nous sommes là comme s’il s’agissait d’un prodigieux hasard. Rien pour consoler notre ignorance, tout pour conforter le doute dans son désir de comprendre. La nuit se révèle être un vaste océan, une mer créatrice. L’énigme serait son coeur battant.

Les cahiers symbolisent quelques étapes, les poèmes et les peintures nous suggèrent ce qui existe entre et au-delà de ces étapes: le travail artistique. Pour progresser dans ces eaux, il nous faut ce navire, cette nef. L’art.

Ne vous arrive-t-il pas de contempler le ciel, la nuit? Ce spectacle d’étoiles, de voiles gazeux, de galaxies au coeur si éloigné? Notre esprit ne peut parfois pas s’empêcher de dessiner des correspondances entre des mondes si éloignés qu’on peut se demander s’ils existent encore. Regarder le ciel, c’est regarder le passé, l’infiniment loin. Croire que nos souvenirs restent à jamais identiques. Regarder le ciel nous apprend à nous méfier des apparences. Car ce qui apparait la nuit et semble disparaitre le jour se transforme en permanence, bien au-delà de ce que je suis en mesure d’imaginer. L’artiste, le poète est un passeur, un traducteur de nos questions pour la nuit.

Regarder les peintures de ce livre, contempler ses poèmes nous ramène à rêver l’existence, nous interroge sur la place que nous voulons occuper et nous ramène constamment à admettre que nous sommes presque rien. Le geste de peindre est semblable à celui du nageur, le geste du poète à celui de l’explorateur. Arriverons-nous à destination? Le voyage n’est-il plus important que le but final? Cette expérience artistique unique est un réel bonheur dont la caractéristique principale est sans doute l’échange. Le partage d’émotions.

Rien ne remplace cette expérience unique, ces lectures multiples proposées par ce merveilleux objet qu’est le livre. Aux peintures proposées se superposent des voyages marins, entre coraux, algues et courants. Face aux poèmes, on se perd pour prendre pieds plus loin, ailleurs. Le pouvoir des mots s’allie à celui des silences supposés de l’image picturale. Notre cerveau agence les pièces éparses d’un puzzle, les éclats d’un vase précieux. 

Je partage l’idée qu’il est important de soutenir les artistes à la mesure de ses propres moyens, de préférer ceux qu’aucune notoriété médiatique n’avantage. D’aller vers ceux dont les oeuvres nous touchent, nous émeuvent. Un texte, un commentaire constructif, un mot d’encouragement a bien plus de valeur qu’on ne le pense pour l’artiste qui cherche. Il n’est pas nécessaire d’investir des sommes folles pour être l’heureux accompagnateur pour la vie d’une oeuvre unique. Peu importe ce qu’en disent les critiques ou ce qu’elles n’en disent pas. Réinventons l’art qui nous plait bien loin des circuits consuméristes des grandes galeries d’art et des musées mastodontes vides d’un art contemporain qui ne sait plus se renouveler par les racines. Faisons confiance à ce que nous aimons. La valeur d’une oeuvre est dans l’amour que nous lui portons.  

© Lieven Callant


Pour se procurer un livre de Géry Lamarre: prendre contact avec l’artiste

  • via son blog
  • via son compte Instagram où l’on peut avoir un bel aperçu de son travail
  • via son site
  • via FB
  • Éditions Uniques, 33 rue Ferrer 59116 Houpelines

D’un cheval l’autre de Bartabas, Gallimard, collection folio, mai 2021.

Chronique de Paule Duquesnoy

D’un cheval l’autre de Bartabas, Gallimard, collection folio, mai 2021.


Clément Marty, alias Bartabas, celui qui écoute les chevaux, raconte sa vie avec eux, les rencontres, les échanges. Le mystère est glorieux, douloureux aussi. Un cheval hennit quelque part jusqu’à la fin du monde, écrivait Joseph Delteil. Comme un souffle de l’âme.

D’un cheval l’autre s’en réfère au monde du cheval et de l’homme. Déjà à l’origine, l’homme figurait les animaux sur la paroi des grottes. Beauté sauvage et harmonieuses du premier matin. Violentes, les forces telluriques. En mouvement la Vie la Mort le Désir l’Amour, ce qui fait l’être depuis la Création. L’art commence avec le dessin de l’animal. L’homme pour la première fois représente son émotion.

Avant le dessin était l’animal, avant le dessin était l’homme.

Le livre est un hommage au cheval, à travers des chevaux singuliers, Hidalgo, le premier acheté à un maquignon, Zingaro, l’impétueux, qui a révélé Bartabas à lui-même – l’inverse est vrai aussi –, celui qui chante la nuit une plainte venue des origines, une mélopée suspendue, Dolaci, l’habitué des corridas, appartenant à un rejoneador en déroute, Micha Figa, Quixote, Vinaigre, L’Araignée, Félix, Lautrec, Horizonte, Caravage, Soutine, Ryton Regent, Pantruche, compagnons du Célébrant, qu’il nous présente avec pudeur et passion dans leur vérité libre. In memoriam. La vie d’un cheval, la vie d’un homme se croisent, pour un inoubliable pas de deux.

Bartabas est exemplaire car il accomplit son destin, tel un jardinier au pied de son arbre, tel un danseur s’élevant vers le ciel (Rudolf Noureev). Chaque cheval aussi accomplit son destin.

Zingaro !!! Bordeaux, le chapiteau de bure – douze jours de montage – dressé sur la vaste place des Quinconces, d’une superficie de douze hectares, plantée d’arbres disposés en quinconce. Fin août 2018, en compagnie de ma fille amoureuse des chevaux, de mon petit-fils de 6 ans, tout attente, et de l’aïeule partagée entre inquiétude de ne pas arriver à vaincre les obstacles matériels dus à son âge, et joie de partager ce moment avec nous, j’ai eu le bonheur d’assister au mythique spectacle Ex Anima. C’était quelques jours après l’accident du petit cheval mort en scène, comme Molière. 

Les cavaliers sont absents, présents seulement dans l’ombre, pour la célébration du cheval par lui-même : 36 chevaux sur la piste. Beauté des scènes, des tableaux. Guerre et paix.  

Théâtre équestre – c’est l’expression choisie par Bartabas. L’homme soudé au cheval. L’homme-centaure, animal et divin, proche des êtres célestes que sont les Gandharvas cités dans les Védas indiens. Le sacré est présent. Un théâtre sans mots qui parle le silence, la langue des signes, langage secret, sacré, des corps, celui de l’étreinte charnelle.

Alors que j’écris ces lignes, j’apprends que Pimprenelle, le gentil poney noir du pré devant la maison, qui s’était gravement blessé, s’enroulant une ficelle autour de la jambe, est parti rejoindre le paradis des équidés.

Comme vous l’aurez compris, ce livre m’a bouleversée.

© Paule Duquesnoy

– Poésie et photographies de Kathleen Hyden-David – Préface de Claude Luezior, ISBN : 978-2-38268-107-7, Ed. France Libris – 2021

Une chronique de Jeanne Champel Grenier


ÉCORCE – Poésie et photographies de Kathleen Hyden-David – 2021

Préface de Claude Luezior, ISBN : 978-2-38268-107-7, Ed. France Libris


          Touchée jusqu’à l’aubier par cette plongée en forêt de Fontainebleau près de laquelle je vécus enfant, orpheline hébergée par une tante, je peux dire qu’en ces bois j’ai plus cherché à retrouver la protection et le visage des êtres chers que je n’y ai débusqué le muguet. C’est dire si les photos de Kathleen Hyden-David, photos à main levée ( puisqu’il s’agit d’un portable) m’émeuvent comme s’il s’agissait de photos de famille.

          Il y a là d’immenses arbres dont les écorces s’expriment à hauteur de visage d’homme. Il est si facile d’y trouver soit un avertissement, soit une bienfaisante connivence, soit un trait d’humour. La forêt aux grands arbres bras levés protecteurs est notre plus ancienne famille, notre thébaïde première, notre originelle lecture de la vie. Elle l’est encore pour de nombreux peuples que l’on dit avec mépris  »primitifs » car ils sont dépendants d’elle, mais ils la protègent ; ils nous la protègent.     L’auteur a décidé de retrouver les liens qui retiennent l’homme, le font tenir debout et capable de s’interroger sur le but de la vie. Souvent présence humaine, l’écorce se livre à celui qui essaie de communiquer sans hache ni tronçonneuse : on est surpris par  »ces regards immobiles » (p.21) qui observent sans agressivité le promeneur. On est appelé à se souvenir des Divinités antiques qui furent si longtemps compagnes ou ennemies de l’homme avec leurs chevelures de Gorgone… (p.19). La forêt est un livre ouvert rempli de signes que l’on interprète positivement ou négativement selon l’humeur de l’instant ; c’est un monde qui nous inclut avec ses mille pages-miroirs qui s’ouvrent au rêve tel ce  »galop des ombres…coursier du vent  »que semble croiser la poète solitaire :   »Au galop vers l’horizon mes bras enlacent le cavalier’‘ (p.23).

           Dans ce livre, sans estampille mercantile  »écologique », l’auteur, Kathleen Hyden-David, par ses mots précis et sans emphase, nous remet au centre de l’essentiel : le rêve grand compensateur de vie ; c’est ce leitmotiv que l’on entend dans le moindre souffle, la moindre ombre, le moindre éclat de lumière : »Esprit, laisse faire le rêve ». N’est-ce pas une des plus belles définitions de la poésie ?

Lire ce recueil  »ÉCORCE » qui nous interpelle, nous extrait du monde factice, nous replonge dans les débuts de migration humaine en recherche de protection et d’harmonie sur cette terre où demeurent les arbres de longue et haute mémoire, n’est-ce pas un bonheur ? Car l’homme, qu’est-il au final ?  »Juste un insecte sur son écorce » (p.65).

©Jeanne CHAMPEL GRENIER


L’INCONNU

Se laisser emporter
sur le sentier du rêve
quand apparaît
l’animal inconnu

Museau de hérisson
et fourrure de chien
de quelle planète
cette météorite animale ?

Corps incrédule
entre méfiance
et étonnement
elle cherche sa destinée

Rester à  distance
ne pas l’effrayer
pour celui d’un ailleurs
l’inconnu c’est moi

L’être m’entend respirer

et ne s’enfuit pas
né de mon regard

il est moi, je suis lui

Éric Dubois, Lunatic, Le Lys Bleu Éditions, 173 pages, juin 2021, 18,50€

Une chronique de Lieven Callant

Éric Dubois, Lunatic, Le Lys Bleu Éditions, 173 pages, juin 2021, 18,50€


Voilà un livre bien énigmatique que signe Éric Dubois même si les plus belles caractéristiques de son style se reconnaissent à toutes les pages. Concision de la formule d’une apparente simplicité mais qui pointe directement l’endroit sensible, l’endroit où bien souvent se trouve le coeur, ou un nerf sensible.

L’auteur est aussi un peintre, un photographe. L’art de l’image, de sa composition par la répartition des espaces sombres et surfaces plus claires, se retrouvent aussi dans ces textes.

« Le hasard circule dans la fibre de l’instant. » p83

Les temps s’imbriquent les uns dans les autres, les périodes et les lieux divers du roman se superposent créant une sensation de chaos. Les pistes sont brouillées, l’histoire n’est jamais linéaire et tend à ressembler à la fois à l’hallucination, au rêve ou une confrontation brutale de réalités différentes.

« Le futur est imparfait. Le présent contrefait et difforme. »P88

Éric Dubois questionne avec pertinence les frontières diverses de ces réalités, réalités perçues de façons si différentes selon les êtres et les situations. 

«  C’est souvent un aveu d’impuissance devant la réalité. On interroge le vide. » P16

Qu’est-ce qui est pervers ou ne l’est plus? Où se situe la dérive? À partir de quand et sur quels critères se base-t-on pour déterminer si un être est sain d’esprit ou ne l’est pas. De quelle nature est la folie? L’amour quand il cesse d’être partagé est-il toujours de l’amour? Peut-on aimer à l’extrême au delà de toute raison, malgré l’autre? 

Le personnage central du roman est sans doute Catherine-La-Folle. Catherine, la femme qui aime et qu’on aime à la folie. Par passion, par goût de l’extrême, pour chercher une limite et tenter de se reconnaitre. Henri aime Catherine. Aime ses tempêtes, se reconnait en elle plus qu’en tout autre personnage. Le « Je » du narrateur est d’ailleurs tantôt Henri, tantôt Catherine. Henri ne peut se résoudre à ne plus aimer Catherine. Dans toutes les femmes, c’est elle qu’il cherche à aimer 

La vie des autres personnages à l’instar des deux principaux ressemble à une longue dérive, une fuite entre alcool et drogues diverses, entre ennuis et désarrois comme si le futur était éteint.

«  Chaque jour, il faut réparer ce qui est cassé, panser les plaies. Ce qui ne saute pas aux yeux. Indélébile. Coriace. Poisseux. » P17

« Il y a longtemps que je ne dors plus. Il y a quelque chose qui traverse mon esprit et qui le déchire du bec et des serres, c’est un oiseau de proie chargé de menaces. C’est le Doute. P38  

« Quand Henri écrit, il est en sécurité. En pays conquis. Autrement, il est hébété, avec cette fâcheuse tendance à l’angoisse qui ne chasse pas l’impression de ne jamais parvenir à quelque chose comme son père. » P64. 

Et puis il y a ce mot comme une enseigne de bar, de boîte de nuit: Lunatic.

« L’angoisse…Comment la dissiper? Elle se nourrit de certitudes, vous emporte, vous conduit à Lunatic, nulle part, terminus. Peu à peu votre esprit est un terrain vague, lorsque la nuit tombe comme un couperet. » P95

Lunatic. mot frontière. Lunatique désigne aussi une « Personne atteinte de folie ».  « Une Personne fantasque, capricieuse, d’humeur changeante» selon le CNRTL

Par extension, je pense au poète, à l’artiste que l’on représente volontiers comme ayant la tête ailleurs.

Lunatic désigne un lieu. Un lieu imaginaire. un point de non retour.

Éric Dubois cherche visiblement à perturber les habitudes de son lecteur pour l’amener à remettre en question certitudes et normes. L’écriture créative vise aussi le partage d’une déroute que n’importe quel humain sensible ressent à un moment de sa vie. L’instant où souvent s’impose un choix. 

Les quelques pages où s’égraine la fin du livre sont des petites merveilles de non-dit. Le silence implique le respect, la page blanche évoque l’amour. Écrire n’est pas uniquement savoir trouver les bons mots, les belles phrases, c’est aussi être en mesure de reconnaitre qu’il faut parfois savoir n’en chercher aucun. 

© Lieven Callant

Pierre Schroven, « Ici », éditions l’Arbre à paroles (10 euros ; 2021)

Une chronique de Patrick DEVAUX

Pierre Schroven, « Ici », éditions l’Arbre à paroles (10 euros ; 2021)


Dans « Ici », Pierre Schroven s’en réfère sans doute à des lieux de passage, celui de la pensée vers l’écrit et celui qui en partage les données : « On vit sa vie et pas seulement la sienne ».

A la recherche de sa vérité, le poète reconnait dans l’acte poétique une certaine part de mystère cosmologique tandis que s’opère un certain détachement ; « pour dire oui à tout ce qui l’emporte ».

En même temps qu’émane l’idée d’une certaine soumission à l’univers et de partage m’apparait cette délivrance « de l’obligation d’être quelqu’un », proche parfois des préoccupations bouddhistes.

Le poète serait-il pour autant parti de rien pour arriver nulle part ? Certes non car « Ici » fait la part belle à une présence assumée d’être dans et avec la Vie.

L’agissement des mots sur la page blanche nécessite, l’auteur le sait, autant une certaine grandeur qu’une certaine modestie.

Dans sa pause à observer, à sentir le monde au jour le jour, le poète semble subir un changement radical, une sorte de découverte de soi et des autres, se dégageant de tout tumulte : « Et dans la fuite glissante des choses/ J’oublie d’être quelqu’un/ Fais entrer dans ma bouche un long silence/ Puis j’attends dans le noir/ que ma vie bascule. Dans le chaos d’une extase ».

L’idée de cycle nous rappelle que « la vie n’est pas le néant » mais « l’absence de forme » tandis que Pierre veut « rendre compte de tout son (mon) amour » et « vivre d’une lumière pour qui demain n’existe pas ».

Se pose ainsi la conception même de la présence personnelle dans l’univers, l’action n’entrant pas ou peu en ligne de compte.

Avec « Ici » s’opère en quelque sorte un certain nettoyage de l’âme cher, notamment, aux « pratiquants » du jaïnisme (Inde).

« La vraie non-activité est quelque chose de spirituel » : cette citation n’est pas de l’auteur mais d’Albert Schweitzer dans « Les grands penseurs de l’Inde » (étude de philosophie comparée, éditions Payot de 1945).

On retrouve, en partie, cette idée dans « Ici », Pierre Schroven se servant d’une pensée éclair appuyée de brièveté là où le philosophe est particulièrement explicatif avec, en sus, une certaine jouissance à vivre pleinement le moment : « Une pensée me vient de loin/ Fait vaciller en moi l’image du monde/ Et dessine dans l’air les contours d’un silence/ Me rappelant que chaque jour reste à voir ». Avec la question, essentielle pour le poète, de savoir quel poème il pourrait écrire « pour qu’au-delà de lui (moi) la joie murisse », l’appel du pied au partage d’une joie comblée de mots se voulant insistant « non pas (à) raisonner mais résonner ».

Les mots du poète permettent un écho tels des ronds dans l’eau ne forcent en rien le paysage, se contentant des douces ondulations de l’existence suffisantes pour « méditer sur le destin d’un ruisseau ».

Sagesse bien ordonnée commence par soi-même.

©Patrick Devaux