Gabriële, Anne et Claire Berest ; Stock (441 pages – 21,50€), septembre 2017

Chronique de Nadine Doyen 

9782234080324-001-TGabriële, Anne et Claire Berest ; Stock (441 pages – 21,50€), septembre 2017


 

Cet ouvrage est le défi que se sont lancé les sœurs Berest afin de lever le voile sur cette arrière grand-mère maternelle dont elles ignoraient l’existence. 

Mais qui est Gabriële? (1) Pourquoi cet omerta de la part de leur mère ? 

Elles la définissent comme « femme de Picabia, maîtresse de Duchamp, amie intime d’Apollinaire. » Une photo d’elle est insérée page 19. 

Si certains auteurs choisissent pour titre de chapitres des titres de chansons, Anne et Claire ont opté pour des « titres des tableaux de Francis Picabia ». 

Le récit débute en 1908, au moment où Gabriële se prépare à regagner Berlin pour poursuivre ses études musicales. Son parcours irrigué par la musique est sidérant, car cette jeune fille ne vit que pour elle. Sa rencontre avec Picabia, par l’entremise de son frère est déterminante. 

Sa vie bascule. On assiste à son renoncement à sa passion  pour celui qui a réussi à la séduire, qui va devoir à présent l’apprivoiser.Un mariage et de multiples voyages où Picabia puise son inspiration. Quelle métamorphose au contact de Picabia ! 

Gabriëlle fait montre d’une liberté sans tabou qui peut désarçonner. 

Les naissances se succèdent mais semblent un fardeau pour le couple, on ne sent pas la fibre maternelle, parentale. Des enfants laissés tour à tour aux nounous, chez la mère de Gaby, en pension en Suisse, pendant que le couple atypique renoue avec la vie de bohème. 

Et pour Picabia l’addiction à l’opium. Les romancières le comparent à un Serge Gainsbourg. 

Lors des rencontres de Puteaux, ils feront plus ample connaissance avec Marcel Duchamp. 

Très vite s’installe une « utopie amoureuse » à trois. « Une attraction pulvérisante » pour Gaby. 

La découverte de la bipolarité de Picabia permet de mieux comprendre leur vie chaotique, faite de fusion, d’éloignements, de rabibochages. Des relations à la “Jules et Jim”. 

La poésie s’invite dans leur vie lors de leur rencontre avec Apollinaire, “son inconscient, son ange gardien”.Picabia, à son tour, écrit et publie des oeuvres poétiques, sous la houlette de Gaby, animée par “l’urgence de transmettre”. 

Cette biographie romancée à quatre mains est ponctuée d’apartés où les voix des deux écrivaines dialoguent, font le point sur ce qu’elles découvrent ou ne savent toujours pas. 

Anne et Claire Berest se sont faites Sherlock Holmes et livrent le résultat de leur enquête, mettant en exergue cette femme hors cadre, incroyable, « le cerveau érotique », polyglotte, anticonformiste, ultramoderne, qui a révolutionné l’art par son influence sur Picabia. 

Cette femme de l’ombre, les soeurs Berest ont voulu la réhabiliter, la considérant comme « un messie », « un médium ». 

Leurs recherches a eu de bénéfique de leur faire découvrir le havre de paix d’Etival dans le Jura, de pénétrer dans cette maison qui une âme avec tous ces portraits d’aïeux. Et de faire la connaissance de cousins. 

Elles ont éludé le mystère qui entourait ce grand-père maternel, Vicente,(enfant non désiré, suicidé à 27 ans, laissant une enfant de 4 ans). Comment ne pas être choquée de sa décision de Gabriële d’exhumer le corps de son fils Vicente, « Nié », pour mettre celui de son époux. 

Elles reconnaissent que cela a pu être douloureux pour leur mère de les voir fouiller dans son passé afin d’établir la filiation avec le peintre Picabia. « La relation des Picabia à leurs enfants est un mystère » : des parents démissionnaires, indifférents à leur  petite fille, Lélia. 

On note que Gaby exprima ses regrets d’avoir failli au rôle de mère. 

Un travail de mémoire familiale, étayé par une documentation foisonnante,  qui nous immerge dans les mouvements artistiques de l’époque : du cubisme, la naissance de l’art abstrait jusqu’au dadaïsme et qui met en lumière Gabriële,  « cette éminence grise, rayonnante », cette femme hallucinante ainsi que toute une constellation d’artistes, d’intellectuels qui gravite autour d’eux. 

Une lecture fluide, passionnante à accompagner de tableaux de Picabia. 

PS : Une mention supplémentaire pour la présence d’une table des matières et de photos. 

Par contre un arbre généalogique aurait été le bienvenu. 


(1) Gabriële est décliné sous des orthographes différentes : Gabrielle, Gabrièle. 

© Nadine Doyen 

CLAMES, Poèmes à dire, CLAUDE LUEZIOR, ÉDITIONS TITULI, Paris. 2017

Chronique de Nicole Hardouin 

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CLAMES, Poèmes à dire, CLAUDE LUEZIOR, ÉDITIONS TITULI, Paris. 2017 

Mais quel est donc ce nouveau daïmon qui enfièvre Luezior ? 

En effet, dans tous les recueils précédents, l’auteur, avec son sens inné de l’image, est oiseleur qui, dans des plissés de douceur, origine des houles de rêve. Glaneur d’arc-en-ciel, entre vacillements de cierges et odeurs d’encens, il bat les cartes d’un jeu de songes dans des bourrasques de sensualité et s’avance à pas de chartreux. Ici, dans Clames, on est de prime abord surpris, voire interloqué,  devant ce choc des mots que le poète  martèle avec un bonheur évident et heureux : elle / disloque / croque / escroque  / révoque. Les phrases courtes, réduites au maximum. Elles sont des coups de gond qui résonnent, des coups de poing qui font des bleus à la voix car, instinctivement, comme à l’écoute d’un slam on se laisse emporter par ce rythme : ici pulse le besoin du dire 

Sabre au clair, les mots en débord moissonnent le souffle, sortent de la page. Le lecteur devient orateur, il scande : coupe / mes coups de sang  / coupe mes poignes  / découvre ta croupe. C’est une armée au pas de charge qui sonne la diane,  dévale les pentes du livre et monte à l’assaut de celui qui lit : je heurte / Parce que je suis heurtoir  et m’agenouille/ sombre fripouille / à l’échancrure des souvenances (…) et je heurte / heurte sans tympan / et je heurte / jusqu’au sang. 

Mots qui fustigent, fouettent : assez / de ces scandales / de ces vandales / qui empalent mes vestales. Mots volcans, lave sur les dérives du quotidien : c’est clair / les bijoux / de pacotille / transpercent / les chairs (…) se faire marquer : comme si l’on n’avait / pas asse tatoué / les suppliciés / aux camps / des condamnés. Mots guillotines : c’est clair / on a proclamé : les déchets / œuvre d’art / et les détritus / sur fonds sprayés / sont glorioles / pour discours / esthétisés. 

Malgré soi, par la puissance de ce dire, on s’enrôle dans la troupe marche. Et soudain, ici et là, quand on s’y attend le moins, lorsque le vent s’apaise, Luezior pose son bivouac pour se laisser glisser : peut-être le temps est venu, le temps où l’on respire d’autres rêves. Le poète passionné ouvre sa besace. À la lumière d’un phare lointain, une  sirène passe : il rêve d’écailles et filtre une confidence aux yeux de salamandre : Ne t’en déplaise / j’aimerai / seul sous la treille / l’ombre de tes soleils / j’aimerai tes vermeils. Dans sa nuit, les étoiles laissent glisser l’humour : à la fripe / j’ai mis / quelques reliques / de participes / trop passés. Dans la fragilité de ses chimères, il déploie les ailes des libellules au tulle de ses pensées, il sait qu’une lueur pointe toujours au-delà du noir. Entre un nuage et une ombre, disons  avec le chantre : buvez / comme le rouge-gorge / buvez / de vos lèvres / jusqu’à ce que vie / s’en suive / et surtout / buvez- moi. 

Claude Luezior est à la fois marbre et sculpteur, il incendie ses vaisseaux avec élégance, parfois à contre-courant mais jamais à contre-cœur, il écrit sur le sable mouvant de la vie avec joie et douleur : dialogue avec l’ange, mais aussi dialogue avec ces riens tantôt sublimes, tantôt insalubres. Gênes de sang au calice de l’offrande. 

Avec le poète clamons ses « Clames » au miroir / du puits / où culbutent / nos songes. 

Pour mémoire, les éditions tituli ont sorti en 2016 Une dernière brassée de lettres du même auteur. 

© Nicole Hardouin 

CE LÉGER RIEN DES CHOSES QUI ONT FUI, Alain DUAULT ; Éditions Gallimard 2017

Chronique de Nicole Hardouin

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CE LÉGER RIEN DES CHOSES QUI ONT FUI, Alain DUAULT, Éditions Gallimard, 2017

En quinze chapitres de « Ce léger rien des choses qui ont fui », Alain Duault rédige un grand Tout : chair dans laquelle il mord jusqu’au sang, juste avant le frisson mauve. À la margelle de ses nuits lasses, se dessine le souvenir, cheval noir qui galope dans les ténèbres.

Sur la mosaïque de sa mémoire brûlent les scories aux remous plus ou moins perceptibles, dans cette intime mythologie apparaissent désert et oasis, monastère et sultanat.

S’enroulent autour de lui des houles qui psalmodient des oraisons secrètes : j’ai si mal à la main perdue. S’entremêlent à la lassitude, les lavandières de l’amertume lavent les linges de la nuit, les violences du monde : j’ai de l’horreur plein les souliers.

S’inscrivent les interrogations sur la vie : pourquoi sommes-nous là ? Alain Duault, nautonnier des mots, arpenteur de sentes secrètes, répond en pinçant sa harpe charnelle : je cherche à tâtons sur ta peau / Des réponses à cette question de vivre.

Défile une voix, celle de Cécilia Bartoli, voix de crème et d’ambre, vague qui renverse tout, des visages dont : Nina, l’amour de Grieg. Des ombres aux yeux de rosée se réveillent dans la mantille de la nuit en brames sauvages, passionnels, Papa : se résout-on jamais à ce qu’un cœur si beau s’enraye.

Visage venu, revenu, qui êtes-vous, toi, vous qui habitez là où on n’habite pas ?

Le poète observe le retournement du sablier, les enfants meurent et nous restons, nous marchons dans l’épaisse forêt de l’âge ; sur ses rives de cendre et de soie, se pose le questionnement du passage du Seuil, tout le monde a peur du passage. Alain Duault sait, sent que aller au-delà est toujours angoissant : Dans la laisse insupportable d’une attente qui / N’a jamais de fin Pourquoi ces mains / Ne nous disent-elles pas quand elles remonteront le drap.

Délires, déclics, des coulées d’espoir pulsent aussi entre ronces blanches et épines du soir : je veux des clochers d’or, je veux courir dans l’eau du ciel, je veux chevaucher des nuages leurs plumes leurs dentelles jusqu’au congrès des brouillards.

A travers ce recueil, tout comme les couleurs trompent les ténèbres sur des lèvres en peau d’iris, la glace enfile des colliers de mots qui magnifient le feu, ses seins / Rose-thé que j’imagine encore tiède de plaisir. Mots de l’endroit ceux qui tentent encore, mots réverbères, mots calice pour offertoire interdit donc dit, mots tissés dans les murs du silence, comme les murs du labyrinthe de Dédale, murs aveugles avec l’ambiguïté de cent chemins qui se rompent, s’entrecroisent mais d’où l’on ne revient pas sauf à casser le fil d’Ariane.

Le lecteur méandre avec l’auteur dans des éclaboussures de cannelle, de poivre noir, à travers toutes ces pages irradie, la délicatesse : les enfants / Ils ont angles d’oiseaux dans les poche… Je suis sûr qu’ils pourraient nous / Apprendre mille et mille choses…Ce sont des enfants d’organdi. Pulse un puissant hymne à la passion : je ne suis jamais reparti de toi. Lèvres et langue raturent le souffle du vent et les mots franchissent les points de suspension du drapé de la chair : je bois tes seins, tu me tempêtes, j’ai des réclamations de fièvre.

Le poète égrène son chant dans un sillage de feu, pour envelopper les rives où s’affrontent la morsure des ombres.

La nuit peut aiguiser ses griffes de louve, Alain Duault se faufile sur un bûcher aux contours de neige en se disant qu’existe l’impérieuse nécessité de ne pas manquer la beauté des jours.

©Nicole Hardouin

Philippe Jaffeux, Glissements, Éditions Lanskine, 2017, 55 pages, 12€.

Chronique de Lieven Callant

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPhilippe Jaffeux, Glissements, Éditions Lanskine, 2017, 55 pages, 12€.


Ce qui fait de moi un lecteur c’est ma capacité mentale à associer les lettres d’un alphabet à des syllabes, de joindre les syllabes pour former des mots tout en leur donnant le rythme propre et nécessaire à la langue dans l’espoir de reconnaitre un sens, voire plusieurs. Outre les outils mis à ma dis-position: lettres, mots, ponctuation, règles grammaticales et autres conventions du même ordre, je m’appuie pour lire un texte sur toutes mes autres lectures, retournant parfois aux toutes premières où déchiffrer l’emportait sur reconnaître et comprendre.

Avec « Glissements », Philippe Jaffeux habitué à entrainer ses lecteurs sur la piste des expériences de lecture peu communes où les règles et le sens des phrases semblent être les fruits aléatoires d’un jeu de hasart franchit une nouvelle étape dans le dérèglement de l’écriture et de la lecture.

Nous avons tous fait l’expérience de lire des textes où les lettres ont été permutées ou remplacées par d’autres signes par exemple des chiffres. Avec un peu d’entrainement notre cerveau corrige spontanément et rend la lecture à nouveau significative. Pour ceux qui comme moi sont dyslexiques lire produit parfois d’étranges expériences où les lettres s’en-volent, s’inversent, où les syllabes changent de place et où les lignes des phrases suivent des courbes et confondent entre eux les espaces vides.

C’est un peu ce que Philippe Jaffeux a recherché à créer. Un jeu où les règles ont été revisitées. Un jeu où le glissement de l’erreur, de la faute, de la faille prend enfin un heureux plaisir à être elle-même LA règle du jeu. Cette défaillance soudain trouve une place importante dans le processus de lecture, de compréhension, de création. J’ai donc été particulièrement amusé par toutes les « aberrations » introduites de manière fortuite ou pas par Jaffeux, par tous les glissements produits par le texte.

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À force, la répétition de phrases où le sens se dérobe, où les mots s’alternent et semblent n’avoir été choisis par personne si ce n’est un pro-gramme m’a procuré une sensation où la lecture soudain s’accompagne d’une expérience plus visuelle : le texte se regarde comme une image, le texte devient un objet en tant que tel, un support qui permet de vivre une expérience au-delà du texte, de la réalité, du sens que peut avoir cette réalité. Lire c’est glisser vers un autre univers, se glisser en soi ou dans la peau d’un autre, c’est peut-être aussi accepter la glissade pour ce qu’elle est, notre défaillance.

Derrière ces manières expérimentales d’aborder la lecture en dénaturant la lisibilité du texte, c’est aussi le rôle de l’écrivain que questionne Phi-lippe Jaffeux. On lit, on déchiffre, on regarde, on glisse à la suite de celui qui est à l’origine de cette production de signes. Ces expériences me semblent être nécessaires à ceux qui s’interrogent sur ce qu’est la poésie et sur la place qu’occupe le poète à côté de celle-ci. La position de Phi-lippe Jaffeux est sans doute celle de l’absence, de la discrétion en ré-action aux ego souvent surdimensionnés des poètes actuels. Derrière les textes de Jaffeux, il y a un homme qui travaille comme une machine, qui poursuit un chemin infini avec la même obstination magique et joueuse.

©Lieven Callant

LE SECRET, Laurent Schmitt ; Éd. Odile Jacob, Paris, 2017

Chronique de Claude LueziorLE SECRET L Schmitt Odile Jacob

LE SECRET, Laurent Schmitt ; Éd. Odile Jacob, Paris, 2017


Ce livre, émaillé d’exemples concrets et de témoignages, relève d’une démarche psychiatrique mais également d’un éclairage profondément humaniste. L’auteur y fait preuve d’une hauteur de vue peu commune, d’une grande culture et d’un don pédagogique que nous avions déjà remarqué dans ses précédents ouvrages, Du temps pour soi et Le bal des ego. On ne lâche pas ces pages dont les chapitres biens structurés s’enchaînent les uns aux autres avec une belle fluidité. Kaléidoscope de secrets, vecteurs de puissance dans l’Histoire, depuis les Grands-Prêtres de religions anciennes jusqu’à certains bureaux ovales. Sombres officines et sociétés secrètes, souvent élitistes, complotistes, voire criminelles.

Sur le plan individuel, Laurent Schmitt aborde par la suite ces secrets qui forgent notre personnalité, ceux de l’inconscient, des rêves mais aussi leur fonction dans la constitution de la personnalité, la séduction, l’amour. La toxicité des secrets dans des liaisons, dans certaines constellations familiales ou dans telle ou telle maladie psychique est une évidence. La protection que le secret assure vis-à-vis de notre singularité et de notre individualité n’en est pas moins importante.

Bien qu’ils puissent être toxiques dans des liaisons, dans certaines constellations familiales ou dans telle ou telle maladie psychique.

Le secret est donc pluriel. Il est, à l’heure actuelle, crûment mis en cause, par l’impératif de la transparence qui peut s’ériger en un contrôle suprême des big data ou en injonctions totalitaires où disparaît la vie privée aux dépends d’une forme d’Inquisition, de vengeances répandues de manière virale et de dénonciations anonymes.

Parfois assimilé au mensonge, à la dissimulation ou à la rouerie, le secret peut néanmoins protéger la personne par ses rêveries, en un jardin secret, véritable soupape de l’imaginaire, voire intelligence relationnelle. Il crée un espace intime où la personne reste un sujet à ses propres yeux (…) et se différence d’autrui. Il est alors tuteur de résilience, noyau dur de nous même. Dans la dernière section de son livre, Les secrets indispensables à notre survie, à savoir, dans son dernier chapitre, Éloge malicieux du secret, Laurent Schmitt donne la métaphore d’un état de jachère, d’un arrêt sur l’image, de points de suspension de notre fonctionnement psychique. Il évoque avec tendresse l’aptitude d’émerveillement du ravi, personnage solitaire et énigmatique des santons de Provence. Et l’auteur de citer par ailleurs Saint-Exupéry, Rilke, Prévert.

Préserver son intimité revient à savoir ne pas tout dire, à maintenir des zones de discrétion, à savoir refuser de participer à tous les réseaux sociaux. Ainsi, le secret, au-delà de certains aspects noirs dans nos relations de pouvoir avec les autres et dans des manipulations sociales indues, est en fait, sur le plan personnel, un élément constitutif de notre liberté et de notre individualité. En d’autres termes, une pierre d’angle de nos libertés fondamentales.

Cet essai est une véritable réflexion en profondeur, à l’heure de l’espionnage industriel, de la téléréalité, du voyeurisme ambiant et de moteurs de recherche manipulés par un ou plusieurs big brothers qui nous veulent du bien…

©Claude Luezior