Salvatore Gucciardo

Salvatore Gucciardo,  Lyrisme cosmique,  préface de Michel Bénard,  éd. Astro,  87, rue de Trazegnies,  6031 Charleroi. Salvatore jongle avec les astres, il a la tête dans les étoiles, pendant que nous cheminons sur nos terrestres sentiers. Je suis d’abord/un homme qui cherche ce qu’est la vie, nous dit-il en citant Michaux. J’aspire à la renaissance de l’homme, à la floraison de l’être. Il fait parfois songer à Blake et à ses Chants de l’innocence et de l’expérience, aussi bien par ses dessins que par ses textes. Un désir ingénu (au sens étymologique) de retrouver l’innocence perdue.

Mais son paradis terrestre est un paradis de pierre et de lumière, où se propage, majestueuse, la musique des sphères. Le poète – l’homme – nous apparaît ainsi comme un être constamment affairé, courant d’un bout de l’univers à l’autre, de la montagne au gouffre : essentiellement actif, car il ne s’agit pas seulement de construire, mais aussi de défendre, de maintenir l’existant. Tous les verbes, ou presque, sont des verbes d’action ; pas de repos pour lui, mais une tension constante. Je peints les couleurs du temps/pour éteindre le feu au cœur des hommes (p.32).

Une poésie éminemment sensuelle, dans laquelle l’union des amants entretient la vie et la fécondité du cosmos. Notre souffle saccadé/résonne dans les draps de l’espace (p.36). Une poésie très musclée, d’une grande force expressive.

Jose Bodson

Reflets Wallonie-Bruxelles
La Pensé Wallonne n° 29  2011

L’art en lettres

La ville de Chaumont (Haute-Marne) organise, du 11 au 13 novembre prochain, son 9ème salon du livre.
Le thème de cette nouvelle édition est « l’art en lettres ».
30 auteurs, romanciers, essayistes et illustrateurs ont accepté notre invitation.
Cet évènement littéraire s’inscrit dans le cadre de l’installation à Chaumont du Centre Pompidou mobile qui accueille une exposition sur le thème de la couleur composée de 15 chefs d’œuvres choisis parmi les collections du Musée national d’art moderne.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir annoncer cette manifestation dans votre revue ou sur votre site internet.
A toutes fins utiles, veuillez trouver en pdf le Communiqué de presse et la biographie des auteurs invités.
Par ailleurs, je vous informe que cette manifestation est présentée sur le site internet de la ville de Chaumont.
 
Pour Joël MORIS
Délégué général du Salon du livre
 
Les Silos, Maison du livre et de l’affiche
7-9 avenue Foch
52000 Chaumont
03-25-03-86-81

Librairie Baux Livres

EMILE COUZINET : Napoléon du nanar et entrepreneur avisé

débat

Hollywood sur Gironde ou la fabuleuse aventure d’un montreur de films

A l’invitation du Club des cinéphiles de Montauban, le bouquiniste bolegayre présente le film documentaire d’Eric Michaud : « Hollywood sur Gironde d’après la fabuleuse aventure d’Emile Couzinet ».
Il aimait le Cinéma ; il faisait son cinéma pour le rieur et pour le pire. Au lendemain de la Deuxième Guerre, Emile Couzinet inventait avec succès sa « cité du cinéma » dans la région bordelaise. Sa devise :  » On y rit, on ira !  »

Avec cette projection-débat, le Club des cinéphiles de Montauban ouvre son cycle « Regard sur le cinéma méridional ». ENTREE GRATUITE

La librairie Baux Livres propose à cette occasion une Semaine du Livre de Cinéma.

mercredi 21 septembre 2011 à 20h30
Ancien Collège de Montauban, allée de l’Empereur. Séance gratuite avec la librairie Baux Livres

 

SOURIRE AVEC MONA LISA, PLUS UNE JOCONDE à PERDRE !

Centenaire du vol de l’énigmatique sourire

Exposition

Août 1911. La France en émoi s’est vu dérober dans son plus prestigieux musée national, le plus inestimable fleuron de ses collections d’art . Sur fond de scandales, une incroyable campagne de recherche, pleine de quiproquos et de rebondissements, va mobiliser les milieux artistique et politique de l’époque jusqu’au retour en fanfare de l’icône.

Août 2011. Le bouquiniste bolegayre rassemble, dans sa bouquinerie sous les arcades de la place nationale, des oeuvres originales d’Art Modeste librement inspirées du sourire retrouvé de La Joconde.

Appel à créations : Vous souhaitez participer à cette exposition, avec une ou plusieurs créations personnelles ? C’est possible. PAS UNE JOCONDE A PERDRE ! Prenez contact, à la librairie Baux Livres, avec Maurice Baux au 05 63 63 43 44 ou en laissant votre adresse sur la messagerie de ce site.
Cette action culturelle ludique vous est proposée avec la complicité de collectionneurs montalbanais, membres de l’association des Amis de Mona Lisa.

 » – Mona Lisa , pourquoi ce sourire ?
– Parceque cet été, on me découvre chez le bouquiniste bolegayre de Baux Livres. ARRIVEDERCI ! « 

du samedi 01 janvier 2011 au mercredi 31 août 2011
A la librairie Baux Livres, 7 Place Nationale à Montauban

 

Tous les livres, toutes vos lectures… à Montauban.

www.LibrairiesMontauban.fr

 

Escales des lettres

Bonjour,

Voici septembre. Le club d’Escales rouvre ses portes.

En les franchissant, vous retrouverez la saveur des mots, la chaleur d’un groupe, la valeur d’un conseil approprié.

L’atelier d’écriture 2011-2012 commence le 6 septembre. Il a lieu le mardi soir, de 20h à 23h. Chaque session compte huit soirées (et l’on peut participer à une ou plusieurs sessions).

Quant au ciné-club d’Escales, il a lieu le jeudi soir à 20h15. On y évoque les merveilles (célèbres ou méconnues) de l’âge d’or du cinéma américain.

Le nombre de places dans les ateliers et le ciné-club étant limitées, il est prudent de ne pas tarder pour s’informer et, le cas échéant, pour s’inscrire.

Atelier et ciné-club ont lieu à Uccle (1180 Bruxelles), au 74 de la rue Henri Van Zuylen.

Pour ce qui concerne les évaluations, les conseils littéraires et le coaching, il suffit de prendre rendez-vous.

Si vous souhaitez de plus amples renseignements (à propos des ateliers, des conseils littéraires ou du coaching), il suffit d’un e-mail ou d’un appel téléphonique (0475-57.75.63).

Dans l’attente du plaisir de vous revoir ou de vous rencontrer,

Francis Dannemark

www.francisdannemark.be

PS 1 : L’asbl ESCALES DES LETTRES, fondée en 1999, est administrée par Jean-Louis Hennart, Michel Castermans et Francis Dannemark.

 PS 2 : Il m’est très agréable de vous communiquer les informations suivantes, à l’usage de tous ceux qui aiment la chanson, le chant lyrique, les chorales :

Spéciale rentrée littéraire 2011

Nadine DOYEN

  • Les souvenirs, David FOENKINOS, Gallimard ; 266p. ; 18,50€.

David Foenkinos se sentit prêt une fois « avoir accumulé la mélancolie nécessaire » et traversé une zone « d’instabilité ». Son point de départ la perte d’un grand-père tant aimé. Il confie aux mots son désarroi, l’indicible.

A la manière de Perec ou Mastroianni, le narrateur égrène un chapelet de souvenirs, piochant dans les siens, ceux de ses proches, rebondissant sur ceux de Modiano, Gainsbourg, Gaudi et  ceux de bien d’autres personnalités, avec la régularité d’un métronome. De cette plongée dans la mémoire, il exhume des images d’une netteté sidérante. Revisiter son enfance avec ce grand-père c’est ouvrir le tabernacle des moments de félicité et de complicité. Très vite, l’attention du lecteur se focalise sur la grand-mère que le fils veut « sécuriser », en la plaçant dans une maison de retraite.

L’auteur aborde avec une bonne dose d’humour, noir parfois, et « un moral d’acier » la question sensible à laquelle beaucoup sont confrontés : celle du devenir d’une personne dépendante, parfois atteinte de « cette saloperie » d’Alzheimer. Il soulève les problèmes liés à la déchéance physique ou psychique, l’acharnement thérapeutique. Plongé dans cet univers, le narrateur est taraudé par une pléthore de questions, se projetant à cet âge. Il fustige son ingratitude quand lui aussi réalise qu’il l’abandonne. Il pointe les mésententes dans les fratries, décortiquant l’attitude de son père. La disparition de Denise, cette grand-mère encore capable de folies, relance le récit. Le narrateur, veilleur de nuit, éperonne le lecteur quand il se transforme en véritable limier, épinglant certaines institutions. Est-elle en danger ? Toutes les hypothèses les plus loufoques défilent. Va-t-il réussir à retrouver ses traces ? L’angoisse est à son paroxysme. Tout s’accélère. On suit, comme un travelling, la course poursuite du narrateur sur l’autoroute et ses prospections à Etretat.

La vie conjugale des protagonistes est digne d’un feuilleton, chaotique, « un manège de montagnes russes ». Attendre sa promise dans un cimetière est assez insolite tout comme y donner son premier baiser. Mais « l’amour est un pays compliqué ! » et le narrateur en fait les frais: « Une famille qui part en lambeaux ». Il a souffert de « l’étroitesse affective de ses parents, des ombres pour lui ».Des parents à la retraite « embourbés dans la haine », une mère « femme cougar ». Le narrateur, devenu « veilleur de chagrin, VRP de la vie », va s’interroger sur la notion du bonheur et radiographie son couple. Après son désert affectif, « une vie sexuelle qui ressemblait à un film suédois », il succombe au charme de Louise «  sa troisième étoile », évoque la première étincelle, les débuts incandescents, « l’élégance des fragments de la séduction », l’arrivée du fils « tel un monument dans les griffes d’un japonais »,puis comment les liens se fissurent, se délitent, la tentative de se rabibocher lors d’un voyage à Barcelone (jouant un remake de John Lennon et Yoko Ono en « visitant la plus belle partie de la ville : leur lit »), puis Louise « une éclipse » , et enfin la joie d’être parent célibataire. Quand « la douleur amoureuse se transforme en météorite de fantaisie », c’est du grain à moudre pour l’écrivain, « plus besoin de courir après les idées ». Il sait nous tenir en haleine quand les couples tardent à divulguer la révélation annoncée. Son psy, il va le trouver par hasard dans une station-service, en la personne du caissier. Ne va-t-il pas lui donner, à deux reprises, un conseil d’homme averti et lui apporter « une virgule dans sa déprime » ? « Les lieux ne sont ils pas mémoire ? Il y découvre « la beauté de ce refuge extra géographique, sa poésie anonyme » et l’avantage des Twix !

Contraint de mettre momentanément sa vie professionnelle entre parenthèses, le narrateur peut compter sur la compréhension de Gérard, son patron qui voit en lui un successeur potentiel, un fils adoptif, et même un futur James Joyce, l’encourageant à concrétiser son ambition d’écrivain.

Les lecteurs Foenkinosphiles prendront plaisir à traquer ces mots récurrents que l’auteur se plait à injecter dans chacun de ses livres comme : polonais, cravate, femme suisse, cheveux, la rhapsodie des rotules, sans oublier la scène du baiser, devenue mythique.

David Foenkinos explore des paysages plus autobiographiques. Il met en scène un narrateur dont le passé familial, les blessures, les fractures affectives ont nourri son inspiration et son imagination.

Ne fallait-il pas qu’il vive des choses, traverse des épreuves, des turbulences et constate que « La vie est une machine à explorer notre insensibilité » avant que « le roman fasse son premier pas et que les mots avancent vers lui »? Occasion pour l’auteur de rappeler que « les romans ne se cachaient pas entre les heures fixes mais dans l’infidélité ». Dans un subtil fondu enchainé se succèdent des scènes bouleversantes (la dépression de la mère, les retrouvailles de la grand-mère avec Alice, la surprise d’anniversaire), poignante comme « les dernières jours de la vie d’une femme » ou truculentes, hilarantes (comme le destin du tableau de la vache, la scène au commissariat, le délire alcoolisé des futurs mariés et l’achat précipité de leurs tenues, les adieux sur un quai de gare et le fantasme du narrateur sur les chevilles ,le quiproquo chez la coiffeuse, un cycliste bousculant une femme lisant dans le métro !). Gravité et légèreté s’équilibrent. Pour son dixième roman, David Foenkinos nous offre un récit enlevé, attachant, votif. Ne rend-t-il pas la vie à ses grands parents par la seule force de la mémoire ? Cette déclaration d’amour d’un petit-fils pour sa grand-mère a pour écho cette pensée de Kawabata, citée par l’auteur : « La mort donne l’obligation d’aimer ».Drôle son cortège de trouvailles fulgurantes (« le bar ? Une version alcoolique du phare », les disputes géométriques ou « L’amour rend presque aveugle ; c’est une affaire de millimètres »). Absurdes ou ridicules certaines situations (le père mesurant son fils, le suspense en attendant que les parents ouvrent), dignes du théâtre de boulevard. Originale cette construction à rebonds, avec notes en bas de page, digressions et un goût prononcé pour les listes. Tous les ingrédients réunis pour un film à la Woody Allen, avec flashback en noir et blanc sur le passé des protagonistes. Si le narrateur déplore « l’éclat de sa médiocrité » à ses débuts, l’auteur signe un roman d’une certaine gravité, prometteur à bien d’égards, mâtiné de tendresse, d’élégance et osons le clamer de Délicatesse !

N’aurait-il pas déjà semé en jalon le mot Occupation, thème probable du roman suivant ?

Dans cette traversée des souvenirs « La seule chose qui nous appartiennent vraiment », des premières fois « suprématie des souvenirs », David Foenkinos nous offre un kaléidoscope de sentiments extrêmes et un komboloï d’émotions qui laisseront une empreinte indélébile.