Laura KASISCHKE – Mariées rebelles – Page à Page (2016), traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy

Chronique de Marc Wetzel

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Laura KASISCHKE – Mariées rebelles – Page à Page (2016), traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy


Tout de suite, un exemple de l’extraordinaire puissance de suggestion et d’exposition à la fois de cette auteure :

« Le diable s’est agenouillé pour m’embrasser les genoux.

Cela nous a fait plaisir de te voir, a-t-il dit,

si jeune, tu n’auras aucun mal

à t’adapter et dans

l’obscurité grandissante j’ai vu

que je n’étais qu’une jeune fille une jeune fille

attachée à une chaise une jeune fille

vêtue d’un simple uniforme (ma mère

avait cousu l’ourlet elle-même

et le fil dansait recourbé

sur mes cuisses) je pouvais lire

mon nom sur ma poche. Il a souri.

Il m’a fait déplier les jambes puis écarter les genoux

et la langue du diable était froide

et affûtée et la douleur

et le déshonneur que j’en éprouvais ont écimé

le sommet de l’obscurité.

J’étais une enfant. J’avais des devoirs

à faire. Ma clarinette pleurait de bave

dans son étui. Les poupées

étouffaient dans la maison de poupées. Quand

il est remonté

d’entre mes cuisses, une fois de plus

il a souri (était-il gentil ?

est-ce possible ? était-il seulement timide ?)

Moi, j’étais silencieuse je devenais

l’un des nombreux secrets du diable l’un

des nombreux jouets du diable

alors je suis retournée me noyer dans l’obscurité,

la fille parfaite de ses parents, une élève enthousiaste … » (p. 65-7)

Quand la vie fait la tristounette, pleurer d’admiration un bon coup soulage ; et c’est ce qui arrive en lisant les poésies de Laura Kasischke*. On admire parce qu’on sent qu’elle a apprivoisé du malheur tout ce qu’on peut en tirer sans mourir ; et on lui est reconnaissant de tout celui (le malheur) qu’elle nous a ainsi économisé en nous l’embouteillant, pour ainsi dire, dans des sortes de biberons de cristal.

Il n’est pas très difficile, à vrai dire, de diagnostiquer le génie poétique de quelqu’un ; d’abord, il (elle) nous appelle depuis plusieurs endroits simultanément : on entend devant nous les vagues qui déferlent, mais la même voix qu’elles nous vient des coquillages et des algues alentour, la même arrive des poutres fatiguées de la cahute, des chairs dispersées et tièdes des baigneuses, la même tombe des nuages désœuvrés et bavards de l’été, la même tourne dans les seaux en plastique ou dévale les pelles en bois des bambins locaux. Ensuite, n’importe lequel de ces détails nous paraît avoir plusieurs bouches : la vague, par exemple, n’est pas seulement cette fine brochette d’écume qui tourne maintenant dans la rade, mais elle est aussi le flasque traversin des roulures de Neptune, mais on voit sur elle de petits clichés de naufrages rapportés du large, mais on devine surfer sur sa crête le micro-plancton de nos manuels d’hydrographie, mais on y rencontre la si discrète Lune des vents qui drosse et parfois mêle ces milliers de marées miniatures. Enfin, le génie est toujours comme un talent double pour qui y assiste et le reçoit : c’est un gigantesque uppercut, mais qui au passage vous a cicatrisé ; c’est un grand-père bavotant, mais qui vous raconte votre naissance (il y était) ; un ange fastidieux et niais, mais qui est le beau-frère du Diable, et peut-être le jour venant plaidera pour vous. Ça a l’air d’exactement deux fois rien (comme l’est le reflet d’un mirage, – rien dans le miroir, rien non plus dans le monde), et c’est deux fois plus que quoi que ce soit au monde (et dans la glace !). Voilà nos trois signes, ici bien présents, d’une présence géniale.

Même dans le pur fantastique, où nul ne peut s’imaginer spontanément être, l’esprit de notre auteure déploie si vaste, si fin, si multiplement, si vite, si crucialement, le drap de son regard, que le lecteur se sent évidemment chez lui dans l’impossible, et qu’il est même comme le groom assermenté des métaphores qui infatigablement lui sont présentées :

« La première nuit à tire-d’aile, nous avons pris notre envol.

Tout juste sortis de l’enfer, nous avons niché

dans l’arbre à lunes

parce que l’arbre de vie

était chargé de citrons

et que l’arbre de mort

avait blanchi sous les cocons laiteux des anges.

Nous avons secoué l’arbre et les lunes

sont tombées à côté des crânes des mastodontes,

éraflées et abrasées par le sable » (p. 79)

Certes, son monde est au moins sombre ; mais le génie de quelqu’un de désespéré n’est pas nécessairement désespérant : formidablement sa lucidité chante, et ainsi, contagieusement convainc. Par exemple, Laura Kasischke voit pour nous, facilement, ce que nous n’aurions pas même idée de croire visible – les cicatrices,

sur la peau, d’un futur cancer héréditaire (p. 173) ; le souffle, sans plus d’emploi dehors, qui reste dans les morts, et dont la lumière, pour eux seuls sensible, leur est vie (p. 133) ; l’aura musicale du conducteur qui vient de s’endormir au volant (p. 91) ; l’animal de compagnie du soldat, tué avec lui dans la même salve ou explosion, et que les corbeaux picorent en prime (p. 75) – oui, elle voit tout cela, elle démasque l’usuelle invisibilité de tout cela, et, de plus, a soudain pour nous l’extra-lucide honnêteté de « se demander quelles autres évidences » lui restent alors « invisibles »,

« and now I wonder what else there is that I can’t see in front of me » (p. 140)

Maintenant, posons directement la question : comment se peut-il que cette poésie ait une telle puissance humaine et spirituelle, alors que d’une part elle vient d’une fille du Midwest qui ne connaît, d’après ses propres dires, que lui ; que d’autre part il n’y a pas, dans cette constante leçon de sagesse et de discernement, le moindre concept, la moindre petite formulation spéculative ?

La première réponse est que, ne serait-elle, en indécrottable plouc, jamais sortie d’un village natal, qu’elle accéderait pourtant (et nous, dès lors, avec) à l’universel, parce que de son milieu prodigieusement confiné et mince, elle sait dire à la fois lui et ses limites, lui et ce qu’il ne peut pas être, lui par essence et ce que son essence même lui rend impossible d’être, c’est à dire donc A et tout non-A, ce qui fait exactement … tout ! Ainsi, quand elle décrit le genre de vie des vaches de l’immense industrie laitière de l’étroite contrée, elle rend à la fois, et plus que parfaitement, ce qui leur est nécessaire et ce que cela même rend impossible, ce qui donne, en effet, la poétique version de l’universel, l’infaillible raison pour laquelle un réel a à être complet, comme on le lit ici :

« C’est le Midwest.

En amont de la route les mêmes vaches se tiennent

vache contre vache infiniment dans la ferme laitière. Aucun bruit.

Aucun mouvement en dehors des trayeuses en inox.

Les vaches sont estropiées à force de rester debout

et année après année pourtant

elles font malgré elles gicler leur lait et leur mercure

dans les machines aveugles et aspirantes. L’excès

forme des flaques autour d’elles, tourne

et ramollit leurs sabots inutiles » (p. 47)

Le génie poétique et l’exhaustivité intuitive sont ensemble, sans besoin de commenter, trois fois ici : « vache contre vache infiniment », « leur lait et leur mercure », « leurs sabots inutiles ». Nous sommes comme guéris par sa potion évocatrice, malgré l’horreur du sort décrit, car elle donne à la fois le remède, les effets secondaires de sa prise, et … les effets primaires de croire pouvoir s’en passer. L’ambroisie et … ses contre-indications ! Bref : tout, quelque part. Et qu’importe où c’est, puisque ce que ça ne peut pas être y figure toujours aussi.

La seconde interrogation porte sur l’impressionnante profondeur d’une pensée

pourtant sans concepts, sans clin d’œil abstraits, sans le moindre passage disant que telle notion implique, contient, contredit ou présuppose telle autre. Jamais. Et pourtant la vérité est prodigieusement présente à chaque ligne de ce recueil. Comment sait-elle à ce point éclairer la nécessité de notre condition, sans recours aucun à philosophie ?

Mon impression est ceci : sa poésie est ce qu’elle doit être, c’est à dire une parole libre, une parole délivrée de raconter, de conseiller, d’argumenter, de justifier, de mobiliser, de prescrire ; bref, une parole qui exactement fait ce qu’elle veut. Et une parole se voulant exclusivement libre de l’être, a les purs deux pouvoirs de la liberté : l’initiative (la poésie commence à penser où elle le désire, elle n’attend l’arrivée d’aucune prémisse, hypothèse ni permission pour ça), et l’intervention (elle descend directement dans l’arène qu’elle construit, elle va parmi ce qu’elle fait voir et fait tout de suite le coup de poing dans le possible même qu’elle suscite). La profondeur de notre auteure me paraît alors celle-ci : elle sait en même temps et fait savoir ce que l’initiative et l’intervention poétiques rendent impossible en retour. Tout pur commencement (initiative) est trahison, toute pure aventure (intervention) est compromission. Ce qu’on engage, on ne le conserve pas (autant stocker un élan, ou ménager une mobilisation !!) ; ce à quoi on se risque passe entre les directions, ne suit aucune des acquises, et donc doit dévier (autant, sinon, rêver d’un sillage pur, d’une mêlée immaculée !). Ce sont donc ces clauses nettes et fiables du parler poétique que j’entends dans ce passage :

« … Désormais

j’ai bien compris que la vie

et la lumière sont libres mais qu’on ne peut pas les retenir » (p. 141)

La lucidité, quand elle chante si juste et fort, ne semble pas difficile ; c’est comme s’il n’y avait qu’à nettoyer ses lunettes pour se montrer psychologue. Ou prendre au sérieux l’évidence, et suivre son pas, quoi qu’il en coûte. Par exemple, dans l’admirable poème (p. 152) où l’intègre, affectueux et dévoué témoin du marié vient logiquement lui piquer sa femme quelque temps plus tard. Logiquement, parce qu’il ne peut à terme que désirer et passionnément chérir l’être que son meilleur ami épouse – comment le plus proche d’un cœur évitera-t-il de vouloir celle pour qui il entend ce cœur battre ?

Ou bien, autre paradoxale évidence : comment éviter l’inattendu total d’une conversion, puisqu’on ne peut jamais se douter, veillant, qu’on dormait ?

« Je demandai à mon amie l’épouse, N’as-tu même jamais

eu le moindre doute ? Non, me dit-elle, comment

aurais-je pu savoir

que ma vie était un rêve dont j’allais me réveiller ? » (p. 162)

De même qu’on ne peut pas sincèrement savoir qu’on ignore ; toute prise de conscience non-hypocrite est nécessairement rétrospective ! La valeur de la vérité est qu’il faudra s’être trompé. Comme le dit merveilleusement le texte original :

« We’ll look back later and remember

how it was tonight,

not knowing » (p. 150)

Un mot, enfin, sur la dangereuse crudité de l’auteure, car nombre de passages choquent au-delà de ce que la licence d’irréalité semble envelopper ; par exemple, cette image terrible du camion prémonitoire,

« Elle essaya

de se souvenir mais il n’y avait

que ce début de soirée estivale

un camion de cochons passant devant la maison

pour éviter l’autoroute

puant dans la chaleur, couinant,

à la chair soyeuse couleur pêche

comme un camion d’enfants putréfiés » (p. 163)

D’autres exemples, pas plus anodins, pas moins cruels :

« Les pêches qui se flétrissent sur les arbres comme les seins des vieux messieurs » (p. 170)

« le sourire terrible du grille-pain » (p. 183), ou, juste avant

« Arrache-moi de cette maison

comme tu arracherais un enfant

de l’épave d’une voiture »,

Pourquoi trancher toujours si net ? L’auteure argue que la « vulgarité » du monde (p. 55) n’est instructive qu’à ce prix. C’est que les idées (et qu’avons-nous d’autre pour nous défendre du silence du monde ?) ne sont que des rapprochements éclairants, et ainsi : pour éclairer quoi que ce soit, il faut donc, quoi qu’il en coûte, procéder aux rapprochements requis ! Pour éclairer la nature du divertissement humain, remarquer crûment que « les chaussures des joueurs de bowling sentent la bière » (p. 177) suffit. Dans la même page, conclure, du fait qu’une sorcière fait arriver aux autres ce qu’elle devine être mérité d’eux, qu’elle mérite par là-même tout ce qui lui arrive, – s’impose. Notre poète prend le réel comme il se produit, puisque est réel, exactement, tout ce qui sur lui a les moyens de se produire ! Ainsi tire-t-elle leçon (sinon parti) des modes d’autoproduction de ce qui est, si brusque, indifférent ou tragique soit-il.

Dans le monde extérieur, l’éclair est premier, le tonnerre (plus lent à nous rejoindre) second ; mais dans la parole, bien sûr, dans l’expressif orage intérieur, c’est normalement l’inverse : l’ébranlement, la trépidation, la secousse sonore des mots se fait d’abord ; et ensuite seulement l’éclair du sens, l’éblouissement vivant de l’image, la fraternelle et fragile démiurgie du révélé :

« La pendule

tonnera dans la salle d’attente

pendant que le porteur de cercueil titube dans ses chaussures

et que tu sortiras hébétée

et mort-née dans la rue » (p. 55)

L’œuvre romanesque de Laura Kasischke est connue, et appréciée en Europe. Son extraordinaire poésie surgit à peine pour nous, grâce à Céline Leroy et un

éditeur courageux. Sa gifle va jusqu’aux étoiles, et on en redemande :

« Oh, l’océan drague et reflue, reflue

et reflue et reflue et drague.

Et un jour nos dents brilleront

dans les sédiments où nous avons vécu

et où nous nous réconfortions. Mais

l’âme est glissante comme un fœtus

ou un poisson. Elle nous échappe à la fin, échappe

au monde qui la détruirait.

Et là où elle va elle s’accroche

à ce qu’elle aime » (p. 169)

Laura Kasischke 2011 NBCC Awards 2012 Shankbone

Laura Kasischke a 55 ans, et vit dans le Michigan ; ce premier recueil traduit d’elle (par l’excellente Céline Leroy) date de 1992. Elle l’a donc écrit à peine trentenaire.

©Marc Wetzel

Repose-toi sur moi, Serge Joncour, Flammarion ( 21€ – 427 pages)

Chronique de Catherine Mathieu

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Repose-toi sur moi, Serge Joncour, Flammarion ( 21€ – 427 pages)


Roman français élu meilleur roman de l’année par le Magazine LIRE, après avoir été adoubé par les journalistes du Prix Interallié.

Félicitations de toute l’équipe de Traversées à Serge Joncour pour ce coup double.

Après le décès de son épouse, Ludovic a quitté la ferme de ses parents et s’est installé à Paris, où il travaille dans une société de recouvrement de dettes. Homme de la campagne, empêtré dans un corps trop imposant, habitué aux grands espaces, il ne se sent pas à sa place dans cette ville.

Aurore est une jeune femme d’affaires qui a créé son entreprise de stylisme. Elle aborde une période difficile où elle sent qu’elle perd pied dans son travail et à la maison, entre son mari de plus en plus absent au propre comme au figuré, le fils de celui-ci et ses deux jumeaux.

Rien ne prédestinait ces deux personnes à se rencontrer, si ce n’est qu’ils vivent dans le même immeuble, elle dans un grand appartement luxueux, lui dans un petit logement sombre et sans confort dans la partie non rénovée, et que deux corbeaux ont élu domicile dans leur cour.

Ludovic se rend compte que ces oiseaux terrorisent la jeune femme, et pour la rassurer, il passe à l’action et les tue.

S’ensuit alors entre eux une histoire improbable mais évidente, fragile et forte, glauque et belle, parce que forcément, rien n’est simple.

Une fois de plus, Serge Joncour donne la parole à ceux qui d’ordinaire se taisent par l’intermédiaire de Ludovic, anti héros mal dans sa peau. Il décrit aussi à merveille le milieu du travail des deux personnages, leur cadre de vie, leur quotidien, le contraste entre la campagne et la ville…

Une fois de plus, on est conquis par son roman.

©Catherine Mathieu

Zao Wou-Ki, l’évidence ?

Chronique de Miloud KEDDAR

Zao Wou-Ki, l’évidence ?

Sur trois peintures de Zao Wou-Ki


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Zao Wou-ki « Nuage », 1956, Huile sur toile, 1956, (130 x 97 cm), Collection particulière.


 

Je viens vous entretenir sur Zao Wou-Ki. Zao était peintre et dessinateur. De Zao, j’ai retenu trois peintures : « Nuage » (intitulé simplement ainsi) et « Poursuite » (1955-1957). Par la suite et à la fin je ferai un rapprochement entre « 12.12.62 » de Zao et la peinture « Sur la terre » de Mark Tobey. Cela me tient à cœur ! « Nuage » de Zao et le rapport que j’ai à faire avec « Nuage rouge » de Mondrian ? « Nuage » de Zao est en son centre figuré par un nuage rouge peint (ou n’est-ce là qu’un quelconque astre rouge ?) et « Nuage » est de même par des signes. Quelque chose comme de la calligraphie. Les signes peints ou calligraphiés sont-ce ceux d’une langue qui dit le nuage ou n’est-ce là que des formes de nuages qu’a voulu représenter Zao Wou-Ki ? (Ou des signes d’une langue propre au peintre ? Zao Wou-Ki était un ami de Jean-Paul Riopelle. Il lui a dédié une peinture : « Hommage à mon ami Jean-Paul Riopelle – Histoire de deux érables canadiens ». Et nous savons de Riopelle, du moins dans ses eaux-fortes, qu’il a utilisé les signes d’une langue qui lui était propre. On peut donc le penser aussi de Zao. Toutefois il faut toujours avoir à l’esprit que Zao Wou-Ki était d’origine chinoise et qu’il avait commencé la pratique de son art dans ce pays).

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Piet Mondrian, paysage avec nuage rouge 1905

Le rapport entre « Nuage » de Zao et le « Nuage rouge » de Mondrian ? Zao était plus baudelairien que Piet Mondrian. « Nuage » de Zao est plus proche de la réalité, nuage en perpétuelle évolution, toujours changeant, de forme, entre autre. Un nuage (ou les nuages) qu’un des « tu » de Baudelaire aime : J’aime les nuages les nuages les nuages, dit le « tu » qu’interroge Baudelaire.

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Zao Wou-ki « Poursuite », 1955 -1957, Huile sur toile, (195 x 97 cm), Collection particulière.

Maintenant « Poursuite ». « Poursuite » (1955-1957) de Zao et « Autoportrait » de Ofer Lellouche. Avant tout sachons que de Ofer Lellouche et de sa peinture, Bernard-Henry Lévy dans son livre « Les Aventures de la vérité » évoque le « Coup de dés mallarméen », un rapprochement avec « Mallarmé creusant le vers, l’insaisissable et feinte solidité des mots ». Nous savons Ofer Lellouche « peut-être grec avant que juif » mais notons que sa peinture et surtout « Autoportrait » disent le surgissement. Le surgissement est également celui de la peinture de Zao Wou-Ki. Dans « Poursuite » on s’attend à voir surgir Lellouche. Poursuite-se-poursuivant-surgissant pour les deux peintres. Car nous savons que Zao était un peintre de la lumière (il a intitulé une peinture : « Il ne fait jamais nuit » !). Et Zao est aussi un peintre du surgissement. Je dirais donc pour Ofer Lellouche comme pour Zao Wou-Ki que dans leurs peintures « le coup de dés abolit le hasard » !

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Above the Earth (1953) Mark Tobey

Vient maintenant le rapprochement entre « 12.12.62 » de Zao et « Sur la terre » de Mark Tobey que j’ai dit me tenir à cœur ! En écrivant le titre « 12.12.62 », j’ai l’impression d’avoir affaire à Roman Opalka. Mais si Opalka peignait par les chiffres le temps et donnait les titres par des chiffres, Zao, lui, titrait certaines de ses peintures par leur date d’exécution tout simplement. Mais venons-en à «Sur la terre » et « 12.12.62 ». Par quel biais pouvoir parler de ces deux peintures, par quel biais les lier ? La couleur ! Dans une chronique sur « Sur la terre » de Mark Tobey, j’ai évoqué le cristal et le verre. La lumière donc. Atmosphère lumineuse, cristal reflétant sa lumière, verre reflétant la lumière, telle est « Sur la terre » de Mark Tobey. L’on peut évoquer l’atmosphère terrestre également concernant cette peinture. Prenons maintenant « 12.12.62 ». Il nous faut tracer des lignes droites maintenant, enlever des fragments du verre (disons qu’ s’il s’agit du verre) et mettons de la couleur rouge-rose-oranger et voilà « 12.12.62 » proche de « Sur la terre ». Le rapprochement entre ces deux peintures est osé, je l’avoue, mais n’est-ce pas là matière de théorie sur l’Art ?

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LELLOUCHE Ofer (né en 1947), Autoportrait, détail, 1994-95, aquatinte et acrylique sur papier, 193×105 cm, Genève, Krugier & Cie Art contemporain.

(Pour terminer, une précision : Si j’avais à faire un travail d’Historien de l’Art, j’aurais choisi de vous entretenir par exemple sur les peintures « 21 avril 59 » et « 01.03.60 » de Zao Wou-Ki mais je fais un travail de Théoricien de l’Art. Toutefois je ne nie pas prendre mes sources aussi bien dans l’Histoire de l’Art que dans les critiques sur l’Art. Mais mon travail, comme je l’ai laissé entendre plus haut, ne se limite qu’à une théorie.)

©Miloud KEDDAR

 

 

 

Le fils de mille hommes, Valter Hugo Māe, traduit du Portugais par Danielle Schramm – Métailié, septembre 2016. 192 pages, 18 €.

Chronique de Cathy Garcia

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Le fils de mille hommes, Valter Hugo Māe, traduit du Portugais par Danielle Schramm, Métailié, septembre 2016. 192 pages, 18 €.


Déjà remarqué pour L’Apocalypse des travailleurs, son premier roman, pour lequel il avait reçu le prix Saramago, Valter Hugo Māe revient ici avec un roman prenant, qui nous plonge sans ménagement dans les noirceurs de l’âme humaine ; mais pas les spectaculaires, non, plutôt les noirceurs banales, quotidiennes, les petites et grandes lâchetés, la bêtise commune, qui peuvent provoquer tout autant de malheur et de désespoir autour d’elles. Ce qui surprend, c’est que s’il nous conduit là où meurt tout espoir, c’est pour nous hisser jusqu’à la lumière, nous montrant ce que l’humain peut aussi avoir de plus beau et qui est d’une telle simplicité, qu’on se demande vraiment pourquoi cela reste tellement hors de notre portée.

C’est vraiment un grand écart qui est réalisé ici, et Le fils de mille hommes devient une sorte de roman-médecine. Après avoir posé les bases, Valter Hugo Māe nous raconte plusieurs histoires où on découvre les origines, le vécu douloureux, difficile et même sordide, des différents protagonistes, puis un fil va venir ensuite coudre ensemble toutes ces histoires. Ce fil passe par Crisóstomo, un petit pêcheur de 40 ans, un homme bon mais désespérément seul. Or, c’est cet immense désir de l’autre, soutenu par la générosité qu’il a en lui, qui va permettre de réunir en une grande famille hétéroclite, une bonne partie des personnages malmenés et estropiés de ce roman. Il serait dommage de trop en dire, mais l’essentiel tient en un mot : l’amour. L’amour qui surpasse tout, transforme tout, panse les plaies, rend beau ce qui était laid, dissout les préjugés.

Aussi le roman sombre et impitoyablement réaliste, par cette magie de l’amour, va se transformer contre toute attente, en conte, non pas de fées, mais d’humanité et ça fait vraiment du bien.

L’humain on le sait, est capable du pire, et plus la situation est mauvaise, miséreuse et plus on souffre du mépris, de la haine et de ceux qui profitent de notre faiblesse. Le roman prend place quelque part en bord d’océan au Portugal, mais cela pourrait être ailleurs, ce qui est raconté ici a une portée universelle. Les personnages dont il est question ne vivent pas dans le même monde que les surfeurs, c’est une communauté rurale, pas très éduquée, superstitieuse, vivant sous l’ombre d’un Dieu avare en miracles : des paysans, des pêcheurs, des ouvriers, des servantes, des honnêtes gens comme on dit, pas toujours très honnêtes, surtout les hommes, voire capables du pire, fondamentalement intolérant à toute différence. Alors, peu importe le lieu finalement, car les paysages principaux ici sont humains et les paysages humains peuvent être d’une laideur et d’une violence inouïes. Puis, il y a ceux qui, malchanceux, semblent devoir être d’éternelles victimes.

Comme la naine dont on ne saura jamais le nom, la mère de Camilo morte en accouchant. Camilo qui ne saura jamais rien d’elle, ni de ses quinze pères potentiels. Comme Isaura, pauvre fille crédule déshonorée à seize ans et qui demeure avec sa mère qui sombre peu à peu dans la folie, tandis que le père demeure mutique et impuissant, comme il l’a toujours été. Le qu’en dira t’on étant la plus haute valeur de référence, bien plus que l’amour et la bienveillance. Antonino, le fils de Matilde qui n’a jamais eu le courage de le tuer, de lui arracher la tête ou de le pendre à une branche avec un bâton dans le cul pour que tout le monde le voie, mais seule contre tous, pas le courage non plus de l’aimer suffisamment pour ne pas être dévorée de honte. Que ces deux là, la pauvre et laide Isaura et l’ignominieux Antonino, finissent mal mariés et l’apparence est à peu près sauve, la haine retourne couver ses œufs, calmée pour un temps. Même la charité ici cache mal la bêtise des gens, cette banale méchanceté larvée, dont Valter Hugo Mãe trace un portrait sans concession.

Aussi quel bonheur, quand celles et ceux qui en ont tant souffert, trouvent enfin sur leur route, qui semblait n’être à jamais qu’une impasse, un havre de paix et d’amour et que les justes gagnent. Des justes, il en suffit d’un parfois, le cœur, les mains et la porte grandes ouvertes, et le monde petit à petit se répare, devient meilleur, et de cette terre bien travaillée, bien nourrie, naissent des graines de bonheur et de justice. Et c’est ainsi qu’une pauvre maison de modeste pêcheur trop seul, devient un palais pour famille nombreuse, et tous les orphelins, grands ou petits, tous les enfants abandonnés, peuvent y prendre racines et devenir à leur tout des justes qui changent le monde.

« Camilo n’était plus seulement un jeune garçon. Il devenait à ce moment-là un homme avec le courage qu’il fallait pour aimer quelqu’un. Son courage s’était développé, il avait appris la beauté, il avait aussi changé le monde. »

C’est donc un roman vraiment salutaire et qui n’a, n’en déplaise aux cyniques, rien de naïf, de simplet, bien au contraire, c’est avec une grande intelligence et dans une langue belle, riche, nourricière, qu’il met à l’honneur la sensibilité, la tolérance, la bienveillance, la simplicité, l’attention à l’autre, le sens de l’accueil et de l’hospitalité, cette faculté de voir la beauté chez l’autre, ce qui est important, essentiel, commun à tous les êtres : le besoin d’amour, le besoin d’aimer et d’être aimé.

Cela semble une évidence ? Valter Hugo Mãe nous invite, l’air de rien, à regarder en nous et autour de nous.

©Cathy Garcia


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Valter Hugo Mãe est né en Angola en 1971 et vit actuellement au Portugal. Poète, musicien et performer, il écrit également des critiques artistiques et littéraires pour plusieurs magazines portugais. En 2007, il a reçu le prix Saramago pour son premier roman et, en 2012, le prix Portugal Telecom.

Service de presse n°45

 

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

* Carnet d’Inde

Eric Chassefière

Encres vives, 2013, 16 pages A4.

* De blancs oiseaux boivent la lumière, suivi de Nuit de grand vent; Poèmes augmentés de reproductions d’oeuvres plastiques du même auteur

Monique Thomassettie

M.E.O.; 2015; 81 pages.

* Je, tu, il – Remonté le temps, sondé le silence

Claude Cailleau

Poèmes, Tensing, 2016, 55 pages. contact@editions-tensing.fr http://www.editions-tensing.fr

39 – Une cloche a sonné. Les yeux s’éteignent, noyés dans l’ennui du pettit village. Pourtant la page du jour est encore vierge. Le chemin t’attendait, dans l’or sanglant du crépuscule. Le vent fait choix de feuilles mortes pour apaiser ta faim d’automne. Alors… alors tu repousses loin derrière la haie ta fatigue de vivre. Ce sori encore tu sauras partager la solitude des arbres dans la forêt voisine, écouter la nuit qui réveille, fidèle, le sjours d’autrefois, et tamiser les mots qui jouent à la tempête de sable, espièglement, sur ton papier de lune.

Romancier, poète, essayiste, lauréat de l’Académie Française pour son livre Stef et les goélands (éditions Julliard), Claude Cailleau a longtemps enseigné les lettres en collège où il animait des ateliers littéraires mettant en relation élèves et écrivains. Grand lecteur, il a entretenu une correspondance avec Roger Martin du Gard, Marcel

Arland, Henri Troyat, Hervé Bazin, Julien Gracq, Jean Joubert… Il est l’auteur d’une biographie du poète Pierre Reverdyn et dirige actuellement la revue littéraire Les Cahiers de la rue Ventura.

* Lexique élémentaire – Poésie

Jean-Luc Le Cleac’h

Interventions à Haute Voix, 2016, 72 pages.

« …

La nuit n’est pas

l’envers du jour

*

La nuit

c’est cet étroit passage

qui mène

d’un jour l’autre

*

La nuit

c’est quand il fait clair en nous

***

… »

* Lignes de terre – Poésie

Pierre Sladen

L’Hamattan, Poètes des cinq continents, 2016, 69 pages.

La Terre, là où tout est passage en son passage-même. Plus ou moins, selon qu’il y va de sa matière ou de son esprit, de sa minéralité la plus brute ou de sa plus fugitive suggestion, de tout ce qu’elle présente, du peu qu’on en jouit. Ici proposé, un de ses instantanés, en quelques Lignes, qui en montrent des traces, en dessinent des horizons. Le périple est organisé, de telle mer

abondante à telle cime dans le vide, traversant au hasard quelques pays intermédiaires, emplis d’arbres, de fleurs et de fruits, d’animaux de toute espèce, d’hommes et de femmes, tous émouvants du seul fait que l’attention s’y arrête. Chaque moment y a sa lumière, chaque chemin sa marche, chaque perception sa précarité. Parcours d’une vie en même temps, du premier jour imaginé au dernier entrevu, au long de cette unique existence, plus dure de contraintes extérieures, toutefois, qu’elle n’est pure échappée sur ce qui toujours s’y donne à inventer.

* Ma déchetterie

Simon Maringe

Raison et Passions, 2013; 142 pages.

Ancien para-commando, Georges Martens travaille bénévolement à la déchetterie de Sart-Moiret depuis de nombreuses années. Georges aime les déchetteries en général mais surtout celle de Sart-Moiret. Il la trouve « spéciale » et même un peu « magique ».

Lorsque la direction décide de célébrer l’anniversaire de Sart-Moiret en publiant une revue, Georges, comme d’autres, prend sa plume pour décrire la déchetterie, ce qu’il y fait et les usagers qui viennent y déposer leurs déchets.

Tout aurait pu ainsi continuer, mais la vie de Georges bascule lorsque la fermeture du site est décidée. Il va alors se battre jusqu’au bout pour sauver sa déchetterie, jusqu’au drame.

Simon Marin, un pseudonyme, est professeur dans une université belge francophone. Ma déchetterie est son premier roman publié.

* Mise en pages

Emmanuelle Imhauser

Atelier de l’agneau, 2012, 63 pages.

L’écriture, autobiographique, se love dans le quotidien comme au creux du lit. Ainsi le « moi » est-il mis en pages. S’arrêter sur des objets: le bouquet de lys. Des moments: le jour de l’an ou un 12 mars. Des lieux: la cuisine, la rue, le jardin. De grands moments de sensualité: « souffle sur la soie tiède qui fait voler la page ».

L’écriture et le corps, les plaisirs. Traversées de nostalgie. Flashes d’enfance pour chasser « l’arrêt judicieux du décompte final ». Il y a aussi des vagabondages: rester ou partir?

Emmanuelle Imhauser est née en 1959 dans l’ex-Congo belge, à Bukavu (hauts plateaux, lac Kivu). Elle a gardé de cette petite enfance le goût de la chaleur, de la lumière, de l’eau, de la couleur ocre, le désir d’être ailleurs. Habite la région liégeoise depuis 1962. nombreux voyages. Etudes universitaires variées: lettres, art dramatique… Travaille d’abord dans l’administration, puis professeur de Français et Arts d’expression. A décidé récemment de renoncer à cet emploi.

* Nouvelles de l’effacement

Jean Bensimon

Ovadia, 16, rue Pastorelli à F-06000 Nice, 2015, 200 pages.

Le mot effacement m’a personnellement toujours intrigué.

Il l’a pas l’évidence, la radicalité de synonymes supposé comme « disparition » ou « destruction », mais quelque chose de feutré, de discret à l’image du frottement de la gomme sur le papier, du battement d’ailles qui s’éloigne. Tout en retenue, il se situe à l’opposé de l’excès et de l’exubérance – la double consonne ff contribue sans doute à cette impression de fluidité, et qu’elle soit qualifiée de sourde par les linguistes ajoute à son mystère. Enfin, le mot peut caractériser une action en cours d’accomplissement, comme un souvenir qui glisse lentement dans l’oubli…

Aussi ai-je tenté, à travers quinze nouvelles, de décliner ses différents sens, ou plutôt d’exprimer ce qu’ils me suggèrent. Des silhouettes blafardes y évolent: un personnage est si peu affirmé qu’il frôle l’inexistence sociale. Un autre veut se débarrasser des masques qui, selon lui, oblitèrent la vérité de l’être. Un troisième va plus loin et se lance à la rechercher d’un pays effacé de la carte… Bref, nous découvrons divers caractères à la fois décalés et profondément semblables à nous-mêmes, diverses situations où, en voie d’effacement, nous n’existons plus guère dans le regard d’autrui… ou le nôtre! L’humour voudrait en tempérer la gravité.

Jean Bensimon est né en Algérie et vit dans le Val d’Oise. Malgré la publication d’un roman, il préfère s’exprimer par la nouvelle, qu’il considère comme un genre majeur. Il en aime la rapidité, représentative du monde moderne, l’exigence, ennemie de l’à-peu-près, l’allusion et l’ellipse ennemies du délayage.

La plus grande partie de son oeuvre se place sous le signe de l’entre-deux, non pas un concept mais une source d’inspiration et un thème – souvent associé à la quête d’origine – ainsi qu’une condition existentielle.

* Tâches d’encre sans buvard

Pierre Covarel

Clapas, collection Franche-Lippée n°422, août 2016; 8 pages.

* La Tueuse professionnelle, roman; suivi de L’Inattendu et de La Prévisible

Alain Germoz

Traverse, Couleur livres; 2015; 287 pages.

La Tueuse professionnelle est le dernier texte de l’écrivain anversois Alain Germoz.

Décédé en juin 2013, Alain Germoz a laissé un nombre considérable de notes et de manuscrits dans lesquels ses amis ont puisé la matière du présent ouvrage.

Ce livre conte l’histoire incroyable des relations entre l’auteur et deux femmes étranges – toutes deux criminelles – avec lesquelles il échangea de longues réflexions sur l’art et la littérature.

Alain Germo – fondateur et animateur du Cahier international de littérature « Archipel » – y fait le point d’une vie de lectures, d’enthousiasmes et de passions, évoluant en marge d’un lacis d’intrigues policières.

* Un regard anglais sur le symbolisme français – Arthur Symons, Le mouvement symboliste en littérature (1899), généalogie, traduction, influence.

Michèle Duclos

L’Harmattan, Espaces Littéraires, 2016, 266 pages, 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris. http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr

Un demi-siècle après la première publication en 1899 par le poète et essayiste Arthur Symons de The Symbolic Movement in Literature, le grand historien de la littérature britannique, Louis Cazamian, écrivait dans Symbolisme et poésie, l’exemple anglais, que l’ouvrage « témoigne d’une pénétration profonde dans le sens intérieur du symbolisme véritable, qui est défini avec raison comme une tentative pour spititualiser la littérature. Le vaste champ qu’embrasse cette méthode d’expression, ses origines dans la renaissance des lettres depuis le romantisme, la fécondité de l’esprit qui l’anime, son texposés par un fin lettré, expert en matière poétique, admirablement au courant des choses de la France, ayant vécu à Paris, connu personnellement les chefs de la jeune école, mais capable de la voir déjà dans une perspective historique, et de la rattacher au progrès d’ensemble de la pensée moderne ».

L’auteure présente ici la première traduction française complète de l’ouvrage d’Arthur Symons, Le mouvement symboliste en littérature, dans sa deuxième édition définitive de 1908. Cette traduction est précédée par une analyse littéraire de la généalogie du livre et suivie par une étude diachronique de l’influence considérable, multiple voire contradictoire, que le livre a exercé sur trois générations des plus grands poètes, tant britanniques et irlandais qu’américains.

* Michèle Duclos a consacré son enseignement et sa recherche à l’université de Bordeaux Montaigne à la poésie anglophone contemporaine à travers des anthologies sur la poésie irlandaise et de spoètes britanniques des années trente. Ses principales publications sont l’essai Kenneth White, nomade intellectuel, poète du monde, des traductions de Charles Tomlinson, Eamon Grennanet, Shizue Ogawa. Elle participe à de nombreuses revues.

Les revues suivantes :

* Art et poésie de Touraine,

n°225, été 2016

revue trimestrielle

10, rue du Clos Prenier à F-37540 Saint-Cyr-sur-Loire

prix de la presse poétique 2007 de l’UPF

prix de la presse poétique 2008 de la SPF

Association fondée en 1955 nicole.lartigue@bbox.fr

(Nicole LARTIGUE)

* Le bibliothécaire

périodique trimestriel – juillet à septembre 2016

B-1470 Genappe dagneau.michel@skynet.be

(Michel DAGNEAU)

* Cabaret#19, automne 2016

Le tems des gitanes

31, rue Lamartine, F-71800 La Clayette revue-cabaret@laposte.net

(Alain CROZIER)

* Cahiers de la rue Ventura n°33 amis.rueventura@hotmail.com http://clcailleau.unblog.fr

9, rue Lino Ventura à F-72300 Sable-sur-Sarthe

(Claude CAILLEAU)

« Les Crv reposent sur trois piliers principaux: la poésie, présente dans nos sélections trimestrielles, la critique littéraire qui ne limite pas son objet à la seule poésie et nourrit nos dossiers ainsi que la rubrique Lire et relire, l’autobiographie enfin, qu’on trouve dans les Pages d’enfance » (Jean-Marie Alfroy)

* Florilège n°164, septembre 2016, 56 pages A4.

Prix de la presse poétique 1994, une belle revue bien illustrée et agréable à lire.

Revue trimestrielle de création littéraire et artistique

Maison des Associations « Les poètes de l’Amitié », revue Florilège, boîte H1, 2, rue des Corroyeurs à F-21000 Dijon.

De la poésie, des contes, des nouvelles, des chroniques, des notes de lecture… redacflorilege@gmail.com

(Stephen BLANCHARD)

* Inédit nouveau,

n°280, juillet à septembre 2016 ; 32 pages A4 ;

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 La Hulpe

0032 2 652 11 90

(Paul VAN MELLE)

* Libelle

6 pages A5 – Mensuel de poésie

14, rue du Retrait à F-75020 PARIS pradesmi@wanadoo.fr

http://www.libelle-mp.fr

(Michel PRADES)

* Microbe n°97, septembre-octobre 2016 (et Menu Fretin par Marc Menu)

Launoy, 4 à B-6230 Pont-à-Celles ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

* Plumes et pinceaux n°135, septembre 2016, 40 pages A5.

Arts et poésie, Nelly Hostelaert,

rue du Temple, 39 à B-7331 Baudour franz.nelly@yahoo.fr

(Nelly HOSTELAERT)

* Portique n°104, octobre à décembre 2016, 56 pages A5.

revue de création poétique, littéraire et artistique de l’Union des Poètes francophones

Mairie à F-84110 Puyméras http://portique.jimdo.com http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

* Reflets Wallonie-Bruxelles n°49, juillet à septembre 2016, 100 pages.

Organe officiel de l’Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie ; Joseph Bodson, 109, rue de la Mutualité à B-1180 Bruxelles ; articles et chroniques joseph.bodson@skynet.be http://www.areaw.org

(Joseph BODSON)

* Septentrion

Arts, Lettres et Culture de Flandre et des Pays-Bas,

revue trimestrielle éditée par l’institution culturelle flamando-néerlandaise « Ons erfdeel vzw » …

beaucoup d’articles et chroniques très fouillés

Murissonstraat 260 à F-8930 Rekkem.

+32 (0) 56 41 12 01 http://www.onserfdeel.be http://www.onserfdeel.nl http://septentrionblog.onserfdeel.be

(Luc DEVOLDERE)

Ce numéro commence par un article de Kurt De Boodt, qui présente l’œuvre de Bieke Depoorter (° 1986). Ses photographies de gens ordinaires dans la vie quotidienne en Russie, aux États-Unis et en Égypte ont valu à cette jeune photographe flamande une rapide percée internationale. Ce texte est suivi d’un article de la plume de Savine Faupin, conservateur en chef chargée de l’art brut au “LaM”, musée d’Art moderne, d’Art contemporain et d’Art brut de Villeneuve d’Ascq. Mme Faupin esquisse l’œuvre du peintre Willem van Genk (1927-2005), qui est

souvent considéré comme le principal représentant néerlandais de l’art brut.

Quelle est la meilleure manière d’intégrer les migrants dans notre société ? Marc Hooghe, professeur en sciences politiques à la « Katholieke Universiteit Leuven », aborde ce thème très actuel. Il fait un tour d’horizon des idées qui ont cours sur cette question aux Pays-Bas, en Belgique et en France.

Le metteur en scène de théâtre Ivo Van Hove (° 1958) est très apprécié à l’é tranger. Dans l’article qu’il lui consacre, Jos Nijhof évoque notamment la collaboration de Van Hove avec David Bowie.

Comme de coutume, la littérature est à l’honneur. Cent ans après la disparition d’Émile Verhaeren, Luc Devoldere, rédacteur en chef de « Septentrion », est intrigué par la foi de Verhaeren dans la force potentielle des villes, ports et usines. Dans des volumes tels que “Les Campagnes hallucinées” et “Les Villes tentaculaires”, Verhaeren se manifeste comme “chantre du futur terrible et fascinant”. En fait, un site industriel peut-il être beau ? Thomas Beaufils en est résolument convaincu et s’en explique, exemples néerlandais et belges à l’appui.

L’auteur flamand Tom Lanoye (° 1958), qui a déjà été maintes fois traduit en français, explique comment le théâtre, qui constitue une partie très importante de son œuvre, a fait de lui un meilleur écrivain.

Ce numéro renferme aussi des des extraits de “Une faim”, roman de l’écrivain néerlandais Jamal Ouariachi (° 1978) dont l’action se déroule pour une grande part dans les milieux de coopérants en Éthiopie, et le florilège poétique « Le Dernier cru », pour lequel Jozef Deleu, ancien rédacteur en chef de « Septentrion », a rassemblé des poèmes récemment parus de Anna Enquist, Peter Holvoet-Hanssen, Bart Meuleman, Menno Wigman, Lotte Dodion et Frank Keizer.

Enfin, la rubrique “Actualités” donne au lecteur des informations sur les publications et événements marquants en néérlandophonie.

* Traction-Brabant n°69, août 2016 et 70, octobre 2016

Association Le Citron Gare, Résidence Les Jardins de l’Abbaye, 1er étage, 12, rue de l’Abbaye à F-57000 Metz p.maltaverne@orange.fr http://traction-brabant.blogspot.fr

(Patrice MALTAVERNE)