POÉSIE CHINOISE DE L’ÉVEIL – Patrick Carré, Zéno Bianu – (Albin Michel – Coll. Spiritualités vivantes – 280 pp.), 2017.

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POÉSIE CHINOISE DE L’ÉVEIL – Patrick Carré, Zéno Bianu – (Albin Michel – Coll. Spiritualités vivantes – 280 pp.), 2017.


Il y a de certains « petits » livres (celui-ci est format poche), avec lesquels on se retrouve engagé dans ce que feu Maurice Blanchot appelait un « entretien infini ». C’est le cas de cette jolie anthologie de poèmes de lettrés chinois, imprégnés souvent de culture taoïste. À côté de noms connus, comme Li Po, Tou Fou, Han-Chan, Sou Tong-p’o, Wang Wei, on découvre un bouquet d’auteurs moins connus mais tout aussi inspirants.

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Par Huang Gongwang — Zhejiang Provincial Museum in Hangzhou, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=387700

L’agrément de ces rencontres est ménagé par une présentation thématique qui dessine à la fois les facettes d’un univers extrême-oriental, proche des œuvres picturales qui leur sont contemporaines (par exemple « Habitations dans les monts Fu-Chuen » de Huang-Gong-Wang), et de la mentalité des personnages qui l’habitent. On commence par les « Ermites rêvés », chers aux légendes taoïstes, puis vient logiquement « la Montagne-refuge » où le lettré se retire pour un séjour qui échappe aux événement troublés des villes ; plus près du ciel, seul ou en petit comité, l’on peut apprécier des heures d’« Ivresses magiques », célébrations du vin qui n’ont rien à voir avec de vulgaires beuveries : ce sont plutôt des moments de spiritualité où ces messieurs cultivés, réunis dans des « nuits au chalet », se rêvent un moment partis pour des « Balades d’Immortels » à dos de grues au-dessus des sommets de jade et des océans de saphir, pour aller festoyer avec « l’Isis » des Immortels taoïstes, Si-Wang-Mou, personne séduisante et dangereuse. On en arrive donc logiquement aux « Femmes, chevaux et lunes », trois symboles de l’émerveillement du fonctionnaire lettré, que suivent évidemment quelques moments intenses qui pour la conscience du bouddhisme Chan et du Taoïsme sont des « Éclats d’éveil » (les adeptes du Zen parleraient de « satori »).

Ce livre se présente donc comme un itinéraire discrètement initiatique à une strate de la poésie chinoise qui sous sa simplicité d’accès (et souvent sa brièveté) recèle une forme de profondeur, un arrière-plan quasi-mystique, dont la révélation progressive conduit à une vision du monde riche d’enseignements : j’entends pour nos contemporains occidentaux, généralement peu au fait de la culture d’un des grands courants de spéculations intellectuelles de l’Empire du Milieu, fondé sur l’idée de transformation continue.

L’association récidiviste de Patrick Carré, traducteur de La Montagne vide, une première anthologie des poèmes « méditatifs », avec Zéno Bianu, poète et écrivain brillant, engendre une matière poétique dont lectures et relectures, au gré des humeurs, apportent constamment de nouveaux sujets de réflexion. En nous parlant de son monde, un poète chinois nous parle de l’homme sans avoir l’air d’y toucher, mais laisse une trace pénétrante. Les commentaires introductifs à chaque section, mais aussi parfois précédant le poète et ses poèmes, sont éclairants et permettent un approfondissement culturel subtil de la lecture…

Pour terminer, d’entre tous ces poèmes, à titre d’exemple, je choisis celui de Tou Fou (p. 219), qui vécut entre l’an 712 et 770, mais dont l’actualité est en quelque manière intemporelle :

Nuit d’été

Parfums frais des bambous dans la chambre.

Au jardin s’ensauvage le clair de lune.

Goutte à goutte, la rosée cristallise ;

L’une après l’autre les étoiles s’éclairent.

Étincelles dans le noir, une à une ;

D’une rive à l’autre les foulques s’interpellent ;

Là-bas, le monde entier est en guerre –

Seul sur mon lit, j’écoute et je médite.

©Xavier Bordes

Le monde est mon langage, Alain Mabanckou, Grasset, septembre 2016 (318 pages – 19€)

Chronique de Nadine Doyen

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Le monde est mon langage, Alain Mabanckou, Grasset, septembre 2016 (318 pages – 19€)


Le titre de l’essai n’étonnera pas celui qui connaît le globe trotter qu’est Alain Mabanckou : éminence à la carrure internationale, ô combien médiatique. Il sait faire rayonner la langue française tout autant que la littérature africaine.

La carte qui ouvre cette « autobiographie capricieuse » permet de situer tous les endroits mentionnés dont Le Congo « cordon ombilical », la France « patrie d’adoption » et l’Amérique où il enseigne (UCLA).

Il voyage d’un état à l’autre, à l’écoute des rumeurs du monde, croise ses pairs.

Ici un colloque, une table ronde, là une présidence de salon. En 2018, directeur artistique du festival Atlantide à Nantes . Les amitiés se tissent et se multiplient.

Chacune des villes est associée à des êtres marquants. Les lieux fécondent l’esprit.

Paris est donc pour Alain Mabanckou lié à Le Clézio, figure tutélaire. Il adresse un exercice d’admiration à cet homme lauréat du Prix Nobel 2008, « aux connaissances inépuisables ». Il nous plonge dans ses romans. Il évoque leur correspondance, se résumant parfois à de laconiques messages, se remémore leur conversation au Jardin du Luxembourg lors d’un vol retour de Bruxelles. Mais les voyages, les jetlags épuisent, et parfois le globe trotter s’endort en pleine conférence !

C’est aussi au cours d’un séjour en Guadeloupe qu’il fit plus ample connaissance avec Edouardo Manet, Franco-Cubain, et enregistra une interview pendant le vol de retour.

Alain Mabanckou déclare apprécier avoir un document sonore d’un auteur avec qui il a des affinités. « On appartient à la langue dans laquelle on écrit » , selon Makine.

Paris, c’est aussi son tailleur, styliste de Château- rouge, fervent défenseur de la poésie. A l’heure où la tenue des politiques est source de polémiques, savoir que « Jocelyn le Bachelor », féru de poésie, habille aussi des politiques, ça interroge !

On connaît l’élégance du sapeur Alain Mabanckou, son goût pour les couleurs. N’a-t-il pas persuadé Augustin Trapenard à venir se faire relooker chez « Jocelyn » ?

Dans le chapitre final, il rappelle l’origine de La Sape, déjà mentionnée dans des romans précédents : Société des ambianceurs et des personnes élégantes.

A Pointe-Noire, le romancier revisite son enfance, convoque sa famille, les âmes disparues et évoque la genèse de son roman : Lumières de Pointe-Noire.

Un saut à Montréal pour retrouver son ami académicien, son complice Dany Laferrière, exilé de Haïti, qu’il soumet à une interview. Il se remémore leur première rencontre. Depuis, leurs routes se croisent souvent, comme en Italie et ils ont tissé une amitié exceptionnelle. Avant d’aborder les ouvrages de son confrère, Alain Mabanckou brosse un portait du cuisinier, en train de préparer « une ratatouille d’aubergines au riz noir », et nous fait saliver quand ,lui, prépare un « poulet batéké ».

Il retranscrit un entretien autour de l’écriture. Comme beaucoup, il confesse avoir été abusé par l’un de ses titres provocateurs ! Ceux qui ont lu L’énigme du retour , « livre de la Renaissance » savent combien ce roman est « comme un chant de rédemption ».

A Londres, c’est une aventure inédite qui l’attendait : écrire une nouvelle, en 48 heures, dans un « refuge conradien », perché sur les toits.

Il nous embarque aussi en Egypte, à La Nouvelle Orléans, au Cameroum. A chaque destination, le lecteur découvre une pléiade d’auteurs.

Dans le chapitre du Caire, Alain Mabanckou a inséré un échange épistolaire avec Jean-Baptiste Matingou autour de la poésie. Ce dernier déplore la « désaffection pour la poésie », son aîné lui prouve au contraire qu’elle est « prolifique ».Elle a pris un autre visage. Il convoque des poètes de renom : le malgache Jean-Luc Raharimanana, le Polonais Julien Tuwim, le Marocain Abdellatif Laâbi, les haïtiens René Depestre et Jean Méttelus et maints autres. Des voix qui soutiennent ardemment la poésie.

L’auteur rend hommage, avec beaucoup de déférence, à de nombreux écrivains.

Parmi eux, ceux qu’il a étudiés, comme Henry Lopez, qu’il appelle « Doyen », qui, grâce à son chef d’oeuvre le pleurer-rire ( 1982), gagna « le rang de classique de la littérature africaine ». Ceux qu’il a lus, une vraie bibliothèque ambulante ! De toute évidence, Alain Mabanckou a bien retenu le conseil de son maître Sony Labou Tansi: « Lire, beaucoup lire avant d’écrire ». On apprend l’origine du titre de son roman : « Demain j’aurai vingt ans », emprunté au grand poète de Mpili (Congo).

Il se reporte à James Baldwin « dès que l’Amérique tremble dans son âme ».

Les voix féminines ne sont pas oubliées. Citons la romancière Bessora ( Gabon et Suisse) « d’un humour et d’une ironie irrésistibles », les Sénégalaises Aminata Sow Fall et Mariama Bâ, « méconnues du lectorat français ».

A Marrakech, il évoque sa rencontre avec Douglas Kennedy, « francophile » et nous avertit qu’il faut mieux éviter de l’aborder en anglais. Il retrace ses débuts (théâtre, journalisme) jusqu’à ce que la France l’adopte et commente son oeuvre.

Ceux qui collectionnent les citations seront comblés puisqu’ elles précèdent chaque chapitre. On croise entr’autres les voix d’ Eduardo Manet, Kateb Yacine, Édouard Glissant « qui souffre encore d’une réputation d’élitisme », Metellus, Camara Laye.

Alain Mabanckou, écrivain, professeur, « géographe de la langue », nous offre un passionnant périple multi culturel, intensément riche, ouvert sur le monde, où les langues dialoguent, où l’humour de l’auteur ravit le lecteur.

Opus éclectique, constellé de souvenirs, de références littéraires, autant de pistes de lecture à explorer. Vingt escales pour un voyage captivant et enrichissant.

De notoriété internationale, l’auteur, « oiseau migrateur », « l’ambassadeur de la littérature d’expression française » est en lice pour le Man Booker Prize,

Souhaitons lui bonne chance !

(Bonne chance aussi à Stefan Hertmans )

©Nadine Doyen

 

Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages.

Chronique de Lieven Callant

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Babouillec, Algorithme éponyme et autres textes, Éditions Rivages, novembre 2016, 137 pages.


Sous ce titre sont rassemblés plusieurs textes de Babouillec, pseudonyme pour Hélène Nicolas, jeune-femme diagnostiquée « autiste déficitaire à 80% ». Elle n’a pas accès à la parole et sa motricité ne lui permet pas d’écrire autrement qu’en utilisant un alphabet de lettres cartonnées qu’elle aligne une à une jusqu’à former des mots, des phrases, des textes d’une qualité aussi surprenante que remarquable. Malgré qu’on ne lui ait jamais appris à lire et à écrire, Babouillec écrit depuis 2006 une poésie qui renoue avec ses origines. L’écriture poétique de Babouillec est aussi un vaste champ d’expérimentations créatrices. Ailleurs et là où les phrases ploient sous le lourd fardeau d’une modernité desséchée et d’un nombrilisme vaseux, ici bien au contraire on rencontre une poésie débridée, des mots qui servent de points d’attache à une construction mentale rayonnante qu’on appelle espoir. Babouillec écrit par nécessité vitale, poussée par l’élan curieux de comprendre, d’acquérir des connaissances mais surtout par une volonté peu commune de partager, d’entrer en relation avec l’autre. La poésie est son fil d’Ariane, elle la guide à sortir du dédale de son cerveau.

« Il marche comme un ouvre-boîte mon cornichon de cerveau, alors il découpe la matière qui se vide de son sens. Je me retrouve blottie dans une tête sans étagère et commence le périple du rangement ».

L’écriture l’aide à combattre les limites normatives et sociétales qui visent à la maintenir prisonnière. Prisonnière d’un symptôme, du regard porté sur elle et imposé par la société de la norme, des codes à respecter si l’on désire être considéré en tant qu’humain. Babouillec sait fort bien qui elle est et comment son cerveau fonctionne, dans quelles limites fonctionnent les nôtres et comment les habitudes, les traditions intellectuelles façonnent les champs ouverts en chemins sinueux et balisés. Elle sait qu’elle ne peut s’y conformer sans perdre sa qualité si particulière et personnelle.

La poésie comme un long ruban de lumière, comme une naissance permanente, comme une tentative d’accorder son univers à celui de l’autre, des autres, comme s’ accordent entre eux les différents instruments d’un orchestre. Babouillec cherche et trouve des issues.

Lire les textes de Babouillec, c’est accepter de se laisser emporter par les flots de mots en leur posant toutes les questions, c’est marquer son accord de se laisser transpercer par les vides de nos langues de bois, nos contradictions et nos évidences sournoises. Lire Babouillec, c’est rire avec elle, c’est partager son opiniâtreté à tenter ce qu’on ne tente plus. Ce n’est plus juger de ce qui est utile ou ne l’est pas.

L’univers de Babouillec n’est pas confit de certitudes, elle voyage d’un extrême à un autre sans jamais se reconnaitre dans les miroirs de l’autre. Avec Babouillec on éprouve sa peine, sa difficulté, ses solitudes. Je comprends surtout que le problème, si problème il y a, vient de nous, de la société sujette à classer, à référencer, à énumérer et quantifier, à soustraire ou à ajouter de la valeur. Le problème est dans nos façons de dicter la loi, d’appliquer des règles et qu’exclure ce qui ne ressemble pas à ce que nous comptons récolter. Le problème est dans nos définitions de la poésie. Nous ne sommes capables que de lui imposer des limites. Les plus curieux surfent avec ses frontières, les plus heureux les franchissent mais la grande majorité se contentent de construire d’ épais murs sans véritablement comprendre ni même questionner leurs gestes.

La poésie n’a guère besoin de théoriciens, de bons pratiquants, de paroissiens fidèles, elle a besoin d’air, de liberté, d’espace. C’est ce que réclame Babouillec.

Les textes de Babouillec sont singuliers et inclassables. Ce livre comporte outre le texte qui lui a donné son titre d’autres textes rassemblés sous les titres de « Raison et acte dans la douleur du silence » et Je, ou Autopsie du vivant. Un film documentaire de Julie Bertuccelli retraçant le parcours de Babouillec est sorti en salle sous le titre de « Dernière nouvelle du cosmos ». Le livre comporte également une intelligente préface écrite par Pierre meunier auteur et metteur en scène, une introduction écrite par Babouillec où elle se présente et présente son livre. En annexe nous sont racontées la naissance et l’évolution de l’auteure, une biographie écrite par la mère de Babouillec clôt le livre.

Même si j’ai le sentiment que retirées de leur contexte elles perdent quelque peu de leur vigueur, je ne résiste pas à l’envie de citer quelques phrases issues du livre. J’espère qu’elles contribueront à laisser transparaître toute la dynamique du livre, l’énergie de la curiosité, le pouvoir que la découverte confère aux mots. Aucune lamentation chez Babouillec, pas de mélancolie non plus mais une logique lumineuse qui déboulonne la raison endormie par ses institutions.

« La perméabilité du subconscient libère tour à tour des zones d’ombre qui marquent leurs empreintes dans nos boîtes à penser comme un petit théâtre d’ombre et de lumière » p35

« Croyons-nous en l’humain comme un dieu qui fait l’histoire animée de l’oeuvre universelle écrite par lui-même pour « désoeuvrer » l’inscription sociale des démunis? » p35

« Le va-et-vient du conscient à l’inconscient du corps à l’esprit en bagarre de territoire pour imprimer l’information, la faire surgir du fond de nos habitacles soudés d’incertitudes.

Et ça cause, et ça cause.

Les limites d’exploration de chaque identité, règle fondamentale de note itinérance dans l’espace de l’autre. La

tolérance »

« Nous devons dès la naissance apprendre à compter sur nos propres ressources pour marcher dans le système préétabli du développement de la personne sociale intégrée.

Grand défilé de quatre pattes

Et tout le monde applaudit. »

« Nous survivons par l’instinct de survie, seul l’acte d’aimer nous sépare du vide. Acte dans l’absolu. »

« Des claquements incessants bruitent dans ma tête.

Une courroie s’est épuisée dans le combat utopique du tout contre le rien. Du rien contre le tout. Du tout ou rien. Du rien du tout. »

« Opaque lecture,

Nourricière des uns, meurtrière des autres,

Avec la même croyance du droit à l’existence.

Nos idéaux. »

« Mourir n’est pas de mise

Grandir dans la peur du jugement

Nous immobilise. »

« Le slogan, liberté égalité fraternité, in modernité, masque à utilité publique.

Sermon inscrit sur nos échanges monnayables. La valeur de notre liberté est identifiable à notre porte-monnaie. »



©Lieven Callant

Le soir on se dit des poèmes, poèmes de Thierry Radière, illustrations de José Man-gano, Éditions Soc&Foc, décembre 2016, 53 pages

Chronique de Lieven Callant

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Le soir on se dit des poèmes, poèmes de Thierry Radière, illustrations de José Mangano, Éditions Soc&Foc, décembre 2016, 53 pages


Thiérry Radière nous invite à partager ces moments singuliers, transparents, amusés et amusants que sont ceux lorsqu’on vit une tendre et lucide complicité avec son enfant, où celui-ci n’hésite pas à nous confier la magie de ses jeux, l’espoir de ses rêves et les questions qu’en toute logique il pose à son univers par l’intermédiaire de jeux de rôles, jeux d’idées, jeux de paroles.

Comme intermédiaire entre le parent et l’enfant tout naturellement s’installe le poème. Avec ce qu’il porte d’images impossibles, de réalités jamais observées qu’à hauteur d’enfant, de célébrations magiques de l’instant présent où les craintes de l’adulte face aux sombres menaces du futur s’estompent devant la spontanéité de l’enfant.

Le poème s’échange, le poème autorise ce que les rêves et les jeux mettent en place, le poème devient la voix de l’autre, le poème apaise sans jamais faire perdre de sens à la réalité. Car l’enfant étonne, son pouvoir d’adaptation et d’acceptation d’une situation durcie par la maladie invite souvent l’adulte à opérer le même genre de résilience afin de profiter de la chance de s’aimer.

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Les poèmes de Thierry Radière sont tous du côté de l’enfance, le poète ne l’oublions pas garde faculté de changer son point de vue, d’observer la vie sous tous ses aspects, d’enchanter la parole pour nous en révéler la nature particulière. De jolies illustrations signées José Mangano accompagnent les textes en appuyant la féérie qu’ils contiennent. Féérie du quotidien quand on a la chance d’avoir un enfant, de l’aimer et de comprendre que cet amour partagé ignore les restrictions.

Sources images: ici et

©Lieven Callant