Lectures de Patrick Joquel


Titre : Ce que nous sommes lorsque nul ne nous voit

Auteur : Adeline Baldacchino

œuvres de Michel Remaud

Éditeur : Ail des ours

Année de parution : 2 024

22e ouvrage de la collection grand ours est sous-titré Carnets normands. Un livre ancré dans un territoire comme on dit maintenant. Une Normandie des rivages. Avec des goélands dont le rire ne laisse personne indifférent ; ni leur vol. Des étoiles de mer : fascination de leur pouvoir de régénération… Fascination aussi devant l’enfant joueur. Remplir la mer de galets ou bien s’envoler à bord d’un cerf-volant… nous avons tous joué ainsi sur la plage ou sur le rivage à mouille moi les pieds si tu peux. Rien ne nous empêche d’y jouer encore à l’âge adulte, seul ou bien avec son enfant. Dans un des ces moments de grâce où nous sommes là, juste présent au maintenant de l’endroit. Juste soi. Face à l’océan. Avec ce sentiment profond de l’éphémère aventure de son corps, de son soi. Cette étreinte et son sourire 

…l’escapade (aussi insensée soit-elle)

aura été plus belle

qu’il n’était possible de l’imaginer.

Dans cette aventure, on joue à être parent ; mère ici. Écrire serait comme une lettre à son enfant ; une lettre à lire quand il sera grand… Les mots survivent un peu à la voix ; permettent le lien à travers le mystère de la vie. Écrire contre la perte. Écrire pour accompagner encore un peu. Pour croire encore à demain.

il n’y a pas de poésie

il n’y a que des preuves par le poème

des augures offerts

le pressentiment de la grâce

la joie que rien n’oblige.