François Spricigo, Imaginaire des innocences

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François Spricigo, Imaginaire des innocences
  • Jean-François Spricigo « Carnets du ciel », Galerie Maeght,  Du 7 au 29 novembre 2014 (mois de la photographie), Paris, « Toujours l’aurore », Galerie  Centquatre-Paris, novembre 2014.

« La fidélité à la fiction de ma vie au sein de la Vie elle-même est le témoignage le plus juste que je peux produire » écrit celui dont la photographie est une réponse au désastre de l’existence. Non que la vie tue mais bien plutôt parce que ses conditions s’amenuisent par la folie programmée des hommes. Ces derniers sont d’ailleurs « symboliquement » absents des paysages du photographe. Les animaux les relaient dans les grands espaces, la nuit, la montagne, l’isolement. Discret et solitaire Spricigo en devient le témoin à travers des photographies mystérieuses. La Galerie Maeght  en propose une trentaine de ses débuts jusqu’aux plus récentes.

Jean-François Spricigo né en 1979 à Tournai photographie depuis l’adolescence. À 29 ans, il entre dans la collection de la Bibliothèque Nationale de France. Depuis il est exposé dans le monde entier :  France, Belgique, Pologne, République Tchèque, États-Unis, Japon, Espagne, Brésil. En fusion inconditionnelle avec le monde naturel et les animaux il les saisit afin de les célébrer et de se réconcilier avec lui-même et ses semblables sans chercher à transcender le tumulte en contemplation métaphysique. Il l’observe et le prend comme unique norme face aux mutations du monde. Néanmoins il n’oppose pas l’une aux autres.

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François Spricigo Imaginaire des innocences

Sans indications de lieux ou de dates ses  « Carnets du ciel » sont un vagabondage marqué par cinq mots clés : « vertige, respiration, peur, tendresse et nature ». Chaque photo permet dit l’artiste  « de cohabiter avec nos forces obscures comme promesse de lumière. » En noir et blanc ou en couleurs, la narration joue de contrastes incessants afin d’engendrer un vertige dans un flou  particulier où le monde n’est jamais figé ou arrêté. Surgissent l’émerveillement, la paix mais aussi la violence et la peur selon un mouvement particulier propre à intensifier l’espace-temps où sont reliés l’animal et l’homme, les grands espaces et les frontières urbaines. La photographe fait sortir de l’ombre la lumière, le plein du délié. Elle devient l’étoffe des songes par décloisonnement du réel.

©Jean-Paul Gavard-Perret