Service de presse n°31

 

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Conditions premières d’un travail non servile, Simone Weil, éditions L’Herne.

    • Le livre :

S’il est un travail vivant – mode d’activité essentiellement humain – c’est d’abord le travail manuel, méprisé par les Anciens, véritable levier qui met le monde en mouvement et pivot spirituel de la communauté réconciliée. Il faudra libérer le travail, pour que naisse une société d’hommes libres, pour qu’autour de la production se cristallise la fraternité. Il appartient aux travailleurs de se réapproprier l’appareil productif, pour que s’élargisse « peu à peu le domaine du travail lucide ».

  • L’auteure :

(1909-1943) : née à Paris dans une famille juive non pratiquante, Simone Weil rejoint le Front républicain espagnol et connaît sa première révélation mystique à l’abbaye de Solesmes, après avoir participé aux grèves de 1936 en France.

Lucide sur ce qui se passe en Europe, elle se réfugie à Marseille avec sa famille le 13 juin 1940, lorsque Paris est déclarée « ville ouverte ». C’est à cette époque qu’elle commence la rédaction de ses Cahiers. En 1942, forcée de se réfugier avec sa famille aux États-Unis, Simone Weil refuse de quitter ses compatriotes et revient aider les Forces françaises libres en Angleterre. Malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle tente de rejoindre les réseaux de résistance sur le territoire français. L’entourage du général de Gaulle refuse, considérant qu’elle risquait d’être rapidement capturée par la police française — étant juive et déportée. Atteinte de tuberculose, elle s’éteint le 24 août 1943 au sanatorium anglais d’Ashford, à l’âge de 34 ans.

  • Conversation avec Trotski, Simone Weil, éditions L’Herne.

    • Le livre :

Fin 1933, durant quelques jours, Simone Weil hébergera chez ses parents Léon Trotski (avec femme, enfant et gardes du corps): longues et véhémentes discussions sur la révolution, sur le rôle du Parti communiste allemand dans le déclenchement de celle-ci…

Trotski : « Si vous pensez ainsi, pourquoi nous recevez-vous ? Êtes-vous l’Armée du Salut ? » ; commentaire de Nathalie Sédov, l’épouse de Trotski : « Cette enfant qui tient tête à Trotski ! ». Ils finiront la soirée dans un cinéma de quartier où était projeté le film Okraïna du cinéaste soviétique Boris Barnet

  • Le jour aux ignorants, poèmes de Véronique Wautier et dessins de Godelieve Vandamme, éditions Eranthis.

    • Vu par pierre Tréfois :

Confier le jour aux ignorants – que, peu ou prou, nous sommes tous – c’est ouvrir, à leur intention, un livre où les dessins de Godelieve Vandamme et les poèmes de Véronique Wautier, allés de concert, offrent couleurs, signes et mots échangeant leurs épures et rebus ; c’est leur proposer un regard novice sur le réel en gésine, c’est le convier à un partage où nul ne perd ni ne se perd.

Alors les ignorants, en sursaut d’alphabétisation rêveuse, savourent cette offrande essentielle et comme fruitée, et se lovent dans ses fragiles contrepoints.

  • Là où sont les oiseaux, Véronique Wautier, éditions Le Coudrier ; préface de Jean-Michel Aubevert ; illustrations de Pierre Mainguet.

    • Véronique Wautier a plus d’un recueil dans sa manche…

Elle attrape les mots au vol comme tombés du bec d’un oiseau, se rallier à leur chant. Elle est au livre des jardins le retour du printemps au chevet d’un enfant. Elle déroule le paysage pour mieux nous le faire habiter, nous ouvre les yeux au creuset du cœur. Un chant s’élève aux lèvres de ses lignes. Elle place l’écriture au cœur de la nature, en chemin de la vie à vivre, entre quotidien et vérité poétique des jours. D’un banc au soleil, elle tire la convalescence des froidures, un remède aux ténèbres. Ecrire et vivre marchent pour elle d’un même pas d’espérance au logis des astres.

Un pied après l’autre, elle ravive les foyers de lumière où les paumes se réchauffent dans la sagesse d’une jeunesse affective.

  • Extrait de la préface de Jean-Michel Aubevert

« A bien des égards, l’univers du poète relève du merveilleux, voire du fantastique, non du surnaturel. Le poète soulève le paysage en marchant. Il l’embrasse d’un regard, s’affranchit des distances, englobe jusqu’aux astres, plus particulièrement la lune, la ronde, à l’éclairage quelque peu fantomatique. A mesure, il arpente ses propres visions, toise le cri où il est tenté de s’abîmer. Il soulève la poussière jusqu’aux cendres sur son chemin.

  • Mes intimismes – Mélange ouvert à deux battants, Monique Thomassettie, éditions M.E.O.

    • Dans ce genre très particulier qu’est le « mélange », pensées, souvenirs, fragments, dialoguent avec des œuvres plastiques de l’auteur et des œuvres d’enfance, voire de prime enfance de sa fille.
      « Mes fenêtres sont souvent intimistes », dit-elle en guise de sous-titre à son œuvre. des fenêtres qu’elle ouvre pour nous.

  • Oratorio#β, Anthologie de poésie, avant-propos de Nasser-Edine Boucheqif, préface de Jean-Michel Djian, éditions Polyglotte – Ciccat.

    • « Oui, il y a dans ce texte puissant et invertébré un écho de nous-mêmes, quelque chose qui nous dit que la haine de la mort, la nôtre comme celle des autres, vaut d’être célébrée à l’aune de nos défaites. Dans ce théâtre de la cruauté auquel nous invitait Artaud, il y a, ci-après, de quoi s’interroger sur la matière de l’impossible. Ce réel impossible. Cet abstrait impossible. Cette vie impossible. Laissez-vous enflammer par ce chœur qui cherche derrière la frénésie d’un quotidien orgueilleux et ennuyeux le mystère palpable de notre existence.

Jean-Michel Djian (extrait de la préface)

  • Poètes Français et Marocains, Anthologie (1) ; choix, introduction et traduction par Nasser-Edine Boucheqif ; éditions Polyglotte-C.i.c.c.a.t.

    • « … S’il y a une fierté à initier cette aventure collective qui ne fait que commencer, ce serait de voir des poètes Marocains et Français réunis dans cette Anthologie au-delà des écoles, de l’âge ou de la renommée. Ce serait de voir la poésie revivre et circuler encore à travers toutes ces voix réunies, qui nous rappellent que la poésie peut beaucoup et de belles choses… » Nasser-Edine Boucheqif

Les revues suivantes :

  • Les Cahiers de la rue Ventura n°23, février 2014 ; cl.cailleau@orange.fr ; http://clcailleau.unblog.fr

    • Dossier : Bernard M.J. Grasset

      • Textes de Geneviève Roch, Bernard Grasset, Françoise Nicol, Jean-Claude Coiffard, Eliane Biedermann, Jean-Pierre Boulic, Pierre Kobel, Gérard Paris, Colette Nys-Mazure, Gérard Bocholier, Eva Gentes, Eric Simon, Jean-Louis Vieillard-Baron, Jean-Paul Resweber

    • Vers et proses, chroniques et notes de lecture

  • Florilège n°155, juin 2014

    • Peintures de Colette Denizot

    • Poèmes, nouvelles, reportages, revues en revue, notes de lecture

    • Lauréats du concours d’écriture « Dis-moi dix mots »

  • Plumes et pinceaux n°126, juin 2014

  • Reflets Wallonie Bruxelles n°40, avril à juin 2014

    • La fédération Wallonie-Bruxelles vient de décerner

      • le prix de poésie à Emmanuelle Ménard, auteure publiée dans la revue Traversées

      • le prix de la nouvelle à Noëlle Lans

    • Notes de lecture

    • Beaux-arts : Marie Cornelis

Les auteurs de Traversées ont aussi été publiés :

  • Alain Dantinne :

    • La promesse d’Almache, roman, Weyrich

Après vingt ans de vie bruxelloise trépidante, Dydie et Pierre choisissent de quitter la capitale pour s’installer dans l’ancienne hostellerie d’Almache qu’ils viennent d’acquérir. Cette bâtisse ardennaise, témoin de leur quotidien isolé, sera aussi le lieu de fêtes et de parties de bridge qu’ils partagent avec leurs amis. Mais le bonheur est éphémère. Au décès de son mari, Dydie s’effondre, elle a perdu son complice. Elle se retrouve seule, perdue dans son imposante maison. La vie continue néanmoins, ponctuée d’excès et de folies que lui permet la fortune de Pierre. Elle soigne sa mélancolie dans le champagne et se console dans l’affection que lui porte son neveu Arthur, son confident, à qui elle décide de léguer l’ancienne auberge…

  • Corinne Hoex :

    • Décollations, L’âge d’homme

Eugénia n’a pas de tête et cela lui convient très bien.

Au moins, elle n’a pas la tête des autres, elle n’a pas l’air de famille.

Eugénia est libre et sa tête, la tête qu’elle n’a pas, roule sa bosse où elle veut.

Avec ce nouveau livre, impertinent à souhait, Corinne Hoex nous entraîne dans un monde de fantasmes, un univers insolite et extravagant.

Le triomphe de la fantaisie.

  • Armel Job :

    • Dans la gueule de la bête, roman, Robert Laffont

      Qu’est-ce qu’elle peut bien y comprendre, Annette, à ces rendez-vous du mercredi après-midi, à l’abri des regards indiscrets, chaperonnée par des bonnes soeurs au regard doux et préoccupé ? Peut-être que si elle ne s’appelait pas en réalité Hanna, peut-être que si elle n’était pas juive, la fillette pourrait voir ses parents autrement qu’en catimini…
      Le peuple de Liège a beau renâcler devant la rigueur des lois antijuives, les rues de la ville, hérissées de chausse-trapes, n’en demeurent pas moins dangereuses. Un homme, en particulier, informateur zélé de l’occupant allemand hantant les bas-fonds de la cité, exilerait volontiers les parents d’Hanna vers des cieux moins cléments. Mais la trahison ne vient pas toujours du camp que l’on croit.

      Comment réagissent des gens ordinaires confrontés à une situation extraordinaire ? Quelle est la frontière entre le bien et le mal, entre un héros et un salaud ? Inspiré de faits réels, Dans la gueule de la bête saisit toutes les nuances de l’âme humaine, tour à tour sombre et généreuse, et invite chaque lecteur à se demander : « Et moi, qu’aurais-je fait pendant la guerre ? »

       
  • Werner Lambersy :

    • Opsimath, poésie, Atelier Rougier

Qui apprend sur le tard, à la fin de sa vie »…

Werner Lambersy nous livre là des tercets où les mots liés aux circonstances de son chemin de vie atteignent l’inégalable évidence de nos quotidiens.

  • Emmanuelle Ménard :

    • Impressions new-yorkaises, poésie, Le Coudrier

Flux arrêté sur images qu’aussitôt d’autres chassent, les flashs se bousculent, rendant compte de la surstimulation que provoque la mégapole. Poème fleuve pour ville monde, New-York inscrit ses contrastes dans l’oxymore, ange démon, paradis enfer, qui nous laisse sur sa fascination. Emmanuelle MENARD avait rêvé New-York avant même d’y séjourner. Mots d’amour et de guerre où le froid métal côtoie l’âme ardente de la ville, ce recueil est avant tout le fruit d’un coup de foudre. Il évoque aussi la rencontre fatale avec l’être aimé qui se superpose à la ville : ici la poétesse est l’amoureuse qui déambule à la fois dans le dédale des rues et dans le dédale de son cœur.

  • Deux jours comme l’hiver, roman, L’Harmattan

La rupture entre Claire et François le conduit à se plonger dans son passé et à se livrer à de multiples réflexions sur la vie, l’amour, le temps, la liberté, etc. Dans cette souffrance, François est progressivement amené à la folie. Une folie bénéfique qui lui ouvrira de nouvelles portes tout en lui renvoyant une image plus riche de lui-même et qu’il n’avait pas soupçonnée.

  • Colette Nys-Mazure :

    • Colette Nys-Mazure, accordée au vivant, monographie de Mathieu Gimenez, Luce Wilquin

Écrire la biographie de Colette Nys-Mazure est une gageure. Sa vie transparaît dans tous ses écrits. Chaque essai, chaque poème, chaque recueil de nouvelles est nourri de ses expériences. Sans entrer dans le jeu de l’autofiction, elle se livre et se laisse lire à travers ses phrases qu’elle travaille avec amour et exigence. Cette biographie, Colette Nys-Mazure l’écrit et la vit au jour le jour, ajoutant chaque année de nouveaux textes et de nouvelles expériences à une œuvre d’une richesse féconde. La figure de Pénélope s’impose ici tant la volonté de tisser des liens et de susciter des échos est présente chez l’auteure de Célébration du quotidien. Tout est lié, le vivant s’imbrique dans le vivant. Cette monographie recherche ce regard en tentant de mettre au jour le rythme intime de l’œuvre et des mots qu’il nous appartient de faire résonner.

  • Christine Van Acker :

    • Ici, Le Dilettante

Ici, l’«Ici» majuscule de Christine Van Acker, n’est pas le «là» de tout le monde, un lieu-dit parmi d’autres, c’est son lopin d’élection. Un village à l’écart où elle réside dans l’ancien «café de la jeunesse». En rupture de ville, elle a choisi la campagne pour passer de l’urbanisme à l’urbanité, de la grisaille planifiée à la bienveillance spontanée, du dernier cri aux gens du cru. Ce qu’elle nous dit là d’Ici est un herbier d’impressions émues, une collecte de sentiments vifs et saillies brèves éprouvés par un couple de citadins immergés dans une ruralité accueillante. Un couple, néanmoins toujours entre deux mondes, pris entre les visites de ceux de «là-bas», la ville au loin, et la découverte de ceux d’Ici, devenus la fratrie quotidienne. «Chez ces gens-là», on ne triche pas trop, on «se balade peu», on rend service, on boit dru et on pisse raide, on vit selon. Il y a Albert qui chôme comme il respire, la horde des «barakis» repliée dans son repaire barbare, les voisins, les arbres, le ciel, le cimetière et les sentiers. Il y a même «la descente de la mort qui tue». Mais lhôte majeur, c’est le temps et cette quatrième aiguille, figée, de l’horloge: lennui. Car, quon le veuille ou non, l’ennui est à la campagne ce que le stress est à la ville, et Christine Van Acker, au fil de ces feuillets regroupés d’une néorurale, se livre à une patiente analyse de la perception du temps: «grosse bouchée qui ne veut pas passer», cette «pelote que même le chat ne remarque plus», le temps collé à la tempe pour la «roulette russe d’une journée à vivre, ou non». Alors bienvenue «Ici» où«nul ne pourrait dire qui, du vivant ou du mort, est le voisin de l’autre».

  • Antoine Wauters :

    • Nos mères, roman, Verdier

    • Dans un pays du Proche-Orient, un enfant et sa mère occupent une maison jaune juchée sur une colline. La guerre vient d’emporter le père. Mère et fils voudraient se blottir l’un contre l’autre, s’aimer et se le dire, mais tandis que l’une arpente la terrasse en ressassant ses souvenirs, l’autre, dans le grenier où elle a cru opportun de le cacher, se plonge dans des rêveries, des jeux et des divagations que lui permet seule la complicité amicale des mots.
      Soudain la guerre reprend. Commence alors pour Jean une nouvelle vie, dans un pays d’Europe où une autre mère l’attend, Sophie, convaincue de trouver en lui l’être de lumière qu’elle pourra choyer et qui l’aidera, pense-t-elle, à vaincre en retour ses propres fantômes.
      Ce texte, cruel et tendre à la fois, est avant tout le formidable cri d’un enfant qui, à l’étouffement et au renoncement qui le menacent, oppose une affirmation farouche et secrète de la vie. C’est ce dur apprentissage, fait d’intuition et de solitude, qui lui ouvrira plus tard des perspectives insoupçonnées.

 – Juin 2014

Le 2ème Salon de la Poésie de Virton–Appel à participation

Le 2° Salon de la Poésie de Virton

« Les éditeurs vus par leurs auteurs »

dans les caves de l’hôtel de ville.

samedi 11 octobre 2014

Hotel de ville de Virton  Rue Charles Magnette 17 6760 Virton, Belgique

Hotel de ville de Virton
Rue Charles Magnette 17
6760 Virton, Belgique

Vous connaissez maintenant Patrice Breno et sa revue trimestrielle « Traversées ». Ce sera la deuxième année qu’il organise ce rendez-vous dont le Luxembourg avait bien besoin. Chloe des Lys et ACTU-tv y seront bien sûr.

premier salon de la poésie le 26/10/2013

 

 

Chers éditeurs,



C’est en qualité de responsable de la revue littéraire trimestrielle « Traversées » que j’ai le plaisir de prendre contact avec vous.

 

Le samedi 11 octobre se déroulera dans les très belles caves de l’hôtel de ville de Virton (Belgique) le deuxième Salon de la poésie « Les éditeurs vus par leurs auteurs », auquel éditeurs et auteurs sont les bienvenus. Comme les places sont limitées, si vous êtes intéressé, une (ou plusieurs) table(s) de 1,80 m X 0,80 m pourra être mise à votre disposition. Ce salon est bien entendu ouvert à tous !

 

En voici le programme :

 

de 14h à 18h : Salon de la poésie

Stands : tenus par les éditeurs et auteurs

Tribune : lectures / tables rondes / conférences…

 

Séance de dédicaces

 

Je ne doute pas que vous percevez toute l’audace de ce projet et c’est donc avec confiance que je me tourne vers vous. 

Pourriez-vous dès lors par retour de courriel ou par téléphone au 0032(0)497442560 ( au plus tard pour le 20 août 2014) me confirmer votre participation ou me prévenir au plus vite si vous aviez un empêchement quelconque ?

 

Dans l’espoir que ce Salon de la poésie trouvera de l’intérêt à vos yeux, recevez, chers éditeurs, mes salutations distinguées.

Patrice BRENO

Revue Traversées

Prix de la Presse Poétique 2012

Directeur de publication

43, Faubourg d’Arival

6760 VIRTON (Belgique)

https://traversees.wordpress.com/a-propos/

0032 497 44 25 60

 

Martin Melkonian, Traces de secours, Éditions La Feuille de thé

Melkonian

Martin Melkonian nous surprend à chaque parution.

Dans ce nouveau recueil, Traces de secours, qui épouse la tonalité du précédent, Minimes, l’auteur donne à lire sans classement apparent des pensées, des aphorismes, des définitions bien pesées. Toutefois, littérature et écriture y occupent une large place. La concision est de rigueur, et certaines formules mériteraient d’être mémorisées ou partagées sur twitter.

D’emblée, l’exergue du livre rend hommage à son éditrice, « éclusière de la pensée et des lettres ».

Les aphorismes semblent avoir le vent en poupe si on en juge par les parutions récentes. Pour Dominique Noguez, « la quintessence de la littérature tient dans ces vues sur le monde en forme de définition ou d’observation brève, tournant au mot d’esprit ».

Martin Melkonian livre ici sa propre vision de l’écrivain : « Le ministère d’un écrivain est aux frais de la solitude » ; sa propre conception de la lecture, « religieuse dans la mesure où elle relie ». Il souligne le rapport amoureux qui se tisse entre lecteur et auteur, lorsque « l’échange est profond ». On se laisse volontiers happer par cette trinité : « L’écriture – pour l’offrande. La lecture – pour la trace. La parole – pour le relais. »

On relève dans Traces de secours des injonctions (« Ne bavarde pas ta vie »), des conseils (« Vivre grain à grain »), mais aussi des interrogations où on perçoit les inquiétudes de l’écrivain quant à « la dégradation de la planète ». Martin Melkonian nous encourage à faire preuve d’altruisme, d’autant que, déclare-t-il, « personne ne peut me retirer ce que j’ai donné ». On notera l’effacement du je au profit du il, et cette phrase significative, radicale : « Il ne souhaite plus dire je. » De même, ces deux autres non moins significatives, non moins radicales : « La fonte des neiges ? Non, la fonte du je. » Comme Sylvain Tesson, l’auteur prône de « s’abandonner » à la vie et à l’écriture. Il fait l’éloge de la lenteur, s’inscrivant ainsi dans ce nouveau courant baptisé « slow », apte à rendre nos existences plus riches.

Si Martin Melkonian conçoit l’amitié comme « une écoute douce », dans Minimes et dans ce nouvel opus, il admet qu’elle aussi a « sa foudre ». Il explore les lisières du bonheur (« Le bonheur ne relève pas d’une énergie renouvelable »), une façon d’écarter le malheur. Il met en corrélation des entités telles que vivre et exister, imaginaire et mémoire, désir et détail. Il aborde la fuite du temps, la vieillesse et l’échéance inéluctable, avec le rappel de « la loi souterraine du ça continue ». Comme disent les Anglo-Saxons, « the show must go on ».

L’écrivain compose un véritable hymne aux livres. Pour lui, chaque livre invite un autre, toute lecture exige une lecture suivante : « Le livre de l’un ouvre le livre de l’autre. » C’est ainsi que « lisant d’abondance, le liseur devient liseron ». Le Narrateur (le « je » devenu « il ») ne tient-il pas « grâce au sûtra de ses lectures » ?

Le mot « trace », fil rouge du recueil, mène aux Calligraphies imaginaires, pleines d’énergie, d’élégance et de légèreté, que l’auteur peint et expose en ce moment à Paris. Un soupçon d’humour s’invite entre les lignes ; il favorise une autre écoute des mots : « Je serre les détails. Je sers les détails. »

Traces de secours est une gourmandise à savourer avec lenteur, une belle invitation à la méditation. Martin Melkonian signe un recueil rare, truffé de pépites qui pollinisent le lecteur. Il précise de façon inoubliable : « Les phrases sont des madeleines. »

© Nadine Doyen

La Cigarette et le Néant, Horace Engdahl, Serge Safran

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  • La Cigarette et le Néant, Horace Engdahl, Serge Safran ( 17€-184 pages)

Un titre qui surprend. Un recueil traduit par une armada d ‘étudiants traducteurs.

Horace Engdahl livre une compilation de fragments, de pensées éparses, d’aphorismes, d’apostilles, de diverses longueurs, le tout réparti en quatre volets.

De nombreuses réflexions sont centrées sur l’écriture et l’écrivain. Il donne à voir la « tâche ingrate du métier d’écrivain », qui « passe des heures à accoucher de quelques lignes, consommées par le lecteur en moins de deux ».

Il tente de décrypter pourquoi les romans réalistes exercent autant de fascination.

Il met en exergue l’importance d’entendre la voix de l’auteur dans son livre, et démontre que tout écrivain a une ou plusieurs figures tutélaires qui ne sont pas sans influencer le ton. Lui-même cite ses références: des auteurs scandinaves , Balzac,Chamfort, Cioran, Blanchot. Horace Engdahl décline un exercice d’admiration à l’encontre de ceux qui l’ont nourri de « quelques lignes lumineuses ».

Il affiche des positions très tranchées concernant le langage: « Laissons donc le vocabulaire tranquille. » Il porte un regard sévère sur les bloggeurs qui échangent une foultitude de banalités, soulignant la différence avec Montaigne.

Il consacre une étude très fouillée à la critique littéraire, montrant la difficulté du genre. Il aborde le domaine de l’art et analyse la vision du sacré chez les peintres.

On peut lister, comme Charles Dantzig dans son encyclopédie capricieuse, ce que Horace Engdahl abhorre: un public qui s’esclaffe niaisement, la sensiblerie.

Il déplore le manque de convivialité du téléphone et les sollicitations dont on est assailli. De même il condamne le manque de civilité, de respect qui prévaut.

Quant à ce qu’il aime, on note « le jingle qui précède l’apparition du présentateur, dans le journal belge ». Il connaît quatre cafés de Vienne qui se veulent « berlinois » et nous en dépeint l’atmosphère.

Il distille des conseils de sagesse, enseigne à relativiser ( un échec, une erreur).

Il donne son avis sur de multiples sujets: la vérité, le savoir, le bonheur.

Il se remémore ses rêves, sa première journée d’école, des anecdotes.

On devine une certaine nostalgie à l’idée de voir des choses tomber dans l’oubli.

L’auteur revient sur l’époque où on ne craignait pas d’afficher les vertus de la cigarette après « un rapport fougueux ».

Serait-il visionnaire ou alarmiste quand il évoque « la décadence de la culture

européenne »?

Horace Engdahl termine cet opus par un hymne à la forêt, qui « comme les grandes villes, nous font toucher l’infini ».

Il signe un ouvrage qui se picore au hasard des pages, qui ouvre de multiples pistes de réflexions, dans lequel on trouve de l’érudition, de l’humour et de l’humanité.

©Nadine DOYEN

LA DAME À LA CAMIONNETTE – Alan Bennett – Buchet .Chastel

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  • LA DAME À LA CAMIONNETTE – Alan Bennett – Buchet .Chastel

( 115 pages – 9€)

Alan Bennett nous relate les tribulations de La dame à la camionnette à qui il a offert refuge, une oasis de paix. Le récit, construit à partir de notes du journal de l’auteur, court de 1969 à 1990, sur fond des années Thatcher confrontées à une crise.

Le récit s’ouvre sur une situation ubuesque. Qui va accepter de voir stationnée devant chez lui cette camionnette? Mais qui est Miss Shepherd, cette dame excentrique?

Toutefois, elle génère un élan spontané de solidarité, d’altruisme, mais d’aucuns avaient parfois « envie de l’étrangler ». Mais comment a-t-elle échoué chez le narrateur, qui deviendra son protecteur providentiel pendant plus de quinze ans?

L’auteur brosse un portrait haut en couleurs, pittoresque de cette semi clocharde,au « comportement vindicatif et querelleur », qui trouve à redire quant à l’exiguïté du sanctuaire mis à disposition.

Il la compare à Monet, quand elle repeint sa Reliant Robin. Il la suit dans ses activités quotidiennes ( lettres à des sommités, dont à la Dame de fer, rédaction de pamphlets). Son accoutrement (robe faite de chiffons assemblés) interpelle la police. Elle confie des bribes de sa vie qu’elle juge ratée. Elle nourrit des projets dont une émission radio. Elle ne manque pas d’afficher ses idées politiques, son « fanatisme catholique », son anti CEE, et d’arborer l’Union jack en honneur du Jubilé de la reine. L’année 80 fut pour elle , éprise de justice, une véritable « annus horribilis ».

La présence de ce véhicule, tapi au fond du jardin de l’auteur, fait penser à Partance, la caravane de Guy Goffette. Ce huis clos isole et accueille la solitude de l’héroïne.

Si le covoiturage est encouragé,une telle cohabitation est-elle vivable pour l’hôte?

Le narrateur réussit à susciter l’empathie pour cette femme, vouée à vivre en marge, que l’on croit suivie par les services sociaux. Quand Alan Bennett procède à la radiographie du contenu de la camionnette, c’est le choc, en plus des odeurs pestilentielles. La montagne d’immondices qu’il découvre est indescriptible: « un conglomérat de vieux vêtements, de sacs en plastique et de nourriture à moitié avariée ». Il nous plonge au coeur de la misère et du dénuement.

L’auteur épingle ceux qui vivent d’allocations, comme Miss S, considérée une « Parasite-payée-à-ne-rien-faire de la société ». Il soulève la question de la dépendance pour les personnes âgées. Alan Bennett nous réserve un ultime coup de théâtre avec le retour de Miss Shepherd.

N’ayant distillé que des indices, le narrateur sait nous tenir en haleine jusqu’aux révélations finales, renversantes pour le lecteur, à savoir le mystère sur son vrai nom et la raison pour laquelle elle fila à l’anglaise. Dans le post-scriptum, Alan Bennett nous apporte les réponses à nos interrogations, comblant ainsi les lacunes sur le passé de la protagoniste, au destin pathétique.

Il retrouve son frère grâce à une enveloppe qu’il réussit à exhumer du capharnaüm.

Quant à la camionnette, il la fait immortaliser par son voisin peintre en « une esquisse plus romantique » avant qu’elle ne quitte définitivement son jardin.

Alan Bennett, pétri de remords, ressuscite cette figure énigmatique, qu’il hébergea dans son jardin, en lui consacrant un article dans une revue, une série d’émissions, et ce roman traduit en 2014. L’auteur, que La reine des lectrices a rendu célèbre, a su, avec humour, réhabiliter l’ image de Miss Shepherd, lui redonner sa dignité. Il signe un portrait singulier, nimbé de mystère tel « un personnage de Dickens », empreint d’humanité et de tendresse, mais Alain Bennett concède écrire sur des choses un peu décalées. Si Miss Shepherd a laissé un « indésirable héritage » dans le voisinage du narrateur, elle marquera aussi le lecteur par sa démesure, ses idées loufoques.

« Incredible » ( incroyable) aurait-on envie de s’exclamer et pourtant vraie, cette aventure.

©Nadine Doyen