Les lectures du mois de janvier de Patrick Joquel
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poésie
Titre : Les mains autour du bol à fleurs
Auteur : Christophe Jubien
Editeur : editions Echo Optique
ISBN : 2-908088-48_7
Année de parution : 2 012
Prix : 8€
Un recueil de haïkus. Présentés par trois. Un bel ensemble, bien cohérent. Avec bien sûr pour chacun des perles ; question de lecteur, d’attente, de complicité. Pour moi, en voici trois :
Coccinelle sur un mur
Ce n’est plus tout à fait
Une journée de travail
Epluchées lavées
Sur le rebord de la fenêtre
Quatre carottes
Et pour cette complicité avec Norge
La paix conclue
Avec la mouche
L’étendre au monde
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Titre : Un éléphant au paradis
Auteur : Thierry Casals
Illustrateur : Ana Yael
Editeur : Motus
ISBN : 978-2-36011-014-8
Année de parution : 2011
Prix : 10€
Le paradis… Les anges… Rêves d’enfances… Ou bien le vert paradis des amours enfantines si Agathe s’en souvient… Un peu de tout cela oui mais aussi beaucoup de douceur, de tendresse. On y croise un éléphant, passeur pour une vie au paradis… On discute avec les anges… On apprend qu’on les croise dans la rue, suffit d’ouvrir les yeux, le bon. On se dit que vivre au paradis c’est déjà tous les jours avant l’autre… Celui de l’éternité dont on apprend qu’elle a des durées différentes. Un livre vrai, léger, contemporain. Une belle réussite. Couronnée par le prix Sadeler 2012.
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Titre : quotidiennes pour résister
Auteur : Georges Cathalo
Editeur : La porte
Année de parution : 2 013
Toute petite plaquette mais forte de résistance. Un hymne aux indignés, aux réfractaires. A tous ceux qui marchent en dehors des clous. Quand le poème s’engage auprès des droits de l’homme et contre la pensée unique, l’air devient comme plus léger. Quelques mots, quelques livres : pour vivre mieux.
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Titre : Tu vas attraper froid
Auteur : Eric Sénécal
Editeur : Librairie Galerie Racine
ISBN : 978-2-243-04531-4
Année de parution : 2012
Prix : 15 €
Avec Et me sucer jusqu’à mourir, ça commence fort. Chute. Saignement. Solitude. Des petits pavés de prose qui accompagnent un enfant de dix ans qu’on empêche de voler… le drame de l’albatros et Mozart qu’on assassine. Ça remet les pieds du poème sur terre.
Le moribond moribondera ; un poème comme une feuille de route. La vie se termine mal on le sait, mais entre le premier cri et le dernier souffle, si tout est loin d’être un long fleuve tranquille et rose, il existe la résistance des beaux jours. Les éclairs de joie. De l’écriture à la faucille étincelles comprises.
Bout du quai/chair de souvenirs. Personnellement j’aime le géopoétique. Pas toujours, mais souvent. Ici la flânerie errante me convient ; je lui embraye le pas et entre dans la songerie déambulatoire de ce vieux quartier de Dieppe que du coup j’aimerais arpenter en compagnie d’Eric.
Ecrire parfois, écrire souvent apaise les raideurs de la nuque, retient le fouet de la branche de noisetier. On contemple l’Ecureuil, fraîchement.
se rappeler
pas se souvenir
le puits sans pièces regarde le ciel vide de son orbite énucléée
tant d’absence
poésie pour écoper le trou
L’absent ici c’est Dédé, l’aviateur, le héros… et le présent la froide réalité qui vient poser le silence.
Des poèmes… Des textes… Comme autant de moments de vie… Une vie d’homme.
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Roman
Titre : Cartographie des nuages
Auteur : David Mitchell
Editeur : points
ISBN :978-2-7578-2696-6
Année de parution : 2012
Prix : 8.90
De 1850 à l’un de ces futurs ouverts à notre Terre, l’Histoire passe à travers quelques êtres humains. Leur point commun : une tâche de naissance. Le destin, sa marque. Plusieurs histoires qui se succèdent, s’entrecroisent, s’entremêlent. Tout se tient et tient à si peu.
Cet auteur nous offre de sacrés bons moments de lecture !
Trois ou quatre fois seulement dans ma jeunesse, j’ai entrevu les îles de la Joie avant que les brouillards, dépressions, fronts froids, vents mauvais et courants contraires ne les emportent… Croyant qu’il s’agissait des terres de l’âge adulte, je pensais les revoir au cours de mon périple ; aussi ne pris-je la peine d’en enregistrer ni la latitude, ni la longitude, ni la voie d’approche. Jeune et fieffé crétin. Que ne donnerais-je aujourd’hui pour obtenir une carte définitive d’un immuable ineffable ? Posséder, si pareille chose existait, une cartographie des nuages.
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Titre : Les mille automnes de Jacob de Zoet
Auteur : David Mitchell
Editeur : éditions de l’Olivier
ISBN :978-2-87929-761-3
Année de parution : 2012
Prix : 24€
Fin 18e. Au Japon. Un roman sur fond de comptoir commercial, de choc culturel. D’ambitions diverses et de recherche de profit. Un homme, Jacob, tente l’intégrité. La différence. La fidélité. Ça se lit comme une conversation avec un bon compagnon. Dépaysement assuré. Humanité de tous les jours. Cet écrivain sur quatre livres lus, quatre bons livres. Ça fait plaisir.
©Patrick Joquel






