Jacques Izoard

Brûle-pourpoint

Et voici qu’un léger lilas
sort de l’ombre et me plonge
dans un air plus fluide et léger.
Mais je demeure moi-même
malgré noire nuit nocturne
et l’indéfinissable désir
et l’attente infinie.

Avec nos doigts trempés d’air
nous nageons sous l’eau,
nous déplaçons la neige
et creusons terre et vertige,
tout le corps devient léger,
puisque nous parlons à voix basse.

Juin halète, allaite et attelle
nos mots aux vaines rumeurs.
Et je te dis que tu rêves
à d’anciens tambours bleus
qui te trouaient tympans
faisant frémir ta nudité.

Paru dans le N° 53 Hiver 2008 – 2009