Michel Bénard par Rome Deguergue

Composition 2009
Michel Bénard

On dirait du marbre et pourtant cela n’en est pas. On dirait des dolmens, des pierres levées, des é- et déséquilibres géométriques.
Ici savamment posés et là instinctivement emboités, rappelant parfois la technique fascinante et répétitive du rangement et dérangement de poupées russes qui n’en finissent pas d’apparaître et de disparaître ; si semblables et si différentes à la fois ! Classement. Déclassement. Ordre & désordre. Liste & chemin de traverse. Tout est dans tout.

L’ensemble pictural ne révèle cependant aucune froidure, aucune roidure, ne rappelle aucune urne ou tombeau funéraire. Ces rumeurs picturales, vibrations d’ombres et de lumières, semblent habitées d’un je ne sais quoi, d’un presque rien, qui aurait trait au spirituel, au rituel, à l’incantatoire.

On s’interroge sans doute en vain. On y met peut-être trop du « sien », car seul l’artiste saurait nous dire d’où lui vient son inspiration, s’il le sait.

Ainsi Michel Bénard, à la fois poète, peintre, chroniqueur et critique semble avoir vu passer tant de choses devant ses yeux, captées en arrière de la mémoire flottante, kyrielles d’épiphanies, amenées avec délicatesse au présent de tous les présents.

Fidèle à son credo – de la vie pour la vie – ou bien encore, – de la présence d’un certain regard au monde du vivant – a-t-il peut-être voulu dépeindre, de manière inconsciente ou non, ce qui demeure et ce qui fuit, la mort dans la vie et vice et versa, en des arabesques savamment imbriquées, du geste à la parole, du signe à la couleur plurielle et glorieuse ; trace ancestrale, sans cesse renouvelée.

Rome DEGUERGUE

Article publié dans le n° 57 – Hiver 2009 – 2010

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